LA LOI DU 1er JUILLET 1901 SUR LES ASSOCIATIONS
TEXTE EN VIGUEUR Article 1er
L'association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en
commun, d'une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but
autre que de partager des bénéfices. Elle est régie, quant à sa validité, par les principes
généraux du droit applicables aux contrats et obligations.
Article 2
Les associations de personnes pourront se former librement sans autorisation ni
déclaration préalable, mais elles ne jouiront de la capacité juridique que si elles se sont
conformées aux dispositions de l'article 5.
Article 3
Toute association fondée sur une cause ou en vue d'un objet illicite, contraire aux
lois, aux bonnes moeurs, ou qui aurait pour but de porter atteinte à l'intégrité du
territoire national et à la forme républicaine du gouvernement, est nulle et de nul effet.
Article 4
Tout membre d'une association qui n'est pas formée pour un temps déterminé peut
s'en retirer en tout temps, après paiement des cotisations échues et de l'année
courante, nonobstant toute clause contraire.
Article 5
(Loi n° 71-604 du 20 juillet 1971 Journal Officiel du 21 juillet 1971)
(Loi n° 81-909 du 9 octobre 1981 Journal Officiel du 10 octobre 1981)
Toute association qui voudra obtenir la capacité juridique prévue par l'article 6 devra
être rendue publique par les soins de ses fondateurs.
La déclaration préalable en sera faite à la préfecture du département ou à la
sous-préfecture de l'arrondissement où l'association aura son siège social. Elle fera
connaître le titre et l'objet de l'association, le siège de ses établissements et les noms,
professions et domiciles et nationalités de ceux qui, à un titre quelconque, sont chargés
de son administration ou de sa direction. Deux exemplaires des statuts seront joints à
la déclaration. Il sera donné récépissé de celle-ci dans le délai de cinq jours.
Lorsque l'association aura son siège social à l'étranger, la déclaration préalable
prévue à l'alinéa précédent sera faite à la préfecture du département où est situé le
siège de son principal établissement.
L'association n'est rendue publique que par une insertion au Journal officiel, sur
production de ce récépissé.
Les associations sont tenues de faire connaître, dans les trois mois, tous les
changements survenus dans leur administration ou direction, ainsi que toutes les
modifications apportées à leurs statuts.
Ces modifications et changements ne sont opposables aux tiers qu'à partir du jour où
ils auront été déclarés.
Les modifications et changements seront en outre consignés sur un registre spécial
qui devra être présenté aux autorités administratives ou judiciaires chaque fois qu'elles
en feront la demande.
Article 6
(Loi n° 48-1001 du 23 juin 1948 Journal Officiel du 24 juin 1948)
(Loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 art. 16 Journal Officiel du 24 juillet 1987)
Toute association régulièrement déclarée peut, sans aucune autorisation spéciale,
ester en justice, recevoir des dons manuels ainsi que des dons d'établissements d'utilité
publique, acquérir à titre onéreux, posséder et administrer, en dehors des subventions
de l'Etat, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements
publics :
1° Les cotisations de ses membres ou les sommes au moyen desquelles ces
cotisations ont été rédimées, ces sommes ne pouvant être supérieures à 100 F ;
2° Le local destiné à l'administration de l'association et à la réunion de ses membres ;
3° Les immeubles strictement nécessaires à l'accomplissement du but qu'elle se
propose.
Les associations déclarées qui ont pour but exclusif l'assistance, la bienfaisance, la
recherche scientifique ou médicale peuvent accepter les libéralités entre vifs ou
testamentaires dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.
Lorsqu'une association donnera au produit d'une libéralité une affectation différente
de celle en vue de laquelle elle aura été autorisée à l'accepter, l'acte d'autorisation
pourra être rapporté par décret en Conseil d'Etat.
Article 7
(Loi n° 71-604 du 20 juillet 1971 Journal Officiel du 21 juillet 1971)
En cas de nullité prévue par l'article 3, la dissolution de l'association est prononcée
par le tribunal de grande instance, soit à la requête de tout intéressé, soit à la diligence
du ministère public. Celui-ci peut assigner à jour fixe et le tribunal, sous les sanctions
prévues à l'article 8, ordonner par provision et nonobstant toute voie de recours, la
fermeture des locaux et l'interdiction de toute réunion des membres de l'association.
En cas d'infraction aux dispositions de l'article 5, la dissolution peut être prononcée à
la requête de tout intéressé ou du ministère public.
Article 8
(Loi n° 92-1336 du 16 décembre 1992 art. 322, art. 326 Journal Officiel du 23 décembre 1992)
Seront punis d'une amende prévue par le 5° de l'article 131-13 du code pénal pour
les contraventions de 5è classe en première infraction, et, en cas de récidive, ceux qui
auront contrevenu aux dispositions de l'article 5 .
