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B. LES ENTREPRISES FRANÇAISES EN LIBYE

Elles sont très actives dans ce pays, mais se concentrent surtout dans le secteur pétrolier (notamment Total).

Toutefois la loi libyenne n° 5 de 1997 relative à la promotion des investissements étrangers, qui repose sur des mécanismes juridiques et fiscaux couramment utilisés (exonérations fiscales notamment) a été revue en 2003 et ouverte au capital étranger majoritaire dans de nombreux secteurs tels l'industrie, la santé, le tourisme et les services excluant les banques. Elle n'a pas eu jusqu'ici les retombées espérées par les autorités libyennes mais le vaste programme de privatisation d'entreprises publiques lancé cette année devrait attirer les investisseurs étrangers, à commencer par les cimenteries en 2004 avec la participation de Lafarge.

On peut citer l'exemple de quelques entreprises intéressées par un développement en Libye :

- Total : Total avait manqué à l'été 2003 une attribution importante de champ pétrolifère au profit de Repsol qui avait bénéficié de la venue de M. Aznar en Libye, qui a été le premier dirigeant occidental à retrouver le chemin de Tripoli après le règlement de l'affaire Lockerbie. De même, Shell a obtenu, lors de la venue de Tony Blair en avril 2004, la concession d'un vaste champ offshore dans le Golfe de Syrte.

Total qui produira fin 2004 60.000 barils/jour en Libye sur les quelques 1,7 million de barils/jour extraits en Libye, pense parvenir à plus de 100.000 barils/jour d'ici deux ans et pourrait faire beaucoup mieux si ses projets aboutissaient. Il espère obtenir la signature de la concession gré à gré de trois champs connexes à ses champs en exploitation sur le bloc NC 191 et négocie un accord de partenariat stratégique à long terme afin de participer en amont au développement des grands champs libyens et investir en aval dans la modernisation de la raffinerie de Ras Lanouf, avec le partage de compétences et la présence d'experts de la société française. Ces projets entraîneraient des investissements de 200 M de dollars dans un premier temps et plusieurs milliards par la suite. Il est par ailleurs fortement probable que Total soit associé avec un autre partenaire au vaste projet gazier de Shell.

- EADS : EADS avait négocié avant la venue du Premier ministre libyen en France en avril 2004 un projet de mémorandum d'accord qui prévoyait deux volets :

- un volet aéronautique comprenant la fourniture d'avions à la Libyan Arab Airlines (10 A320-200 et 4 A330-200) et à Afriqiah Airways (2 A320-200 et 4A330-200), ainsi que des avions d'affaires d'Airbus corporate Jet et des ATR. Des audits des compagnies aériennes et la création de centres de formation et de maintenance sont également prévus ;

- un volet sécurité civile indépendant de la levée de l'embargo sur les armes qui inclut pour les différentes missions l fourniture d'hélicoptères d'Eurocopter, d'avions légers d'EADS Socata, de transport (EADS Casa), d'avions régionaux (ATR), les formations correspondantes et des capacités civiles de surveillance satellitaire (EADS Atrium, DSS).

- Vinci : Vinci Construction achève la phase 3 du réseau géant d'alimentation en eau fossile du pays pour l'Autorité de la Grande Rivière Artificielle (« Great Man made River Authority ») dont le contrat dépasse maintenant 300 M d'euros. Vinci compte signer un contrat de supervision technique du projet global d'adduction avec un partenaire, la société locale ANC (Al Nahar Construction qui est associée au coréen Dong Ah pour un quart du capital) et l'Autorité de la Grande Rivière.

- Thalès : Thalès est en négociation pour la couverture radar nationale (84 M d'euros) et la surveillance côtière (50 M d'euros) devant une vive concurrence italienne (Alenia et Marconi) appuyée politiquement par M. Berlusconi qui vient d'achever sa troisième visite en Libye. Il est néanmoins toujours bien placé car il a réalisé par le passé, et modernisé récemment, les installations radar de l'aéroport de Tripoli et Benghazi.

