Union pour un Mouvement
Populaire (UMP)
Président : Josselin
de Rohan
Volonté, cohérence
et responsabilité
Nous devons faire nôtre
cette maxime de Jean Monnet : "l'important,
ce n'est pas d'être optimiste ou pessimiste,
mais d'être déterminé".
Les Français n'attendent pas de leurs gouvernants
qu'ils reflètent leurs états d'âme,
leurs interrogations ou leurs peurs, mais qu'ils
apportent des solutions à leurs problèmes
et des raisons de croire en l'avenir. Notre détermination
doit se manifester dans le rétablissement de
nos finances publiques, la poursuite des réformes
entreprises depuis 2002 et l'ouverture de nouveaux
chantiers. Aussi convient-il de saluer l'action
menée par le Gouvernement pour stabiliser, malgré
de fortes contraintes, le déficit budgétaire,
et faire repasser le déficit public sous la barre
des 3 % du PIB.
Par ailleurs, grâce à la LOLF, qui constitue
une vraie révolution, le budget 2006, volontariste,
cohérent et responsable, est placé sous
le signe de la performance et du résultat. Les
dispositions de la LOLF doivent permettre une plus grande
transparence, un meilleur contrôle de l'exécution
du budget et contribuer à la modernisation de
l'Etat. En outre, les réformes engagées
par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin doivent
être poursuivies et prolongées. Les mesures
adoptées pour introduire plus de flexibilité
dans l'embauche des salariés, rendre le
travail plus rémunérateur que l'assistanat,
contrôler plus étroitement l'affectation
des allocations et responsabiliser davantage les allocataires
vont dans le bon sens. La décrue du chômage
amorcée ces derniers mois constitue un signal
encourageant. Il en est de même pour les efforts
menés pour rendre notre fiscalité plus
juste, plus lisible et plus compétitive. Les
travaux législatifs ont clairement montré
au cours de cette session que le Groupe UMP participe
aux côtés du Gouvernement à construire
une France plus juste, plus moderne, plus forte.
Groupe Socialiste (SOC)
Président :
Jean-Pierre Bel
Une politique socialement
injuste
En 2005, rarement un Gouvernement de droite aura fait
preuve d'autant d'aveuglement dans la conduite
d'une politique aussi éloignée des
attentes des Français.
Sur le plan social, la majorité sénatoriale,
toujours en phase avec le Gouvernement, a fragilisé
notre modèle de société en matière
d'emploi, d'éducation et de santé.
Les lois de cohésion sociale, d'orientation
pour l'école, de réforme de l'assurance
maladie institutionnalisent la précarité
au détriment des plus faibles. La création
du contrat nouvelle embauche, portant la période
d'essai à deux ans, porte un nouveau coup
au droit du travail en recréant le contrat journalier,
abandonné depuis le XIXe siècle ! La réforme
des 35 heures a quant à elle instauré
la flexibilité avec le mirage du régime
des "heures choisies".
La politique budgétaire de la droite a été
socialement injuste et économiquement inefficace.
L'adoption du "bouclier fiscal" qui protège
les plus riches en plafonnant leurs impôts à
60 % de leurs revenus, privera l'Etat de 3 milliards
d'euros et alourdit un peu plus la facture, qui
sera payée par tous les Français, même
les plus pauvres. Quant à la réforme de
la taxe professionnelle, elle porte atteinte à
l'autonomie des collectivités locales.
Les émeutes urbaines, qui ont révélé
les failles de notre modèle d'intégration
et de notre "modèle social", ont mis
à jour l'inefficacité de la politique
menée depuis plus de trois ans. Le rétablissement
de la sécurité publique, qui nécessitait
fermeté et autorité, doit être suivi
par un rééquilibrage des mesures de prévention,
d'aide sociale et d'intégration. L'amalgame
entre cette urgence sociale, la situation des étrangers,
la lutte contre le terrorisme, n'est pas acceptable.
Pas plus que le néocolonialisme ou la remise
en question périodique de la laïcité.
Quant aux propositions des socialistes sur l'emploi,
en faveur d'une fiscalité plus juste ou
d'un logement pour tous, elles sont restées
sans réponse.
Groupe Union Centriste-UDF
(UC-UDF)
Président :
Michel Mercier
Construire une France
plus sereine
Tout au long de l'année 2005, notre groupe
s'est massivement investi dans l'actualité
parlementaire, animé par le désir profond
de construire une France plus sereine.
Insuffler une politique de l'emploi plus forte
et plus attractive que la spirale de l'exclusion,
c'est ce que nous avons tenté de faire dans
le cadre des lois relatives à l'emploi,
aux 35h ou au handicap.
En janvier prochain, notre objectif sera le même,
lors de l'examen du texte "retour à
l'emploi" où nous nous mobiliserons
pour introduire nos contributions en matière
de minima sociaux.
Lorsque le Sénat a examiné des textes
nécessaires à la protection du citoyen
mais susceptibles d'ouvrir la voie à des abus
- récidive, terrorisme, état d'urgence
- nous avons veillé au plus grand respect des
libertés publiques.
Lors de la loi de finances pour 2006, nous avons exprimé
deux priorités : mettre de la cohérence
dans la gestion des collectivités qui voient
leurs recettes et leur autonomie financière mises
à mal par la réforme de la taxe professionnelle,
l'allègement du foncier non bâti,
l'intégration des impôts locaux dans
le bouclier fiscal, alors que dans le même temps
leurs responsabilités augmentent. Notre deuxième
priorité a consisté à dénoncer
constamment le déficit et le poids d'une
dette croissante. Ce fut également le fil conducteur
de nos interventions dans les débats relatifs
à la gestion de la dette, au DOB, à la
loi de règlement 2004 ou encore au financement
de la sécurité sociale.
