Projet de loi Développement des transports
commission de l'aménagement du territoire et du développement durable
N°COM-120
3 avril 2026
(1ère lecture)
(n° 394 )
AMENDEMENT
présenté par
M. JACQUIN, Mme BONNEFOY, M. GILLÉ, Mme BÉLIM, MM. DEVINAZ, FAGNEN, OMAR OILI, OUIZILLE, UZENAT, Michaël WEBER
et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain
ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS ARTICLE 13
Après l'article 13
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
A l’article L.1231-1-1 du code des transports,
Après le 3° du II.-, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
“4° déléguer à une région une partie des compétences mentionnées au I. Les compétences ainsi
déléguées sont exercées au nom et pour le compte de l'autorité organisatrice de la mobilité délégant. Cette délégation est régie par une convention qui en fixe librement les modalités.”
Objet
En l’état du droit, une autorité organisatrice de la mobilité (AOM), à l’exception des communautés de communes dans les conditions prévues par le code des transports, ne peut déléguer à la Région l’organisation d’un service de mobilité mentionné à l’article L. 1231-1-1 du code des transports, hors transport scolaire.
Cette situation juridique interdit, en pratique, à une AOM de confier à la Région l’organisation d’un service de transport ou d’un service de mobilité sur son propre ressort territorial, même lorsque cette solution répondrait à un besoin opérationnel clairement identifié et à un accord entre les collectivités concernées.
Plusieurs territoires ont exprimé le souhait de pouvoir recourir à une telle faculté. Dans certaines agglomérations, il existe une volonté de confier à la Région l’organisation d’un service de transport à la demande, tout en assumant intégralement ou partiellement le coût budgétaire correspondant. De même, certaines collectivités souhaiteraient que la Région puisse déployer, sur leur territoire, des services complémentaires déjà structurés à l’échelle régionale — tels que des dispositifs d’autopartage ou de vélo en libre-service adossés à des réseaux régionaux notamment des services de mobilité en gare — en cohérence avec l’offre ferroviaire régionale, tout en conservant la charge financière du service.
Or, l’impossibilité actuelle de délégation de compétence ne permet pas de telles configurations, même lorsqu’elles reposent sur une logique de mutualisation, de simplification pour l’usager et d’optimisation des moyens publics. Elle conduit à maintenir une fragmentation institutionnelle qui peut nuire à la lisibilité des offres et à l’efficacité des politiques de mobilité.
Le présent amendement vise ainsi à ouvrir la possibilité, pour une AOM, de déléguer à la Région l’organisation de certains services de mobilité sur son ressort territorial, lorsque les deux collectivités en conviennent, y compris dans des situations où l’AOM souhaite en supporter le coût financier.