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Agriculture : un nouvel horizon
Après le vote de l'importante loi relative
au développement des territoires ruraux, le Sénat
a adopté la loi d'orientation agricole du
6 janvier 2006, qui rapproche le monde agricole du reste
de la société et définit de nombreux
axes de modernisation du cadre juridique, économique
et fiscal de la production agricole.
Ce texte accompagne les transformations de l'agriculture
française avec, en premier lieu, la possibilité
offerte aux exploitations agricoles d'adopter une
véritable démarche d'entreprise,
permettant de dépasser l'horizon traditionnel
de la période d'activité de l'exploitant.
Dans cette perspective, est créé le fonds
agricole, optionnel, conçu sur le modèle
du fonds de commerce qui doit permettre la transmission
d'une entité économique viable aux
jeunes agriculteurs qui s'installent. En outre,
un bail rural cessible hors du cadre familial est créé
pour ceux qui le souhaitent.
Pour donner aux hommes et aux femmes qui travaillent
dans les entreprises agricoles des conditions de vie
proches des autres catégories professionnelles,
un crédit d'impôt est ouvert aux exploitants
dont la présence quotidienne est nécessaire
sur l'exploitation afin que ceux-ci puissent plus
aisément se faire remplacer. La protection sociale
des exploitants et des salariés agricoles est,
en outre, renforcée.
Le texte tend, par ailleurs, à consolider le
revenu agricole et à favoriser l'emploi
en développant la recherche de nouveaux débouchés,
de nature non alimentaire, par l'utilisation de
la biomasse ou la production de biocarburants.
Un nouveau pacte avec le monde agricole
La loi d'orientation agricole permet ensuite de
mieux concilier le développement de l'agriculture
avec les attentes des citoyens et des consommateurs
selon deux axes : l'amélioration de la qualité
et de la sécurité des produits d'une
part, et la promotion de pratiques respectueuses de
l'environnement d'autre part.
En matière de garantie de la sécurité
sanitaire, la loi confie à l'Agence française
de sécurité sanitaire des aliments l'évaluation
du risque lié aux fertilisants et aux produits
phytosanitaires. Elle réforme, en outre, le dispositif
des signes de qualité et élargit les compétences
de l'Institut national des appellations d'origine.
En matière de respect de l'environnement,
le texte encourage les efforts considérables
déjà accomplis par le monde agricole.
Enfin, la loi tente de répondre aux problèmes
structurels de l'agriculture d'outre-mer,
en particulier le maintien du métayage et la
crise foncière qui entravent le développement
agricole.
www.senat.fr/dossierleg/pjl05-026.html
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Les apports
du Sénat
Lors de l'examen du texte,
le Sénat a souhaité qu'un certain
nombre de dispositions importantes soient ajoutées.
Il a introduit une mesure de revalorisation des retraites
agricoles, en particulier des retraites des conjoints
d'agriculteurs, et principalement des épouses
d'exploitants agricoles. En outre, il a instauré
un statut de conjoint d'exploitant agricole ouvrant
droit à une couverture sociale, calqué
sur celui du conjoint de chef d'entreprise.
Le Sénat a également mis en place une
contribution logement pour le secteur agricole, à
l'instar du "1 % logement" appliqué
dans les autres secteurs économiques. Cependant,
seules les grandes structures agricoles d'au moins 50
salariés y seront soumises.
Dans l'optique de la maîtrise des aléas
climatiques, le Sénat a prévu une extension
progressive du mécanisme de l'assurance
récolte à l'ensemble des productions
agricoles à partir du 1er janvier 2006.
Les sénateurs ont adopté une mesure permettant
aux petites communes rurales, dont les équipements
propres sont souvent limités, de bénéficier
des services d'une coopérative d'utilisation
de matériel agricole (CUMA) pour effectuer des
travaux agricoles ou des projets d'aménagement
rural.
Le Sénat a voté l'interdiction, à
partir du 1er janvier 2008 et dans certaines zones sensibles,
des lubrifiants non biodégradables auxquels peuvent
être substitués des lubrifiants biodégradables.
Il a, par ailleurs, souhaité que les sacs en
plastique des supermarchés disparaissent pour
faire place, à partir de 2010, aux sacs biodégradables
et réutilisables. Outre son intérêt
environnemental, cette mesure devrait permettre d'offrir
de nouveaux débouchés non alimentaires
aux productions agricoles.
Deux titres spécifiques consacrés à
l'agriculture de montagne et aux questions foncières
ont été insérés dans le
projet de loi d'orientation agricole.
Le Sénat a, enfin, souhaité inscrire dans
le texte le schéma stratégique forestier
de massif qui comprend notamment les enjeux économiques
de création d'activités et d'emplois,
le rôle patrimonial et environnemental et les
fonctions sociales de la forêt.
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