Projet de loi Travail le 1er mai des boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes
commission des affaires sociales
N°COM-3
8 juin 2026
(1ère lecture)
(n° 588 )
AMENDEMENT
| Rejeté |
présenté par
Mmes PONCET MONGE et SOUYRIS
ARTICLE UNIQUE
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Alinéa 4
1° Première phrase
Remplacer (deux fois) le mot :
volontaires
par les mots
déclarés volontaires
2° Dernière phrase
Après la première occurrence du mot :
salarié
insérer le mot :
déclaré
Objet
Notre amendement traduit le fait que le salarié qui serait occupé, en conséquence de ce projet de loi, le 1er mai n’est non pas « volontaire » laissant croire qu’il serait à l’initiative mais « déclaré volontaire ».
La notion de volontariat n’est pas opératoire concernant le 1er mai de par sa nature de journée fériée obligatoirement chômée et payée même en modifiant le champ des dérogations permises.
Le rapport de force défavorable rend illusoire l’exercice libre du volontariat. En effet, le volontariat demeure un mythe qui nie l’asymétrie de la relation de travail. Le lien de subordination qui lie le salarié à son employeur crée une pression structurelle que ni la loi ni l'accord de branche ne peuvent neutraliser.
Rappelons que la partie qui demande ces dérogations est le patronat et non la partie représentative des salarié-es unanime contre cette dérégulation, organisations patronales qui demandent que leur soit enfin permis de faire travailler leurs employé-es le 1er mai et de lever l’obligation d’un jour chômé pour tous les salarié.es.
Et ce, alors même que la raison ne serait plus l’impossibilité d’interrompre le travail, motif dérogatoire spécifique au 1er mai.
Dès lors, le caractère obligatoire d’un jour pas seulement férié mais obligatoirement chômé qui entraîne donc son paiement, serait en partie levé, aujourd’hui pour quelques activités sous prétexte de réponses aux besoins du public, et demain pour d’autres.
La volonté patronale de faire travailler les salariés le 1er mai n’est pas nouvelle. Alors que le 1er mai 1891, à Fourmies, l’armée ouvra le feu sur les manifestants, la veille, le patronat, avait placardé une affiche affirmant : « on travaillera le 1er mai comme tous les autres jours ; tout mouvement contraire sera sévèrement réprimé ».
Les salariés déclarés « volontaires » occupés le 1er mai auront droit à la même indemnité définie actuellement à l’article L.3133-6 du code du travail (pour les salariés qui actuellement ne peuvent interrompre le travail), donc ils perçoivent une indemnité égale au montant de ce salaire, à la charge de l'employeur.
Ainsi, contrairement à ce qui est régulièrement énoncé, le 1er mai ne donne pas lieu à majoration, mais à une rémunération normale des heures travaillées qui s’ajoute à la rémunération due à tous les travailleurs, aux non volontaires comme aux « volontaires ».
Le salarié qui ne travaille pas le 1er mai est payé ce jour-là. Celui qui travaille dans le cadre d’une dérogation verra son jour travaillé payé au taux horaire normal et non à un taux doublé. Les heures ne sont pas payées double.
La formulation « Le premier mai est payé double » quand on travaille ce jour-là prête vraiment à mauvaise interprétation. Le 1er mai est obligatoirement payé simple !