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Jean-Auguste-Dominique INGRES

 

Jean-Auguste-Dominique Ingres naît le 29 août 1780, à Montauban. Fils d'un artiste modeste, il entre à l'académie des Beaux-Arts de Toulouse en 1791. Il y remporte une série de succès et un certificat élogieux qui lui permet de pénétrer, une fois à Paris, en 1797, dans l'atelier de Jacques-Louis David. Dans cette école, il se fait remarquer par sa candeur de provincial, par son application et son relatif isolement, ne se mêlant que très peu aux divers clans qui s'étaient composés. 

Il reçoit le Prix de Rome en 1801 (Achille recevant les ambassadeurs d'Agamemnon),. Le peintre doit alors, à cause des difficultés financières de l'État, attendre cinq ans avant d'aller à l'académie de France à Rome. Pendant ce temps, il peint de très nombreux portraits - comme ceux de la famille Rivière (1804-1806, Louvre) - et acquiert dans ce domaine une virtuosité qu'il conservera définitivement.

Néanmoins ces portraits, et notamment celui de Napoléon Ier sur le trône impérial, sont très mal reçus au Salon de 1806, en raison de leur déroutante nouveauté. Ingres est désolé par cet échec, qu'il apprend alors qu'il vient de partir pour Rome. Il décide de rester en Italie après la fin de son séjour officiel. Les portraits qu'il peints ne suffisent pas toujours à assurer sa subsistance, d'autant plus qu'il est marié depuis 1813 à Madeleine Chapelle. 

Quelques commandes "historiques" lui permettent tout de même de se consacrer à des tâches qu'il juge plus nobles : c'est le Songe d'Ossian (Musée Ingres, Montauban), commandé par le général Miollis, la Grande Odalisque (Louvre) réalisée pour les Murat - jamais livrée en raison de la chute du royaume de Naples -,  Jésus remettant à Saint Pierre les clés du Paradis, commande de l'État, le Vœu de Louis XIII, pour la cathédrale de Montauban. Cette toile triomphe enfin au Salon de 1824. Revenu à Paris, le peintre reçoit la Légion d'honneur et est élu à l'académie des Beaux-Arts. De plus, il ouvre son propre atelier (1825). Deux grandes toiles lui sont commandées par l'État, l'une pour la cathédrale d'Autun, l'autre pour le Louvre : ce sont respectivement Le Martyre de saint Symphorien et l'Apothéose d'Homère qui triomphera à l'exposition universelle de 1855, après avoir connu un succès médiocre au Salon de 1827. La vedette lui avait été volée par le romantisme et Delacroix. En 1830, Ingres, qui pour la première fois de son existence, prend les armes, afin de défendre le Louvre, fait parti des mécontents qui s'opposent au gouvernement, probablement par dépit envers Charles X, qui avait ignoré son Apothéose lors de sa visite au Louvre. Vient ensuite, en 1834, l'échec retentissant du Martyre de saint Symphorien au Salon, face au triomphe renouvelé des romantiques. Cet échec entraîne le départ d'Ingres pour Rome, où il est nommé directeur de l'académie de France. Absorbé par la gestion de la villa Médicis, il se remet pourtant au travail avec l'Odalisque à l'esclave (1839), dans le droit fil de l'orientalisme. Pour le duc d'Orléans, il réalise aussi Antiochos et Stratonice (1840. Le succès de ce tableau, et les perspectives qu'il ouvre en matière de commandes, ramènent finalement Ingres à Paris, en 1841.