Lorsque la France aura retrouvé sa sérénité,
elle reprendra le chemin de l'Europe, qu'elle
a plus ou moins abandonné depuis le 29 mai, seule
voie pour retrouver une croissance dynamique et solidaire.
Une condition pour réussir à bâtir
ce projet fondateur de notre famille politique : cesser
d'élargir indéfiniment l'horizon
européen et favoriser l'approfondissement.
Notre volonté d'apporter de la sérénité
à une France souffrante ne pourra aboutir que
si notre travail parlementaire est réellement
pris en compte.
Groupe Communiste
Républicain et Citoyen (CRC)
Présidente :
Nicole Borvo Cohen-Seat
2005 : le gouvernement
frappé de surdité
L'année 2005 restera marquée par
un événement politique majeur : le rejet
par le peuple du Traité constitutionnel européen
qui avait pourtant été validé par
91 % des parlementaires, à l'exception notable
des députés et sénateurs communistes.
Au terme d'un débat d'une grande intensité,
les électrices et électeurs ont refusé
que soient gravés dans le marbre pour des décennies
les principes libéraux, rentabilité, concurrence,
en un mot l'ultralibéralisme, au niveau
européen comme au niveau national.
Ce coup d'arrêt porté à la
volonté d'une construction antidémocratique
au profit des intérêts financiers n'a
pourtant pas empêché le Gouvernement, sa
majorité parlementaire, de poursuivre et d'accentuer
une politique toujours plus libérale, toujours
plus injuste pour les couches populaires et toujours
plus favorable aux plus riches.
C'est au nom du social que M. de Villepin a mis
en place, par ordonnance, ce contrat qui n'en est
plus un, le CNE. C'est sans doute au nom du social
que les autoroutes sont privatisées, que GDF
et EDF sont livrées aux actionnaires avec, pour
conséquences immédiates, l'augmentation
des tarifs ou les suppressions d'emplois (6 000
pour EDF).
C'est sans doute pour peaufiner cet habit social
que la loi de Finances pour 2006 allège l'impôt
sur l'ISF et entérine un bouclier fiscal
qui protège les nantis contre l'impôt
républicain.
La majorité sénatoriale n'a pas été
en reste, tendant, souvent avec succès, par la
remise en cause par exemple des PEL de plus de 12 ans,
d'imposer ce dogme de la réduction de la
dépense publique qui rime avec la mise en pièce
de la solidarité.
Régression sociale dans tous les domaines et
régression démocratique vont de pair.
Attiser la peur, comme le fait tous les jours le ministre
de l'Intérieur, justifie l'Etat gendarme
et détourne de l'urgence sociale.
CAC 40 et gesticulations policières font en effet
bon ménage.
En ce qui nous concerne, rien ne nous détournera
de notre volonté de rassembler notre peuple pour
un profond changement de politique.
Groupe du Rassemblement
Démocratique
et Social Européen (RDSE)
Président :
Jacques Pelletier
Un esprit de tolérance,
de progrès et d'ouverture
L'engagement politique du RDSE repose sur des hommes,
des idées et des volontés.
Il s'exprime notamment au niveau international.
Cette année, notre collègue Aymeri de
Montesquiou a publié un rapport incitant à
avancer "Vers un nouveau partenariat entre la France
et l'Asie centrale", aire géographique
encore trop méconnue et délaissée
par la France.
Toujours dans un même esprit d'ouverture
sur le monde, la proposition de loi de Michel Thiollière
relative au renforcement de la coopération décentralisée
en matière de solidarité internationale
a été adoptée à l'unanimité
par le Sénat.
Dans le domaine de la construction européenne,
les sénateurs du RDSE ont confirmé leur
volonté de voir émerger une Europe sociale
forte, libre et prospère. Ils ont ainsi réfléchi
aux synergies indispensables à la consolidation
de l'Union et à la poursuite de l'intégration
européenne. Au cours de la campagne référendaire
portant sur l'adoption de la Constitution européenne,
le RDSE a pris une part active au débat public.
Au niveau national, les sénateurs du RDSE ont
milité pour la défense des collectivités
locales et leur autonomie. La péréquation
des ressources défendue par Gérard Delfau
illustre notre engagement à leur service.
Face aux menaces préoccupantes de l'immigration
clandestine en Guyane, Georges Othily a élaboré
des pistes de réflexion, réunies dans
sa proposition de loi tendant à modifier les
conditions d'attributions de la nationalité
française et à lutter contre les abus
liés à l'immigration clandestine
dans le département de la Guyane. Son élection
à la présidence de la commission d'enquête
parlementaire du Sénat sur l'immigration
clandestine s'inscrit dans la continuité
de cette démarche.
En matière économique, les élus
du groupe ont poursuivi leur action en faveur d'une
meilleure attractivité et compétitivité
des territoires français. En 2006, ils vont s'intéresser
à la filière viticole et faire des propositions
pour revitaliser ce secteur important de l'économie.
Fondamentalement attachés à la défense
des valeurs démocratiques et des libertés,
les sénateurs du RDSE poursuivront leur action
dans un esprit de tolérance, de progrès
et d'ouverture.