2. La nécessité d'une action structurelle sur la dépense
Notre
pays a abordé la phase actuelle de ralentissement du rythme de la
croissance avec des finances publiques en mauvais état. Les bonnes
années n'ayant pas été mises à profit pour
« constituer des réserves », le niveau
élevé du solde structurel interdit aujourd'hui de laisser
totalement jouer les stabilisateurs automatiques.
Face à cette contrainte, la stratégie du gouvernement est la
bonne
. Sans ajouter « la crise à la crise » en
menant une politique budgétaire restrictive, il fait le choix de la
baisse des prélèvements obligatoires, pour envoyer des signaux
favorables à l'ensemble des acteurs économiques, et du respect
strict d'une norme de progression des dépenses limitée à
l'inflation, pour enrayer la dynamique de la dépense. C'est donc
à enveloppe constante que, depuis 2003, sont financées les
priorités fixées par le Président de la République
et déclinées depuis juillet 2002 dans différentes lois de
programmation.
Pour être en mesure d'engranger les fruits de la croissance, d'aborder
les prochaines périodes de « basses eaux » en
meilleure posture et de consolider le choix de la baisse durable des
prélèvements obligatoires,
il faut maintenant aller plus loin
dans la maîtrise des coûts de fonctionnement de l'Etat et
l'amélioration du rapport qualité-prix de la dépense
publique.
Le calendrier des prochaines semaines et des prochains mois est
particulièrement propice à une réforme en profondeur du
fonctionnement de l'Etat : la nouvelle étape de la
décentralisation permettra d'exercer les compétences au niveau le
plus efficace ; la mise en place de la loi organique du 1
er
août 2001 relative aux lois de finances permettra de fixer des objectifs
clairs à l'action de l'Etat et d'adapter les structures en
conséquence. On ne peut que se féliciter que, à travers
les stratégies ministérielles de réforme, le
Président de la République et le Premier ministre aient
souhaité associer l'ensemble des ministres à ces chantiers, qui
ne connaîtront le succès que si une volonté politique forte
s'exprime pour les porter.
EXAMEN DES ARTICLES
ARTICLE PREMIER
Résultats généraux de
l'exécution des lois de finances pour
2002
Commentaire : le présent article a pour objet
d'arrêter les résultats définitifs de l'exécution
des lois de finances pour 2002.
Le présent article a pour objet de présenter, sous forme de
tableau synthétique, les résultats définitifs de
l'exécution de 2002 conformément à l'article 35 de
l'ordonnance organique du 2 janvier 1959 qui dispose que «
le
projet annuel de loi de règlement constate le montant définitif
des encaissements de recettes et des ordonnancements de dépenses se
rapportant à une même année
».
Le présent article fixe, d'une part, le résultat des
opérations à caractère définitif du budget
général ainsi que des budgets annexes et des comptes
d'affectation spéciale, et d'autre part, le résultat des
opérations à caractère temporaire en le présentant
par catégorie de comptes spéciaux.
Après s'être établi à - 31,451 milliards
d'euros en 2001, le solde des opérations définitives de l'Etat
est arrêté à - 49,715 milliards d'euros.
Le solde des opérations temporaires est de + 0,42 milliard d'euros,
contre - 575,703 millions d'euros en 2001.
Le solde général hors opérations avec le FMI est de
- 49,295 milliards d'euros, contre - 32,026 milliards d'euros en
2001.
Le solde général hors opérations avec le FMI et hors Fonds
de stabilisation des changes (FSC) est de - 49,296 milliards d'euros,
contre - 32,038 milliards d'euros en 2001.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 2
Recettes du budget
général
Commentaire : le présent article a pour objet de
fixer le montant définitif des recettes brutes du budget
général pour 2002.
Le montant définitif des recettes du budget général de
l'année 2002 est arrêté à 291.442.130.199,13 euros.
Les recettes fiscales brutes s'élèvent à 301,5 milliards
d'euros, en baisse de 1,3 % par rapport à 2001.
Les recettes non fiscales hors Fonds de stabilisation des changes (FSC) et
recettes d'ordre venant en déduction des charges de la dette
représentent 32,8 milliards d'euros, en hausse de 5 % par rapport
à 2001.
Les recettes de fonds de concours qui s'élèvent à 4
milliards d'euros sont en diminution de 11,1 % par rapport à 2001.
Enfin, les prélèvements sur recettes s'établissent 49,6
milliards d'euros, en progression de 7,3 % par rapport à 2001.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 3
Dépenses ordinaires civiles du budget
général
Commentaire : le présent article a pour objet
d'arrêter les résultats définitifs des dépenses
ordinaires civiles du budget général de 2002.
Le montant définitif des dépenses ordinaires civiles du budget
général s'établit en 2002 à 295,4 milliards d'euros
contre 285,2 milliards d'euros en 2001.
Par titre, ces dépenses s'établissent comme suit :
- Titre I : 102,6 milliards d'euros ;
-Titre II : 796,2 millions d'euros ;
- Titre III : 113,3 milliards d'euros ;
- Titre IV : 78,7 milliards d'euros.
Par ailleurs, le présent article demande l'ouverture de 964 millions
d'euros de crédits complémentaires et annule 2.089,1 millions
d'euros de crédits non consommés.
Décision de la commission : votre commission vous propose
d'adopter cet article sans modification.
ARTICLE 4
Dépenses civiles en capital du budget
général
Commentaire : le présent article a pour objet
d'arrêter les résultats définitifs des dépenses
civiles en capital du budget général de 2002.
Les dépenses civiles en capital du budget général
représentent en 2002 un montant définitif de 16,8 milliards
d'euros contre 16,3 milliards d'euros en 2001.
Par titre, ces dépenses s'établissent comme suit :
- Titre V : 3,996 milliards d'euros ;
- Titre VI : 12,811 milliards d'euros ;
- Titre VII : 642.000 euros.
Des annulations de crédits non consommés sur les titres V, VI et
VII d'un montant respectif de 24,53 euros, 37,53 euros et 0,29 euros sont par
ailleurs demandées dans le présent article.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 5
Dépenses ordinaires militaires du budget
général
Commentaire : le présent article arrête
à 17,88 milliards d'euros le montant définitif des
dépenses ordinaires militaires pour 2002.
Ce résultat définitif pour 2002 procède des mouvements
suivants :
• 314 millions d'euros de reports de crédits de 2001 sur 2002 dont
78 millions d'euros pour le servie de santé et 201 millions d'euros pour
les dotations de fonctionnement des armées et de la gendarmerie (dont
notamment 135 millions d'euros ouverts en collectif fin 2001),
• 896 millions d'euros ouverts en cours de gestion par la loi de finances
rectificative du 6 août 2002 (808 millions d'euros )) et en loi de
finances rectificative de la fin 2002 (88 millions d'euros) pour couvrir
notamment : les surcoûts des OPEX non budgétés (436
millions d'euros), les mesures « TAOPC » (temps
d'activité et d'obligations professionnelles) et les mesures
catégorielles prises fin 2001 et début 2002 (164 millions
d'euros), les besoins de gestion de la gendarmerie (93 millions d'euros
pour les loyers et le fonctionnement) et le remboursement de la dette SNCF (66
millions d'euros),
• 8,74 milliards d'euros de transferts correspondant pour l'essentiel aux
crédits de pensions (8,73 milliards d'euros) transférés en
début de gestion sur le budget des charges communes,
• 460 millions d'euros qui ont été recouvrés sur
l'année au titre des fonds de concours dont 371 millions d'euros pour le
service de santé.
La loi de règlement retrace les ajustements nécessaires sur les
chapitres évaluatifs dont les dépenses dépassent les
ressources disponibles, conformément à l'autorisation
donnée par l'article 9 de l'ordonnance du 2 janvier 1959.
Cette ouverture est de 15,797 millions d'euros en 2002. Il s'agit pour 1,85
million d'euros de dépassements sur le chapitre 37-91
«
frais de contentieux - règlements des dommages et
accidents du travail
» et pour 13,9 millions d'euros de
dépassements sur le chapitre 33-90 «
cotisations sociales
-Part de l'Etat
». Ce dernier dépassement est en
réduction par rapport à celui de 2001 (29,4 millions d'euros).
La loi de règlement retrace aussi les annulations de crédits
correspondant aux crédits sans emplois sur les chapitres de
rémunérations et de charges sociales. D'un montant de 138,9
millions d'euros en 2002, ces annulations portent essentiellement sur les
chapitres de rémunérations et d'indemnités des militaires
(31-31 et 31-32 pour 31 millions d'euros chacun) et le chapitre des prestations
sociales (33-91 pour 24 millions d'euros).
Pour l'essentiel, ces crédits sans emploi résultent de la
dispersion des comptables des armées et de la nécessité
d'assurer à chacun d'eux une petite marge de sécurité de
trésorerie.
On note que
les dépenses effectives progressent de 1580 millions
d'euros par rapport à 2001 soit une croissance de 9,7 %.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 6
Dépenses en capital militaires du budget
général
Commentaire : le présent article vise à
arrêter à 11,33 milliards d'euros, le montant
définitif des dépenses militaires en capital (équipement
militaire du titre V et subventions d'investissement du titre VI).
Le présent article ne comporte que des mouvements de crédits
infimes ne portant que sur quelques euros.
On note que les dépenses effectives progressent de 510 millions
d'euros par rapport à 2001 soit une croissance de 4,7 %.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 7
Résultat du budget général de
2002
Commentaire : le présent article a pour objet
d'arrêter, compte tenu des montants de recettes et de dépenses
fixés aux articles précédents, le solde du budget
général en 2002.
L'excédent des dépenses (341,429 milliards d'euros) sur les
recettes (291,442 milliards d'euros) est arrêté par le
présent article à 49,987 milliards d'euros.
L'excédent des dépenses sur les recettes est en progression de
58,2 % % par rapport à 2001 (31,605 milliards d'euros).
Entre 2000 et 2001, ce taux de progression s'établissait à
7,8 %.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 8
Résultats des budgets
annexes
Commentaire : le présent article a pour objet
d'arrêter les résultats des budgets annexes et d'autoriser des
ajustements de crédits sur ces budgets.
Les résultats des six budgets annexes pour 2002 sont
arrêtés, en recettes et en dépenses, à 17,66
milliards d'euros contre 17,184 milliards d'euros en 2001.
Les ajustements demandés dans le présent article
s'élèvent à :
-
211 millions d'euros en ouvertures de crédits
complémentaires
dont l'essentiel concerne, comme pour les exercices
précédents, le budget annexe des prestations agricoles (BAPSA),
192,6 millions d'euros. 1,98 million d'euros sont ouverts sur le budget
annexe de l'aviation civile, 13,6 millions d'euros sur le budget annexe des
journaux officiels, 2,9 millions d'euros sur le budget annexe de la
légion d'honneur, et 275.000 euros sur le budget annexe de l'ordre de la
Libération.
- 236,1 millions d'euros en annulations de crédits non
consommés
, dont :
118 millions d'euros sur le BAPSA ;
47,8 millions d'euros sur le budget annexe de l'aviation civile ;
64,8 millions d'euros au budget annexe des monnaies et médailles ;
4,7 millions d'euros au budget annexe des Journaux officiels ;
618.000 euros au budget annexe de la Légion d'honneur ;
42.000 euros au budget annexe de l'ordre de la Libération.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 9
Comptes spéciaux du Trésor dont les
opérations se poursuivent en
2003
Commentaire : le présent article fixe les
résultats des comptes spéciaux du Trésor dont les
opérations sont appelées à se poursuivre en 2003, ouvre
des crédits non consommés et modifie les autorisations de
découverts. Il arrête par ailleurs les soldes des comptes
spéciaux du Trésor dont les opérations sont
appelées à se poursuivre en 2003 et en distribue l'affectation.
I. LES RESULTATS DES COMPTES SPECIAUX DU TRESOR
En 2002, les opérations sur les comptes spéciaux du Trésor
se sont élevées à 83,6 milliards d'euros en
dépenses et à 84,9 milliards d'euros en recettes.
L'ouverture de 6,47 milliards d'euros de crédits est demandée
dans le présent projet de loi de règlement.
Le montant de crédits à annuler représente 687 millions
d'euros. Les annulations de crédits portent pour l'essentiel (667
millions d'euros) sur les comptes d'affectation spéciale.
