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Direction de la séance |
Projet de loi Travail le 1er mai des boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes (1ère lecture) (PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE) (n° 718 , 717 ) |
N° 11 15 juin 2026 |
AMENDEMENTprésenté par |
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M. FERNIQUE, Mme PONCET MONGE, MM. BENARROCHE et DANTEC, Mme de MARCO, MM. DOSSUS et GONTARD, Mme GUHL, MM. JADOT et MELLOULI, Mme OLLIVIER, M. SALMON et Mmes SENÉE, SOUYRIS et Mélanie VOGEL ARTICLE UNIQUE |
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Alinéa 4
Compléter cet alinéa par une phrase ainsi rédigée :
Les salariés occupés le 1er mai ne peuvent travailler de nuit.
Objet
Seul jour obligatoirement chômé consacré par le code du travail, le 1Er mai constitue un temps de repos partagé, un conquis des luttes ouvrières, pour l’émancipation des travailleurs et des travailleuses.
La spécificité du 1er mai tombe avec ce projet de loi auquel nous nous opposons avec force. Le GEST n’a pas vocation à accepter quelque dérogation nouvelle. Ainsi, les amendements que nous proposons sont contestataires.
Par cet amendement, nous proposons que les salariés occupés le 1er mai ne peuvent travailler de nuit.
Le travail de nuit est reconnu par le code du travail comme une dérogation majeure aux rythmes biologiques, ayant des impacts lourds sur la santé (troubles du sommeil, risques cardiovasculaires, accidents du travail accrus).
Par exemple, à l’intersection entre les inégalités de genre et de travail, des études démontrent que parmi les femmes non ménopausées, le travail de nuit augmente de 26 % le risque de cancer du sein [1]!
De plus, des statistiques montrent que les accidents du travail sont plus fréquents et plus graves la nuit en raison de la fatigue et d’une vigilance altérée. Le 1er mai étant un jour férié général, les structures de secours et l’encadrement en entreprise sont souvent en effectifs réduits. Interdire la nuit du 1er mai est une mesure de prévention indispensable pour protéger l’intégrité physique des salarié-es.
Le projet de loi vise des secteurs spécifiques comme la boulangerie, où le travail de nuit est structurel pour la fabrication du pain. Si la loi autorise le travail le 1er mai, les terminaux de cuisson industriels et les grandes chaînes de boulangerie vont imposer le travail de nuit pour inonder le marché dès l’aube. Les salarié-es, souvent payé-es au SMIC ou à peine plus, subiront une pression managériale maximale pour accepter ces horaires sous couvert de « continuité de l’activité ».
En interdisant le travail de nuit le 1er mai, l’amendement protège la santé des salarié-es des secteurs concernés et garantit que ce jour de repos forcé ou de compensation ne soit pas vidé de sa substance par la fatigue extrême d’horaires décalés. En effet, cumuler le travail de nuit et le travail le 1er mai serait une double peine.