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1957 : LES TRAITÉS DE ROME AU CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE

 

LES OPPOSITIONS ET LES INQUIETUDES

 

 

Jean PRIMET

Les traités sont une « mauvaise action contre la France et la paix dans le monde » analyse Jean PRIMET (Seine - communiste), qui raille les ambiguïtés de leurs partisans en rappelant que le Financial Times de Londres avait ainsi commenté les débats à l'Assemblée nationale : « les parlementaires français ont donné l'impression de considérer les clauses échappatoires du traité comme sa partie la plus importante ».

 

Michel DEBRÉ (Indre-et-Loire - Rassemblement du peuple français) prend très longuement la parole pour dénoncer le caractère « insuffisant, illusoire et dangereux des traités ». Sur la méthode, s'il considère qu'« il y a une nécessité de solidarité économique des nations européennes (...) c'est un mauvais travail que celui qui écarte délibérément les problèmes politiques, pour isoler problème atomique ou problème économique. Ces problèmes politiques sont intimement liés aux autres et les dominent ». Sur le principe du marché commun, il « ne prétend pas que la concurrence ne sera pas une heureuse secousse » mais estime qu' « elle peut amener aussi bien un réveil que l'agonie ».

Michel DEBRÉ

 

François VALENTIN
François Valentin

Il dénonce les « pouvoirs exorbitants (...) donnés aux autorités supranationales, pouvoir de faire les lois, pouvoir de signer des traités » et juge que « c'est le mécanisme de l'intégration politique qui est la réalité des traités, beaucoup plus que l'énergie atomique ou que l'organisation économique ». Il conteste enfin l'idée que le marché commun puisse être l'embryon d'une Europe élargie : « on nous dit que la petite Europe n'est qu'un commencement (...) L'organisation de l'Europe avec des pays comme la Grande-Bretagne , l'Espagne, les pays scandinaves, suppose une association. Or, ce qu'on nous propose, c'est l'intégration et la création d'un super-Etat. Il y a donc une incompatibilité fondamentale entre ce que l'on appelle la « petite Europe » et la « Grande Europe » »

 

François VALENTIN (Meurthe-et-Moselle - Républicains indépendants) prévoit que le « marché commun freinera durablement le progrès social » dans une France plus avancée socialement que ses partenaires mais économiquement moins compétitive. Dans ces conditions, évoquant l'ouverture des frontières, il estime que « recommander le mouvement à un ankylosé est une chose excellente ; lui imposer l'alpinisme est une folie » et craint que l'on « confonde coup de fouet et coup de grâce ». Marcelle DEVAUD (Seine - Républicains sociaux), s'appuyant sur les exemples des charges sociales, de la durée des congés, du niveau des salaires et de la durée légale du travail, manifeste également son souhait du « maintien d'un certain standing humain et le souci de la poursuite du progrès social dans un cadre concurrentiel où [...] les rivaux risquent de devenir des loups pour leurs semblables ».  Elle craint que les travailleurs algériens ne soient pénalisés par la libre circulation des ressortissants - et donc de la main-d'œuvre - des autres Etats membres.

Marcelle DEVAUD

 

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