Les ouvertures de crédits s'appliquent principalement aux comptes
d'avances (5,96 milliards d'euros). Elles concernent les avances à
l'agence centrale des organismes d'intervention dans le secteur agricole au
titre des besoins temporaires de préfinancement des dépenses
communautaires.
II. LES SOLDES DES COMPTES SPÉCIAUX DU TRÉSOR AU
31 DÉCEMBRE 2002
Les soldes des comptes spéciaux du Trésor dont les
opérations se poursuivent sont arrêtés à la date du
31 décembre 2002 comme suit :
(en euros)
|
Désignation des catégories de comptes |
Soldes au 31 décembre 2002 |
|
|
spéciaux |
Débiteurs |
Créditeurs |
|
Comptes d'affectation spéciale : opérations à caractère définitif et à caractère temporaire |
|
1.546.065.201 |
|
Comptes de commerce |
21.195.984 |
807.266.624 |
|
Comptes de règlement avec les gouvernements étrangers |
26.317.746 |
|
|
Comptes d'opérations monétaires |
9.187.585.660 |
1.886.962.909 |
|
Comptes de prêts |
17.216.098.668 |
|
|
Comptes d'avances |
14.857.189.118 |
|
|
Totaux |
41.308.387.178 |
4.240.294.735 |
III.
REPORT ET RÉPARTITION DES SOLDES
Le paragraphe III du présent article reporte les soldes
arrêtés au II à la gestion suivante, en application de
l'article 24 de l'ordonnance organique du 2 janvier 1959, à
l'exception d'un solde débiteur de 72,56 millions d'euros
concernant les comptes d'opérations monétaires (pertes et
bénéfices de change), d'un solde débiteur de
585,1 millions d'euros concernant les comptes de prêts (annulations
de remboursements en capital et en intérêt dus pour 2002 au titre
des remises de dettes aux pays les moins avancés) qui font l'objet d'une
affectation par l'article 11 du présent projet de loi relatif au
transport aux découverts du Trésor des résultats
définitifs de 2002.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 10
Pertes et profits sur emprunts et engagements de
l'Etat
Commentaire : le présent article arrête le
solde des
pertes et profits sur emprunts et engagements de l'Etat à la somme de
- 1.431 millions d'euros au 31 décembre 2002.
En vertu des dispositions du cinquième alinéa de
l'article 35 de l'ordonnance organique du 2 janvier 1959, le projet
de loi de règlement établit le compte de résultat de
l'année au sein duquel figurent les profits ou les pertes
résultant de la gestion des opérations de trésorerie.
Ces opérations de trésorerie ont dégagé un solde
négatif de 1,4 milliard d'euros contre - 1,63 milliard d'euros
en 2001, - 0,67 milliard d'euros en 2000, - 0,74 milliard d'euros en
1999, - 0,52 milliard d'euros en 1998, - 0,39 milliards d'euros en
1997 et - 0,3 milliard d'euros en 1996.
Le solde débiteur constaté en 2002, dont le niveau reste
élevé par rapport à celui constaté à la fin
des années 90, s'explique principalement par la décision de
l'Etat de rembourser de manière anticipée en 2002, et en presque
totalité, les créances de TVA nées de la suppression en
1993 du décalage d'un mois des remboursements de crédits de TVA.
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
ARTICLE 11
Transport aux découverts du Trésor des
résultats définitifs de
2002
Commentaire : conformément à
l'article 35
de l'ordonnance du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois
de finances, le présent article récapitule le compte de
résultat de l'année et autorise son transfert au compte permanent
des découverts du Trésor.
Le présent article porte en augmentation des découverts du
Trésor les sommes mentionnées aux articles 7, 9 (III), et 10
soit :
|
l'excédent des dépenses sur les recettes du budget général de 2002 |
49.987,049 millions d'euros |
|
le résultat net du compte spécial du Trésor « Pertes et bénéfices de change » soldé chaque année |
72,563 millions d'euros |
|
les remises de dettes aux pays les moins avancés |
585,099 millions d'euros |
|
les pertes et profits sur emprunts et engagements |
1.431,256 millions d'euros |
|
les régularisations comptables |
48 centimes d'euros |
pour
un total de 52.075,9 millions d'euros, contre 33,577 milliards d'euros en
2001.
Le montant net des découverts du Trésor
après
inscription du résultat de 2002 devrait s'élever à 725,6
milliards d'euros contre 673,53 milliards d'euros en 2001.
Dans son rapport sur l'exécution des lois de finances pour 2002, la Cour
des comptes relève que «
après trois années
de baisse, le montant net à transporter aux découverts du
Trésor augmente de 6,8 % en 2001 et de 55 % en 2002. Outre la
dégradation du déficit d'exécution du budget
général à hauteur de 18,38 milliards d'euros d'une
année sur l'autre, cette hausse reflète la perte nette sur
emprunts et engagements pour 1.431 millions d'euros, montant qui est d'un
niveau moindre qu'en 2001 (- 1.632 millions d'euros), mais qui
enregistre une nette dégradation par rapport aux années
précédentes (- 670 millions d'euros en 2000,
- 740 millions d'euros en 1999, - 590 millions d'euros en
1998).
«
Dans sa forme actuelle, le compte de pertes et profits sur
emprunts et engagements est condamné à disparaître, et ses
composantes ont vocation à être intégrées au compte
de résultat conformément aux principes du plan comptable
général
».
Décision de la commission : votre commission vous propose d'adopter
cet article sans modification.
EXAMEN EN COMMISSION
Réunie le
mercredi 22 octobre 2003
, sous la
présidence de M. Jean Arthuis, président
, la commission a
procédé à
l'examen
du
rapport
de
M. Philippe Marini, rapporteur général
, sur le
projet de loi n° 5
(2003-2004), adopté par
l'Assemblée nationale, portant
règlement définitif du
budget de 2002
.
Procédant à l'aide d'une vidéo-projection,
M. Philippe Marini, rapporteur général,
a estimé
que le projet de loi portant règlement définitif du budget 2002
constituait le quitus comptable du premier budget en euros et qu'il facilitait
l'examen, en amont, du projet de loi de finances 2004, en mettant notamment en
lumière les aléas de l'exécution budgétaire.
Il a rappelé que le taux de croissance effectif pour l'année 2002
avait été deux fois plus faible que la prévision initiale
du gouvernement de M. Lionel Jospin (1,2 % contre 2,5 %). Cette
situation française n'était cependant pas exceptionnelle en
Europe et s'expliquait en partie par un recul très fort de
l'investissement (-1,4 % par rapport à 2001).
Au plan budgétaire, il a mis en évidence une dégradation
du solde budgétaire de près de 20 milliards d'euros entre la
loi de finances initiale, qui prévoyait un déficit de
30,4 milliards d'euros, et le projet de loi de règlement, qui
actait un déficit de 49,3 milliards d'euros. Il a expliqué
cet écart par une diminution des recettes de l'ordre de
9,3 milliards d'euros, dont 2,5 milliards d'euros au titre de la
baisse de l'impôt sur le revenu décidée par le gouvernement
de M. Jean-Pierre Raffarin et dont il a regretté qu'elle n'ait pas
été gagée par des économies de dépenses, et
par une dérive des dépenses de l'ordre de 5,5 milliards d'euros.
Il s'est cependant félicité des orientations fixées par le
nouveau gouvernement dès juillet 2002 : contenir la dépense,
avec la mise en place d'une régulation budgétaire et la
compensation systématique des ouvertures de crédits par des
annulations dans le collectif de décembre, et engager sans délai
une politique de baisse des prélèvements obligatoires, par la
baisse de l'impôt sur le revenu dans le collectif d'été.
Revenant plus précisément sur la forte diminution des recettes,
Philippe Marini, rapporteur général,
a expliqué la
surévaluation des recettes fiscales -250,4 milliards d'euros
prévus en loi de finances initiale contre 240,2 milliards d'euros
inscrits dans le projet de loi de règlement- par les prévisions
volontaristes du gouvernement en matière, d'une part, de croissance et,
d'autre part, d'élasticité des recettes fiscales à la
croissance. Les recettes non fiscales avaient également
été surévaluées : 37,9 milliards d'euros
prévus en loi de finances initiale, contre 35,4 milliards d'euros
en projet de loi de règlement.
S'agissant des dépenses, il a fait apparaître le fort
dérapage de la norme de progression des dépenses en 2002 :
la progression en volume fixée en loi de finances initiale était
de 0,5 %, or la progression réelle avait été de
1,9 %. Pour la première fois depuis 1997, les reports de
crédits sur l'exercice suivant étaient inférieurs aux
reports de l'exercice précédent.
Il a estimé que le déficit budgétaire acté par la
loi de règlement pour 2002, soit 49,3 milliards d'euros,
était doublement historique : c'était, en valeur absolue, le
déficit le plus élevé jamais enregistré depuis
1993, mais aussi celui qui s'éloignait le plus de la prévision
initiale. S'agissant de la dette de l'Etat,
M. Philippe Marini,
rapporteur général,
a mis en évidence une augmentation
régulière de l'endettement de l'Etat en valeur absolue depuis
1993, quelles que soient l'équipe gouvernementale et la conjoncture.
Il a constaté que le besoin de financement des administrations publiques
à la fin de l'année 2002 était, pour la première
fois depuis l'entrée en vigueur du traité de Maastricht,
supérieur à 3 % du PIB. Quant à la part de la dette
publique dans le PIB, après quatre années de baisse, elle
repartait à la hausse, s'établissant à 59 % du PIB.
En conclusion, il a estimé, au plan méthodologique, que la loi de
finances initiale pour 2002 devait constituer un contre-exemple - en raison
d'une prévision de croissance irréaliste, de recettes
surestimées, et de dépenses mal évaluées-, ce qui
consistait un utile rappel avant l'examen du projet de loi de finances pour
2004. Il a regretté que la précédente législature,
favorisée par la phase haute du cycle de croissance, n'ait pas
engagé d'action structurelle sur la dépense, comme le faisait
courageusement l'actuel gouvernement avec des chantiers aussi importants que la
décentralisation, la réforme budgétaire et la mise en
place des stratégies ministérielles de réforme.
Un large débat s'est ensuite instauré au sein de la commission.
M. Roland du Luart
a estimé que si le budget de l'outre-mer
faisait traditionnellement apparaître de forts reports de crédits,
notamment en investissement, il ne fallait pas négliger l'importance
psychologique des effets d'annonce. Par ailleurs, souhaitant engager une
réflexion non-partisane sur les erreurs du passé afin d'en tirer
d'utiles enseignements, il a souhaité savoir si le dépassement de
la norme de dépense était un « classique » de
l'alternance politique.
M. Jean Arthuis, président,
a ainsi estimé que les
budgets pré-électoraux faisaient souvent preuve
d' « exubérance irrationnelle ».
S'agissant du recul de l'investissement en 2002,
M. Jacques Oudin
a
souhaité connaître la décomposition de cette
évolution entre l'investissement privé, l'investissement de
l'Etat et celui des collectivités territoriales.
M. Maurice Blin
a souligné un paradoxe qu'il a demandé au
rapporteur général de bien vouloir éclaircir, estimant que
la France connaissait un fort endettement public et une croissance stagnante,
alors que les Etats-Unis, en revanche, réussissaient à combiner
endettement public fort et croissance soutenue. Il a par ailleurs
rappelé que dans les années 1960 et 1970, la France s'endettait
dans un contexte de forte croissance et surtout de forte inflation, ce qui
rendait cet endettement public beaucoup moins douloureux.
M. Bernard Angels
a estimé que la dérive des
dépenses en 2002 ne pouvait être imputée à un seul
gouvernement et qu'il convenait collectivement d'en tirer les leçons. Il
a notamment regretté que l'Union européenne ne soit pas le cadre
d'une coopération et d'une concertation économique plus intense.
M. Aymeri de Montesquiou
a demandé au rapporteur
général des précisions sur les reports de crédits
enregistrés depuis 1993.
M. Yves Fréville
a expliqué pourquoi, selon lui,
l'exécution budgétaire de 2002 était différente de
celle de 2001 alors que la conjoncture économique était
déjà dégradée en 2001.
