III. L'APPRÉCIATION PORTÉE PAR VOTRE
COMMISSION
A. LA POSITION DE VOTRE COMMISSION
-
· Votre rapporteur approuve le texte adopté par
l'Assemblée nationale qui reprend d'ailleurs les termes de
l'arrêté du 12 décembre 1995 dont il fut l'auteur en
tant que ministre des PME, du commerce et de l'artisanat.
La profession de boulanger a impérieusement besoin de la protection de
son appellation, à la fois par respect pour le consommateur, qui doit
être parfaitement informé du produit qu'il achète, mais
aussi pour le développement harmonieux d'une profession soumise à
de fortes contraintes.
-
· Votre commission souhaite néanmoins améliorer
cette proposition de loi sur deux aspects qui lui semble importants. Il
s'agit, d'une part, de la fermeture obligatoire hebdomadaire pour tout point de
vente de pain et, d'autre part, de la possibilité de
bénéficier de la protection de l'appellation de boulanger lorsque
le pain est vendu dans les établissements secondaires de l'entreprise.
Þ Votre commission souhaite tirer toutes les
conséquences de la possibilité de bénéficier de
l'appellation de " boulanger " lors d'une vente
itinérante. En effet, dés l'instant où la vente
itinérante est autorisée, on peut très bien envisager que
le pain soit fabriqué sur place par un artisan et que la qualité
de boulanger puisse être attribuée à ce dernier s'il le
vend dans un autre point de vente. La seule différence est que le point
de vente n'est pas mobile mais fixe. Ainsi dans un cas le pain est vendu dans
le véhicule, dans l'autre, le véhicule le transporte en un point
fixe.
Néanmoins votre rapporteur désire limiter le nombre de points
fixes à deux en sus de l'établissement principal afin de ne pas
modifier l'équilibre du texte examiné.
-
Þ La réglementation en vigueur en matière de
fermeture hebdomadaire des boulangeries figure aux articles L.221-9 et
R.221-4 du code du travail. Elle permet aux magasins fabriquant des produits
alimentaires destinés à la consommation immédiate de
bénéficier de dérogations permanentes pour ouvrir les
dimanches en entier dès lors qu'ils accordent à leurs
employés un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives par
roulement ou collectivement.
Pour les magasins dont l'activité principale est la vente au
détail de denrées alimentaires (ce qui exclut les
hypermarchés mais pas de nombreux supermarchés), des
dérogations de plein droit sont accordées par la loi pour ouvrir
le dimanche matin jusqu'à midi, les personnels pouvant prendre leur
repos hebdomadaire le dimanche à partir de 12 heures avec un repos
compensateur d'une journée entière pris tous les quinze
jours par roulement.
Une circulaire du 19 septembre 1995 a été
adressée aux préfets par le ministre des PME, du commerce et de
l'artisanat et le ministre du travail et des affaires sociales afin de leur
rappeler l'obligation de faire respecter la réglementation en vigueur.
Cette circulaire a actualisée les arrêtés relatifs à
la fermeture des boulangeries. Elle spécifie clairement en son article 2
que toutes les boulangeries, y compris les terminaux de cuisson, les
dépôts de pain et les rayons de vente de pains, doivent fermer une
journée complète par semaine de zéro heure à
vingt-quatre heures.
Or, actuellement douze départements présenteraient encore des
failles. Les infractions à cette obligation sont fréquentes.
Votre commission estime donc nécessaire d'introduire dans cette
proposition de loi une précision permettant que soient mises sur un pied
d'égalité les ventes industrielle et les ventes artisanales.
Cette disposition est utile tant sur le plan social qu'au niveau
économique.
C'est pourquoi votre commission vous propose un amendement tendant à
compléter la proposition de loi qui vous est soumise afin de permettre
une meilleure application de la législation relative au repos
hebdomadaire.