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MICHEL DEBRÉ (1912-1996)

Fils de médecins, Michel Debré naît à Paris le 15 janvier 1912. Après des études de droit, il entre au Conseil d'État en 1935. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier par les Allemands, mais parvient à s'évader et rejoint la Résistance. A la Libération , il est nommé commissaire du Gouvernement pour la région d'Angers, avant d'être élu conseiller de la République d'Indre-et-Loire, le 7 novembre 1948. Il s'inscrit alors au Groupe du rassemblement des gauches républicaines et de la gauche démocratique. Ses interventions portent essentiellement sur la construction européenne, sur la politique française en Afrique du Nord et sur les institutions de la IVe République.

Il prend la parole sur l'Europe dès 1949, lorsqu'il est nommé rapporteur de la commission des affaires étrangères sur le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la convention portant statut du Conseil de l'Europe. A cette occasion, il présente l'union des nations libérales européennes comme une solution à leurs difficultés financières, économiques et sociales. Il estime qu'il est nécessaire d'assurer la sécurité du continent européen, récemment mise à mal par la Seconde Guerre mondiale. Pour ce faire, explique-t-il, « c'est au Gouvernement français que la responsabilité la plus lourde incombe dans les années qui viennent. C'est à lui de prendre les devants, c'est à lui d'assurer, par l'organisation européenne, un accord franco-allemand sans lequel il n'est ni Europe possible, ni paix, ni liberté dans ce vieux continent ».

Toujours présent sur les grands sujets européens, Michel Debré compare, en mars 1952, la Communauté du charbon et de l'acier (CECA) à une nouvelle religion, à laquelle il estime qu'il n'est pas bon d'adhérer. A ses yeux, «  la Communauté du charbon et de l'acier est une tentative technique pour se substituer à l'impuissance politique de ces dernières années. Ce n'est pas une idée sans grandeur ; malheureusement, c'est une idée fausse ».

Il préfèrerait que le traité de la CECA soit envisagé dans le cadre plus large d'un traité politique complet avec la République allemande. « En effet, il est vain, il est futile de parler de la Communauté du charbon et de l'acier comme d'un projet isolé. La Communauté du charbon et de l'acier suppose l'Allemagne et la France liées pour le meilleur et pour le pire ; elle suppose, par conséquent, une Allemagne intégrée dans une solide organisation politique de l'Occident ».

Lorsqu'il est question de ratifier le traité instaurant la Communauté européenne de défense (CED) en 1953, Michel Debré craint que la France s'engage dans une quadruple impasse, juridique, nationale, politique et intellectuelle. Il préfèrerait la mise en place d'une « politique de rechange » basée sur trois exigences : « D'abord, la mise au point, la révision de l'alliance Atlantique ; ensuite, une intégration progressive, mais véritable, de l'Allemagne et de son effort militaire ; enfin, une organisation de l'Europe fondée, non sur le transfert de souveraineté, mais sur l'association des souverainetés ». 

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