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Direction de la séance |
Proposition de loi Droit à l'aide à mourir (1ère lecture) (n° 265 , 264 , 256) |
N° 324 15 janvier 2026 |
AMENDEMENTprésenté par |
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M. RAVIER ARTICLE 2 |
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Supprimer cet article.
Objet
L’article 2 institue une « assistance médicale à mourir » , autrement dit la légalisation de la mise à mort. Derrière les euphémismes, il s’agit bien de lever un interdit fondamental : celui de tuer.
Depuis des siècles, notre civilisation repose sur un principe intangible : la vie humaine ne se donne pas et ne se supprime pas. Cet interdit n’est ni religieux ni idéologique ; il est le socle moral et anthropologique de toute société digne de ce nom. En y dérogeant, la loi ne protège plus les plus faibles, elle les expose.
En autorisant la mort provoquée, l’État abdique sa responsabilité première : protéger la vie, en particulier lorsque celle-ci est fragile, dépendante ou souffrante. Ce texte entérine une logique de renoncement, dans laquelle la société préfère organiser la mort plutôt que d’assumer le soin, l’accompagnement et la solidarité.
Faire entrer l’acte de tuer dans le champ médical constitue une corruption profonde du sens du soin. La médecine est faite pour guérir, soulager et accompagner, non pour donner la mort. Confier ce pouvoir aux soignants revient à brouiller une frontière morale essentielle et à rompre le pacte de confiance entre la société et ceux qui la soignent.
Sous couvert de liberté individuelle, l’article 2 introduit une norme lourde de conséquences collectives : certaines vies pourraient ne plus mériter d’être vécues. Cette logique est incompatible avec l’idée même de dignité humaine.
La suppression de l’article 2 s’impose donc pour réaffirmer un principe clair et non négociable : la loi ne peut ni autoriser ni organiser la mise à mort. La réponse à la souffrance ne peut être la mort, mais le soin, la protection et la fidélité à l’interdit fondamental de tuer.