Projet de loi de finances pour 2012 : Vie politique, cultuelle et associative
- Par M. Gaëtan GORCE
au nom de la commission des lois - Sommaire
- Dossier législatif
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2. La persistance de failles préoccupantes
Des pratiques de contournement de la législation ont vu le jour en réaction à cet encadrement accru. Sans jeter l'opprobre sur quiconque, il semble nécessaire, selon votre rapporteur, de franchir un nouveau stade dans la lutte contre le financement irrégulier de la vie politique.
a) Les micro-partis
La poursuite de la transparence est indéniablement l'un des motifs qui a conduit à l'élaboration d'une règlementation en matière de financement de la vie politique. Or il s'avère que le financement possible par une même personne physique de plusieurs formations politiques, encouragé par le régime de déduction fiscale en place (cf. encadré), combiné à l'existence de flux financiers entre partis politiques, rend incertaine la destination effective des dons aux partis politiques. En outre, le ministère des finances n'est à ce jour pas en mesure d'évaluer avec exactitude le coût des mesures fiscales incitatives en direction des partis politiques, notamment du fait de l'absence de définition juridique de ces derniers.
Il arrive ainsi que des particuliers, pour contourner la limite fixant à 7 500 euros le don par parti politique, et par an, effectuent la même année des dons à plusieurs « micro-partis politiques », anticipant un retour ultérieur de l'ensemble de ces dons vers une même formation politique « centrale », par le jeu des flux financiers entre partis politiques que la législation ne limite pas. Ces micro-partis, sans qu'ils soient davantage définis juridiquement que les partis « traditionnels », constituent des formations politiques qui peuvent n'avoir d'autre fondement que de financer des formations politiques plus importantes ou de recevoir de celles-ci des dotations dont l'origine comme le destinataire sont incontrôlables.
Sans qu'il soit possible de déterminer le nombre exact de « micro-partis », votre rapporteur rappelle que, selon la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, un quart des deux-cent vingt sept formations politiques dénombrées pour l'exercice 2009 a perçu 98,4% des recettes totales des partis politiques. Le tableau suivant présente le nombre de formations politiques concernées pour chaque niveau de recettes1(*) :
|
Classe de recettes |
Nombre de partis |
Recettes totales 2009 |
|
de 0 à 1.500 € |
24 |
11.426 € |
|
de 1.500 à 15.000 € |
72 |
458.188 € |
|
de 15.000 à 150.000 € |
93 |
4.744.442 € |
|
de 150.000 à 1.500.000 € |
24 |
12.496.014 € |
|
Au-delà de 1.500.000 € |
14 |
180.861.209 € |
|
Ensemble |
227 |
198.571.279 € |
La difficulté vient notamment du fait qu'il n'est pas possible à la CNCCFP de déterminer, dans les comptes des partis bénéficiant d'une aide publique, la part des dépenses consacrées aux campagnes électorales soit directement, soit par des versements à un autre parti. Ceux-ci, qui représentaient 15 millions d'euros en 2009, peuvent ainsi également échapper au périmètre de certification des comptes. Cette situation gagnerait à être clarifiée.
* 1 Treizième rapport annuel d'activités de la CNCCFP, 2010





