COMPTES RENDUS
Compte rendu de la réunion du mercredi 13 décembre 2006
Audition de M. Jampal Chosang, Représentant en France de Sa Sainteté le Dalaï-Lama
Louis de Broissia, président :
Lors de la visite au Tibet d’une délégation du groupe d’information, au mois d’août dernier, nous avons eu des entretiens de bon niveau. Nous avons noté à Lhassa une présence policière discrète, mais n’avons pas pu avoir de véritables contacts avec la population tibétaine.
Notre entretien à Pékin avec un vice-président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale populaire, qui était accompagné de plusieurs de ses collègues députés, a été l’occasion d’une conversation très libre sur l’avenir du Tibet.
Il semblerait qu’il existe actuellement deux écoles chez les dirigeants chinois : les uns attendent la fin du Dalaï Lama, considérant que la question tibétaine sera alors définitivement classée ; les autres veulent parvenir à un accord avec lui de son vivant.
En ce qui concerne le Panchen Lama, on nous a promis qu’il fera une apparition en public lorsqu’il aura atteint sa majorité. Ce qui ne devrait donc plus tarder.
A la suite de la fusillade du 30 septembre dernier à la frontière népalaise, au cours de laquelle une jeune nonne tibétaine a été assassinée, j’ai protesté au nom du groupe d’information auprès de l’ambassadeur de Chine en France. J’ai également eu un entretien avec le conseiller diplomatique du Président de la République, peu de temps avant le voyage officiel effectué par ce dernier en Chine.
M. Jampal Chosang, représentant du Dalaï-Lama en France :
La visite de votre délégation au Tibet a constitué une contribution importante au dialogue avec les autorités chinoises. La France est plus respectée par la Chine que beaucoup d’autres pays occidentaux. Elle ne doit pas hésiter à participer de quelque manière que ce soit au dialogue sino-tibétain.
M. Louis de Broissia :
Nous devons d’ailleurs reprendre contact avec l’ambassadeur de Chine pour lui faire savoir que le temps est compté.
M. Jampal Chosang :
Il est toujours important de rencontrer les dirigeants chinois. Mais les négociations sino-tibétaines n’avancent guère. Cinq délégations du Dalaï-Lama se sont succédées depuis 2002. Une sixième rencontre était prévue en principe en 2006, mais n’a pas eu lieu. Maintenant que les positions des deux parties ont été clarifiées, il apparaît des éléments sur lesquels aucune n’est prête à transiger. Les points de divergence majeurs sont les suivants :
- les autorités chinoises croient que le Dalaï-Lama a un agenda caché, un double langage. Il faut les convaincre que c’est un homme entier et sincère.
- les autorités chinoises veulent que nous reconnaissions que le Tibet fait partie de la Chine depuis le XIIIème siècle. Le Dalaï-Lama leur répond que le passé n’est pas important, qu’il faut regarder vers le futur.
- les autorités chinoises veulent que le Dalaï-Lama reconnaisse que Taïwan fait partie de la Chine. Celui-ci leur répond qu’il n’a pas compétence pour le faire, et que ce sujet n’a aucun rapport avec la question tibétaine.
Nous disons que les propos du Dalaï-Lama sont très nets. Il veut une autonomie réelle pour le peuple tibétain, mais n’a aucune revendication territoriale.
J’ai accompagné récemment l’émissaire personnel du Dalaï-Lama, M. Kelsang Gyaltsen, à Bruxelles pour rencontrer des représentants de la commission européenne. L’Union européenne cherche toutes les occasions possibles de faire avancer les négociatinos sino-tibétaines. C’est très important. Si la Chine a rétabli le dialogue avec nous après 2002, c’est largement à cause des pressions des pays occidentaux.
M. Louis de Broissia :
Une déclaration écrite sur le respect des droits de l’homme dans le cadre des Jeux Olympiques de 2008 à Pékin a été adoptée dernièrement par le Parlement européen, à l’initiative de M. Thomas Mann, le président de son intergroupe Tibet. Notre groupe doit se faire le relais de cette initiative.
M. Jampal Chosang :
Ce genre de résolutions joue un rôle. Lorsque vous rencontrez un responsable chinois, dite lui qu’une solution du problème tibétain serait à l’avantage des deux peuples. Il ne faut pas craindre d’insister et de se répéter.
Dans le courant du mois de mai, une réunion internationale des associations pro-tibétaines se tiendra à Bruxelles.
M. Louis de Broissia :
A Lhassa, une jeune française anime un lieu de dialogue et d’aide sociale, le « hope corner ». Cette structure informelle veut maintenant dispenser des cours de français et ce projet mérite d’être soutenu par des dons de livres, des subventions.
Notre groupe d’information devrait parrainer l’an prochain un événement culturel au Sénat, consistant dans la réalisation d’un mandala de Kalachakra en poudres de couleurs par des moines de la suite du Dalaï-Lama.
Enfin, l’Assemblée populaire de la région autonome du Tibet souhaite qu’une délégation de ses membres soit reçue en France au mois d’août 2007. Cette visite serait une réponse à l’invitation qui nous a été faite cette année de nous rendre au Tibet. Le président du Sénat et les Questeurs sont saisis de cette demande.





