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commission des finances |
Proposition de résolution Négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 (1ère lecture) (n° 531 ) |
N° COM-1 4 mai 2026 |
AMENDEMENTprésenté par |
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M. MIZZON, rapporteur PROPOSITION DE RÉSOLUTION EUROPÉENNE RELATIVE AUX NÉGOCIATIONS SUR LE CADRE FINANCIER PLURIANNUEL (CFP) 2028-2034 |
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I. - Alinéa 28
Après les mots :
2021-2027 ;
rédiger ainsi la fin de cet alinéa :
; que dans la proposition de la Commission, le remboursement la dette de NextGenerationEU (NGEU) doit coûter 24 milliards d’euros par an à partir de 2028 au sein du CFP 2028-2034, soit un montant représentant 0,11 % du RNB de l’Union ;
II. - Alinéa 33
Remplacer les mots :
boîte de négociation incluant des chiffres – c’est-à-dire les montants par rubriques –
Par les mots :
« boîte de négociation » incluant des montants par rubriques
III. - Après l'alinéa 33
Insérer trois alinéas ainsi rédigés :
Sur l'équilibre financier de la proposition de la Commission européenne
Constate que la proposition de la Commission pour le CFP 2028-2034 conduit à rehausser la contribution annuelle moyenne de la France au budget européen de 26 milliards d’euros, dans la CFP 2021-2027, à 36 milliards d’euros, en cas d’adoption des nouvelles ressources propres proposées, voire à 42 milliards d’euros sans nouvelles ressources propres ; souligne qu’une telle hausse intervient dans un contexte budgétaire français déjà très contraint et d’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 ;
Appelle les autorités françaises à faire preuve d’exigence et de responsabilité dans la fixation des plafonds du CFP 2028-2034 ; alerte sur le fait qu’un tel niveau de dépenses conduira inévitablement à des choix budgétaires difficiles au niveau national ; rappelle que le principe de subsidiarité exclut l'intervention de l'Union européenne lorsqu'une matière peut être réglementée de manière efficace par les États membres à leur niveau central, régional ou local ; constate qu’en l’absence de valeur ajoutée européenne, la France a toujours intérêt à privilégier une dépense locale ou nationale, en tant qu’État contributeur net ; appelle à l’adoption et la mise en œuvre urgente de ressources propres de l’UE, qui ne soient pas de simples ressources « statistiques » prélevées sur les États membres, pour financer les priorités que les États membres se seront fixés ;
Objet
Cet amendement vise à souligner l’importance de l’effort financier que la proposition de la Commission pour le CFP 2028-2034 impliquerait pour la France. Pour mémoire, Le 26 juillet 2024, sur proposition de la Commission européenne, le Conseil a lancé une procédure pour déficit excessif à l'encontre de la France. Le 21 janvier 2025, le Conseil a adopté une recommandation établissant que la France devrait mettre un terme à sa situation de déficit excessif en 2029 au plus tard, soit la deuxième année du prochain CFP.
À l’occasion de l’examen du rapport d’avancement annuel du plan budgétaire et structurel à moyen terme 2025-2029, la commission des finances a certes constaté que la France a réussi à respecter ses engagements en 2025, la dépense primaire nette ayant augmenté de 12,5 milliards d’euros, soit 0,8 %. Un examen approfondi a toutefois révélé que cette maîtrise des dépenses primaires nettes s’explique essentiellement par de nouvelles recettes : la France ne peut continuer à se reposer sur la fiscalité et doit être particulièrement attentive au niveau de ses dépenses.
Dans ces conditions, la proposition de la Commission pour le CFP 2028-2034, qui relève de 26 milliards d’euros à 36 milliards d’euros la contribution annuelle moyenne de la France au budget de l’UE, doit être étudiée avec la plus grande attention. Cette contribution serait même portée à 42 milliards d’euros si les nouvelles ressources propres proposées par la Commission ne sont pas adoptées. Or la France doit déjà intégrer dans son équation budgétaire le coût des engagements pris à l’occasion de l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030.
Alors que le Conseil doit adopter une position chiffrée dans les négociations à venir sur le prochain CFP, le présent amendement insiste donc sur la nécessaire vigilance quant à la fixation du niveau des plafonds de dépense. Il expose les arbitrages difficiles qu’une telle hausse impliquerait au niveau français. Il rappelle l’importance du principe de subsidiarité et ses effets favorables sur les finances publiques de notre pays. Enfin, il procède à une reformulation pour clarifier le fait que le coût de la dette NGEU, compris dans le CFP, reste supporté par les États membres de l’UE.
L’amendement procède enfin à une précision rédactionnelle.