M. Michel Moreigne
a souhaité avoir plus de précisions sur
les modalités et le contenu du « gel
républicain » des dépenses intervenu avant les
élections de 2002.
M. Jean Arthuis, président,
a dit craindre que l'exécution
budgétaire 2003 ne présente autant de mauvaises surprises que
celle de 2002, estimant que l'aléa principal résidait dans le
niveau attendu de recettes dans la mesure où la dépense
était « tenue ». Il a par ailleurs souhaité
connaître le montant des opérations extérieures militaires
enregistrées en 2002 et regretté qu'elles n'apparaissent pas dans
la loi de finances initiale au sein du budget de la défense. Enfin, il a
déploré le fait que la norme des 3 % de déficit
public apparaisse de plus en plus comme un point d'équilibre alors que
l'objectif vertueux devrait être 0 %.
En réponse aux différents intervenants,
M. Philippe
Marini, rapporteur général,
a indiqué que d'autres
pays raisonnaient, non pas, année budgétaire après
année budgétaire, mais sur la base du cycle
économique : ainsi, le gouvernement britannique s'était
fixé comme objectif un solde budgétaire courant nul sur
l'ensemble du cycle, ce qui commandait de dégager des marges de
manoeuvre en période de conjoncture favorable.
S'agissant de la question de l'inflation, il a estimé que l'objectif
d'inflation fixé dans la zone euro mériterait d'être
symétrique et de jouer également un rôle d'alerte lorsque
des risques déflationnistes apparaissaient. Il s'est interrogé
sur les modalités de pilotage des normes de la politique
monétaire qui, selon lui, ne devait pas être laissé
à la seule appréciation de la Banque centrale européenne
(BCE).
S'agissant de la dérive des dépenses constatée en 2002, il
a indiqué que sur un total de 7,1 milliards d'euros,
5 milliards relevaient du premier semestre - gouvernement de
M. Lionel Jospin- et 2,5 milliards d'euros du second semestre
- gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin. Il a reconnu que toutes
les alternances faisaient apparaître un décalage fort entre les
dépenses annoncées et les dépenses réelles. Quant
au « gel républicain » intervenu en février
2002, il a regretté qu'il n'ait pas pris en compte la dégradation
de la conjoncture alors connue du gouvernement.
S'agissant des reports de crédits observés au budget de
l'outre-mer, il a indiqué que depuis 1998, ils étaient de l'ordre
de 200 millions d'euros chaque année et concernaient
prioritairement les dépenses en capital. Il a assuré
M. Roland du Luart de son soutien personnel à toute initiative
visant à aligner les crédits proposés sur leur niveau
réellement consommable. Il a ensuite invité chaque rapporteur
spécial à examiner avec attention l'exécution
budgétaire du département ministériel dont il avait la
charge, notamment sous l'angle des reports de crédits.
Il a indiqué que la formation brute de capital fixe des administrations
publiques avait augmenté de 3,1 % et que le recul global
(- 2,6 %) s'expliquait essentiellement par la baisse de
l'investissement privé (- 3,7 %). Quant aux opérations
extérieures, il a indiqué que leur coût
s'établissait, au 30 juin 2002, à 680 millions d'euros.
Il s'est réjoui que la variation de la dette de l'Etat fasse
bientôt l'objet d'un vote en loi de finances, conformément aux
dispositions de la loi organique du 1
er
août 2001
relative aux lois de finances (LOLF), tout en regrettant que cette innovation
n'intervienne pas avant l'examen de la loi de finances pour 2006.
A l'issue de cet examen, la commission a décidé de
proposer
au Sénat
d'adopter sans modification les articles et
l'ensemble du projet de loi de règlement.
TABLEAU COMPARATIF
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Texte
du projet de loi
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Texte
adopté par l'Assemblée nationale en première lecture
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Propositions de la Commission
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Article 1 er Les résultats définitifs de l'exécution des lois de finances pour 2002 sont arrêtés aux sommes mentionnées ci-après : (En euros) |
Article 1
er
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Article 1
er
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Charges |
Ressources |
Solde |
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A.-
OPÉRATIONS À CARACTÈRE DÉFINITIF
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291.442.130.199,13
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Recettes
nettes
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295.406.068.960,08
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230.112.662.709,60 |
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Dépenses ordinaires civiles nettes |
234.076.601.470,55 |
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Dépenses civiles en capital |
16.808.112.513,75 |
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Dépenses militaires |
29.214.997.534,73 |
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Total pour le budget général |
(b) 280.099.711.519,03 |
230.112.662.709,60 |
- 49.987.048.809,43 |
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Comptes d'affectation spéciale
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3.454.182.595,16
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10.405.641.399,08 |
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Total pour les comptes d'affectation spéciale |
10.134.223.217,12 |
10.405.641.399,08 |
271.418.181,96 |
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Totaux (budget général et comptes d'affectation spéciale) |
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Budgets annexes
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1.381.620.264,75
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1.381.620.264,75
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Totaux budgets annexes |
17.665.599.699,44 |
17.665.599.699,44 |
" |
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Totaux des opérations à caractère définitif (A) |
307.899.534.435,59 |
258.183.903.808,12 |
- 49.715.630.627,47 |
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B.-
OPÉRATIONS À CARACTÈRE TEMPORAIRE
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1.614.612,74
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667.621,68
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-
946.991,06
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Totaux des opérations à caractère temporaire hors FMI (B) |
63.152.545.988,28 |
63.573.168.807,59 |
420.622.819,31 |
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Solde d'exécution des lois de finances hors FMI (A+B) |
" |
" |
- 49.295.007.808,16 |
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Solde d'exécution des lois de finances hors FMI, hors FSC |
" |
" |
- 49.296.324.289,38 |
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(a)
Après déduction des prélèvements sur recettes de
l'Etat (49.555.759.234,73 €) au profit des collectivités locales et
des Communautés européennes.
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Texte du projet de loi
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Texte
adopté par l'Assemblée nationale en première lecture
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Propositions de la Commission
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Article 2 Le montant définitif des recettes du budget général de l'année 2002 est arrêté à 291.442.130.199,13 €. La répartition de cette somme fait l'objet du tableau A annexé à la présente loi. |
Article 2
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Article 2
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Article 3 Le montant définitif des dépenses ordinaires civiles du budget général de 2002 est arrêté aux sommes mentionnées au tableau ci-après. Les crédits ouverts sont modifiés comme il est dit au même tableau et répartis par ministère conformément au tableau B annexé à la présente loi. (En euros) Ajustements de la loi de règlement Désignation des titresDépensesOuvertures de crédits complémentairesAnnulations de crédits non consommés I.- Dette publique et dépenses en atténuation de recettes
II.- Pouvoirs publics 796.206.371,06 » 366.355,94 III.- Moyens des services 113.290.248.791,8498.418.708,60794.827.162,76 IV.- Interventions publiques 78.738.544.945,1512.870.652,71463.917.574,56 TOTAUX 295.406.068.960,08964.063.320,692.089.119.965,61 |
Article 3
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Article 3
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Article 4 Le montant définitif des dépenses civiles en capital du budget général de 2002 est arrêté aux sommes mentionnées au tableau ci-après. Les crédits ouverts sont modifiés comme il est dit au même tableau et répartis par ministère conformément au tableau C annexé à la présente loi. |
Article 4 Sans modification. |
Article 4 Sans modification. |
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(En euros) Ajustements de la loi de règlement
Désignation des titresDépensesOuvertures de
crédits complémentairesAnnulations de
V.- Investissements exécutés par l'Etat 3.996.017.133,47 » 24,53 VI.- Subventions d'investissement accordées par l'Etat
VII.- Réparations des dommages de guerre 642.000,71 » 0,29 TOTAUX 16.808.112.513,75 » 62,25 |
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Article 5 Le montant définitif des dépenses ordinaires militaires du budget général de 2002 est arrêté aux sommes mentionnées au tableau ci-après. Les crédits ouverts sont modifiés comme il est dit au même tableau et répartis conformément au tableau D annexé à la présente loi. (En euros) Ajustements de la loi de règlement
Désignation des titresDépensesOuvertures
de
III.- Moyens des armes et services 17.883.086.075,2615.797.752,60138.973.599,34 TOTAUX 17.883.086.075,2615.797.752,60138.973.599,34 |
Article 5
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Article 5
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Article 6 Le montant définitif des dépenses militaires en capital du budget général de 2002 est arrêté aux sommes mentionnées au tableau ci-après. Les crédits ouverts sont modifiés comme il est dit au même tableau et répartis conformément au tableau E annexé à la présente loi. (En euros) Ajustements de la loi de règlement
Désignation des titresDépensesOuvertures
de
V.- Équipement 11.069.664.413,4812,1514,67 VI.- Subventions d'investissement accordées par l'Etat
TOTAUX 11.331.911.459,4712,2115,74 |
Article 6
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Article 6
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Article 7 Le résultat du budget général de 2002 est définitivement fixé comme suit : |
Article 7
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Article 7
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Recettes
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291.442.130.199,13 €
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Excédent des dépenses sur les recettes |
- 49.987.048.809,43 € |
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La répartition des recettes et des dépenses fait l'objet du tableau F annexé à la présente loi. |
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Article 8 |
Article 8 |
Article 8 |
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Les résultats des budgets annexes sont arrêtés aux sommes mentionnées au tableau ci-après. Les crédits ouverts sont modifiés comme il est dit au même tableau. Ces crédits sont répartis par budget conformément au tableau G annexé à la présente loi. |
Sans modification. |
Sans modification. |
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(En euros) Désignation des budgetsTotaux égaux en recettes et en dépensesAjustements de la loi de règlement Ouvertures de crédits complémentairesAnnulations de crédits non consommés Aviation civile 1.381.620.264,751.980.936,0647.873.152,31 Journaux officiels 193.603.734,9013.639.601,984.736.864,08 Légion d'honneur 20.590.070,832.908.969,81618.682,98 Monnaies et médailles 135.846.826,01»64.769.026,99 Ordre de la Libération 993.627,18275.342,1442.680,96 Prestations sociales agricoles 15.932.945.175,77192.550.426,57118.074.143,80 TOTAUX 17.665.599.699,44211.355.276,56236.114.551,12 |
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Article 9 I. - Les résultats des comptes spéciaux du Trésor dont les opérations se poursuivent en 2003 sont arrêtés, au 31 décembre 2002, aux sommes mentionnées au tableau ci-après. Les crédits et les autorisations de découverts sont modifiés comme il est dit au même tableau et répartis par catégorie de comptes et ministère gestionnaire, conformément au tableau I, annexé à la présente loi. (En euros) Opérations de l'année 2002Ajustements de la loi de règlement
DésignationDépensesRecettesOuvertures
de
I.- Opérations à caractère définitif Comptes d'affectation spéciale 10.134.223.217,1210.405.641.399,08514.622.971,82667.384.255,70» 10.134.223.217,1210.405.641.399,08514.622.971,82667.384.255,70» II.- Opérations à caractère temporaire Comptes d'affectation spéciale 1.614.612,74667.621,68»0,26» Comptes de commerce 5.563.118.642,085.675.834.391,82»»» Comptes de règlement avec les gouvernements étrangers »»»»» Comptes d'opérations monétaires 4.674.681.817,765.218.590.478,03»»9.115.022.489,29 Comptes de prêts 1.133.753.147,631.227.463.438,790,01150.001,38» Comptes d'avances 62.067.994.035,6262.345.037.747,125.957.288.928,1120.184.892,49» Totaux 73.441.162.255,8374.467.593.677,445.957.288.928,1220.334.894,139.115.022.489,29 Totaux généraux 83.575.385.472,9584.873.235.076,526.471.911.899,94687.719.149,839.115.022.489,29 |
Article 9
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Article 9
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II. - Les soldes des comptes spéciaux du Trésor dont les opérations se poursuivent en 2003, sont arrêtés, à la date du 31 décembre 2002, aux sommes ci-après et répartis par ministère conformément au tableau I annexé à la présente loi. |
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(En euros) Soldes au 31 décembre 2002
Désignation des catégories
Comptes d'affectation spéciale : opérations à caractère définitif et à caractère temporaire
Comptes de commerce 21.195.984,88807.266.624,86 Comptes de règlement avec les gouvernements étrangers
Comptes d'opérations monétaires 9.187.585.660,391.886.962.909,55 Comptes de prêts 17.216.098.668,53 Comptes d'avances 14.857.189.118,42 TOTAUX 41.308.387.178,264.240.294.735,82 |
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III. - Les soldes arrêtés au II sont reportés à la gestion 2003 à l'exception d'un solde débiteur de 72.563.171,10 € concernant les comptes d'opérations monétaires et d'un solde débiteur de 585.099.906,80 € concernant les comptes de prêts qui font l'objet d'une affectation par l'article de transport aux découverts du Trésor. |
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Article 10
Le solde
débiteur des pertes et profits sur emprunts et engagements de l'Etat est
arrêté au 31 décembre 2002 à la somme de
1.431.256.352,67 € conformément au tableau
ci-après :
OpérationsDépenses Recettes Annuités non supportées par le budget général ou un compte spécial du Trésor
Dotations aux amortissements - Charges financières - dotations aux amortissements des suppléments résultant des indexations 3.472.107,89 - dotations aux amortissements des décotes 999.889.395,32 Quote-part des primes sur emprunts et Bons du Trésor à intérêts annuels (BTAN)
Pertes et profits divers sur emprunts et engagements - pertes sur emprunts à long terme 440.551.182,14 - profits divers sur emprunts à long terme 155.720.230,27 - pertes sur BTAN 35.475.810,26 - profits divers sur BTAN 3.702.148,15 - pertes diverses 31,80 - profits divers 124.749,03 TOTAUX 2.631.539.130,351.200.282.777,68 SOLDE 1.431.256.352,67 |
Article 10
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Article 10
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Article 11
Le solde
fixé à l'article 7, les soldes débiteurs mentionnés
au III de l'article 9 et le solde arrêté à l'article
10 ainsi que le résultat de la régularisation comptable
mentionnée ci-après sont transportés en augmentation des
découverts du Trésor et récapitulés dans le tableau
ci-dessous :
- Résultat net du compte spécial du
Trésor
« Pertes et bénéfices de change »
soldé chaque année
- Remises de dettes aux pays les moins avancés 585.099.906,80 € - Pertes et profits sur emprunts et engagements 1.431.256.352,67 € - Régularisation comptable 0,48 € Total à transporter en augmentation des découverts du Trésor
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Article 11
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Article 11
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(1) (2) RÉPONSES DE LA COUR DES COMPTES AUX QUESTIONS POSÉES PAR LA COMMISSION DES FINANCES DU SÉNAT SUR LE PROJET DE LOI DE RÈGLEMENT DE 2002
Question 1
La période
complémentaire
La Cour
constate que le profil de l'exécution budgétaire au cours de la
période complémentaire n'obéit pas à l'objectif
inscrit à l'article 28 de la LOLF du 1
er
août 2001,
selon lequel les ordonnateurs ne recourent à la période
complémentaire qu'à titre véritablement exceptionnel.
