Allez au contenu, Allez à la navigation

Lutte contre la propagation du virus de l'immunodéficience humaine en France

15e législature

Question écrite n° 11357 de M. Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 11/07/2019 - page 3661

M. Roger Karoutchi attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

En France, on estime à 30 000 le nombre de personne séropositives et qui l'ignorent. Ces 30 000 cas de virus non détecté présentent un double problème sanitaire. D'un côté, cela empêche que ces personnes puissent être traitées à temps, sachant que 30 % des cas de VIH détectés en 2017 étaient survenus au stade avancé de l'infection. D'un autre côté, cela augmente les risques de propagation du virus.

Si les dispositifs de prévention ont considérablement évolué ces dernières années et si la crise sanitaire que l'on a pu connaître il y a quelques décennies paraît bien loin, la lutte contre le virus n'est toujours pas terminée.

En cette matière, l'information et la prévention sont primordiales. Les moyens techniques nécessaires sont aujourd'hui disponibles pour mettre fin à la propagation du virus et pour permettre aux personnes séropositives de vivre en bonne santé.

Le 1er juillet 2019, Paris et le département des Alpes-Maritimes ont lancé un nouveau dispositif dont la phase test doit durer un an. Il y est désormais possible de se faire dépister par prise de sang, sans rendez-vous et gratuitement, dans tous les laboratoires d'analyses médicales.

Lors de la fête de la musique à l'Élysée, le 21 juin 2019, Le Président de la République a tenu un discours fort pour la lutte contre le sida.

Il lui demande donc si le Gouvernement envisage de mettre en place le dispositif, initié par Paris et les Alpes-Maritimes, de prises de sang gratuites et sans rendez-vous à l'échelle nationale, et à défaut, quelles mesures il compte mettre en place pour enrayer la propagation du virus.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 07/11/2019 - page 5645

La lutte contre le VIH/Sida demeure au cœur des préoccupations du ministère des solidarités et de la santé notamment au niveau national, tout en contribuant à la mobilisation internationale depuis plusieurs années. La promotion de la santé et la prévention constituent le premier axe de la Stratégie nationale de santé 2018-2022. Le plan national de santé publique (PNSP), qui traduit les priorités de cette politique de prévention et ses actions, représentent un investissement pour cinq ans de 400 millions d'euros environ pour les vingt-cinq mesures phares adoptées en conseil interministériel de la santé le 26 mars 2018. La France propose une large offre de dépistage et de prévention du VIH, des hépatites virales et des autres infections sexuellement transmissibles (IST) : les systèmes de soins publics et privés, la médecine libérale, les laboratoires d'analyses médicales, les CeGIDD « Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles », les associations habilitées à réaliser des tests rapides d'orientation diagnostique pour le VIH et l'hépatite C, les autotests VIH… Dans ce cadre, la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 (SNSS) préconise de diversifier davantage les axes de prévention et de dépistage des IST dont le VIH, pour permettre, entre autres, d'éliminer les épidémies d'IST et de mettre fin à l'épidémie du sida d'ici 2030. La feuille de route 2018-2020 de la SNSS est venue préciser les actions prioritaires : des actions de mobilisation autour du dépistage avec l'organisation de campagnes régionales de dépistage pour faire connaître le dépistage auprès de la population générale mais aussi pour créer une dynamique de long terme entre les acteurs de la prévention et du dépistage sur les territoires, y compris les professionnels de premier recours ; l'expérimentation dans trois régions du « Pass préservatif » pour les moins de 25 ans permettant d'obtenir des préservatifs à titre gratuit dans le cadre d'un programme d'information et de prévention et d'un parcours de santé sexuelle ; l'expérimentation dans quatre villes à forte prévalence du VIH et des IST des centres de santé sexuelle, d'approche communautaire, sur le modèle anglo-saxon ; le renforcement de l'offre en santé sexuelle et reproductive à destination des jeunes d'outre-mer, avec un accent mis sur le déploiement des actions « hors les murs », le soutien au développement associatif et la promotion d'actions innovantes.… Enfin, une expérimentation a débuté à Paris et en région Provence-Alpes Côtes d'Azur dans l'objectif d'évaluer l'efficacité d'un dépistage gratuit du VIH, sans ordonnance, dans les laboratoires de biologie médicale. Une évaluation de cette expérimentation sera réalisée et permettra d'en mesurer l'impact. Par ailleurs, les dernières données de 2018 montrent une baisse significative du nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité VIH en France, par rapport à 2007 (- 7 %). Cette baisse nécessitera une confirmation pour les années à venir, s'agissant d'une diminution récente. Toutefois, cette diminution ne concerne pas tous les publics de la même manière. Il est donc justifié de coupler une approche de prévention pour la population générale, notamment pour les jeunes, à une approche ciblée pour les populations les plus vulnérables et les plus exposées au VIH, tel que préconisé par la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030.