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commission des finances |
Proposition de loi Accès au compte bancaire pour les Français établis hors de France (1ère lecture) (n° 460 ) |
N° COM-2 15 avril 2026 |
AMENDEMENTprésenté par |
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Mme Nathalie GOULET ARTICLE 2 |
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Supprimer cet article.
Objet
Cet article allonge le délai de préavis pour la résiliation d’un compte de dépôt par la banque de 2 à 4 mois lorsque le compte est détenu par un titulaire résidant hors de France.
Le doublement de la durée de préavis pour la fermeture des comptes bancaires dont le titulaire réside à l'étranger crée une rupture d’égalité entre les titulaires d’un même compte. Cette différence de traitement n’est pas justifiée par une différence objective de situation puisque les comptes de dépôt et de paiement peuvent être ouverts à distance, sans présence physique, l’identification pouvant également se faire à distance par des voies électroniques.
Dans un contexte de digitalisation des relations bancaires, il n’apparaît pas pertinent, en cas de résiliation du compte à l’initiative de la banque de prévoir, pour les titulaires non-résidents, un délai de préavis spécifique et plus long que le délai légal existant.
Par ailleurs, compte tenu des obligations réglementaires exposées préalablement, l’augmentation du délai de préavis aurait pour effet dans certaines situations d’imposer aux banques de maintenir sur une durée excessive de 4 mois la relation bancaire tandis qu’il existerait des raisons impératives de la résilier dans de brefs délais. L’augmentation du délai de deux à quatre mois augmenterait significativement les risques LCB-FT.
Cet article prévoit aussi de faire passer de 12 mois à 5 ans la période à partir de laquelle un compte est considéré comme inactif pour les seuls Français résidant hors de France. Cette disposition viserait à mieux protéger les non-résidents d’une fermeture de compte bancaire, la résidence à l’étranger favorisant l’inactivité du compte.
Tout d’abord, il semble y avoir une confusion entre le moment où le compte devient inactif et la fermeture du compte inactif. Pour rappel, un compte est considéré comme inactif lorsque les deux conditions suivantes sont remplies :
1) Le compte n'a fait l'objet, à l'issue d'une période de douze mois, d'aucune opération, hors inscription d'intérêts et débit par l'établissement tenant le compte de frais et commissions de toutes natures ou versement de produits ou remboursement de titres de capital ou de créances ;
2) Le titulaire du compte, son représentant légal ou la personne habilitée par lui ne s'est pas manifesté, sous quelque forme que ce soit, auprès de cet établissement ni n'a effectué aucune opération sur ce compte ou sur un autre compte ouvert à son nom dans les livres de l'établissement.
Lorsqu'un compte est considéré comme inactif, l'établissement tenant ce compte en informe, par courrier postal (ou, à défaut d’adresse postale valide, par tout autre moyen) le titulaire et lui indique les conséquences attachées à l’inactivité. Cette information est renouvelée annuellement.
Avant la clôture du compte et le transfert des fonds à la Caisse des Dépôts et Consignations, à l’issue d’un délai de 10 ans, le titulaire du compte reçoit de nombreux courriers d’information. De plus, le compte qualifié d’inactif reste ouvert dans les livres de la banque pendant ce délai de 10 ans. Il suffit d’une manifestation (y compris à distance, par exemple via un courrier électronique) pour que le compte redevienne actif.
Par ailleurs, il appartient à un client qui déménage, en France ou à l’étranger, d’en informer sa banque et de lui communiquer ses nouvelles coordonnées. Cette situation n’empêche donc pas la banque de contacter son client, ni le client de se manifester auprès d’elle (compte tenu des moyens de communication existants) ou de réaliser des opérations à distance (compte tenu des services digitaux proposés par les banques).
Enfin, la mesure envisagée nous semble contreproductive. Elle est présentée comme plus protectrice pour le client alors qu’en définitive, elle retardera le dispositif d’information prévu par la loi Eckert (décrit ci-dessus) et engagé par les banques à intervalles réguliers, destiné précisément à permettre au titulaire de réagir et d’éviter ainsi la clôture du compte. Les clients non-résidents seront informés plus tardivement que les autres clients qu’à l’issue des 10 ans d’inactivité du compte, ce dernier sera clôturé et les avoirs déposés à la CDC.
Ce décalage n’apporte aucune protection supplémentaire, voire la dégrade puisque la clôture du compte, qu’il soit qualifié d’inactif à 5 ans ou à un an, s’effectuerait toujours à l’issue des 10 ans à compter de la dernière activité du client.