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La Slovénie : le bon élève discret du dernier élargissement

 

B. UN POINT ENCORE FAIBLE : LE COMMERCE EXTÉRIEUR

La balance des paiements courants s'est améliorée en 2005 (malgré sa détérioration sur la fin de l'année), le déficit courant ne représentant plus que 1,1 % du PIB contre 2,1 % du PIB en 2004.

Les échanges de biens et services (données FAB-FAB pour les biens) se sont presque équilibrés d'une année sur l'autre, passant de - 1,2 % du PIB en 2004 à - 0,5 % du PIB en 2005.

Les exportations de biens se sont accrues en valeurs nominales de 11,2 % en 2005 tout comme les importations, mais le solde des échanges de biens s'est dégradé en fin d'année, la croissance des importations dépassant celle des exportations au cours du dernier trimestre 2005.

L'excédent de la balance des services s'est, de son côté, accru en 2005 de 30,1 %, contribuant largement à la réduction du déficit de la balance courante, du fait des contributions très excédentaires des secteurs logistique-transports internationaux d'une part et tourisme d'autre part. Par contre, 2005 a connu une détérioration significative des termes des échanges de biens avec les principaux partenaires de la Slovénie, du fait de la dépréciation tendancielle de l'euro par rapport au dollar jusqu'en novembre 2005 et surtout de l'accroissement des cours des hydrocarbures et de la plupart des produits de base (« commodities « ) en 2005.

Balances commerciale et des paiements 2001-2005

 

2001

2002

2003

2004

2005

Balance commerciale (en % PIB)

- 3,3

- 3

- 3,3

- 3,9

- 3,6 %

Balance des paiements (en % PIB)

- 1,2

7,7

- 0,7

- 0,7 %

- 0,9 %

Source : mission économique

C. UN PAYS ATTRACTIF POUR LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS

Le stock d'investissements directs étrangers (IDE) entrants est passé de 2.952 millions d'euros en 2001, à 3.923 millions d'euros en 2002, à 5131 millions d'euros en 2003, à 5.557 millions d'euros fin 2004 et à 5948 millions d'euros à fin 2005. Le montant global des IDE entrants en Slovénie a donc plus que doublé en 5 ans, puisque sa progression a atteint 101,5 % de 2001 à 2005.

Après quelques investissements majeurs effectués en 2002 et 2003 sous forme de rachats d'entreprises slovènes (cas du laboratoire pharmaceutique Lek, par le groupe suisse Novartis) ou de renforcement de participations au sein de co-entreprises (cas de Renault qui a racheté l'intégralité de la société Revoz) ou encore en « greenfield » (cas de Leclerc), on a noté au cours des deux années suivantes, un ralentissement des flux entrants d'investissements.

On peut noter que nos échanges commerciaux avec la Slovénie ont connu une expansion particulièrement forte en 2005, notamment du fait de la montée en puissance de la production de l'usine Revoz de Novo Mesto. La prédominance de la place de l'industrie automobile dans ces échanges est plus que jamais manifeste2(*).

Dans les services, le secteur bancaire a fait l'objet de restructurations nombreuses depuis l'indépendance de la Slovénie en 1991 qui ont notamment conduit la Société Générale à racheter la SKB-Banka, la KBC belge à entrer au capital de la première banque du pays, la Nova Ljubljanska Banka, aux établissements italiens et aux autrichiens à renforcer leur présence.

Le secteur des télécommunications a vu aussi l'entrée en lice d'opérateurs étrangers dans le secteur des téléphones mobiles (les autrichiens de Simobile et l'américain de Wester Wireless qui vient d'annoncer son retrait du marché).

Le secteur des assurances, largement dominé par la société Triglav, reste encore essentiellement contrôlé par des intérêts purement slovènes. L'ouverture du capital de Triglav est cependant prévue par le programme de réformes du gouvernement actuel.

