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Pour le simple observateur, la banquise n’est probablement qu’un univers immaculé, dénué de vie. Se limitant à l’étendue du ciel et de la glace, sa monotonie peut paraître écrasante. Mais la glace est une entité puissante, vivante et dynamique, réagissant aux influences de la gravitation comme à de minimes modifications de température. Même âgée de trois millions d’années, sa masse varie constamment et imperceptiblement. Au moment du vêlage, lors de la formation des icebergs, elle entre dans la dernière phase de sa transformation, reprenant sa forme originale, l’état liquide. Les Inuits possèdent
des centaines de mots pour décrire sa texture, tandis que son aspect peut présenter d’infinies variations constamment changeantes.

J’ai parcouru à pied 8.000 kilomètres de ce royaume, à travers l’océan Arctique, le Groenland et l’Antarctique. Et bien que cela puisse paraître surprenant, je dois dire que deux journées n’y sont jamais visuellement semblables.

Au plus profond du coeur de la banquise, ce sont les changements subtils de la couverture nuageuse qui procurent d’uniques opportunités au photographe. La faible hauteur du soleil combinée à la réduction du spectre lumineux due à la prédominance de l’eau – liquide et cristallisée – crée un environnement monochromatique de lumière froide et blanche et d’ombres bleutées. Parfois, les seuls détails visibles sont les traces laissées par le vent sur la glace, ou les nuages dans le ciel.

La glace marine se dilate et se contracte suivant le cycle des saisons. Tels de grands poumons terrestres, elle exerce une influence rafraîchissante sur les basses latitudes. Mais ce rythme est en train de s’essouffler. La glace est la première ligne de défense d’un monde qui se réchauffe, et son déclin est l’évidence irréfutable de la modification du climat. La température globale s’est accrue de 1°C par rapport à 1880, un réchauffement dix fois plus rapide que durant les 65 millions d’années précédentes. Les raisons sont bien connues. Sans engagements immédiats et globaux, nous atteindrons une hausse de 5°C
ou plus d’ici un siècle, menaçant chaque organisme terrestre tout en redessinant la carte des océans.

Le temps que j’ai passé dans les hautes latitudes m’a donné une meilleure perception des changements subtils que provoque le réchauffement. La photographie est un véritable outil de mesure quand elle relie le coeur à l’esprit. Mon travail a pour ambition de créer un inventaire émotionnel du passage du temps. Comme un message dans une bouteille jetée à la mer, il est là pour nous rappeler que, tout lointain et exotique qu’il soit, ce monde en voie de disparition est aussi notre demeure. Et les images que je rapporte de la glace qui pleure avant de mourir racontent l’histoire d’un environnement qui nous ressemble:
opiniâtre, fragile et éphémère.

« La beauté est le lien qui nous unit avec la nature. Elle donne au coeur les arguments pour convaincre l’esprit de s’investir dans un programme d’action »

Sebastian Copeland
www.sebastian-copeland.fr

Cri d’alarme sur la fonte programmée des glaces, l’exposition que nous propose le photographe Sebastian Copeland sur les grilles du Jardin du Luxembourg est d’abord une magnifique ode à la beauté de ces territoires si lointains et si mystérieux. Les 80 photographies que vous découvrirez au fil de votre déambulation, le long de la rue de Médicis, nous invitent à la contemplation et à la méditation face à des paysages qui semblent vierges de l’empreinte de l’Homme. Pourtant cet écosystème est aujourd’hui si sensible aux effets du réchauffement climatique qu’il pourrait disparaître.

Depuis toujours, Sebastian Copeland est photographe. Dès l’enfance, il parcourt avec son grand-père maternel l’Afrique du Sud où il réalise ses premières photographies. Parti à la découverte d’un continent lointain, il s’y forge une proximité avec la nature qui donnera sens à sa vie et à son parcours professionnel. Pourtant, pendant dix ans, il semble s’en éloigner, se consacrant à la réalisation de films publicitaires. Réaliser ses rêves d’enfant, partir sur les traces de l’amiral Robert Peary, qui découvrit le pôle Nord en 1909, immortaliser les paysages glaciaires, devinrent si essentiels à ses yeux qu’il décida de changer le cours de son destin.

L’exposition présentée sur les grilles du Jardin du Luxembourg raconte l’histoire de deux décennies d’expéditions de Sebastian Copeland « de Pôle en Pôle », de l’Arctique à l’Antarctique, à la recherche d’« Un Monde qui Disparaît ». C’est une plongée dans un univers tout en monochromie, où liquide et solide se confondent sous les reflets d’une lumière rare et particulière que nous offrent ces clichés. Impressionnants icebergs aux reflets bleutés, faune tout en mimétisme, infinies étendues glaciaires nous content le monde envoûtant des glaces.

Je vous invite à découvrir ces exceptionnelles photographies qui appellent à une réflexion sur les enjeux environnementaux et climatiques. Chasseur d’images engagé, Sebastian Copeland a choisi de nous faire partager son intimité avec la magie des pôles, indispensables à la survie de notre planète.

Gérard LARCHER

Président du Sénat

Infos

  • Quand : du 15 sept. 2018 au 13 janv. 2019
  • Où : sur les Grilles du Jardin du Luxembourg, rue de Médicis, de la gare RER Luxembourg jusqu'au Sénat
  • Accès : Accès libre au public 24 h sur 24, éclairage nocturne | RER Luxembourg | Métro Odéon | Bus 82 85 38 21 27
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