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CHAPITRE II

LE CONTEXTE ET LES ENJEUX INTERNATIONAUX

I. LE CONTEXTE INTERNATIONAL

A. LES EFFETS DE LA CRISE FINANCIERE SUR LE COMMERCE MONDIAL

1. Des résultats exceptionnels en 1997

Le commerce mondial a progressé à un rythme très soutenu en 1997, puisque les exportations de marchandises ont crû de 9,8 %, soit trois fois plus rapidement que la production mondiale. Cette expansion du commerce mondial s'explique en grande partie par le dynamisme économique du continent américain. La crise financière en Asie n'a eu en revanche qu'un impact limité sur la croissance du commerce mondial en 1997, car la dépréciation des monnaies ne s'est répercutée qu'avec retard sur les courants d'échanges.

2. La croissance du commerce mondial a ralenti en 1998

Après la progression exceptionnelle du commerce mondial en 1997 (+ 10,5 %), l'année 1998 a marqué un net ralentissement, avec une croissance de 3,5 %.

La crise financière des pays émergents d'Asie a en effet entraîné une chute brutale des importations de cette zone, les importations de l'Asie hors Japon diminuant de 3,6 % en volume, alors que le taux de croissance moyen sur la période 1985-1996 atteint 13 %. Le prix des importations ayant fortement baissé, la demande asiatique s'est contractée de 17,5 % en valeur.

Les contraintes de financement externe des pays émergents se sont renforcées en 1998 avec la crise russe. Or, l'ajustement de leur besoin de financement externe passe par une contraction de leurs importations. Cet enchaînement est renforcé par l'intervention du Fonds monétaire international (FMI). En effet, dans le cadre des accords conclu par le FMI, le modèle économétrique mis en oeuvre vise à déterminer le volume d'importations permettant de rééquilibrer la balance des paiements du pays considéré. L'onde de choc commerciale s'est donc diffusée au sein de l'économie mondiale.

La récession au Japon, et le recul de la demande d'importations des pays de l'OPEP, liée à la baisse du prix du pétrole ont également amplifié la faible croissance du commerce mondial.

La croissance des importations du continent américain et de l'Europe a été plus faible qu'en 1997, mais a néanmoins soutenu le commerce mondial en limitant les effets dépressifs de la crise asiatique sur les échanges mondiaux.

3. Un bilan contrasté en 1999

En 1999, la croissance du commerce mondial en volume ne devrait pas être plus rapide que l'année précédente. Malgré la reprise en Asie et l'exceptionnelle durée du cycle américain, l'ajustement des soldes extérieurs des autres régions pèse en effet sur la demande mondiale.

Le ralentissement de l'activité au sein de la zone euro au début de l'année a également eu un impact négatif important. Ainsi, les échanges en valeur entre la France et la zone euro au cours du premier semestre 1999, se sont réduits de 4,1 % à l'importation et de 3,7 % à l'exportation, par rapport au semestre précédent. La demande en provenance des pays d'Amérique latine est également en net ralentissement sur les premiers mois de 1999, en raison de la détérioration des perspectives d'exportation de ces pays, liée essentiellement à la crise brésilienne.

4. Vers une reprise du commerce mondial en 2000 ?

L'Asie et les pays émergents devraient contribuer pour l'essentiel à l'accélération du commerce mondial en 2000. La contribution des Etats-Unis devrait se maintenir à un niveau élevé, compte tenu de la vigueur de la demande intérieure.

Prenant acte de l'accélération continue de la croissance du commerce mondial au cours de l'année 1999, l'OMC a présenté, dans son rapport annuel pour 1999, des perspectives très favorables pour le commerce mondial en 2000, qui pourrait croître jusqu'à 6 ou 7 % en volume.

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