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L'Afrique est notre avenir

29 octobre 2013 : L'Afrique est notre avenir ( rapport d'information )
3. Rationaliser le réseau des opérateurs de recherche pour le développement français

Comme l'a souligné la mission commune d'information sur l'action extérieure de la France en matière de recherche pour le développement du Sénat dont Mme Kalliopi Ango Ela était la rapporteure65(*) : « Le déploiement international de nos acteurs de la recherche pour le développement est difficilement lisible pour nos partenaires du Sud »

Conformément à la mission qui lui avait été assignée, l'AIRD a entrepris de rationaliser le réseau des représentations à l'étranger de ses membres fondateurs. Cette rationalisation, effectuée sur une base volontaire, n'a visiblement pas été poussée assez loin : seules deux implantations de l'IRD et du CNRS sont mutualisées.

La mission d'inspection sur l'IRD a elle-même suggéré une mutualisation des fonctions support entre les représentations dans un même pays des opérateurs du développement. Les coûts de fonctionnement en seraient réduits, puisque les frais d'immobilier ou de recrutement local seraient partagés.

Cette mutualisation renforcée pourrait s'envisager aussi bien entre instituts de recherche qu'avec les postes diplomatiques et même avec les agences de l'AFD, ce qui permettrait d'avoir une plus grande cohérence dans l'action française au service du développement, d'améliorer sa visibilité sur le terrain et, finalement, son efficacité auprès des interlocuteurs locaux comme des partenaires internationaux.

Une deuxième piste pour rationaliser le réseau consiste à le penser en termes d'action régionale plutôt que strictement nationale. L'AERES, dans son rapport d'évaluation de l'IRD daté de 2010, relevait que l'expérience des représentations les plus efficaces montrait la pertinence d'une action au niveau régional plutôt que national : la régionalisation permettrait d'agréger les demandes émanant de la part de plusieurs pays partenaires.

Au plan institutionnel, elle encouragerait aussi un décloisonnement entre les opérateurs français de recherche pour s'entendre avec les pays d'une région donnée sur des projets communs. Même si elle n'ignore pas la difficulté que peut représenter la fermeture d'une représentation dans un pays, que ce soit pour l'organisme concerné, pour le pays hôte ou même pour la diplomatie française, votre mission préconise de resserrer le réseau des opérateurs de recherche pour le développement autour de représentants régionaux, responsables d'une agence.

Les alliances de recherche constituent un troisième levier de rationalisation de la présence en Afrique des opérateurs français de la recherche pour le développement. En effet, les alliances de recherche s'organisent de plus en plus pour mieux se projeter en Afrique de manière unie. Elles peuvent jouer un rôle important en facilitant en amont les échanges thématiques entre les différents instituts de recherche et en utilisant comme têtes de pont sur le terrain les opérateurs dédiés à la recherche pour le développement qui sont bien connus des partenaires du Sud et sont les mieux placés pour nouer des partenariats.

Le dernier CICID a souligné que « L'offre française de recherche au service du développement doit toutefois être rendue plus accessible pour les partenaires du sud. Il convient d'en renforcer la visibilité et la cohérence entre acteurs. Le Gouvernement décide d'élaborer d'ici la fin de l'année, avec l'aide de l'ensemble des acteurs français de la recherche, une charte sur la recherche au service du développement, qui débouchera sur des recommandations opérationnelles, qui s'appuieront notamment sur le travail de coordination des alliances thématiques. »

Le groupe de travail pense qu'il faut aller plus loin et encourage donc un dialogue approfondi entre opérateurs de recherche, au sein des alliances, pour identifier les moyens de rendre plus lisible l'offre française en matière de partenariats.

Outre la mutualisation du réseau à l'étranger, les opérateurs de la recherche pour le développement peuvent en effet s'entendre, par voie d'accords bilatéraux, pour se répartir des prestations de service comme la gestion de bourses de thèse, mettre en commun des moyens dédiés à l'information et à la culture scientifique ou développer ensemble des activités de transfert et de valorisation.

38) Mutualiser des fonctions support entre les représentations des instituts de recherche pour le développement dans un même pays des opérateurs du développement.

39) Resserrer le réseau des opérateurs de recherche pour le développement autour de représentants régionaux, responsables d'une agence.

40) Mieux intégrer les besoins opérationnels dans la programmation des organismes de recherche pour le développement.


* 61 L'impact de la crise de la zone euro sur la zone franc : analyse des canaux de transmission Hélène EHRHART et Luc JACOLIN Direction des Études et des Relations internationales et européennes Service de la Zone franc et du Financement du développement