- Alcatel : Alcatel qui achève l'équipement GSM de l'est du pays, l'opérateur historique de télécommunications, dans le cadre d'un ensemble de contrats d'un montant total de 39 M d'euros, a signé le 9 septembre avec Al Madar, un contrat de fourniture de 1,2 M de lignes UMTS de 75 M d'euros devant ZTE, Ericsson et Siemens, Nokia se voyant attribuer un contrat complémentaire de 100 M d'euros. Il obtenait le 17 septembre un contrat de 6 M d'euros pour l'installation d'une infrastructure de télécommunications haut débit en fibres optiques à Tripoli, fort de sa référence pour le réseau du gazoduc Wafa-Melita fourni à ENI-Agip pour 54 M d'euros. En téléphonie fixe, il a obtenu cette année la fourniture des centraux de Oubari et Tripoli Aéroport pour 13 M d'euros chacun.

Il participe à un nouvel appel d'offres, pour 1,5 million de lignes fixes et 750 000 lignes ADSL, ainsi que 7.000 km de liaisons optiques réel enjeu pour la pérennité de l'entreprise en Libye. Il serait déjà moins disant après l'ouverture des plis de l'offre de réseau national de transmission par fibre optique, le 6 novembre, avec 72 M d'euros (part rapatriable 15 M d'euros).

En outre, Alcatel Space, qui a vendu le satellite Rascom (160 M d'euros), négocie deux satellites Libsat de transmission de données et d'observation.

- Sidem  qui a remporté les contrats des stations de dessalement d'eau de mer de Zuwara (75 M d'euros) et d'Abou Taraba (102 M d'euros) a en perspective sept nouveaux contrats d'un montant total de 700 M d'euros dont les projets de Ben Ghazi et Tripoli pour 200 M d'euros.

Alstom espère obtenir l'attribution du projet de la centrale à cycle combiné de Misurata de 750 MW (1 milliard d'euros) devant Mitsubishi, Fuji et Hitachi. La décision sera prise en 2005. Alstom est aussi en concurrence avec Bhel sur le projet de la centrale de Sarir (300 MW) qui sera décidé début 2004 (montant : 100 M d'euros). En attendant, Alstom réalisera la réhabilitation des centrales de Derna et Tobrouk pour 30 M d'euros et s'est placée sur le projet de la centrale de Tripoli (environ 40 M d'euros, décision en septembre 2004). Il avait perdu en avril 2004 l'appel d'offres de Doosan, associés respectivement à ABC et Siemens, pour un montant de 1 milliard de dollars contre 1,6 pour Alstom.

- Areva T et D : Areva T et D finalise l'enregistrement de ses contrats de ses quatre sous-stations pour Gecol obtenues avec l'espagnol Cobra-Inabensa. Le projet de trois sous-stations est en train de se transformer en projet de quatre postes avec un avenant (161,6 M d'euros + 34,6 MLYD).

Il prépare encore la remise d'une offre de quatre sous-stations, d'une valeur de 180 à 200 M d'euros, ainsi que la réhabilitation de 13 sous-stations (30 M d'euros).

- VA Tech T et D : VA Tech T et D qui commencera en décembre la construction de trois sous-stations pour Gecol (36 M d'euros) négocie la mise en vigueur en 2005 d'un nouveau contrat de six sous-stations d'un montant de 100 M d'euros.

- Schneider Electric : Schneider Electric a en projet la fourniture de 62 kiosques électriques pour Gecol (1,6 M d'euros).

- Alstom Transport et Lohr : Alstom Transport et Lohr ont déposé toutes deux à la Shaabyate (région) de Tripoli une solution de tramway urbain. Ce projet qui ne fait pas partie des projets prioritaires au niveau national a fait récemment l'objet d'une demande de proposition de financement pour la moitié de son montant (500 M de dollars de génie civil et 200 M de dollars de matériels), le tramway léger de Lohr étant beaucoup plus économe en infrastructures et donc d'un coût nettement inférieur.

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