Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée


1957 : LES TRAITÉS DE ROME AU CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE

 

LES POINTS DE VUE EXPRIMÉS PAR LES MEMBRES DU GOUVERNEMENT

 

 

Maurice BOURÈS-MAUNOURY

Maurice BOURGÈS-MAUNOURY, Président du Conseil, rappelle que l'instauration du marché commun intervient dans un contexte où « l'Europe a d'abord été amputée de sa moitié orientale passée sous domination soviétique » et qu'« elle a ensuite vu contestée sa vocation traditionnelle outre-mer ». Dans ces conditions, il convient d'« établir durablement les fondements d'une coopération, sans laquelle ni l'Europe ni la France ne trouveront dans le monde la place qui leur est due », cette coopération ne pouvant « se fonder sans un rapprochement franco-allemand ». Il ajoute : « depuis la fin de la guerre, il est apparu qu'il était impossible de rechercher un accroissement rapide et sensible des niveaux de vie dans le cadre étroit des seuls marchés nationaux ».

 

Après avoir rendu hommage à l'action du président Guy MOLLET - « L'histoire retiendra que l'Europe lui doit beaucoup » -, Maurice FAURE, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, s'exprime sur l'architecture institutionnelle retenue : « c'est incontestablement toute une conception de politique étrangère qui est engagée (...) Pourquoi tournons-nous le dos à cette conception d'organes ne fonctionnant qu'à l'unanimité ? Je le dis très franchement : parce que l'unanimité, c'est le droit de veto et c'est la paralysie du système ou bien son éclatement ». Il qualifie de « compromis » l'institution d'un exécutif « bicéphale » avec la commission européenne et le Conseil des ministres.

Guy MOLLET
Guy Mollet

 

Maurice FAURE
Maurice Faure

FAURE considère que les dispositions relatives à l'outre-mer sont la « partie sans doute la plus originale et peut-être la plus constructive de l'ensemble des traités européens ». Il indique que l'« argument de base qui a déterminé nos partenaires » est qu'« aujourd'hui de cet autre côté de la Méditerranée , ce n'étaient pas des profits qu'il fallait aller chercher mais beaucoup plus des sacrifices qu'il fallait aller y partager ».



Suite