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PROSPER  MERIMEE  (1803-1870)


 

SAINT-SAVIN

Mérimée est d'emblée admiratif des fresques de Saint-Savin (Vienne) et saisit immédiatement leur intérêt. Il est en revanche désolé de constater les dégâts causés par le temps, les intempéries et les badigeonneurs, comme en témoigne une lettre à Guizot (31 octobre 1835) : « La voûte de la nef, surtout dans la partie qui touche au vestibule (...) est dans l'état le plus déplorable. De larges crevasses la sillonnent. (...) Si l'on ne s'empresse d'y porter remède, le mal sera bientôt irréparable. Je n'hésite pas à dire, Monsieur le Ministre, que dans aucun pays je n'ai vu de monument qui méritât à un plus haut degré l'intérêt d'une administration amie des arts. ». Dans ses Notes de voyage, il ajoute : « Quelle que soit la date des peintures de Saint-Savin, elles n'en sont pas moins un des monuments les plus précieux d'un art à son enfance, dont si peu d'ouvrages sont parvenus jusqu'à nous. »

En 1838, rien n'a encore été fait et il s'inquiète : « L'hiver dernier à détruit un tiers des fresques, car la toiture est si mauvaise qu'il fallait entendre la messe sous un parapluie.. (...) Le cas est urgent, car si l'hiver est pluvieux tout ce qui reste de peintures est perdu. » Les architectes initialement nommés sont maladroits et paresseux. Le premier surtout accentue les dégâts par un colmatage désastreux des crevasses. « J'ai le coeur brisé du vandalisme de MM. Les Poitevins. Ils ont fait mille horreurs à Saint Savin. » écrit Mérimée à Joly-Leterme, le 16 juillet 1840. Il n'est guère plus tendre avec son successeur, un certain M. Dulin, qu'il décrit ainsi à Ludovic Vitet (14 juillet 1840) : « C'est un homme tout à fait sans éducation et remarquablement bête comme j'ai eu tout le temps de m'en assurer ».