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Le Sénat a tout lieu d'être satisfait du
résultat du premier renouvellement triennal intervenu
après la réforme dont il avait pris l'initiative
: avec 3 présidents de conseils régionaux, 33
présidents de conseils généraux et 128
maires, son assise territoriale est confortée. Grâce
à une moyenne de 55 ans parmi les nouveaux sénateurs,
sa moyenne d'âge est à nouveau abaissée
et est très proche de celle des députés.
Il s'honore d'avoir une nouvelle benjamine de 36
ans. C'est la féminisation de sa composition qui
constitue cependant le phénomène le plus notable.
Ses 56 sénatrices représentent désormais
17% de ses membres, soit le plus fort taux de fé;minisation
jamais rencontré dans une assembée parlementaire
française.
Ce triple résultat conforte son identité et
l'encourage à entreprendre une action à
moyen terme encore plus déterminée et audacieuse.
Les chantiers ouverts en 2004 sont autant d'invitations
à porter sur la société; française
un regard original et volontaire.
Confirmer la reconstruction d'un Etat qui admet enfin
la diversité des territoires qui le composent, accepter
d'évoluer pour pouvoir mieux répondre aux
défis de l'avenir et de la concurrence internationale,
préserver la sécurité des Françaises
et des Français, briser les cloisons entre le monde
politique et les différentes sphères de la société,
rendre la loi plus lisible.
Le Sénat doit aider la France à faire confiance
aux Français et les Français à croire
en eux.
2005 sera une année républicaine et une année
européenne.
Républicaine, à travers la recherche d'une
rénovation de notre contrat social. Pour cela, le Sénat
entend s'appuyer sur un électorat désormais
plus féminisé, donc plus concret, tenace et
attentif aux aspects sociaux et psychologiques des questions.
De même q'il avait donné rendez-vous, le
14 juillet 2000, aux maires de France, c'est avec les
femmes maires q'il célèbrera, cette année,
la journée internationale de la femme, le 7 mars prochain.
Le Sénat attachera également une importance
toute particulière à l'actualité
et à la modernité de la laïcité.
Après avoir accueilli les auditions et réflexions
de la Commission Stasi, adopté la loi sur le port des
insignes religieux à l'école, le Sénat
consacrera l'un de ses trois nouveaux "rendez-vous
citoyens" aux différentes manières de concevoir
les rapports entre l'Etat et la religion en Europe.
C'est ce thème de l'Europe, surtout, qui
marquera les travaux parlementaires et l'actualité
française en général. Je souhaite que
le Sénat prenne toute sa part et toute sa place dans
la révision constitutionnelle qui lui sera soumise
et qui aura pour objet de renforcer les droits du Parlement,
mais aussi de chaque chambre, dans l'orientation de la
construction européenne.
Il convient de souligner que cette Europe, que l'on s'accorde
à dire trop peu démocratique, fournira cette
fois un levier pour contribuer au renforcement indispensable
de la place du Parlement dans nos institutions.
Quelles que soient les opinions individuelles de mes collègues
sénatrices et sénateurs, je suis sûr que
le débat devant le pays sera digne. Je ferai tout,
pour ma part, pour que notre Assemblée participe, dans
le cadre d'une diplomatie parlementaire active, à
dissiper les malentendus et l'incompréhension
qui pourraient intervenir entre les 25.
Tel est le prix de la construction de l'Europe comme
espace de paix pour nos enfants. Ce sera la meilleure façon
de conclure l'année de célébration,
voulue par le Bureau du Sénat, de la libération
de la France, mais aussi de la reconstruction de ses institutions
et de son retour à la démocratie.
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