Projet de loi Programmation militaire pour les années 2024 à 2030
Direction de la Séance
N°115
31 mai 2026
(1ère lecture)
(PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE)
(n° 667 , 666 , 646, 654)
AMENDEMENT
| C | Favorable |
|---|---|
| G | Défavorable |
| Adopté | |
présenté par
M. TEMAL, Mme CONWAY-MOURET, M. VAYSSOUZE-FAURE, Mme CARLOTTI, MM. DARRAS et Patrice JOLY, Mme Gisèle JOURDA, MM. MARIE, Mickaël VALLET
et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain
Article 1er
(RAPPORT ANNEXÉ)
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Alinéa 14, après la première phrase
Insérer une phrase ainsi rédigée :
Cet effort de défense ne sera socialement acceptable que s’il s’inscrit dans le cadre de la planification d’une politique industrielle de soutien à la croissance et à la réindustrialisation de nos territoires, co-construite avec nos collectivités territoriales.
Objet
Construire un outil de défense solide ne devrait pas être seulement perçu comme un coût, mais avant tout être considéré comme un investissement, la résilience de l’industrie d’armement participant en effet de l’efficacité de nos armées et contribuant à dissuader nos adversaires. C’est précisément ce changement de regard qui conditionne l’acceptabilité politique d’un réarmement durable. Mais qu’en est-il de l’acceptabilité sociale ?
Les ressources importantes mobilisées pour la défense ne sont pas condamnées à rester enfermées dans un périmètre purement militaire. La base industrielle de défense constitue la première ligne d’approvisionnement, mais elle ne sera pas suffisante seule en cas de conflit majeur : une deuxième ligne est indispensable, permettant un basculement rapide de la production civile vers la fabrication militaire. Construire cette deuxième ligne, c’est précisément renforcer le tissu industriel national dans son ensemble — PME, sous-traitants, filières, bassins d’emploi — bien au-delà des seuls grands groupes d’armement.
Ce changement d’approche nécessite un partenariat élargi État-industrie-collectivités dans les enjeux industriels, qu’il faut bâtir et consolider, pour être capable de faire face à un monde plus dangereux en conservant une réelle autonomie stratégique. Un tel partenariat suppose une vision de long terme, de la constance dans l’action et un soutien aux investissements productifs — autant de conditions qui correspondent aux exigences d’une politique de réindustrialisation planifiée de nos territoires.
C’est dans cet espace de convergence entre impératif de défense et dynamique industrielle que réside la possibilité d’un contrat social acceptable : non pas demander aux citoyens de payer plus pour la guerre, mais leur montrer que l’effort de défense contribue à recréer des emplois qualifiés, à ancrer des savoir-faire industriels dans les territoires redevenus bassins d’emplois, et à préparer une économie plus souveraine et plus résiliente.