Proposition de loi Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire

Direction de la Séance

N°15

8 juin 2026

(1ère lecture)

(PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE)

(n° 698 , 697 )


AMENDEMENT

C
G  
En attente de recevabilité financière

présenté par

Mmes SOUYRIS et PONCET MONGE, MM. BENARROCHE et DANTEC, Mme de MARCO, MM. DOSSUS, FERNIQUE et GONTARD, Mme GUHL, MM. JADOT et MELLOULI, Mme OLLIVIER, M. SALMON et Mmes SENÉE et Mélanie VOGEL


ARTICLE 1ER

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Alinéa 9

Compléter cet alinéa par une phrase ainsi rédigée :

La stratégie nationale veille à réduire les inégalités de prévention, de diagnostic, de prise en charge et de recherche relatives aux maladies cardio-neuro-vasculaires, notamment les inégalités de genre.

Objet

Le présent amendement vise à inscrire explicitement parmi les objectifs de la stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires la réduction des inégalités de santé, notamment celles liées au genre.

Si les maladies cardiovasculaires ont longtemps été perçues comme des pathologies touchant principalement les hommes, elles constituent aujourd’hui l’une des premières causes de mortalité chez les femmes. Les accidents vasculaires cérébraux représentent ainsi la première cause de mortalité cardio-neuro-vasculaire féminine. Chaque année, près de 200 femmes décèdent chaque jour en France d’une maladie cardiovasculaire. Les femmes présentent notamment des risques accrus de retard diagnostique et de prise en charge.

De nombreuses études et travaux de terrain, notamment de Santé publique France, la Fédération Française de Cardiologie ou encore de la Haute Autorité de Santé, mettent en évidence cette sous-estimation persistante du risque cardiovasculaire féminin. Les femmes sont plus fréquemment confrontées à des retards de diagnostic et de prise en charge, en raison notamment d’une moindre reconnaissance des spécificités de leurs symptômes. Alors que l’infarctus du myocarde est encore largement associé à une douleur thoracique irradiant dans le bras gauche, les femmes présentent plus souvent des manifestations atypiques ou moins identifiées, telles qu’une fatigue inhabituelle, un essoufflement, des douleurs dorsales entre les omoplates, des nausées ou des troubles digestifs. Ces symptômes sont trop souvent attribués au stress, à la fatigue, à la ménopause ou à des troubles digestifs, retardant ainsi l’accès aux soins et augmentant le risque de complications.

Ces difficultés s’expliquent également par des biais historiques dans la recherche médicale et la formation des professionnel·es de santé. Les connaissances cliniques et les référentiels diagnostiques ont longtemps été construits à partir de populations majoritairement masculines, conduisant à une moindre prise en compte des spécificités féminines. Cette situation peut se traduire non seulement par des retards diagnostiques, mais également par des différences dans l’orientation, les traitements prescrits ou l’accès à la réadaptation après un événement cardiovasculaire.

Les femmes sont par ailleurs exposées à des facteurs de risque spécifiques insuffisamment pris en compte dans les parcours de prévention. Certaines étapes de la vie hormonale – contraception, grossesse, pré-éclampsie, diabète gestationnel, ménopause ou insuffisance ovarienne précoce – constituent des périodes de vulnérabilité cardiovasculaire particulière. À ces facteurs biologiques s’ajoutent des déterminants sociaux tels que la charge mentale, les inégalités de recours aux soins ou le report plus fréquent des consultations médicales.

Dans ce contexte, une stratégie nationale ambitieuse de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires ne peut se limiter à une approche générale de la prévention et de l’offre de soins. Elle doit intégrer explicitement l’objectif de réduction des inégalités de santé, en particulier celles liées au genre, afin d’améliorer le repérage précoce des facteurs de risque, de favoriser un diagnostic plus rapide et plus juste, d’adapter les messages de prévention aux différents publics et de garantir une prise en charge équitable sur l’ensemble du territoire.

L’inscription de cet objectif dans la stratégie nationale permettra de mieux prendre en compte les spécificités des femmes face aux maladies cardio-neuro-vasculaires et de réduire les pertes de chance qui résultent encore aujourd’hui des inégalités de genre dans le système de santé.