Quelle est la raison pour laquelle le montant des opérations en cours de
période complémentaire est resté très
élevé par rapport à l'exercice précédent ?
Quelles propositions la Cour des comptes peut-elle formuler pour
améliorer l'exécution budgétaire en fin de gestion ?
Réponse
La Cour
a en effet constaté :
- que le volume des opérations réalisées en fin de gestion
a été plus élevé pour l'exercice 2002 que pour
l'exercice 2001,
- que cet accroissement a été particulièrement sensible au
cours de la période complémentaire,
- et qu'il en résulte que le profil de l'exécution
budgétaire ne répondait pas encore à l'objectif consistant
à ce que les ordonnateurs ne recourent à la période
complémentaire qu'à titre véritablement exceptionnel.
1) Rappel de la problématique et des objectifs
Il serait souhaitable que la clôture des opérations
budgétaires intervienne, de façon aussi proche que possible, de
la date de fin de l'exercice. Un certain délai doit
nécessairement être conservé pour permettre la bonne
exécution des crédits votés en lois de finances
rectificatives de fin d'année, et pour effectuer les opérations
de régularisation.
L'objectif reste, néanmoins, d'arriver à une pratique où
les ordonnateurs principaux (y compris au ministère chargé des
finances) ne recourent à l'ordonnancement en période
complémentaire qu'à titre réellement exceptionnel, de
façon à passer d'un système de gestion avec période
complémentaire à un système de "gestion pure", conforme au
principe de spécialisation des exercices, et présentant plusieurs
autres avantages :
- rapidité de reddition des comptes,
- allégement de l'afflux des dossiers d'ordonnancements chez le
comptable dans les tout derniers jours précédant la clôture
de la gestion,
- plus grande simplicité et meilleure lisibilité des comptes de
l'Etat pour le Parlement, la presse et les citoyens.
Le corollaire de cet objectif est une réduction progressive, mais
sensible, du volume des opérations pendant la période
complémentaire, ainsi, naturellement, qu'une réduction de la
durée de celle-ci. La LOLF a d'ailleurs prescrit qu'à compter de
son entrée en vigueur, la période complémentaire ne devra
pas excéder vingt jours. Or, non seulement la durée de la
période complémentaire de l'exercice 2002 est restée
presque inchangée par rapport à 2001, mais encore le volume des
opérations de cette période, loin de décroître,
s'est en fait accru.
2) Un volume d'opérations accru, par mobilisation de recettes non
fiscales
Les données fournies par le ministère de l'économie, des
finances et de l'industrie (Direction générale de la
comptabilité publique) font apparaître que, par rapport aux
opérations réalisées en période
complémentaire de l'exercice 2001, le volume des opérations
effectuées en période complémentaire de l'exercice 2002
s'est accru de 680 M€, atteignant un total de 13,6 Md€, avec des
montants :
- en dépenses : à peine moins élevés,
- en recettes : sensiblement plus élevés.
|
Total
d'opérations
|
2000
|
2001
|
2002
|
2003
|
|
Total
des dépenses :
|
10,43
|
8,58
|
6,77
|
6,59
|
|
Total cumulé dépenses et recettes |
15,29 |
8,95 |
12,93 |
13,61 |
2.1)
Des dépenses à peine moins élevées
Le tableau ci-dessous retrace l'évolution des dépenses
effectuées au cours de la période complémentaire sur le
budget général et sur les comptes spéciaux du
Trésor. Il apparaît que la réduction globale des
dépenses par rapport à la période complémentaire de
l'exercice 2002 a été très faible : - 0,18 Md€, soit
dix fois moins que celle constatée au cours de la période
complémentaire de l'exercice 2001 par rapport à celle de
l'exercice 2000 (1,8 Md€ ).
|
Dépenses
|
2000
|
2001
|
2002
|
2003
|
|
Budget
général
|
7,77
|
7,14
|
3,91
|
3,77
|
Cette
très faible réduction globale des dépenses se
vérifie aussi bien sur le budget général que sur les
comptes spéciaux du Trésor :
Sur le budget général
:
La diminution n'est que de 0,14 Md€, donc très inférieure
à celle de 3,23 Md€ enregistrée dans la période
complémentaire de l'exercice 2001 par rapport à la période
complémentaire de l'exercice précédent.
Sur les comptes spéciaux du Trésor (CST)
:
La diminution des dépenses est presque nulle (- 0,04 Md€). On
relève en particulier qu'ont été effectuées sur le
compte 902-24 (Dotations en capital, achats de titres, investissements en fonds
de capital-investissement) par décisions du ministre de
l'économie, des finances et de l'industrie en date des 23 et 24 janvier
2003, c'est-à-dire dans les dernières 48 heures de la
période complémentaire, trois dépenses d'un montant
égal ou supérieur, chacune, à 500 M€, à savoir
:
- un versement de 500 M€ au Fonds de Réserve des Retraites (FRR),
- une dotation en capital de 950 M€ à EPFR,
- un versement de 600 M€ au bénéfice de Réseau
Ferré de France (RFF) et présenté également comme
une dotation en capital.
2.2)
Des recettes non-fiscales en augmentation pour la
2
ème
année consécutive
Le niveau des recettes comptabilisées en période
complémentaire de l'exercice 2002 s'établit au total à
7,02 Md€ (dont 1,39 sur le budget général et 5,63 sur les
CST), en augmentation de :
- 0,860 Md€ par rapport à la période complémentaire
de l'exercice 2001,
- et de 2,170 Md€ par rapport à celle de l'exercice 2000.
|
Recettes
comptabilisées
|
2000
|
2001
|
2002
|
2003
|
|
Budget
général
|
0,17
|
0,02
|
0,71
|
1,39
|
L'augmentation de 2002 est notamment liée à un
doublement des recettes non- fiscales
11(
*
)
comptabilisées sur le Budget
général : 1,39 Md€, au lieu de 0,7 Md€.
Ce doublement s'explique lui-même par l'augmentation des recettes
comptabilisées à l'ACCT au compte n° 901-590 : 1,26 Md€
en 2002 (contre 0,58 Md€ en 2001). Ont été notamment
retracés sur ce compte en janvier 2003, au titre de l'exercice 2002 :
- le versement par la Banque de France, le 22 janvier 2003, d'un acompte de
0,12 Md€ sur les reversements dus à l'Etat pour les anciens
billets en francs (des raisons juridiques ne permettaient pas un versement
avant le 31 décembre 2002) ;
- mais aussi le reversement par la COFACE d'un "excédent" de
trésorerie pour un total de 0,93 Md€ (contre 0,61 Md€ au titre
de la période complémentaire de 2001), et ceci en deux versements
:
- un versement d'un peu plus de 0,40 Md€, le 10 janvier 2003
- un versement d'un peu plus de 0,52 Md€, le 23 janvier 2003 ;
- ainsi qu'un reversement par NATEXIS-Banque, le 24 janvier, de
0,20 Md€, au titre de son excédent sur le compte des garanties
de taux, reversement qui n'avait pas eu d'équivalent en période
complémentaire de 2001.
3) Propositions pour améliorer à cet égard
l'exécution budgétaire en fin de gestion
Améliorer l'exécution budgétaire en fin de gestion
implique notamment (cf. supra, §1) de réduire le volume des
opérations de la période complémentaire.
Or l'accroissement de ce volume en 2002, par rapport à la période
complémentaire de 2001, provient essentiellement, comme on l'a vu (cf.
supra, § 2), du doublement des recettes non-fiscales mobilisées au
cours de cette période, qu'il s'agisse de la trésorerie du compte
de l'Etat chez NATEXIS Banque, ou de celle logée à la COFACE.
Aussi l'objectif de réduction de ce volume d'opérations doit-il
conduire - au-delà de la nécessité de rattacher
systématiquement à l'exercice les opérations en cause -
à un certain
encadrement de la mobilisation des recettes
non-fiscales
.
Ces opérations sur les recettes non-fiscales ne sont assurément
pas nouvelles. Dans un rapport d'information
12(
*
)
de 2000, le rapporteur
général de la Commission des finances de l'Assemblée
nationale avait déjà signalé ce qu'il désignait
comme « une diminution choisie de recettes non-fiscales ».
Ces recettes, que le ministre chargé des finances avait alors
décidé de ne pas appeler aux niveaux prévus, constituaient
en réalité, selon le rapporteur général, une
« réserve » à la disposition du gouvernement
pour l'exercice suivant. Elles correspondaient notamment :
- à des prélèvements prévus sur les fonds
d'épargne gérés par la Caisse des dépôts et
consignations
- à un versement attendu de la CADES
- mais aussi à un reversement, prévu en loi de finances, de la
part de la COFACE.
Or le tirage de 200 M€ intervenu en janvier 2003 sur le compte de l'Etat
chez NATEXIS-Banque représente un mouvement fort comparable dans son
principe, quoique de sens inverse.
Venant en sus du versement de 135 M€ prévu en loi de finances et
qui avait déjà été effectué en 2002 sur ce
même compte, ce tirage de janvier 2003 n'était pas justifié
de manière plus probante que la mise en "réserve"
opérée en 2000. Il s'agissait alors de laisser les fonds sur le
compte Etat de la COFACE afin de "consolider l'équilibre" du compte
"dans une logique prudentielle de moyen/long terme". En janvier 2003, il
s'agissait de tenir compte "du bas niveau des taux d'intérêt
constatés en 2002". En réalité, dans les deux cas, toute
latitude était donnée pour soutenir ces arguments lors de
l'examen, en décembre, des projets de lois de finances rectificatives et
pour proposer en conséquence au parlement de modifier lui-même le
montant du crédit inscrit au chapitre correspondant. En fait, s'agissant
en particulier de la décision du 24 janvier 2003 relative à
NATEXIS, les circonstances précitées rendent beaucoup plus
vraisemblable que le montant inscrit au chapitre a été maintenu
en LFR pour préserver une certaine capacité d'arbitrage sur le
niveau du solde final d'exécution budgétaire.
