Projet de loi Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public
commission des lois
N°COM-12
29 avril 2026
(1ère lecture)
(n° 472 )
AMENDEMENT
présenté par
Mme Nathalie DELATTRE
ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS ARTICLE 6
Après l'article 6
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
« Après l’article 350 du code des douanes, insérer un article 350-1 ainsi rédigé :
« Art. 350-1. – En cas de flagrance d’une infraction douanière relative aux produits du tabac impliquant des droits éludés supérieurs à 50 000 euros, le procureur de la République ou l’officier des douanes judiciaire peut ordonner, par décision motivée, le gel immédiat des avoirs bancaires et des actifs numériques identifiés, pour une durée de dix jours.
Cette mesure doit être validée par le juge des libertés et de la détention dans un délai de quarante-huit heures. En cas de relaxe ou d’abandon des poursuites, les avoirs sont restitués intégralement à leur titulaire. »
Objet
La contrebande et la vente illicite de tabac constituent non seulement une fraude fiscale majeure, mais également un facteur de désorganisation de l’ordre public, en alimentant des réseaux illicites, en favorisant des circuits économiques parallèles et en contribuant à un sentiment d’insécurité pour nos concitoyens. Leur répression s’inscrit ainsi pleinement dans les objectifs du présent projet de loi visant à apporter des réponses immédiates aux phénomènes troublant la sécurité et la tranquillité publiques.
Le tabac qui n'est pas acheté chez les buralistes français a fait perdre en moyenne 4,3 milliards d'euros de recettes fiscales au budget de l'État en 2023, selon une étude récente des Douanes, confirmant l’ampleur du phénomène. Au-delà de son impact budgétaire, ces trafics reposent sur des flux financiers rapides et dissimulés, permettant aux réseaux de contrebande d’assurer leur fonctionnement et leur pérennité.
Le présent amendement permet, en cas de flagrance d’une infraction douanière relative au tabac impliquant plus de 50 000 euros de droits éludés, d’ordonner le gel immédiat des avoirs bancaires et des actifs numériques identifiés pour une durée de dix jours, sur décision motivée du procureur ou de l’officier des douanes judiciaires.
Cette mesure, validée par le juge des libertés et de la détention dans un délai de quarante-huit heures, vise à neutraliser rapidement les capacités financières des réseaux de contrebande et à sécuriser les suites judiciaires. Elle contribue ainsi à une réponse plus efficace aux atteintes à l’ordre public, tout en garantissant le respect des libertés individuelles et du contrôle juridictionnel.