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PROSPER  MERIMEE  (1803-1870)


 

L'AFFAIRE LIBRI

Le comte Guillaume Libri Carrucci della Sommaia s'installe à Paris en 1824. Il obtient des « lettres de déclaration de naturalité » en 1833 et devient professeur à la faculté des sciences et au Collège de France.

Membre de l'Institut, il exerce aussi la fonction d'inspecteur général des bibliothèques. A ce titre, il est chargé de rédiger un catalogue général des manuscrits conservés dans les bibliothèques publiques. Mais il est rapidement soupçonné de profiter de sa fonction pour voler des documents précieux et les revendre à l'étranger.

A la suite d'une dénonciation par lettre anonyme, il fuit en Angleterre et rédige un mémoire dans lequel il dénonce un complot contre sa personne. Prosper Mérimée est convaincu par ses arguments et décide de prendre sa défense.

Pour autant, Libri est condamné à dix ans de réclusion en 1850. Mérimée conteste la décision judiciaire avec une telle énergie qu'il est finalement lui-même poursuivi pour outrage public et condamné à son tour à quinze jours de prison.

Ce séjour à la Conciergerie, qu'il prend avec humour, ne parvient pas à le faire revenir sur sa position. En 1861, lorsque Mme Libri dépose une pétition au Sénat, en faveur de son mari, Prosper Mérimée reprend la défense de l'ancien inspecteur général des bibliothèques.

Il conteste le choix des élèves de l'Ecole des chartes, intervenus dans le procès en qualité d'experts. En effet, Libri les ayant écartés de la commission chargée de la rédaction du catalogue général des manuscrits, Prosper Mérimée estime qu'ils manquaient d'impartialité pour se prononcer dans cette affaire.

Malgré le soutien de Mérimée, qui dénonce des irrégularités de procédure concernant la citation à comparaître et la publication de l'acte d'accusation, Mme Libri décède en 1865 sans être parvenue à obtenir la révision du procès.