La nouvelle Pairie française d’après la Charte organisée par l’ordonnance du 25 août 1817. Ouvrage critique, historique et généalogique, dont l’exactitude et la vérité sont attestées par les actes mêmes des familles ; Fortuna non mutat genus

dit Le Recueil Duprat-Taxis

Ce volume manuscrit de 706 pages est l’œuvre unique d’un généalogiste de métier, qui avant la révolution exerçait la charge de contrôleur des lettres de noblesses, fonction dans laquelle il était réputé pour son intransigeance. La Révolution le prive de son emploi et le voue à la ruine ; la Restauration lui rend l’espoir… un espoir toutefois cruellement déçu, car la Monarchie ne récompensera aucunement son loyalisme à toute épreuve !

 

Son destin obscur lui rend plus odieuse encore la nomination à la très prestigieuse Chambre des Pairs, par le Roi Louis XVIII, de quantité de « parvenus » qui, en raison d’une naissance obscure ou d’un passé douteux, n’ont, pour Duprat-Taxis, aucun titre à siéger dans cette assemblée aristocratique.

 

Trois années de travail sont nécessaires à Duprat-Taxis pour réaliser ce recensement des failles dans la sélection des Pairs de France : origines petites bourgeoises, voire résolument populaires, mésalliances… L’auteur raille « la fidélité de ces caméléons, toujours prêts à embrasser un nouveau parti quand leur intérêt personnel le commande » : tendance des uns à servir tous les régimes successivement depuis le début de la Révolution, trahison des autres pendant les Cent-jours…

 

L’ouvrage ne saurait être publié ; il s’agit d’un authentique brûlot ! Les autorités de la Chambres des Pairs achètent 12 000 francs à la fois le manuscrit et l’engagement de l’auteur de ne jamais plus effectuer de travail généalogique sur la Chambres des Pairs.

 

Ce magistral chantage réussi, Duprat-Taxis disparaît. Son ouvrage, mis sous scellés et caché dans les réserves de la Bibliothèque, est retrouvé en 1887 dans un carton de la Bibliothèque du Sénat.