Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

LES FEMMES ET LE POUVOIR



Jane Vialle

Originaire du Congo, Jane Vialle est une journaliste française qui représente un million d'Africains de l'Oubangui-Chari (AEF) au Conseil de la République où elle fut sénateur de 1946 à 1952.

Dès 1947 elle dépose et soutient des propositions de résolution relatives à l'application intégrale dans les territoires d'outre-mer de la Constitution d'octobre 1946 et à la recherche de la paternité naturelle en faveur des enfants métis. Pour elle, l'Union française, en laquelle elle voulait voir une réalité vivante, ne devait être tangible qu'au jour où serait obtenue l'égalité absolue de tous ses citoyens.

" Monsieur le ministre, mesdames, messieurs, je représente ici un des territoires où les principes de la Constitution d'octobre 1946, lorsqu'elle a été promulguée, ont été accueillis avec ironie et même avec malveillance.

Bien des métropolitains qui, jusque-là, n'avaient pas songé à penser à la question de l'égalité des hommes, se sont mis à faire des comparaisons. Naturellement, pour la plupart d'entre eux, elles concluaient à la supériorité des blancs. Il ne pouvait être question pour eux d'envisager une égalité de droits entre ceux qu'ils appelaient encore des sauvages, et eux-mêmes.

Partant de ce principe, une sorte d'autodéfense basée uniquement sur une discrimination raciale s'est instituée...

Le peuple de France doit savoir qu'il y a outre-mer des gens qui pensent en français et qui sont intimement liés à la France. Je demande au Gouvernement, et en particulier à M. le ministre de la France d'outre-mer de faire tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas décevoir nos frères africains ; pour qu'ils aient la conviction qu'ils sont traités en toutes circonstances, dans leur propre territoire, comme tous les citoyens de l'Union française. "

Elle plaide la nécessité d'une promotion intellectuelle et sociale rapide de la femme africaine, convaincue que les femmes doivent jouer un grand rôle pour faire disparaître l'ignorance, la pauvreté et la maladie des territoires en voie de développement. Elle a fondé l'Association des femmes de l'Union française qui subventionne l'instruction en France de jeunes filles des territoires d'outre-mer. Devenue membre en 1950 de la commission de l'Education Nationale, elle préconise notamment le développement de l'enseignement professionnel afin de doter les territoires africains d'une main-d'œuvre qualifiée. Elle est également membre de la commission des Nations Unies chargée de l'étude de l'esclavage sous toutes ses formes.

Ayant trouvé la mort le 9 février 1953 à la suite d'un accident d'aviation au retour d'une mission, elle fut citée à l'ordre de la Nation par le président du conseil des ministres.