Seront punis d'une amende de 30.000 F et d'un emprisonnement d'un an, les
fondateurs, directeurs ou administrateurs de l'association qui se serait maintenue ou
reconstituée illégalement après le jugement de dissolution.
Seront punies de la même peine toutes les personnes qui auront favorisé la réunion
des membres de l'association dissoute, en consentant l'usage d'un local dont elles
disposent.
Article 9
En cas de dissolution volontaire, statutaire ou prononcée par justice, les biens de
l'association seront dévolus conformément aux statuts ou, à défaut de disposition
statutaire, suivant les règles déterminées en assemblée générale.
Article 10
(Loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 art. 17 Journal Officiel du 24 juillet 1987)
Les associations peuvent être reconnues d'utilité publique par décret en Conseil
d'Etat à l'issue d'une période probatoire de fonctionnement d'une durée au moins égale
à trois ans.
La reconnaissance d'utilité publique peut être retirée dans les mêmes formes.
La période probatoire de fonctionnement n'est toutefois pas exigée si les ressources
prévisibles sur un délai de trois ans de l'association demandant cette reconnaissance
sont de nature à assurer son équilibre financier.
Article 11
(Loi du 2 juillet 1913 Journal Officiel du 6 juillet 1913)
(Décret n° 66-388 du 13 juin 1966 Journal Officiel du 17 juin 1966)
(Loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 art. 17 II Journal Officiel du 24 juillet 1987)
Ces associations peuvent faire tous les actes de la vie civile qui ne sont pas interdits
par leurs statuts, mais elles ne peuvent posséder ou acquérir d'autres immeubles que
ceux nécessaires au but qu'elles se proposent. Toutes les valeurs mobilières d'une
association doivent être placées en titres nominatifs, en titres pour lesquels est établi le
bordereau de références nominatives prévu à l'article 55 de la loi n° 87-416 du 17 juin
1987 sur l'épargne ou en valeurs admises par la Banque de France en garantie
d'avances.
Elles peuvent recevoir des dons et des legs dans les conditions prévues par l'article
910 du code civil. Les immeubles compris dans un acte de donation ou dans une
disposition testamentaire qui ne seraient pas nécessaires au fonctionnement de
l'association sont aliénés dans les délais et la forme prescrits par le décret ou l'arrêté
qui autorise l'acceptation de la libéralité ; le prix en est versé à la caisse de
l'association. Cependant, elles peuvent acquérir, à titre onéreux ou à titre gratuit, des
bois, forêts ou terrains à boiser.
Elles ne peuvent accepter une donation mobilière ou immobilière avec réserve
d'usufruit au profit du donateur.
Article 13
(Loi n° 42-505 du 8 avril 1942 Journal Officiel du 17 avril 1942)
Toute congrégation religieuse peut obtenir la reconnaissance légale par décret rendu
sur avis conforme du Conseil d'Etat ; les dispositions relatives aux congrégations
antérieurement autorisées leur sont applicables.
La reconnaissance légale pourra être accordée à tout nouvel établissement
congréganiste en vertu d'un décret en Conseil d'Etat.
La dissolution de la congrégation ou la suppression de tout établissement ne peut
être prononcée que par décret sur avis conforme du Conseil d'Etat.
Article 15
Toute congrégation religieuse tient un état de ses recettes et dépenses ; elle dresse
chaque année le compte financier de l'année écoulée et l'état inventorié de ses biens
meubles et immeubles.
La liste complète de ses membres, mentionnant leur nom patronymique, ainsi que le
nom sous lequel ils sont désignés dans la congrégation, leur nationalité, âge et lieu de
naissance, la date de leur entrée, doit se trouver au siège de la congrégation.
Celle-ci est tenue de représenter sans déplacement, sur toute réquisition du préfet à
lui même ou à son délégué, les comptes, états et listes ci-dessus indiqués.
Seront punis des peines portées au paragraphe 2 de l'article 8 les représentants ou
directeurs d'une congrégation qui auront fait des communications mensongères ou
refusé d'obtempérer aux réquisitions du préfet dans les cas prévus par le présent article.
Article 17
(Loi n° 42-505 du 8 avril 1942 Journal Officiel du 17 avril 1942)
Sont nuls tous actes entre vifs ou testamentaires, à titre onéreux ou gratuit, accomplis
soit directement, soit par personne interposée, ou toute autre voie indirecte, ayant pour
objet de permettre aux associations légalement ou illégalement formées de se
soustraire aux dispositions des articles 2, 6, 9, 11, 13, 14 et 16.
La nullité pourra être prononcée soit à la diligence du ministère public, soit à la
requête de tout intéressé.