Evolution du stock des investissements directs étrangers entre 2001 et 2005

(en millions d'euros)

 

2001

2002

2003

2004

2005

Stock d'IDE entrants

2.952

3.923

5.131

5.557

5.948

Source : mission économique

L'année 2004 marquée par l'entrée de la Slovénie dans l'UE au 1er mai, a vu l'arrivée au pouvoir, à l'issue des élections législatives de l'automne de cette même année, d'un gouvernement de centre-droit qui a annoncé une accélération des privatisations de l'économie et la restructuration de plusieurs secteurs.

Force est de constater, qu'un an et demi après, ces réformes sont toujours « en devenir », ce qui n'encourage pas les investisseurs étrangers, observateurs impuissants de ce statu quo.

Cet attentisme se traduit par la décrue des flux d'IDE entrants, qui s'étaient encore élevés à 662 millions d'euros en 2004 et sont tombés à 427 millions d'euros en 2005.

Cependant, les autorités slovènes ont fait part de leur souhait d'ouvrir à brève échéance le capital de Slovenija Telekom (l'opérateur de téléphone fixe) et des projets du même ordre sont évoqués à propos de l'électricité.

Selon les dernières données disponibles, la France se situe au troisième rang des investisseurs étrangers en Slovénie avec un stock estimé à 444,6 millions d'euros derrière l'Autriche avec 1.548,6 millions d'euros et la Suisse avec 969,3 millions d'euros mais devant l'Allemagne avec 411,1 millions d'euros.

Si les investissements autrichiens sont, le plus souvent, le fait d'un grand nombre de PME voire de TPE, le chiffre afférant à la Suisse est le résultat d'un seul investissement, celui de Novartis, qui a racheté le Laboratoire de médicaments génériques LEK ; il n'est donc pas révélateur d'une stratégie helvétique à propos de la Slovénie.

Les investissements français sont, quant à eux, beaucoup plus diversifiés puisqu'ils concernent aussi bien l'extension de capacité de l'usine Revoz de construction automobile, qui fabrique pour toute l'Europe le modèle Clio 2 et produira à partir de 2007, le véhicule remplaçant la Twingo, que le rachat de la SKB-Banka, 4ème banque du pays par le groupe Société Générale, le rachat par Lafarge Autriche d'une importante cimenterie, l'implantation, en « greenfield » d'un Hypermarché Leclerc. La présence française se traduit également par les réseaux développés par Renault-Nissan, Peugeot et Citroën, dont on signalera qu'ils détiennent à eux trois plus de 40 % du marché automobile du pays, par les laboratoires Sanofi et Servier, qui disposent de structures de distribution. On rappellera aussi la présence de Suez dans la société de gestion des eaux de Maribor et de Connex (groupe Veolia) en tant que concessionnaire de transports urbains de cette même ville. Enfin, certaines PME françaises ont également choisi de s'implanter en Slovénie, à l'instar de Securidev et Decayeux qui ont racheté Titan, célèbre entreprise locale de clés et serrures.

Les entreprises françaises sont généralement satisfaites de leur décision de s'implanter en Slovénie mais, compte tenu de l'étroitesse du marché et de sa relative saturation, les marges de progression sont limitées même si la croissance du PIB demeure importante (de l'ordre de 4 %). Une ouverture aux investisseurs étrangers des nombreuses entreprises qui demeurent à capitaux publics, permettrait, bien sûr, d'escompter une nouvelle progression de nos positions sur ce marché.

* 2 Après avoir augmenté de 21,1 % en 2004 (atteignant 1.159 millions d'euros contre 955 millions d'euros en 2003), nos exportations vers la Slovénie ont poursuivi leur forte progression (+ 13,5 % à 1.316 millions d'euros) en 2005, tandis que nos importations connaissaient un bond exceptionnel (+ 45,1 % à 1.055 millions d'euros. Ces deux progressions sont très supérieures respectivement à celles des exportations globales (+ 4,1 %) et à celle des importations globales (+ 9,2 %) de notre pays en 2005. De ce fait, notre solde bilatéral excédentaire (261 millions d'euros) se réduit en 2005 de près de 40 % par rapport à 2004, mais reste supérieur à ce qu'il était en 2003 (252 millions d'euros)