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Direction de la séance |
Projet de loi Travail le 1er mai des boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes (1ère lecture) (PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE) (n° 718 , 717 ) |
N° 61 15 juin 2026 |
AMENDEMENTprésenté par |
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M. GONTARD, Mmes PONCET MONGE et SOUYRIS, MM. BENARROCHE, DANTEC, DOSSUS et FERNIQUE, Mme GUHL, M. JADOT, Mme de MARCO, M. MELLOULI, Mme OLLIVIER, M. SALMON et Mmes SENÉE et Mélanie VOGEL ARTICLE UNIQUE |
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Compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :
.... – Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant les conséquences de la dérogation prévue par le présent article sur la participation aux grands marchés populaires organisés le 1er mai.
Objet
Le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. Seul jour obligatoirement chômé consacré par le code du travail, il constitue un temps de repos partagé qui permet à des millions de Français et de Françaises de se retrouver, de participer à la vie associative, de se mobiliser ou simplement de prendre part aux traditions locales qui rythment la vie de leurs territoires.
Le présent projet de loi remet en cause cet équilibre en créant une nouvelle dérogation permettant l’emploi de salariés le 1er mai. Même limitée dans son champ, cette dérogation participe à la banalisation progressive d’une journée dont la singularité repose précisément sur son caractère collectif.
Dans de nombreux territoires, le 1er mai est aussi un moment de convivialité et de rassemblement populaire. De nombreuses foires et grands marchés populaires sont organisés à cette occasion.
En Isère, la Foire de Mens, organisée depuis le Moyen-Âge dans ce village au cœur du Trièves, illustre parfaitement cette dimension. Cette année encore, près de 200 exposantes et exposants ont participé à cet évènement incontournable. Dans une ambiance festive, chaleureuse et populaire, nombre de productrices et producteurs locaux, associations, artisans et artisanes, habitantes et habitants du village et de toute la région s’y retrouvent chaque année pour célébrer un patrimoine forain et culturel commun historique. Incontestablement, cette foire participe à l’identité du village et à faire rayonner le Trièves et ses précieuses traditions.
Comme tant d’autres manifestations organisées partout en France, cet événement n’existe que parce qu’il peut s’appuyer sur une journée largement libérée des contraintes professionnelles.
À force de multiplier les dérogations, c’est l’esprit même du 1er mai qui se trouve fragilisé. Derrière la question du travail dans les boulangeries et les fleuristeries se pose en réalité une interrogation plus large : voulons-nous conserver un jour consacré à la vie collective, aux luttes militantes, aux engagements associatifs, aux traditions populaires et aux mobilisations citoyennes, ou faire du 1er mai un jour comme les autres ?
Parce que la préservation des fêtes locales, des rassemblements associatifs et des traditions populaires passe aussi par la préservation du caractère chômé du 1er mai, le présent amendement demande au Gouvernement de produire un rapport pour bien mesurer l’impact d’une telle disposition sur toutes les foires et autres grand marchés qui font la fierté de nombreux territoires.