Article 18
(Loi du 17 juillet 1903 Journal Officiel du 18 juillet 1903)
Les congrégations existantes au moment de la promulgation de la présente loi, qui
n'auraient pas été antérieurement autorisées ou reconnues, devront, dans le délai de
trois mois, justifier qu'elles ont fait les diligences nécessaires pour se conformer à ses
prescriptions.
A défaut de cette justification, elles sont réputées dissoutes de plein droit. Il en sera
de même des congrégations auxquelles l'autorisation aura été refusée.
La liquidation des biens détenus par elles aura lieu en justice. Le tribunal, à la requête
du ministère public, nommera, pour y procéder, un liquidateur qui aura pendant toute
la durée de la liquidation tous les pouvoirs d'un administrateur séquestre.
Le tribunal qui a nommé le liquidateur est seul compétent pour connaître, en matière
civile, de toute action formée par le liquidateur ou contre lui.
Le liquidateur fera procéder à la vente des immeubles suivant les formes prescrites
pour les ventes de biens de mineurs.
Le jugement ordonnant la liquidation sera rendu public dans la forme prescrite pour
les annonces légales.
Les biens et valeurs appartenant aux membres de la congrégation antérieurement à
leur entrée dans la congrégation, ou qui leur seraient échus depuis, soit par succession
ab intestat en ligne directe ou collatérale, soit par donation ou legs en ligne directe, leur
seront restitués.
Les dons et legs qui leur auraient été faits autrement qu'en ligne directe pourront être
également revendiqués, mais à charge par les bénéficiaires de faire la preuve qu'ils
n'ont pas été les personnes interposées prévues par l'article 17.
Les biens et valeurs acquis, à titre gratuit et qui n'auraient pas été spécialement
affectés par l'acte de libéralité à une oeuvre d'assistance pourront être revendiqués par
le donateur, ses héritiers ou ayants droit, ou par les héritiers ou ayants droit du
testateur, sans qu'il puisse leur être opposé aucune prescription pour le temps écoulé
avant le jugement prononçant la liquidation.
Si les biens et valeurs ont été donnés ou légués en vue de gratifier non les
congréganistes, mais de pourvoir à une oeuvre d'assistance, ils ne pourront être
revendiqués qu'à charge de pourvoir à l'accomplissement du but assigné à la libéralité.
Toute action en reprise ou revendication devra, à peine de forclusion, être formée
contre le liquidateur dans le délai de six mois à partir de la publication du jugement.
Les jugements rendus contradictoirement avec le liquidateur, et ayant acquis l'autorité
de la chose jugée, sont opposables à tous les intéressés.
Passé le délai de six mois, le liquidateur procédera à la vente en justice de tous les
immeubles qui n'auraient pas été revendiqués ou qui ne seraient pas affectés à une
oeuvre d'assistance.
Le produit de la vente, ainsi que toutes les valeurs mobilières, sera déposé à la
Caisse des dépôts et consignations.
L'entretien des pauvres hospitalisés sera, jusqu'à l'achèvement de la liquidation,
considéré comme frais privilégiés de liquidation.
S'il n'y a pas de contestation ou lorsque toutes les actions formées dans le délai
prescrit auront été jugées, l'actif net est réparti entre les ayants droit.
Le décret visé par l'article 20 de la présente loi déterminera, sur l'actif resté libre
après le prélèvement ci-dessus prévu, l'allocation, en capital ou sous forme de rente
viagère, qui sera attribuée aux membres de la congrégation dissoute qui n'auraient pas
de moyens d'existence assurés ou qui justifieraient avoir contribué à l'acquisition des
valeurs mises en distribution par le produit de leur travail personnel.
Article 20
Un décret déterminera les mesures propres à assurer l'exécution de la présente loi.
Article 21
Sont abrogés les articles 291, 292, 293 du code pénal, ainsi que les dispositions de
l'article 294 du même code relatives aux associations ; l'article 20 de l'ordonnance du
5-8 juillet 1820 ; la loi du 10 avril 1834 ; l'article 13 du décret du 28 juillet 1848 ;
l'article 7 de la loi du 30 juin 1881 ; la loi du 14 mars 1872 ; le paragraphe 2, article 2,
de la loi du 24 mai 1825 ; le décret du 31 janvier 1852 et, généralement, toutes les
dispositions contraires à la présente loi.
Il n'est en rien dérogé pour l'avenir aux lois spéciales relatives aux syndicats
professionnels, aux sociétés de commerce et aux sociétés de secours mutuels.
Article 21 bis
(inséré par Loi n° 81-909 du 9 octobre 1981 Journal Officiel du 10 octobre 1981)
La présente loi est applicable aux territoires d'outre-mer et à la collectivité territoriale
de Mayotte.
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