En conclusion, l'essentiel des opérations doit pouvoir être mieux
encadré, s'agissant des montants en cause, et réalisé
avant la clôture de l'exercice. Ce constat souligne la
nécessité de concilier les principes et une certaine souplesse
dans la gestion des flux de trésorerie.
Question 2
Les comptes spéciaux du
Trésor
En ce qui concerne les comptes spéciaux du Trésor, quelle analyse la Cour des comptes fait-elle de l'écart important, pour les dépenses, les recettes et le solde, entre la prévision en loi de finances, les rectifications en lois de finances rectificatives et l'exécution en loi de règlement ? Elle constate par ailleurs que « les reports des comptes spéciaux du Trésor (16 % du total), en progression de 21,4 %, freinent la baisse moyenne ». Quelle explication la Cour des comptes peut-elle apporter à ce phénomène ? Quel lui semble être l'avenir des comptes spéciaux du Trésor existants au regard de la loi organique du 1 er août 2001 ?
Réponse
La
question sur les comptes spéciaux du Trésor aborde trois sujets
qui sont, pour deux d'entre eux, relativement liés ; il s'agit de
l'écart entre la loi de finances initiale et l'exécution et les
reports. Sur ces deux thèmes, la Cour, dans les rapports sur
l'exécution des lois de finances de ces dernières années,
a formulé des observations sur la gestion de chaque compte
13(
*
)
car il s'agit de questions importantes
qui touchent aux modes de gestion des comptes spéciaux du Trésor.
La loi organique du 1
er
août 2001 apporte des
réponses et aura une incidence notamment sur la gestion et le nombre des
comptes d'affectation spéciale.
1. Ecart entre la prévision en loi de finances et l'exécution
en loi de règlement
La comparaison entre la loi de finances initiale et l'exécution ne prend
une réelle signification que pour les comptes d'affectation
spéciale, les comptes d'avances qui décrivent les avances
consenties dans la limite des crédits ouverts à cet effet et
les comptes de prêts qui retracent les prêts consentis par l'Etat
soit à titre d'opérations nouvelles, soit à titre de
consolidation.
Pour les comptes de commerce qui retracent des opérations de
caractère industriel ou commercial effectuées à titre
accessoire par des services publics de l'Etat, les prévisions de
dépenses ont un caractère évaluatif, seul le
découvert fixé annuellement pour chacun d'eux a un
caractère limitatif. Il en est de même pour les comptes de
règlement avec les gouvernements étrangers et les comptes
d'opérations monétaires où la présentation des
prévisions de recettes et de dépenses est facultative ;
c'est, là aussi, le découvert fixé annuellement pour
chacun des comptes qui a un caractère limitatif.
Sans faire une analyse détaillée de tous les comptes
spéciaux du Trésor, les principales constatations
suivantes peuvent être faites :
a) Comptes d'affectation spéciale
Pour les comptes d'affectation spéciale les prévisions
s'établissaient à 10.304 M€ en recettes et
dépenses. Les résultats se situent à 10.406 M€
en recettes (soit un différence positive de 102 M€) et
à 10.136 M€ en dépenses (soit une différence
négative 168 M€).
Tableau 1 : comptes d'affectation spéciale 14( * )
|
|
Prévisions LFI |
Résultats d'exécution |
Ecart LFI - Exécution |
|
Recettes |
10 304 |
10 406 |
102 |
|
Dépenses |
10 304 |
10 136 |
-168 |
|
Solde |
0 |
270 |
270 |
L'ensemble des comptes d'affectation spéciale a connu
des
variations entre la LFI et l'exécution mais les 2/3 de cette
différence résident dans deux comptes :
• le compte n° 902-24 «
produits de cessions de
titres, parts et droit de sociétés
»
• le compte n° 902-33 «
fonds de provisionnement
des charges de retraite et de désendettement de
l'État
»
Pour le compte n° 902-24 «
produits de cessions de
titres, parts et droit de sociétés
» les
prévisions en recettes et dépenses s'établissaient
à 5.432 M€ et les résultats ont été de
6.126 M€ en recettes soit une différence de
+694 M€ ; cette augmentation résulte principalement de
certaines cessions en fin d'année, dans de bonnes conditions
financières, notamment celle du Crédit lyonnais qui a
généré une recette de 2,2 Md€. Les recettes
ayant été plus importantes que prévu, les dépenses
ont suivi la même évolution pour se situer à
5.944 M€ en dépenses soit une augmentation de
+512 M€.
Il convient d'observer que les écarts ont été en 2002
inférieurs à ceux constatés les années
précédentes comme le montre le graphique ci-dessous où les
variations importantes en 1997 et 1998 s'expliquaient par les cessions de
titres notamment de France Telecom.
En ce
qui concerne le compte n° 902-33 «
fonds de
provisionnement des charges de retraite et de désendettement de
l'État
», les prévisions en recettes et
dépenses s'établissaient à 1.238,4 M€ et les
résultats sont de 619,2 M€. Comme la Cour l'a indiqué dans
le rapport sur l'exécution de la loi de finances pour 2002,
l'article 33 de la loi de finances pour 2002 modifie l'article 36 de
la LFI pour 2001 en prévoyant que les redevances des opérateurs
UMTS comprennent deux composantes :
• une première composante traduisant l'avantage immédiat
lié à l'attribution de la licence d'un montant de
619.209.795,27 €, versée le 30 septembre de
l'année de délivrance de l'autorisation ou lors de cette
délivrance si celle-ci intervient postérieurement au
30 septembre ;
• une seconde composante correspondant à la valeur d'usage du
spectre de fréquences hertziennes publiques, versée annuellement
avant le 30 juin de l'année en cours au titre de l'utilisation des
fréquences de l'année précédente. Cette redevance
est calculée en pourcentage du chiffre d'affaires réalisé
au titre de l'utilisation desdites fréquences attribuées au
titulaire de l'autorisation.
Le pourcentage de la seconde composante a été fixé
à 1 % du chiffre d'affaires.
Les recettes prévues initialement pour 2002 étaient de
1238,4 M€ à raison de 619,2 M€ par opérateur
se portant candidat à une autorisation UMTS (dans la limite des deux
places restant disponibles) au titre de la première composante. Aucune
recette n'était prévue au titre de la seconde composante, les
deux opérateurs actuellement titulaires d'une autorisation UMTS n'ayant
pas commencé leurs services commerciaux en 2001.
Un seul opérateur
(Bouygues Télécom) a
répondu au second appel à candidatures lancé par
l'Autorité de régulation des télécommunications
pour obtenir une licence UMTS. L'autorisation lui a été
délivrée en décembre 2002 et les recettes n'ont donc
été que de 619,2 M€.
b) Les comptes de prêts
Pour les comptes de prêts les prévisions s'établissaient
à 1.217 M€ en recettes et 843 M€ en dépenses.
Les résultats se situent à 1.227 M€ en recettes (soit
un différence positive de 10 M€) et à
1.134 M€ en dépenses (soit une différence de
291 M€).
|
|
Prévisions LFI |
Résultats d'exécution |
Ecart LFI - Exécution |
|
Recettes |
1 217 |
1 227 |
10 |
|
Dépenses |
843 |
1 134 |
291 |
|
Solde |
374 |
93 |
-281 |
85 % de cette différence résident dans les comptes n° 903-07 « prêt du Trésor à des états étrangers et à la Caisse de développement » et n° 903-17 « prêts du Trésor à des Etats étrangers pour la consolidation des dettes envers la France ».
Tableau 3 : comptes n°903-07 et n°903-17|
|
Evaluation LFI 2002 |
2002 |
Différence |
|
Recettes de l'année |
1 198 |
1 207 |
9 |
|
Dépenses de l'année |
843 |
1 093 |
250 |
|
Solde de l'année |
355 |
114 |
-241 |
Les
services du ministère de l'économie des finances et de
l'industrie indiquent que les décalages entre prévision et
exécution et les reports de crédits résident dans le
retard dans la signature de certains accords bilatéraux ce qui ne permet
pas de consommer la totalité des crédits alloués et se
traduit par un report de crédits ce qui permet de refinancer en partie
les créances des ces pays sur la gestion ultérieure. De
façon plus spécifique, le décalage entre prévision
et exécution tient aussi aux difficultés de négociation de
certains accords bilatéraux.
Il convient de mentionner le système de remise de dette qui intervient
sur les résultats des comptes n° 903-07 et
n° 903-17 : lorsqu'un pays rencontre des difficultés
financières pour honorer ses échéances de prêts,
notamment ceux octroyés par le compte n° 903-07, sa dette est
traitée dans le cadre multilatéral en Club de Paris sous forme
d'un accord de consolidation traduit ensuite sous forme bilatérale.
Cette consolidation permet d'aménager la dette par le biais d'un nouveau
prêt et d'éteindre la dette sur le compte n° 903-07,
soit au fur et à mesure des échéances de l'ancien
prêt arrivant à maturité pour les accords dits de "flux",
soit en une seule fois pour les accords dits de "stock".
En pratique, cette opération de refinancement consiste à verser,
à partir du compte n° 903-17, les sommes correspondantes sur
un compte de l'Etat ouvert à la Banque de France pour être
reversées à l'organisme créancier concerné (AFD ou
NATEXIS) qui reverse la part en principal sur le compte n° 903-07.
Ces versements sont considérés, alors, comme des remboursements
sur les prêts donc comme des recettes sur le compte n° 903-07.
La part en intérêts, quant à elle, est enregistrée
en recettes du budget général. Ces mécanismes complexes
contribuent à l'écart qui peut exister entre les
prévisions en LFI et les résultats d'exécution.
c) Les comptes d'avance
Pour les comptes d'avances les prévisions s'établissaient
à 55.541 M€ en recettes et 54.645 M€ en
dépenses. Les résultats se situent à 62.345 M€
en recettes (soit un différence positive de 6.804 M€) et
à 62.068 M€ en dépenses (soit une différence de
7.423 M€). Le solde est de ce fait inférieur de
619 M€ aux prévisions.
|
|
Prévisions LFI |
Résultats d'exécution |
Ecart LFI - Exécution |
|
Recettes |
55 541 |
62 345 |
6 804 |
|
Dépenses |
54 645 |
62 068 |
7 423 |
|
Solde |
896 |
277 |
-619 |
Là aussi la différence s'explique par les
évolutions de deux comptes :
• le compte n° 903-54 «
avances sur le montant des
impositions revenant aux départements, communes, établissements
et divers organismes
» ;
• le compte n° 903-58 «
avances à divers
services de l'État ou organismes gérant des services
publics
».
Tout d'abord il convient de noter que le compte n° 903-58 ne fait pas
objet d'une évaluation des dépenses et recettes en loi de
finances initiale. Ce compte retrace les avances à divers services de
l'État ou organismes gérant des services publics (avances aux
budgets annexes, avances à l'agence centrale des organismes
d'intervention dans le secteur agricole, avances aux autres
établissements publics nationaux et services autonomes de l'État,
avances à des services concédés ou nationalisés ou
à des sociétés d'économie mixte et avances à
divers organismes de caractère social).
Les opérations devraient s'exécuter dans l'année, le
compte étant débité du montant des avances
accordées et crédité des remboursements obtenus. Les
intérêts produits sont versés au budget
général.
