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Il ne faut jurer
de rien
Les adversaires du Sénat nauront
sans doute pas assez de lannée 2003 pour méditer
ce titre dune comédie dAlfred de Musset. En fait,
2002 aurait pu être une véritable tragédie pour
notre démocratie. La France y a échappé grâce
à la prise de conscience brutale de la fragilité de
la démocratie. Nous nous devons désormais de nous mobiliser,
tous ensemble, pour éviter une nouvelle fracture démocratique.
Au premier rang des remèdes, figure linformation sur
la réalité du travail des représentants de la
population, quil sagisse des ministres ou des parlementaires.
Nous devons rechercher toutes les voies possibles pour permettre la
rencontre entre les citoyens et leurs institutions. Cest dans
cette perspective que sinscrit la politique douverture
que jai voulue, depuis ma première élection, pour
notre Assemblée et qui a mobilisé tous les canaux possibles
: traditionnel à travers nos publications ; moderne grâce
à la poursuite de leffort déquipement et
dinnovation en matière de nouvelles technologies ; par
les contacts directs avec les différents secteurs de la société
civile, grâce au soutien aux créateurs demplois,
à travers les diverses manifestations organisées par
le Sénat pour faire revivre les éléments-clés
de notre patrimoine et rappeler les valeurs de notre République,
par la démocratisation de la culture.
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Comme le rappelait Tocqueville, la démocratie ne va pas non
plus sans pédagogie, doù laction patiente
et continue menée en direction des milieux et des publics scolaires.
Le Sénat a toujours su sappuyer, à cet égard,
sur les enseignants et éducateurs, relais indispensables de
laction des pouvoirs publics.
Comme toute chose, la démocratie ne peut cependant se développer
que si elle est vécue. Doù linsistance que
mes collèges et moi-même avons mis pour que toujours
davantage de décisions puissent être prises au plus près
des citoyens eux-mêmes, pour quils puissent mieux les
comprendre et, éventuellement, les infléchir. A cet
égard, la révision constitutionnelle sur la décentralisation
est un symbole, une réponse aux préoccupations du Sénat,
chambre décho des attentes des dizaines de milliers délus
de terrain. Elle marque un pas important vers cette République
territoriale des proximités que nous voulons.
Je naurai garde doublier que lEurope, notre avenir,
sera incontestablement, en 2003, le grand chantier quil est
de notre devoir de réussir. Je me réjouis personnellement
que cette année commence, précisément, par la
réaffirmation solennelle de la solidarité franco-allemande
sans laquelle aucun progrès européen na jamais
pu être réalisé. A travers son Association des
Sénats dEurope et sa bataille pour que les parlements
nationaux occupent toujours plus de place dans la construction européenne,
le Sénat entend être au premier plan de lélargissement
de notre horizon.
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