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Chorégies d'Orange

     M. DUFAUT. – En ma qualité de sénateur et de conseiller général du Vaucluse, je suis particulièrement préoccupé par la situation financière dans laquelle se trouve l'association des Chorégies d'Orange, à la suite de la décision de la ville d'Orange de ne pas verser sa part de subvention au titre de l'exercice 2004.

     Les Chorégies sont en effet l'un des plus prestigieux festivals d'art lyrique européen qui ont encore attiré, cette année, plus de 40 000 spectateurs. Fait rare pour un festival de cette ampleur, les Chorégies s'autofinancent quasi intégralement : 80 % des recettes proviennent de la billetterie, la subvention publique, versée conjointement par l'État, la région P.A.C.A., le département du Vaucluse et la ville d'Orange ne représente donc que 20 % des recettes.

     En 2004, lors de la renégociation de la convention financière liant les Chorégies à ses quatre partenaires publics, la ville d'Orange a unilatéralement modifié les termes du projet de la nouvelle convention, ce qui a retardé de plusieurs mois son adoption. S'appuyant sur le défaut de base légale provoqué par cette situation, la ville n'a pas versé la subvention de fonctionnement au titre de l'exercice 2004. Cette décision a eu des conséquences financières non négligeables : les Chorégies accusent un déséquilibre financier de 102 000 euros. Le directeur général du Festival m'a indiqué qu'à la suite d'une rencontre avec notre collègue député Mariani, président des Chorégies, vous aviez proposé de pallier financièrement ce déficit, solution qui n'a finalement pas été retenue car elle aboutissait à avaliser le désengagement de la ville d'Orange.

     Reste que les subventions publiques versées aux Chorégies sont restées à niveau constant depuis plusieurs années : si le principe de leur réévaluation a été accepté par trois des quatre partenaires financiers, c'était sous réserve que la ville d'Orange augmente sa part à due concurrence, ce qui n'a pas été fait. En 2005, seul le conseil régional a réévalué sa subvention, qui est passée de 208 à 230 000 euros. Il faut aujourd'hui empêcher la municipalité de remettre en cause l'équilibre financier des Chorégies. Sans qu'il s'agisse d'un palliatif au désengagement de cette ville, envisagez-vous, monsieur le Ministre, d'augmenter le montant de la subvention ?

     M. DONNEDIEU DE VABRES, ministre de la Culture et de la Communication. – L'État est le partenaire solide d'un magnifique festival qui connaît un brillant succès populaire : plus de 40 000 spectateurs ont applaudi cette année une magnifique programmation. On peut réellement parler de la magie des Chorégies d'Orange.

     Je suis donc non seulement un partenaire solide mais aussi le premier financeur de ce festival avec 275 000 euros versés. Pourtant, je ne veux pas entrer dans une logique de prise d'otage à laquelle tout nous convie. C'est pourquoi j'ai fait en sorte que les travaux de sécurité soient lancés et l'État en finance 50 % soit deux millions. La Commission supérieure nationale des monuments historiques a donné un avis favorable et j'ai personnellement veillé à ce que la mise en sécurité du toit permettant de protéger ce mur exceptionnel soit compatible avec la programmation artistique.

     Aujourd'hui, j'en appelle à la responsabilité de chacun ! Je suis triste de constater que, dans un certain nombre de collectivités, la politique culturelle se traduit par la radicalisation des esprits. En outre, il faut être bien conscient que ces festivals ont d'immenses répercussions économiques. Tous les professionnels d'Orange devraient se tourner vers leur maire pour l'alerter sur l'importance stratégique des Chorégies. Si le conseil général, le conseil régional et l'État décidaient, en représailles, de faire la grève des subventions, ce serait la fin des Chorégies, en tout cas à Orange, ce qui aurait des répercussions sur la vie économique des habitants.

     Je souhaite donc que le partenariat que je propose sans arrogance soit respecté : quand on passe un contrat, on doit respecter sa signature. Orange doit donc honorer la subvention pour 2004 qu'elle s'était engagée à verser.

     Vous avez donc raison d'insister sur la gravité des faits. En Languedoc-Roussillon, je suis également confronté à des annulations de subventions qui menacent l'existence même d'un certain nombre de festivals. Pour Orange, l'État n'a en aucune manière été défaillant puisque je me suis massivement engagé sur la restauration du site, ce qui était d'ailleurs normal puisqu'il s'agit du patrimoine de la nation. Il faut donc maintenant que la ville d'Orange honore sa signature.

     M. DUFAUT. – Merci, monsieur le Ministre, pour la passion que vous mettez à défendre ce dossier, et je puis vous assurer que nous sommes tous scandalisés par ce qui se passe au niveau local. Il s'agit tout de même du deuxième événement culturel dans notre département, après Avignon ! Il est inacceptable que les Chorégies soient prises en otage par la ville. Les commerçants doivent jouer le jeu en se mobilisant. Merci, monsieur le Ministre, de ce que vous faites pour sauver cet événement culturel !
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