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Débat sur les conclusions du rapport d'information "Une crise en quête de fin - Quand l'histoire bégaie"

Dernière mise à jour le 18 janvier 2018
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Mercredi 17 janvier 2018, le Sénat a débattu sur les conclusions du rapport d'information "Une crise en quête de Fin - Quand l'histoire bégaie" à la demande de la délégation sénatoriale à la prospective.

Retour en trois questions avec Pierre-Yves COLLOMBAT auteur du rapport d'information.

 

 

Débat sur les conclusions du rapport d'information "Une crise en quête de Fin - Quand l'histoire bégaie" (17 janvier 2018)

 

Mercredi 17 janvier 2018, le Sénat a débattu sur les conclusions du rapport d'information "Une crise en quête de Fin - Quand l'histoire bégaie" à la demande de la délégation sénatoriale à la prospective.

Présentation à la presse du rapport d'information (1er mars 2017)

 

Mercredi 1er mars 2017, Pierre-Yves COLLOMBAT a présenté à la presse les conclusions de son rapport d'information consacré à l'avenir et les risques du système financier et bancaire "Une crise en quête de fin - Quant l'Histoire bégaie", fait au nom de la délégation sénatoriale à la prospective.

 

Jeudi 9 février 2017, Pierre-Yves COLLOMBAT a présenté à la délégation sénatoriale à la prospective son rapport d'information consacré à l'avenir et les risques du système financier et bancaire.

 

Trois questions à Pierre-Yves COLLOMBAT, auteur du rapport d'information consacré à l'avenir et les risques du système financier et bancaire "Une crise en quête de fin - Quand l'Histoire bégaie" (9 février 2017)

 

  Pourquoi la délégation à la prospective a-t-elle choisi ce thème de réflexion difficile et sensible ?

La première grande crise du XXIe dure depuis dix ans. De financière, elle est rapidement devenue économique, puis sociale, et désormais clairement politique. Si l’objectif initial de cet exercice de prospective était d’évaluer les probabilités de réédition d’un krach financier qui, cette fois, serait fatal, un objectif plus large s’est rapidement imposé : quand bien même les réformes de la régulation financière auraient rendu un nouveau krach financier "techniquement" improbable, la perpétuation de la stagnation économique mondiale ne risque-t-elle pas, par ricochet, de déstabiliser l’ensemble du système ? D’où le titre du rapport : Une crise en quête de fin. Car la crise est toujours là, sous une forme rampante, mais toujours là. Rien donc de plus naturel que la délégation à la prospective du Sénat se soit emparée d’un tel sujet et préoccupée de savoir quelles formes pourrait bien prendre notre avenir immédiat.

Que l’on se rassure, pas question de se donner le ridicule de prédire l’avenir ! Nous prenons simplement le risque d’esquisser quelques-uns des scénarios pensables quant à l’évolution de la situation tout à fait particulière dans laquelle nous nous trouvons. Mais, sans formulation du pensable, pas d’action politique possible.

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  Doit-on s'attendre, en définitive, à la survenance d'un nouveau krach financier ?

Nous vivons une situation totalement paradoxale que je résumerais ainsi : après dix ans de crise, la probabilité "technique" de réédition d’un krach du système financier d’ampleur équivalente à celui de 2007/2008 n’a pas diminué, bien au contraire. Les quelques dispositions destinées à rendre le système moins instable qui ont pu lui être imposées sous le coup de l’émotion, non seulement ont laissé intact l’essentiel mais ont été largement compensées par les effets négatifs du traitement de la crise. Tous les ingrédients d’un nouveau krach sont là. Cependant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce n’est pas le scénario que je privilégierais. Ou plus exactement, s’il devait se réaliser, ce serait plus probablement la conséquence d’événements politiques collatéraux engendrés par la prolongation de la crise économique que l’élément déclencheur. Le vrai danger, en effet, c’est l’incapacité structurelle du système à se réformer et le désaveu populaire qui en résulte et qui s’exprime au travers de ce qui ressemble fort à des "émeutes électorales".

 

  Cela signifie-t-il que l’action politique soit devenue impuissante à modifier ce qui ressemble fort à une fatalité ?

Absolument pas, mais encore faut-il que les responsables politiques réalisent l’ampleur du danger. Pour beaucoup, la crise est derrière nous et il n’y a aucun lien entre la suite des résultats électoraux détonants qui se sont succédé en Europe et aux États-Unis, mois après mois, et le purgatoire économique qui s’éternise. Un mot suffit à tout expliquer : « populisme ». Plus on attendra en se payant de mots, plus la situation deviendra imprévisible. Qui, par exemple, aurait prévu que ce serait le Président du principal pays bénéficiaire du système libéral, entouré d’une garde rapprochée issue de Goldman Sachs, qui serait le premier à le remettre en cause ? Plus exactement à en contester les effets tout en lui laissant la bride sur le cou ! On ne peut actuellement prévoir ce qui résultera de ces contradictions. S’agissant de la France, plus on reculera le moment de s’affranchir du carcan de la zone euro, plus on retardera celui de la sortie de crise. Une étiquette qui se veut infamante règle tout : "populisme" !

Notre époque incertaine a des airs de déjà-vu, autant dire d’avant-guerre, et il n’est jamais bon de laisser trop longtemps l’Histoire bégayer.

 Comprendre les enjeux

 

Après dix ans d’une crise économique mondiale et systémique dont on perçoit toujours les effets, la délégation à la prospective a souhaité analyser les probabilités de réédition d’un krach financier de même ampleur. Pourquoi la crise des subprimes ? Comment s’est-elle propagée, notamment en Europe ? Quelles mesures ont été prises et sont-elles à même de réguler un marché financier et bancaire largement déconnecté de sa mission première de soutien au développement économique ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans le rapport de Pierre-Yves COLLOMBAT, sur fond de révoltes électorales trop facilement qualifiées de populistes.

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Photo © pixabay.com - geralt