Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Emile REYMOND (1865-1914) (suite)

Le 22 décembre 1914, le président Antonin Dubost prononce son éloge funèbre :

"... Emile Reymond portait sur sa physionomie comme une sorte de prédestination aux actions grandes et passionnées. Son immense front, ses yeux ardents dans sa pâle figure rayonnaient, et son maigre corps semblait réduit au minimum pour sa vie physique et consumé par une intense flamme intérieure...

Et c’est en planant sur ces ailes par lesquelles il voulait la France victorieuse que ce Français passionné reçut la blessure dont il ne se laissa mourir qu’après avoir rempli jusqu’au bout la consigne dont il était chargé. Cruelle, mais admirable fatalité et dont il ne voudrait pas être plaint, car, s’il mourait de son vol héroïque, il avait pu, tout au moins, l’un des premiers contempler la plaine d’Alsace retrouvée, ses clochers et l’imprescriptible frontière !

Avec lui, messieurs, élevons nos âmes vers les plus hautes pensées, et fortifions-nous pour les plus extrêmes devoirs, car le succès ne se donne point au seul espoir, mais aux volontés conscientes de ses difficultés ! "

Le Sénat décide d’ériger un buste dans sa galerie pour perpétuer l’image du sénateur Emile Reymond qui illustra la science chirurgicale, honora la tribune du Sénat, contribua plus que tout autre à la création et au développement de l’aviation militaire et, victime de son héroïsme, tomba glorieusement en survolant les armées ennemies. "

Le même jour, le président fit part de la communication d’une lettre du ministre de la guerre transmettant le rapport officiel " relatant les circonstances dans lesquelles M. le sénateur Emile Reymond a trouvé la mort ".

La Haute Assemblée vota ensuite à l’unanimité à Emile Reymond l’hommage d’un buste par la motion suivante :

" Le Sénat décide d’ériger un buste dans sa galerie pour perpétuer l’image du sénateur Emile Reymond qui illustra la science chirurgicale, honora la tribune du Sénat, contribua plus que tout autre à la création et au développement de l’aviation militaire et, victime de son héroïsme, tomba glorieusement en survolant les armées ennemies. "

Emile Reymond était secrétaire du Sénat depuis le 14 janvier 1912.

Un monument, œuvre du sculpteur Bartholomé, fut érigé à Montbrison à la mémoire du sénateur-aviateur Emile Reymond et de 187 officiers, sous-officiers et soldats tués au front. Ce monument devait être inauguré en mai 1920 par le président de la République, Paul Deschanel. Or, c’est en se rendant à cette inauguration que le président fut victime d’un " accident " et tomba sur la voie, selon un scénario que tout le monde connaît ! C’est donc le ministre de l’Intérieur qui, en l’absence du chef de l’Etat, présida à l’inauguration du monument.

précédent