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RAYMOND POINCARÉ (1860-1934)

 

 

Le souvenir que l'on conserve, le plus souvent, de Raymond Poincaré est celui d'un homme vieillissant appelé, dans les années 20, au chevet d'une France en proie à de graves difficultés. Président de la commission des réparations, défenseur d'une stricte application du traité de Versailles, il devient en 1922 Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères. Son objectif : obtenir d'une Allemagne récalcitrante la contribution au relèvement de la France prévue par le traité. Pour ce faire, il décide l'occupation de la Ruhr par les troupes françaises. La résistance passive de l'Allemagne cède. En 1926, lors de la crise financière qui secoue la France , il est de nouveau Président du Conseil et ministre des Finances. Il parvient à arrêter la chute du franc et à le stabiliser, méritant ainsi le surnom de « Poincaré-la-confiance ».

Ces souvenirs sont souvent associés dans la mémoire collective, à une image : le portrait du Président de la République , Raymond Poincaré. Élu en 1913, il est à la tête de la France durant toute la guerre. Sa formule appelant à l'Union sacrée de tous les Français est devenue célèbre. Pour eux, il incarne la stabilité, la continuité de l'État dans les heures sombres. En 1920, les parlementaires lui rendent un hommage solennel et soulignent son « impeccable dignité », sa « ténacité indéfectible ». Cependant, Raymond Poincaré garde de ce passage à l'Élysée un souvenir plus en demi-teinte : « Je ne me sentais aucun goût pour le rôle dont je reconnaissais et dont j'admirais la grandeur, mais qui, ne comportant aucune responsabilité légale, laissait forcément à celui qui l'exerçait peu d'initiative et d'indépendance ».

 Son cursus avant la guerre de 1914 est tout aussi brillant : ministre de l'Instruction publique et des Beaux Arts, des Finances, et Président du Conseil en 1912. Sur le plan professionnel, Raymond Poincaré est un avocat renommé, sa réputation de civiliste lui assurant une clientèle de choix. Il plaide avec succès pour la Société des gens de lettres, l'affaire du testament d'Edmond de Goncourt. Il défend également les intérêts de la Société des compositeurs de musique contre les fabricants de phonographes qui « jettent leur musique nasillarde aux quatre coins de la France et refusent de payer un centime de droits ». Au soir de sa vie, en 1931, il est élu par ses pairs, bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris. Quant au monde littéraire, il l'avait déjà couronné en 1909 en le recevant à l'Académie française.

 


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