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2005 a été marquée
par le refus par le peuple français du projet
de Constitution européenne et par l'explosion
des banlieues. C'est dire que le modèle français
a été frappé au coeur par deux
fois. Ces deux événements ne sont pas
de nature à le remettre en cause mais nous obligent
à réfléchir sur l'adaptation de
notre action publique aux aspirations de nos compatriotes.
C'est ce que s'est efforcé de faire, une année
de plus, le Sénat comme cette nouvelle édition
du rapport annuel permet d'en juger.
Seconde Chambre de la République, le Sénat
a pour caractéristique d'être à
l'écoute du terrain. C'est dire qu'il est attentif
aux moindres frémissements de la société.
Assemblée pragmatique, elle a cette supériorité
sur beaucoup d'institutions publiques nationales d'agir
en fonction des questions qui se posent et non d'un
quelconque dogmatisme. Ce sont deux aspects de sa "personnalité"
que je souhaite maintenir avec le concours de mes collègues.
Comme ce rapport le montre, l'action d'une assemblée
parlementaire telle que le Sénat va bien au-delà
du vote de la loi qui est, pourtant, sa mission première
avec l'Assemblée nationale.
La loi est l'objectif mais les moyens pour la définir
sont multiples. Ils se situent à la fois en amont
et en aval et adoptent des formes diverses : auditions,
groupes d'étude, travaux des commissions permanentes
et de leurs rapporteurs, vérification de l'application
de la loi sur le terrain.
Plus que d'une action linéaire, il s'agit d'une
action diverse, parfois effervescente où se mêlent
les actions classiques et les actions nouvelles. Celles-ci
sont souvent le fruit de suggestions de l'un ou l'autre
des 331 membres qui composent notre "maison commune".
Certes le Sénat représente les collectivités
territoriales de la République. Il puise à
cette source sa capacité d'écoute, mais
aussi sa capacité d'action, mais il ne peut se
résoudre à cette seule mission.
Ouvert sur le local, il est aussi ouvert sur l'international
à travers son autre responsabilité constitutionnelle
de représentation des Français établis
hors de France. Du "local au global"; n'est-ce point
le résumé des enjeux de la société
contemporaine et des défis qui se posent à
la France ?
Au service de cette double mission, il met un mode de
scrutin qui assure le pluralisme de sa représentation
et une tradition de convivialité et d'accueil
dont on veut bien le créditer habituellement.
Certes des progrès sont à faire mais j'ai
la conviction qu'ils ne peuvent être faits qu'avec
l'accord de tous et dans une concertation aussi complète
que possible. Tel est après sept ans de mandat
désormais l'ambition qui demeure la mienne afin
que le Sénat soit toujours plus fidèle
à lui-même.
Il est de bon ton aujourd'hui de débattre de
la réforme des institutions ou de la mise en
place d'une VIe République. La loi elle-même
est décriée. Les modèles proposés
sont, à cet égard, très hétérogènes
et sans doute faut-il se garder de cette manie qui conduit
nos compatriotes à rechercher les solutions dans
les réformes institutionnelles.
Mon opinion est qu'il faut sur ces sujets adopter des
points de vue concrets et pragmatiques et, après
avoir déterminé les objectifs, mettre
à leur service une détermination sans
faille.
Puisse 2006 permettre au Sénat de contribuer,
à sa place, aux ressourcements nécessaires
de la politique française et à une amélioration
des méthodes du débat démocratique.
L'espoir est que celui-ci débouche sur des
solutions mieux comprises par ceux qui en sont l'unique
préoccupation, à savoir les Françaises
et les Français. C'est l'ambition du
Sénat.
Christian PONCELET, Président du Sénat
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