Compte tenu de cet élément la différence entre la LFI et
l'exécution est bien moindre et ne concerne pratiquement que le compte
le compte n° 903-54 «
avances sur le montant des
impositions revenant aux départements, communes, établissements
et divers organismes
».
|
|
Dépenses |
Recettes |
Solde |
||||||
|
|
LFI |
Exécution |
Diff |
LFI |
Exécution |
Diff. |
LFI |
Exécution |
Diff. |
|
903-54 |
54 400 |
56 221 |
1.821 |
55 300 |
56 565 |
1 266 |
900 |
344 |
-555 |
|
903-58 |
|
5 622 |
5.622 |
|
5 599 |
5 599 |
|
-23 |
-23 |
Il
convient de rappeler qu'en dépenses du compte n° 903-54,
figure le montant des émissions d'impôts locaux et en recettes les
encaissements effectifs complétés par des recettes d'ordre
représentatives de frais de dégrèvements et non-valeur
pris en charge par l'État sur le chapitre 15-01 des charges
communes.
De ce fait les variations proviennent du fait que les prévisions en loi
de finances initiale sont déterminées à
l'été de l'année N-1. Elles font l'objet de
révision, par le ministère de l'économie, des finances et
de l'industrie, en cours d'année (février et juillet de
l'année N) afin d'affiner les projections. Les écarts de la
prévision loi de finances initiale par rapport à la
réalisation sont ainsi récurrents notamment en raison des
variations susceptibles d'affecter le niveau des prévisions
d'émissions (base imposable, taux votés...) qui entraînent
mécaniquement des écarts sur les recettes et les dépenses.
d) Le compte n°906-04 « compte d'émission des
monnaies métalliques »
Dans le rapport sur l'exécution des lois de finances pour 2002, la Cour
a présenté la situation particulière du compte
d'opérations monétaires n° 906-04 «
compte
d'émission des monnaies métalliques
» qui a pour
objet de retracer les opérations auxquelles donnent lieu
l'émission et le retrait des monnaies métalliques. Il est
crédité de la valeur nominale des pièces émises et
du produit de la vente des pièces démonétisées. Il
est débité de la valeur nominale des pièces
retirées de la circulation et du montant des sommes versées
à l'administration des monnaies et médailles en règlement
des dépenses de fabrication. Le gain (ou la perte) potentiel lié
au passage à l'euro est donc égal au solde entre la
remontée des pièces en francs majorée des coûts
induits (charges), et la valeur des nouvelles pièces mises en
circulation (produits).
En 2002, un solde positif de 533 M€ a été inscrit en
loi de finances initiale, correspondant aux gains de
« seigneuriage » attendus des pièces mises en
circulation. Or, cet excédent prévu a été en fait
beaucoup plus faible puisqu'il s'établit à 10,7 M€ du
fait de la contraction de la circulation monétaire et de l'ampleur
inattendue du phénomène de remontée des euros vers les
succursales de la Banque de France, entraînant une dégradation
progressive du solde du compte qui est débité du règlement
à la Banque de France de la valeur faciale des pièces
restituées.
2. Les reports
L'ordonnance du 2 janvier 1959 prévoit à l'article 24
que le solde de chaque compte spécial du Trésor est
reporté d'année en année.
Toutefois, les profits et
pertes constatés sur toutes les catégories de comptes, à
l'exception des comptes d'affectation spéciale, sont imputés aux
résultats de l'année dans les conditions prévues à
l'article 35. L'ordonnance du 2 janvier 1959 ne fixait pas de limite
aux reports de crédits.
L'évolution des reports de crédits sur les comptes
spéciaux du Trésor dotés de crédits (ce qui exclut
donc les comptes dotés d'autorisations de découverts) ne peut
être analysée globalement. Chaque compte spécial du
Trésor connaît sa propre évolution et les reports n'ont pas
la même signification.
Les comptes de prêt à des Etats étrangers connaissent
l'évolution la plus forte ; le retard dans la signature de certains
accords bilatéraux conduit à ne pas consommer la totalité
des crédits alloués et se traduit par un report de
crédits. En général les créances des ces pays sont
financées sur la gestion ultérieure.
Parmi les comptes d'affectation spéciale, on notera les augmentations de
reports particulièrement importantes pour les comptes
n° 902-00 «
fonds national de l'eau
»,
n° 902-15 «
compte d'emploi de la taxe parafiscale
affectée au financement des organismes du service public de la
radiodiffusion
» et n° 902-17 «
fonds
national pour le développement du sport
».
Les raisons de ces reports se situent à la fois dans les recettes et les
dépenses. Pour les premières il existe pour certains comptes une
sous-évaluation en loi de finances initiale entraînant des
plus-values non-consommées. Par ailleurs en dépense on constate
une consommation insuffisante des crédits.
Pour le compte n° 902-00 cette sous-consommation est structurelle.
Ainsi en 2002 le taux de consommation des crédits n'est que de 34 %
pour l'ensemble des chapitres de la section FNSE. Pour la section FNDAE les
reports de la gestion précédente sont en hausse de 13,49 %
par rapport à ceux de 2000/2001. C'est la septième année
consécutive que le FNDAE connaît une hausse de ses reports. Le
rythme d'augmentation, qui s'était ralenti chaque année depuis
1998, est à nouveau croissant
Pour le compte n° 902-17, la Cour avait souligné dans ses
rapports précédents la faible consommation globale des
crédits du FNDS. Ce constat demeure fondé pour 2002, le taux de
consommation globale des crédits du FNDS s'établit à
64 %. Ce résultat s'explique par le taux particulièrement
faible de consommation des crédits de paiement relatifs aux
opérations en capital, qui n'atteint que 18 % en 2002 (contre
25 % en 2001). Le taux de consommation des crédits relatif aux
dépenses ordinaires est, au contraire, d'un excellent niveau puisqu'il
s'établit à 99 %. La principale cause de cette situation
réside dans les importantes plus values de recettes, enregistrées
au cours des derniers exercices par le FNDS par rapport aux inscriptions en loi
de finances initiale, répercutées en priorité sur les
dépenses en capital. Ce mécanisme est particulièrement net
en 2002 comme en 2001 : les plus values atteignent 44,8 M€
(53,87 M€ en 2001) et bénéficient essentiellement aux
opérations d'équipement.
Par ailleurs dans le rapport sur l'exécution des lois de finances pour
1999 et 2000, la Cour avait observé que, s'agissant des comptes
d'affectation spéciale, la procédure d'affectation des recettes
permet à l'Etat, en sous-évaluant initialement les ressources
attendues, d'abonder positivement le Trésor à hauteur des
plus-values de recettes constatées en cours d'exercice et qui ne seront
reportées que l'année suivante (pas toujours en totalité),
tout en interdisant aux ministères dépensiers d'engager à
hauteur des recettes réelles.
Enfin, le principe de l'affectation des recettes, combiné avec celui de
l'automaticité des reports, n'est pas forcément de nature
à dynamiser la consommation des crédits par les gestionnaires.
3. Les comptes spéciaux du Trésor dans la loi organique du
1
er
août 2001
La loi organique du 1
er
août 2001 relative aux lois de
finances définit les modalités de fonctionnement des comptes
spéciaux du Trésor aux articles 19 à 24.
Certaines de ces dispositions auront des incidences sur le fonctionnement et le
nombre des comptes spéciaux du Trésor et en particulier sur les
comptes d'affectation spéciale. Les points suivants peuvent être
soulignés :
-
• en matière de recettes l'effet combiné de plusieurs
dispositions nécessite une réorganisation et un reclassement des
ressources des comptes spéciaux en conformité avec la loi
organique. Pour certains comptes d'affectation spéciale la
pérennité ne sera pas assurée compte tenu des nouvelles
obligations en matière de recettes. Il en est ainsi notamment pour
certains comptes dont les ressources proviennent d'une taxe parafiscale. La loi
organique du 1
er
août 2001 abroge l'ordonnance organique
n° 59-2 du 2 janvier 1959, qui constituait la base juridique de
la parafiscalité. L'article 63 de la loi organique du
1
er
août 2001 organise un dispositif transitoire relatif
au régime d'extinction de ces taxes parafiscales, qui s'étendra
jusqu'au 31 décembre 2003.
Par ailleurs l'article 21 de la loi organique du 1 er août 2001 précise que les recettes peuvent être complétées par des versements du budget général mais uniquement dans la limite de 10 % des crédits initiaux de chaque compte contre 20 % aujourd'hui (article de l'ordonnance du 2 janvier 1959).
Enfin l'article 21 précise que les comptes d'affectation spéciale retracent des opérations budgétaires financées au moyen de recettes particulières qui doivent être en relation directe avec les dépenses concernées. Cette disposition exclut donc des ressources qui n'entreraient pas directement dans le champ des dépenses et remettrait en cause l'existence de certains comptes ;
• en ce qui concerne les reports la loi organique du 1 er août 2001 apporte des limites. Les autorisations d'engagement et les crédits de paiement disponibles en fin d'année sont reportés sur l'année suivante, dans les conditions prévues aux II et IV de l'article 15 ; ce dernier prévoit en fait de limiter à 3 % l'augmentation des crédits du programme bénéficiant du report sauf disposition contraire prévue par une loi de finances. Ceci constitue bien évidemment un changement très important par rapport à l'ordonnance du 2 janvier 1959 ;
• Il convient aussi d'indiquer que l'article 20 précise que chacun des comptes spéciaux dotés de crédits constitue une mission et que leurs crédits sont spécialisés par programme. Cette disposition pourrait exclure certains comptes qui n'auraient pas la « taille critique » ou qui ne pourraient définir un champ d'activité suffisamment large pour constituer une mission ;
• enfin en ce qui concerne les comptes de commerce, la loi organique du 1 er août 2001 crée un compte de droit pour les opérations budgétaires relatives à la dette et à la trésorerie de l'Etat, à l'exclusion de toute opération de gestion courante. Pour ce compte, la possibilité de recevoir des versements en provenance du budget général n'est pas soumise à la limite des 10 %. Il en est de même pour les deux comptes d'affectation spéciale créés par la loi organique relatifs, d'une part aux opérations de nature patrimoniale liées à la gestion des participations financières de l'Etat, et d'autre part pour les opérations relatives aux pensions et avantages accessoires. Les dispositions prévues pour les autres comptes de commerce ne connaissent pas de modifications par rapport à l'ordonnance du 2 janvier 1959.
Financement du déficit en 2002
Dans son rapport sur l'exécution des lois de finances pour 2002, la Cour des comptes observe que le dérapage de l'exécution budgétaire a donc été essentiellement financé à court terme . Quel a été l'impact budgétaire de ce mode de financement pour l'exercice 2002 et quelles en sont les répercussions sur les exercices suivants ?
Réponse
1°)
En 2002, un besoin net de financement de l'Etat non prévu de
14,5 milliards d'euros a été financé à court
terme.
Le besoin net de financement de l'Etat s'est établi à 109,7
milliards d'euros sur l'année 2002, soit un montant supérieur de
14,5 milliards d'euros aux prévisions de la loi de finances
initiale (95,2 milliards).
Tableau simplifié des flux de trésorerie de l'Etat pour 2002
|
En milliards d'euros |
Loi de finances initiale |
Programme de financement 15( * ) |
Loi de finances rectificative |
Loi de règlement |
Ecart loi de règlement - LFI |
|
Besoin net de financement |
- 95,2 |
- 91,6 |
- 109,3 |
- 109,7 |
+ 14,5 |
|
OAT et BTAN (net) |
89,0 |
85,0 |
85,0 |
86,9 |
-2,1 |
|
Variation nette de l'encours de BTF |
11,4 |
13,0 |
25,2 |
35,7 |
+ 24,3 |
|
Autres ressources |
- 5,2 |
- 6,4 |
- 0,9 |
- 12,9 |
+ 7,7 |
Source : Ministère de l'économie, des
finances
et de l'industrie
Dans ce contexte, les émissions à moyen et à long terme
ont atteint des niveaux proches de ceux envisagés dans la loi de
finances initiale. En revanche, l'Etat a émis beaucoup plus de bons
à court terme qu'il n'en a remboursé : la variation nette de
l'encours de bons du Trésor à taux fixe et intérêts
précomptés (BTF) pour 2002 a représenté une
augmentation de 35,7 milliards d'euros, alors qu'une progression de
seulement 11,4 milliards d'euros était envisagée en loi de
finances.
L'écart (24,3 milliards) vient financer :
- pour 7,7 milliards, une diminution plus rapide qu'envisagée
initialement des ressources non négociables ;
- à hauteur de 2,1 milliards, des émissions d'obligations
assimilables du Trésor (OAT)
16(
*
)
et de bons du Trésor à
taux fixe et à intérêts annuels (BTAN)
17(
*
)
légèrement moins
importantes que prévu ;
- ?la dérive du besoin de financement (net) de l'Etat par rapport
à la loi de finances, soit 14,5 milliards d'euros.
