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commission des affaires économiques

Projet de loi

Protection et souveraineté agricoles

(1ère lecture)

(n° 689 )

N° COM-323

11 juin 2026


 

AMENDEMENT

présenté par

MM. GONTARD et SALMON, Mme GUHL et M. JADOT


ARTICLE 11


Supprimer cet article.

Objet

Cet amendement vise à supprimer l'article 11 qui prévoit la création d'un régime de servitudes d’urbanisme destiné à préserver les conditions d’utilisation de produits phytopharmaceutiques à proximité des zones habitées.

Il défie la logique la plus élémentaire qui est d’encourager la réduction de l’exposition des populations à des produits dont la dangerosité est attestée étude après étude. Il va à rebours de l’indispensable évolution des pratiques agricoles par la diminution de l’usage des produits concernés.

La vocation de cette servitude d'urbanisme est de se substituer, totalement ou partiellement, aux zones de non-traitement actuelles, ces surfaces agricoles en bordure d'habitations qui doivent être cultivées sans pesticides. 

Le dispositif proposé transfère donc les contraintes vers les collectivités territoriales, les riverains et les futurs projets d’aménagement. Il conduit ainsi à faire peser les conséquences de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, non sur les activités à l’origine des risques, mais sur les tiers, par des restrictions d’urbanisation, sans indemnisation des propriétaires concernés.

Cela revient concrètement à instaurer des zones mortes, dangereuses à fréquenter pour quiconque puisqu'elles seront contiguës de surfaces agricoles exposées aux pesticides. Nous rejoignons ainsi l’analyse formulée par la Confédération paysanne et de nombreuses associations, qui estiment que ces zones risquent de se transformer en « no man’s land ».

En organisant juridiquement l’éloignement durable des habitations, des établissements recevant du public et des équipements accueillant des personnes vulnérables, le dispositif proposé revient à adapter les territoires aux pesticides plutôt qu’à engager la transition des pratiques agricoles et à éloigner l'agriculture du reste de la société. Les zones de non traitement ne sont pas des zones agricoles improductives, elles doivent permettre de maintenir une activité agricole tout en assurant une protection minimale des riverains face aux risques liées aux pesticides. 

De surcroît cette mesure est de nature à générer de nombreux conflits d’usages et de voisinages ce qui n’est aucunement dans l’intérêt de nos agriculteurs et agricultrices ni de nos territoires ruraux et de nos élu.es

Pour toutes ces raisons, le présent amendement propose donc la suppression de cet article.