Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Outre-mer grandeur nature - Exposition sur les Grilles du Jardin du Luxembourg 19/09/2020 - 17/01/2021

M. Gérard Larcher, Président du SénatPour la première fois depuis 2000, date de la création des expositions sur les grilles du Jardin du Luxembourg, les Outre-mer sont à l’honneur.

L’exposition a un double objectif : faire découvrir la nature des 13 territoires d’outre-mer français et sensibiliser à la protection de leurs trésors. 30 photographes et 101 photos pour illustrer la beauté, la diversité mais aussi la fragilité de cette nature.

S’affichent ainsi sur les grilles du Jardin du Luxembourg des clichés sous-marins impressionnants, des photographies de la faune, de la flore, d’espèces endémiques ou menacées, soit un ensemble de joyaux naturels que nous avons le devoir de préserver.

Les promeneurs pourront ainsi passer des fonds marins de l’île de La Réunion où est illustré le renouvellement de la vie sur les coulées volcaniques du Piton de la Fournaise, à la biodiversité foisonnante de la forêt de Guyane, tiers du couvert forestier français ; du saut de la baleine à bosse dans la Réserve naturelle de Saint-Martin aux éléphants de mer des îles Kerguelen ; des lagons mahorais et polynésiens au seul atoll du Pacifique oriental, Clipperton ; de l’oursin-crayon martiniquais aux colonies de phoques gris de Saint-Pierre-et-Miquelon ; du colibri madère mâle de Guadeloupe à la richesse du Parc naturel de la mer de Corail en Nouvelle-Calédonie ; des cheminées du volcan Kulo Lasi au large de l’archipel de Wallis-et-Futuna à la variété des espèces de la réserve de Saint-Barthélemy…

La déambulation, le long de la rue de Médicis, nous invite à prendre la mesure de cette biodiversité ultramarine exceptionnelle confrontée à l’épreuve du changement climatique. Répartie dans les quatre grands océans de la planète (Atlantique, Indien, Pacifique
et Austral) et sous différentes latitudes, de l’Antarctique au subarctique, en passant par la ceinture tropicale, elle représente à elle seule 80 % de la biodiversité française.

Ainsi le domaine maritime français outre-mer comprend 10 % des récifs coralliens et lagons de la planète et 20 % des atolls. Au total, ce sont plus de 3 450 plantes vasculaires et 380 animaux vertébrés uniques au monde, soit davantage que dans toute
l’Europe continentale.

Grâce aux collectivités d’outre-mer, la France est présente dans quatre des 36 points chauds de la biodiversité mondiale (Caraïbes, océan Indien, Polynésie et Nouvelle-Calédonie). Elle abrite en Guyane plus de 7 millions d’hectares de forêt tropicale et dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), les communautés d’oiseaux marins les plus diversifiées au monde.

Mais la biodiversité de ces territoires est soumise à de nombreuses menaces et le Sénat entend prendre toute sa place, à travers cette exposition inédite, pour sensibiliser le grand public à l’urgence de la préservation de ce patrimoine naturel incomparable.

Gérard LARCHER

Président du Sénat

Stéphanie Légeron, Directrice d'OcéindiaLes 13 territoires qui composent la France ultramarine se répartissent sous des latitudes extrêmement variées, depuis l’archipel subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon près des côtes canadiennes de Terre-Neuve, jusqu’au pôle Sud géographique sur le « continent blanc », le point le plus austral du globe.

Juste après les États-Unis, la France détient le deuxième domaine maritime au monde, qui est à plus de 97 % ultramarin ! En absorbant une partie du CO2 présent dans l’atmosphère, les océans régulent le climat. Or l’étendue océanique de l’Outre-mer français et la richesse de sa flore marine et terrestre sont telles qu’elles contribuent activement à l’échelle mondiale à la captation du carbone et à la lutte contre les effets du changement climatique.

De l’immense massif forestier amazonien de Guyane à la vie foisonnante des atolls et lagons du Pacifique, en passant par la beauté de la flore antillaise ou encore le spectacle des pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion, la France « au-delà des mers » recèle des trésors écologiques d’une valeur inestimable. Forêts primaires tropicales, mangroves, herbiers, récifs coralliens, fascinants espaces subantarctiques isolés dans les mers australes... À travers une formidable variété d’écosystèmes, ces réservoirs de biodiversité dispersés dans le monde représentent des sentinelles de l’environnement et du climat d’importance internationale.

Du fait de son éloignement, l’Outre-mer se distingue par un taux d’endémisme très marqué, c’est-à-dire qu’une forte proportion de la faune et la flore locales n’existe naturellement nulle part ailleurs dans le monde. À l’exception de la Guyane et de la Terre Adélie, l’Outre-mer français est formé d’îles, qui sont des lieux privilégiés d’endémisme car les écosystèmes insulaires s’y développent de manière isolée, à l’écart des continents, avec des adaptations spécifiques, souvent étonnantes.

Mais si ces espèces localisées disparaissent, elles disparaissent de la planète tout entière... Les points chauds de la biodiversité mondiale (2,3 % de la surface de la Terre), dont quatre s’étendent à l’Outre-mer, sont des hauts lieux de la nature particulièrement menacés par les activités humaines. Par définition, chacun d’entre eux recense au minimum 1 500 espèces végétales endémiques et a vu disparaître au moins 70 % de ses milieux naturels d’origine... L’Outre-mer français témoigne ainsi avec force de la crise actuelle de la biodiversité, marquée par la fragmentation des habitats, les invasions biologiques, la surexploitation des espèces, la pollution et le réchauffement climatique.

La France se place au quatrième rang mondial de la biodiversité, ce qui lui confère une responsabilité majeure en matière de conservation de la nature. Pour préserver ce patrimoine si précieux et fragile, des aires naturelles régies par divers statuts et objectifs de gestion ont été créées dans les territoires ultramarins. La mise en protection des écosystèmes les plus sensibles est essentielle pour tenter de conserver et valoriser durablement nos trésors naturels d’Outre-mer.

Stéphanie LÉGERON

Directrice d'Océindia

 

Infos pratiques

Découvrez quelques-unes des photographies exposées

(cliquez sur une image pour ouvrir la "collection")