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AFP - 30 septembre 14:41 - Jean-Pierre Bel, l'inconnu en passe de devenir le nouveau président du Sénat

PARIS - Sauf énorme surprise, Jean-Pierre Bel, 59 ans, élu ariégeois inconnu du grand public ayant gravi un à un les échelons du PS, va connaître samedi l'apogée de sa carrière politique en se faisant élire par ses pairs premier président socialiste de l'histoire du Sénat.

"Lorsqu'on regarde les 17 présidents du Sénat, à peine un ou deux étaient véritablement connus. Je ne nourris donc aucun complexe", assure avec son accent chantant du sud-ouest celui qui dirige le groupe PS de la Haute assemblée depuis 2004.

"Je suis préparé, j'ai toujours essayé de faire le lien entre mon ancrage local et des responsabilités nationales", souligne l'artisan d'une victoire historique de la gauche lors du renouvellement sénatorial du 25 septembre.

Elu en 1983 maire de Mijanes, village haut perché des Pyrénées, il adhère le même jour au PS. En 1986, il rejoint le cabinet du conseil général de l'Ariège alors présidé par son beau-père, Robert Naudi, personnalité socialiste locale. Mais c'est la rencontre la même année avec Lionel Jospin qui fait décoller sa carrière politique hors du département. "Cette rencontre a été fondamentale" explique-t-il.

Il gravit un à un les échelons du PS, d'abord dans la fédération de l'Ariège, puis dans la région Midi-Pyrénées. Il est ensuite promu secrétaire national aux fédérations (1994-1997), puis secrétaire national aux élections (1997-2000). Lors de la campagne présidentielle de 2007 il a élaboré le projet PS de réforme des institutions.

Sa carrière d'élu se poursuit parallèlement : élu en 1992 conseiller régional, il ravit à la droite en 1998 le canton de Lavelanet et en septembre de la même année devient sénateur de l'Ariège.

Né le 30 décembre 1951, à Lavaur (Tarn), il est fortement imprégné de cette région du sud-ouest et de l'Espagne toute proche. Issu d'une famille ancrée à gauche, résistante et communiste, ses premiers engagements se font auprès des trotskistes dans des actions de solidarité avec les anti-franquistes. Passionné d'histoire, de cinéma et de musique latino-américaine, il vibre pour le rugby et le football, supporteur du Barça.

L'homme, mince et affable, présente une certaine ressemblance avec l'acteur américain Kevin Spacey. Très habile à la manoeuvre politique, il cultive son profil modeste veillant à s'effacer derrière ses troupes pour recueillir le plus grand consensus. "Il laisse respirer le groupe", assure la sénatrice de Seine-et-Marne Nicole Bricq.

"C'est un authentique homme de gauche, les critiques les plus dures à son égard viennent de son parti", assure le sénateur PRG, Yvon Collin.

Alors que Jean-Pierre Bel soutient François Hollande à la primaire, Martine Aubry l'a qualifié publiquement "d'opportuniste" avant de l'adouber en saluant sa victoire le 25 septembre au Sénat.

"Contrairement à ce que dit Martine Aubry, je ne suis pas un arriviste, je ne suis pas dans le microcosme parisien, j'ai toujours fait en sorte de ne pas l'être... Quand on ne joue pas des coudes pour être au milieu de la photo, on parait un peu incongru", rétorque-t-il.

Ce montagnard "au pas mesuré mais assuré" promet un "Sénat plus moderne, plus modeste, plus transparent". "Il est déjà dans la fonction, il va se révéler comme il est, c'est à dire travailleur" dit François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon, qui l'a fréquenté dans sa jeunesse.

Père de trois enfants, deux d'un premier mariage et une d'une récente union avec une Cubaine, il entend "préserver son jardin secret".

"La vie politique ne doit surtout pas être un sacerdoce, je ne confonds pas la vie politique et mon bonheur personnel. Je ne suis pas prêt à tout sacrifier simplement pour ma réussite politique", confie-t-il.

szb/mad/bg