- Encours et flux de BTF
|
En milliards d'euros |
Emissions 2002 |
Remboursements 2002 |
Solde |
|
Encours fin 2001 |
|
|
52,4 |
|
Flux BTF 1 mois |
0,5 |
- 0,5 |
0 |
|
Flux BTF 3 mois |
112,0 |
- 98,5 |
13,5 |
|
Flux BTF 6 mois |
39,3 |
- 26,4 |
12,9 |
|
Flux BTF 1 an |
33,6 |
- 24,3 |
9,3 |
|
Total flux |
185,4 |
- 149,7 |
35,7 |
|
Encours fin 2002 |
|
|
88,1 |
Source : Ministère de l'économie, des
finances
et de l'industrie
Ce constat conduisait la Cour à observer dans son rapport sur
l'exécution des lois de finances pour 2002 que « le
dérapage de l'exécution budgétaire a été
essentiellement financé à court terme » en 2002.
Cette tendance s'est poursuivie au cours du premier semestre 2003. Fin juin,
l'encours de BTF s'élevait à 103 milliards d'euros, soit un
accroissement de 15 milliards par rapport à la fin 2002, alors que
la variation de l'encours prévue par la loi de finances initiale pour
l'ensemble de l'année 2003 était égale à 12,5
milliards.
2°) Ce choix est explicable par la facilité plus grande
d'écoulement d'un surcroît important d'émissions sur le
segment court du marché
Interrogée par la Cour à l'occasion de la rédaction du
rapport sur l'exécution des lois de finances 2002, l'agence France
Trésor a justifié ce choix de la façon suivante
(réponse du 18 mars 2003).
« Le choix d'un endettement à court terme pour financer ce
besoin de financement accru repose sur le coût en termes de
crédibilité d'une modification significative du programme
d'emprunt moyen-long terme en cours d'année. Par ailleurs, les
spécialistes en valeurs du Trésor avaient fait part à
l'agence France Trésor dès le début de l'année 2002
de leur souhait de voir se renforcer la présence de la France sur le
segment court de la courbe des taux (BTF) compte tenu d'une forte demande des
investisseurs pour ce type de produits. Cette demande a permis à l'Etat
de bénéficier de taux plus favorables. Cette montée en
puissance devrait se poursuivre l'année prochaine, ce qui est par
ailleurs tout à fait cohérent avec l'objectif de réduction
de la durée de vie moyenne de la dette négociable de
l'Etat ».
Par ailleurs, dans son bilan annuel 2002, l'agence France Trésor
rapproche l'augmentation de l'encours des BTF de la diminution des
dépôts des comptes chèques postaux (CCP) auprès du
Trésor public.
Ces développements appellent les commentaires suivants :
Le transfert des dépôts des comptes chèques postaux du
Trésor public à Efi-poste s'inscrit dans le cadre de la
convention du 17 mars 2000 entre l'Etat et La Poste. Il s'agit d'un
phénomène prévisible et progressif. Plus
généralement, la diminution des ressources de financement non
négociables est une tendance engagée depuis plusieurs
années et ne peut être analysée comme une explication
majeure de l'augmentation de la variation nette de l'encours de BTF en 2002.
Les ressources non négociables ont diminué de 7,7 milliards
d'euros de plus que prévu en loi de finances : cela ne
représente que 32 % des émissions nettes de BTF
supplémentaires (24,3 milliards d'euros).
L'objectif de réduction de la durée de vie moyenne de la dette
inscrit dans le programme de gestion de la dette et de la trésorerie
pour 2002 devait en principe être atteint grâce à la
conclusion de contrats d'échange de taux (
swaps
) et non par une
modification de la politique d'émission. Après l'interruption du
programme de swaps en juillet 2002, l'émission des BTF a permis à
l'agence France Trésor de continuer à se rapprocher de l'objectif
de durée de vie moyenne prévu dans l'annexe à la loi de
finances.
Mais, fondamentalement, ce sont bien les conditions de marché qui ont
constitué le facteur déterminant dans les choix des gestionnaires
de la dette. A cet égard, les considérations sur les
inconvénients d'une modification du programme d'endettement à
moyen et long terme et la préférence des acteurs de marché
pour des titres à court terme peuvent être retenues, tout en
étant formulées de façon moins positive.
La Cour observe que la faible fiabilité des prévisions du
besoin de financement de l'Etat pour 2002 inscrites en loi de finances et dans
le programme de financement n'est pas de nature à asseoir la
crédibilité de l'Etat sur les marchés financiers, quel que
soit le mode de financement choisi ensuite.
Dans ce contexte dégradé, un financement intégral du
besoin de financement non prévu (14,5 milliards d'euros) à moyen
et long terme aurait représenté une augmentation d'environ
16 % des émissions sur ces segments, par rapport aux
prévisions de la loi de finances. Cet appel supplémentaire de
l'Etat au marché obligataire aurait pu avoir des conséquences sur
les taux longs, voire provoquer des effets d'éviction, rendant plus
difficile le financement obligataire du secteur privé.
La liquidité plus forte des marchés à court
terme
18(
*
)
leur permet d'absorber
avec des tensions moindres sur les taux un surcroît de demande de
capitaux en provenance du secteur public. Le surcroît d'émissions
effectué en 2002 a ainsi rencontré une demande soutenue.
Malgré l'augmentation des émissions, le ratio de couverture des
demandes par les émissions a progressé, s'établissant
à 3,74 contre 3,35 en 2001. La croissance des volumes d'émissions
à court terme, si elle se poursuivait, pourrait cependant finir par se
heurter aux limites de la demande. Ainsi, certains signes peuvent être
interprétés comme attestant une saturation des investisseurs
internationaux : la part des BTF détenue par des
non-résidents a diminué entre décembre 2001 et
décembre 2002, se repliant de 35 à 28 %.
Afin d'écouler au mieux sur le marché le surcroît
d'émissions nécessaire pour faire face au besoin de financement
accru de l'Etat, le recours au moins partiel à des BTF s'imposait pour
des raisons de liquidité.
3°) En raison de modalités différentes de paiement des
intérêts, un financement à court terme a un coût
budgétaire significatif dès 2002, contrairement au recours aux
OAT ou aux BTAN.
Les taux nominaux moyens des émissions effectuées en 2002 ont
été respectivement de 3,22 % pour les BTF
19(
*
)
, 4,09 % pour les BTAN
20(
*
)
et 5,03 % pour les OAT
21(
*
)
.
Pour les OAT et les BTAN, le versement des intérêts se fait
annuellement à la date anniversaire de l'échéance de
l'emprunt.
En négligeant l'impact de la technique de l'assimilation
22(
*
)
et en supposant que le besoin de
financement supplémentaire à couvrir sur 2002 (14,5 milliards
d'euros) ait été réparti tout au long de l'année
sur les différentes émissions de BTAN à 5 ans au prorata
de leur volume, le service brut de la dette, si ce mode de financement avait
été retenu, aurait été nul en 2002 et totaliserait
3 190 millions d'euros sur la période 2003-2007.
En répartissant les 14,5 milliards d'euros tout au long de 2002 sur les
différentes émissions d'OAT 10 ans au prorata de leur volume, le
service brut de la dette associé totaliserait 7.120 millions d'euros sur
la période 2002-2012. Compte tenu de la méthode de paiement des
intérêts, identique à celle des BTAN, aucun versement ne
devrait intervenir en 2002. Cependant, les émissions effectuées
en janvier 2002 ont été réalisées sur la ligne
5 % octobre 2011 qui donne lieu à un premier paiement
d'intérêt en octobre 2002. Pour un volume supplémentaire
attribué à cette émission de 1.664 millions d'euros (sur
14.500 à financer), le coupon plein supplémentaire payable en
octobre 2002 (5 %) aurait été de l'ordre de 83 millions
d'euros. En tenant compte de la date d'émission (janvier 2002 et non
octobre 2001), le coupon couru serait d'environ 62 millions d'euros.
Dans le cas d'un financement par BTF, les intérêts sont
précomptés à l'émission : l'impact
budgétaire n'est donc pas nul en 2002. En outre, certains BTF viennent
à échéance avant la fin de l'année : ces
ressources doivent donc être refinancées (plusieurs fois dans le
cas des BTF 4 ou 13 semaines) sur la gestion 2002. Pour calculer
l'impact budgétaire en 2002 du recours aux BTF, les conventions
suivantes ont été retenues : répartition du besoin de
financement supplémentaire au prorata du volume des émissions de
BTF tout au long de l'année ; refinancement des premières
émissions à moins d'un an par l'émission de même
durée émise à la date la plus proche de
l'échéance
23(
*
)
.
Sous ces hypothèses, la couverture du besoin de financement
supplémentaire de 14,5 milliards d'euros nécessite
31,5 milliards d'euros d'émissions brutes de BTF
supplémentaires, représentant une charge budgétaire de
335 millions d'euros d'intérêts précomptés.
Le service de la dette correspondant aux BTF émis pour faire face au
besoin de financement non prévu enregistré en 2002 peut
être évalué à 335 millions d'euros au titre de
l'année 2002. Au contraire, un financement intégral par BTAN 5
ans n'aurait pas engendré de coût budgétaire en 2002. Dans
le cas d'un financement par des OAT 10 ans, le seul service de la dette payable
en 2002 aurait concerné les titres émis en début
d'année sur des lignes créées l'année
précédente.
4°) Un accroissement de la part de la dette à moins d'un an dans la
dette totale augmente la volatilité du service de la dette.
Si un besoin de financement est couvert à taux fixe par une
émission à cinq (BTAN) ou dix ans (OAT), ce taux est acquis pour
l'ensemble de la période.
Au contraire, l'ensemble des BTF émis en 2002 sera refinancé en
2002 et 2003. L'agence France Trésor peut choisir de refinancer les
émissions courtes de 2002 à court ou à plus long terme.
Si elle continue de les refinancer à court terme, la part de la dette
à moins d'un an dans la dette totale augmentera : elle est ainsi
passée de 8 à 12 % entre le 31 décembre 2001 et
le 31 décembre 2002.
Cette option comporte un inconvénient institutionnel et un
risque financier.
Du point de vue institutionnel, le plafond des émissions d'emprunts
négociables voté par le Parlement, prévu par la loi
organique du 1
er
août 2001, ne concerne que les titres
à plus d'un an : un rôle croissant des BTF dans le
financement de l'Etat limite donc la portée de l'autorisation
parlementaire.
Sur le plan financier, sauf pendant des périodes brèves dites
d'inversion de la courbe des taux, les taux à moins d'un an sont en
général inférieurs aux taux moyens et longs. Mais la
dette à moins d'un an doit être refinancée plus souvent et
les taux courts varient plus rapidement et de façon plus ample que les
taux moyens ou longs. Le service d'une dette plus courte est donc plus
difficilement prévisible.
Question 4
Consommation des crédits du ministère de la
justice
La Cour des comptes constate que le ministère de la justice « accumule des moyens sans les consommer ou les redéployer et les reports tendent à se pérenniser, les mesures de régulation budgétaire accentuant encore cette tendance ». Elle juge que « cette situation résulte de l'organisation propre du ministère ». Quelles sont, selon la Cour des comptes, les caractéristiques de l'organisation propre du ministère qui engendrent cette situation ?
Réponse
Le
ministère de la justice n'est pas parvenu à choisir entre un mode
de gestion « transversal » des fonctions budgétaires
et financières, dans lequel la direction de l'administration
générale et de l'équipement (DAGE) aurait un rôle
prééminent, et un mode de gestion
« intégré » aux directions verticales
(direction des services judiciaires, direction de l'administration
pénitentiaire et direction de la protection judiciaire de la jeunesse)
qui gèrent de manière quasi autonome les crédits de leurs
services.
