B. LA FUITE EN AVANT SOUS LA PRÉCÉDENTE LÉGISLATURE : UNE POLITIQUE À COURTE VUE

1. 1997-2001 : des baisses d'impôts et augmentations de dépenses financées par la croissance

Le précédent gouvernement a cédé à la facilité. Profitant d'une croissance dynamique se traduisant par des rentrées fiscales abondantes, il a mis en oeuvre des politiques coûteuses sans s'assurer de la pérennité de leur financement.

Lors de la discussion du présent projet de loi de loi de règlement à l'Assemblée nationale le 1 er octobre 2003, le ministre délégué au budget a estimé que « dans les années 1999-2002, plus de 20 milliards d'euros de dépenses nouvelles pérennes ont été créées : 35 heures, CMU, APA, aide médicale d'Etat, auxquels s'ajoutent 48.000 emplois budgétaires supplémentaires et 250.000 emplois jeunes ... ».

Il faudrait ajouter à ces chiffres le coût de la politique de recentralisation des relations financières entre l'Etat et les collectivités locales. La charge pour l'Etat résultant de la compensation d'exonérations d'impôts locaux a cru de plus de 10 milliards d'euros d'euros par an du fait de la suppression de la part salariale de l'assiette de la taxe professionnelle, de la part régionale de la taxe d'habitation, de la vignette, de la taxe additionnelle régionale sur les droits de mutation à titre onéreux et de la nationalisation du taux de ces mêmes droits, créant ainsi des dépenses rigides dont le montant n'est pas modulable en cas de retournement de conjoncture.

Ces dépenses nouvelles n'ont pas été compensées par des économies de même ampleur, accroissant ainsi la vulnérabilité des finances de l'Etat. Il en est résulté, à compter de 1999, une dégradation du solde structurel des finances publiques.

En 2002, cette dégradation s'est accélérée, et s'est accompagnée de la disparition de l'excédent conjoncturel enregistré par notre pays depuis 2000. C'est ainsi que le besoin de financement des administrations publiques a franchi le seuil de 3 % du PIB fixé par le traité de Maastricht.

Evolution des composantes du besoin de financement des administrations publiques

(en points de PIB)

Source : projet de loi de finances pour 2004, rapport économique, social et financier

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