La LOLF, nouvelle constitution financière de l'Etat
La nouvelle procédure budgétaire appliquée pour la première fois
Le Sénat examine à partir du jeudi 24 novembre 2005 le projet de la loi de finances pour 2006, après son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale. Moment traditionnellement fort de la vie politique nationale, la discussion du budget s’effectue dans un cadre nouveau. C’est en effet la première fois que son élaboration, son adoption et son exécution sont régies par la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances (la « LOLF »), qui remplace l’ancienne ordonnance organique du 2 janvier 1959. Adoptée dans un esprit de consensus politique et à l’initiative conjointe du Sénat et de l’Assemblée Nationale, cette nouvelle « Constitution financière » réforme en profondeur les finances publiques :
Une nouvelle présentation du budget de l'Etat Certes, le projet de loi de finances comprend toujours deux parties : C’est toutefois cette seconde partie dont la structure est le plus profondément modifiée. Les crédits budgétaires sont en effet présentés selon une nouvelle nomenclature plus lisible, afin de les relier plus directement aux politiques publiques qu’ils financent. Ils ne sont plus présentés par type de dépense puis par ministère mais répartis en missions et programmes. 34 missions ont été définies pour le budget général. Elles correspondent aux grandes politiques de l’Etat et peuvent relever d’un seul ou de plusieurs ministères. Elles sont l’unité de vote du Parlement. Ces missions sont déclinées en 132 programmes. Une mission comprend en principe un ou plusieurs programmes. Ils forment le niveau de base de la nouvelle nomenclature des crédits. Un programme ne peut être rattaché qu’à un seul ministère. A titre indicatif, les programmes sont découpés en 620 actions, qui apportent plus de précisions sur la destination des crédits votés. Des pouvoirs accrus pour le Parlement La LOLF renforce la portée du vote des parlementaires. La LOLF renforce le pouvoir d’amendement des parlementaires. La LOLF assure un respect plus grand du vote du Parlement en cours d’exercice budgétaire, en encadrant plus strictement les possibilités pour le gouvernement de procéder à des mouvements de crédits en cours d’année en dehors du contrôle du Parlement (transferts et virements de crédits, annulations, reports, décret d’avances). La LOLF enfin facilite le contrôle par le Parlement des politiques publiques. Le budget est orienté vers les résultats. Les programmes sont assortis chacun d’un projet annuel de performance (PAP) qui contient des objectifs et indicateurs chiffrés qui permettent de juger de l’efficacité de l’action menée par l’Etat grâce aux crédits votés. Contrôle initial (au moment du vote de la loi de finances initiale) et contrôle a posteriori (au moment du vote de la loi de règlement dont le statut est revalorisé) pourront donc s’appuyer sur une analyse de l’efficacité de l’action du gouvernement. Une dépense publique orientée vers l’efficacitéLa LOLF assouplit les règles qui s’appliquent aux gestionnaires de crédits, en les responsabilisant. Ils devront rendre compte des résultats de leur action, mais pour atteindre leurs objectifs, ils sont plus libres dans l’utilisation des fonds que le Parlement a votés. Notamment, ils peuvent librement, au sein d’un programme dont ils ont la charge, affecter les crédits entre les différentes actions et les différents titres, sous réserve toutefois de ne pas dépasser le plafond fixé pour les dépenses de personnel (titre 2). Les responsables des programmes peuvent répartir leurs crédits en plusieurs budgets opérationnels de programme (BOP) par périmètre d’activité, ou par territoire (le plus souvent par région) pour mener à bien la politique dont ils ont la charge. Pour en savoir plus
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