Les directions verticales n'ont pas développé la capacité
d'établir des prévisions de dépenses réalistes ni
d'assurer un suivi en cours d'année de leurs réalisations. Ce
faisant, elles ont eu tendance à accumuler des moyens par la
reconduction des enveloppes obtenues et n'ont pas été capables de
les redéployer en cours d'exercice, en fonction de la réalisation
effective des dépenses. La Cour a d'ailleurs eu l'occasion, pour la
protection judiciaire de la jeunesse, de le souligner dans un rapport public
particulier. Elle l'a également constaté en matière de
dépenses immobilières à l'occasion d'un récent
contrôle. De son côté la DAGE, étant plus
éloignée de l'exécution de l'essentiel des dépenses
et n'ayant pas acquis au sein du ministère l'autorité suffisante,
n'est pas en mesure d'assurer un pilotage efficace des moyens.
Dans ce contexte, la création en 2002 de l'agence de maîtrise
d'ouvrage des travaux du ministère de la justice (AMOTMJ) rend encore
plus nécessaire une clarification des rôles afin que le
ministère soit en mesure de signer des conventions de mandat
précises et de contrôler leur exécution.
La mise en oeuvre de la LOLF pourrait être l'occasion de redéfinir
les modes de fonctionnement et mieux répartir les moyens de suivi
budgétaire. Les directions verticales auront en effet à piloter
les programmes qui leur seront confiés alors que parallèlement se
fera sentir le besoin d'une structure transversale pour assurer le suivi
d'ensemble du budget du ministère et la cohérence de ses
différents programmes.
Question 5
Concours de l'Etat aux collectivités territoriales et
péréquation
La Cour
des comptes considère que «
le renforcement éventuel
de la part des ressources des collectivités locales issues de la
fiscalité devra être accompagné d'une accentuation du poids
des dispositifs de péréquation au sein des concours de l'Etat au
profit des collectivités locales les plus pauvres
».
La Cour des comptes peut-elle retracer le poids actuel des dispositifs de
péréquation au sein des concours de l'Etat ?
Réponse
Dans le cadre du contrôle annuel de l'exécution du budget du
ministère de l'intérieur, la Cour des comptes n'a ni la mission
ni la capacité d'établir elle-même un ratio de
péréquation fondé sur une méthodologie qui lui
serait propre. La Cour n'est donc pas en mesure de retracer le poids actuel des
dispositifs de péréquation au sein des concours de l'Etat.
La Cour dispose toutefois des résultats de deux études dont
l'objectif était d'estimer l'ampleur de la péréquation
résultant des concours de l'Etat aux collectivités locales.
D'une part, le Commissariat au Plan a tenté de mesurer la correction des
inégalités de potentiel fiscal et de charges opérée
par le dispositif de péréquation financière entre
communes
24(
*
)
. L'étude
s'est fondée sur le concept « d'équité
territoriale » selon lequel la péréquation
financière doit viser à égaliser le potentiel fiscal
réel entre communes après neutralisation de l'effort fiscal. Ce
potentiel fiscal réel est obtenu en divisant le potentiel fiscal nominal
par un indice de charges représentatif du coût de fournitures et
de services publics locaux.
Le Commissariat au Plan conclut, selon cette méthodologie complexe, que
les politiques de péréquation ont permis de réduire les
inégalités de potentiel fiscal entre communes d'environ
30 %. Toutefois, l'étude porte sur les années 1994-1997,
c'est-à-dire sur une période antérieure à la
majoration et à la montée en charge des dotations de
péréquation. Cette étude est en cours d'actualisation pour
couvrir la période 1998-2002 et son champ d'investigation est
étendu des communes aux départements et aux régions.
D'autre part, les ministères de l'intérieur et des finances
estiment à 15,9 % du total des concours de l'Etat le niveau de
péréquation en 2001
25(
*
)
.
Par leur divergence et leur ancienneté, les résultats de ces
études conduisent à constater qu'il n'existe pas de
méthode harmonisée permettant d'évaluer ou de mesurer la
péréquation au sein des concours de l'Etat. De ce fait, la
péréquation ne fait pas l'objet d'un objectif chiffré.
Quelle que soit l'hypothèse retenue quant au niveau actuel de la
péréquation, ni le législateur, ni le gouvernement ne
disposent de norme permettant d'évaluer si le taux de
péréquation est suffisant ou excessif.
Au demeurant, il n'existe pas de définition consensuelle de la
péréquation bien que cette dernière soit désormais
inscrite dans la Constitution : l'article 72-2 de la Constitution
dispose en effet que «
la loi prévoit des dispositifs de
péréquation destinés à favoriser
l'égalité entre collectivités
territoriales
».
La Cour retient la définition la plus communément admise de la
péréquation : celle-ci consiste, selon la volonté du
législateur, à opérer une redistribution d'une partie des
dotations de l'Etat pour réduire la disparité des ressources
fiscales des collectivités locales et l'inégalité des
charges liée à la répartition des habitants, lorsque ces
disparités et ces inégalités revêtent un
caractère structurel et sont indépendantes des choix
effectués par les collectivités locales.
La première difficulté soulevée par cette approche se
rattache au niveau pertinent de la péréquation : les
dotations en oeuvre privilégient majoritairement la
péréquation verticale (concentration des dotations de l'Etat sur
les collectivités les plus défavorisées). Sont
concernées les dotations de solidarité urbaine et rurale au sein
de la DGF, ou le fonds national de péréquation.
La péréquation peut aussi être horizontale lorsqu'elle est
favorisée par des prélèvements opérés sur
les collectivités les plus riches au profit des collectivités les
plus pauvres. La péréquation horizontale repose sur le fonds de
solidarité des communes de la région Ile-de-France (FSRIF), les
fonds départementaux de péréquation de la taxe
professionnelle (FDTP) et le fonds de correction des
déséquilibres régionaux (FCDR).
Une deuxième difficulté suscitée par la définition
de la péréquation concerne le financement de
l'intercommunalité. Cette dernière s'inscrit dans une
logique de solidarité territoriale, les dotations de l'Etat étant
d'autant plus majorées que le degré d'intercommunalité est
élevé, reflétant les charges plus lourdes de regroupements
plus urbanisés et plus intégrés. Toutefois, cette logique
de solidarité territoriale diffère d'une logique de
péréquation reposant sur la seule égalisation du potentiel
fiscal des communes.
La troisième difficulté soulevée par la définition
de la péréquation se rapporte à l'estimation des
ressources fiscales des collectivités locales. Comme le rappelle le RELF
2002, «
le potentiel fiscal, principal critère
utilisé en matière de péréquation, résulte
directement des bases prises en compte et ne reflète plus exactement les
capacités contributives. En effet, l'assiette de l'impôt local a
vieilli, la dernière révision mise en oeuvre datant de 1970 pour
le foncier bâti et de 1961 pour le foncier non bâti, la
révision conduite en 1990 n'ayant pas été
appliquée
».
A ce stade, la Cour, comme elle l'a fait dans le RELF 2002, attire l'attention
du législateur sur les deux points suivants :
• Les dispositifs de péréquation devront tenir compte,
toutes choses égales par ailleurs, au vu des inégalités de
potentiel fiscal, des effets que serait susceptible de causer l'augmentation
éventuelle des ressources fiscales propres des collectivités
locales.
• Le renforcement éventuel des mécanismes de
péréquation, qu'il appartient au législateur de
décider, doit s'accompagner d'un souci de simplification, de
fiabilité et de sécurité juridique des critères de
répartition des dotations de l'Etat. Un groupe de travail
consacré aux critères de répartition des dotations de
l'Etat a d'ailleurs été créé au sein du
comité des finances locales à l'automne 2003.
Question 6
Subventions en faveur du
tourisme
Dans sa
monographie sur le budget du tourisme, la Cour des comptes déplore
l'absence d'instrument permettant de «
recenser les subventions de
l'Etat et des collectivités territoriales en faveur du
tourisme
»
.
La Cour des comptes préconise-t-elle la réalisation d'un tel
instrument et sous quelle forme ?
Lui paraîtrait-il opportun d'en confier la responsabilité à
l'un des organismes à compétence nationale recensés dans
la monographie (AFIT, ONT) ?
Réponse
Dans sa
note de synthèse consacrée au tourisme, la Cour relève la
faiblesse des informations statistiques dans ce domaine et l'absence d'outils
permettant de recenser complètement les subventions de l'Etat et des
collectivités territoriales en faveur du tourisme.
S'agissant d'un secteur économique important pour notre pays par le
chiffre d'affaires qu'il dégage et par les emplois qu'il crée,
s'agissant de surcroît d'un secteur économique sensible à
la conjoncture et aux évolutions des modes de consommation des usagers,
cette situation n'apparaît pas propice à une conduite
réactive des politiques publiques en faveur du tourisme. Elle ne
garantit pas l'orientation judicieuse des subventions de l'Etat et des
collectivités territoriales.
En ce qui concerne le montant et l'octroi des subventions, la Cour fait
observer que les crédits affectés dans le budget de l'Etat
à la politique du tourisme rendent mal compte de l'importance
économique et sociale de ce secteur d'activité et que la
discussion qui s'engage chaque année au moment du vote de ce budget est
principalement consacrée à la discussion de mesures
spécifiques sans rapport avec les enjeux économiques en cause et
les montants réels des subventions distribuées.
En effet, le fascicule budgétaire consacré au tourisme ne
rassemble pas, loin s'en faut, toutes les dépenses de l'Etat
consacrées à ce secteur, qui sont réparties entre
plusieurs départements ministériels.
1) C'est pourquoi la Cour préconise qu'il soit donné suite
à l'engagement du Gouvernement pris en novembre 2000 de
présenter, en annexe au projet de loi de finances, un
« jaune » récapitulant tous les concours de l'Etat
en faveur du tourisme, quels que soient les départements
ministériels impliqués (intérieur, agriculture,
aménagement du territoire, environnement, culture).
Cette tâche incomberait nécessairement à la Direction du
tourisme en coordination avec le Ministère de l'économie et des
finances et les autres ministères dépensiers.
Si la Direction du tourisme s'oriente vers une présentation de son
budget par programme, à la suite des préconisations de la LOLF,
il conviendra de s'assurer que le niveau d'information sur les actions
menées sur le budget de la direction du tourisme est cohérent
avec le « jaune » présentant l'effort global de
l'Etat en faveur
du tourisme, de telle sorte qu'une discussion
générale sur la politique du tourisme en France puisse se
développer dans la clarté.
2) L'Etat n'est pas le seul acteur à intervenir en faveur du tourisme.
Les collectivités territoriales, à tous les niveaux, communal,
départemental et régional, certaines entreprises publiques, voire
les chambres de commerce assument directement ou indirectement une part
très importante des charges liées au développement et
à la promotion du tourisme.
Certaines informations sur les crédits publics affectés au
tourisme, notamment ceux qui sont distribués par les comités
départementaux et régionaux, sont disponibles auprès des
fédérations nationales. Elles ne sont cependant pas compatibles
entre elles.
La Direction générale du tourisme pourrait être le lieu
d'un recensement des crédits distribués à
l'intérieur des réseaux des comités départementaux
et régionaux du tourisme. Elle pourrait mettre sur pied un appareil de
collecte des données afin d'obtenir, auprès des mairies et des
offices locaux du tourisme, les informations permettant d'avoir une estimation
du montant des crédits publics distribués dans ce secteur. En
outre cette direction, pour son domaine de compétences, devrait mieux
suivre l'attribution et la répartition des crédits
européens pour notre pays.
Ce travail de recensement pourrait s'exécuter au besoin avec l'aide de
l'Observatoire national du tourisme dans les instances duquel les
réseaux et fédérations des organismes publics en charge
d'actions touristiques sont ou peuvent être représentés. En
outre les nouveaux statuts de l'ONT prévoient que des conventions
particulières organiseront les relations avec les principaux
réseaux touristiques et permettront, notamment, de coordonner le
partenariat de l'Etat avec les instances décentralisées que sont
les observatoires régionaux du tourisme, les offices du tourisme, etc.
Au-delà des simples recensements de crédits, il reviendrait
à la Direction du tourisme de chercher à en préciser la
nature et de fournir des indications sur leur affectation permettant ainsi,
d'une part, de mieux orienter les décisions de politique nationale en
faveur du tourisme et, d'autre part, de vérifier la convergence et la
complémentarité des efforts menés, tant par l'Etat (au
travers des crédits distribués par les divers départements
ministériels) que par les collectivités territoriales.