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Sophie Prunier - Poulmaire Présidente de l’association Lumières sur le Travail Vice-présidente de l’Université Paris Nanterre'ÊtreS au Travail… par-delà les clichés'

ÊtreS au Travail est un hommage à tous les travailleurs anonymes dont l’image ici révélée traduit le vécu, souvent méconnu, de millions d’hommes et de femmes. Dévoiler la beauté du travail avec ses richesses et ses difficultés, montrer l’engagement tout entier de l’Être dans son activité professionnelle, tel est le dessein de cette exposition. Des femmes et des hommes saisis dans leur activité ordinaire avec qui il nous est donné de partager l’instant, le mouvement, l’attention soutenue et l’intention à l’oeuvre. Rien n’est ici exploit, ou bien peut-être qu’au contraire tout l’est dans la réalité quotidienne du travail ici dévoilée, mise à l’honneur et sublimée par la photographie. Car en effet le travail est avant tout une oeuvre, source de savoirs, d’épanouissement, d’accomplissement de soi, créateur de lien social.

Ces photographies donnent à voir le travail sous un angle original, singulier, novateur.  Elles ne sont pas une succession d’instants car l’instant capté ici prend valeur d’Histoire. Celle que les experts en sciences humaines et sociales nous révèlent eux aussi en rendant manifeste ce qui ne l’est pas, tangible ce qui est abstrait. Ils scrutent le réel, dévoilent l’invisible, font émerger du sens là où il n’est jamais donné d’emblée. Experts et photographes témoignent de l’avancée du monde, l’analysent, l’interprètent et nous offrent ensemble un moment de découverte, d’émotion, d’étonnement en portant le Travail au regard de tous et à la réflexion de chacun. Ils font de nous les spectateurs éclairés d’une véritable odyssée du Travail.

Je remercie le Sénat, l’Organisation Internationale du Travail, ainsi que les étudiants du Master de Psychologie du Travail et d’Ergonomie de l’Université Paris Nanterre et toutes celles et ceux qui ont, ici, leur part de l’ouvrage...

Sophie PRUNIER - POULMAIRE
Présidente de l’association Lumières sur le Travail - Vice-présidente de l’Université Paris Nanterre

Guy Ryder Directeur général, Organisation Internationale du Travail'L’OIT, cent ans d’engagement pour un travail décent'

Créée au lendemain de la Première guerre mondiale par le traité de Versailles, l’Organisation Internationale du Travail - unique agence tripartite du système des Nations Unies réunissant des représentants des gouvernements, employeurs et travailleurs - célèbre cette année son centenaire.

En 1919, les fondateurs de l’organisation partageaient l’intuition qu’aucune paix durable ne pouvait être promue efficacement sans combattre l’injustice, la misère et sans prendre en compte les droits des travailleurs. Aujourd’hui, la mission centenaire de l’OIT en faveur de la justice
sociale et de la paix dans le monde du travail continue de guider son action. L’OIT, ce sont 189 conventions et 205 recommandations internationales couvrant l’ensemble des travailleurs quels que soient leur secteur d’activité ou leur nationalité et protégeant leurs droits.

C’est aussi une organisation résolument tournée vers l’avenir, alors que le monde du travail connaît aujourd’hui et partout de profondes transformations. À travers ces photographies, l’exposition « ÊtreS au Travail » restitue la diversité des réalités du travail humain dans nos sociétés. Elle rend visible ce travail lorsqu’il n’apparaît plus derrière un objet de consommation, un paysage, un service immatériel. Elle fige le geste du professionnel en saisissant la dimension artistique.

Je remercie le Sénat, ainsi que l’Université Paris Nanterre et l’association Lumières sur le Travail, organisatrice de cette exposition et partenaire de l’OIT, pour leur engagement dans la célébration du centenaire de l’OIT à Paris.

Guy RYDER
Directeur général, Organisation Internationale du Travail


© Jean-Michel Turpin

M. Gérard Larcher, Président du Sénat'Le travail aujourd'hui et demain, une même exigence de dignité et de sens'.

A l’occasion du centenaire de la fondation de l’Organisation Internationale du Travail, le Sénat est particulièrement heureux d’accueillir sur les Grilles du Jardin du Luxembourg l’exposition photographique « ÊtreS au Travail », réalisée par l’association «Lumières sur le travail ». En déambulant le long des grilles, vous découvrirez les thématiques qui ont orienté le choix des photographies et la rédaction des notices confiées à des chercheurs et experts du monde du travail.

Les quatre-vingts photographies exposées le long de la rue de Médicis sont autant de témoignages de la diversité et des enjeux du travail dans le monde. La force des images invite chaque passant à engager sa propre réflexion sur le travail d’aujourd’hui et de demain : bonheur ou souffrance, fierté ou désenchantement, stabilité ou précarité, sécurité et prévention face aux risques professionnels, incertitudes face à la complexité technologique, reconnaissance des femmes au travail. Les profondes mutations du monde du travail à l’ère de la mondialisation posent pour le XXIe siècle d’immenses défis au regard des valeurs humaines essentielles et des principes et droits fondamentaux de toutes celles et tous ceux qui travaillent.

En tant qu’ancien ministre du travail, cette exposition ne me laisse pas indifférent. Les conditions de travail continuent de me passionner. Le travail est au coeur de l’activité humaine et constitue un élément essentiel d’affirmation de la dignité des femmes et des hommes d’aujourd’hui.

C’est une certaine vision du monde du travail que nous offrent ces clichés photographiques, qui sont parfois bien peu en phase avec cet extrait d’un texte de Charles Péguy : «Ils [les ouvriers artisans] disaient en riant, et pour embêter les curés, que travailler c’est prier, et ils ne croyaient pas si bien dire. Tant leur travail était une prière. Et l’atelier un oratoire. ».

En effet, nous devons reconnaître que le travail, aussi, peut être aliénation et souffrance ;  qu’il peut être un fardeau et une peine ; qu’il y a des conditions de travail contraires à la dignité du travailleur. Nous savons qu’il faut se méfier de la tendance à ne traiter que la conséquence, les conditions de travail, et pas les causes qui ont conduit à cette détérioration des conditions de travail : travail trop intensif, pression du management… C’est pourquoi nous avions lancé le premier plan santé au travail en 2005 qui visait à réconcilier progrès social et progrès économique et qui reposait sur une approche positive du travail. Une économie compétitive est une économie où la santé des salariés est une constante préoccupation et où les salariés se réalisent au travail. C’est le sens de l’action de l’OIT.

Je vous invite à découvrir, de mars à juillet, ces étonnantes et fascinantes photographies qui racontent à travers l’oeil engagé du photographe toute l’essence de l’« Être au Travail ».

Le travail aujourd'hui et demain, une même exigence de dignité et de sens

Gérard LARCHER
Président du Sénat


© Jonas Bendiksen - Magnum

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