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COMPTES RENDUS

Compte rendu de la réunion du mercredi  28 juin 2000

Point 1 : état des adhésions au groupe et des signatures du Manifeste 2000

 M. Claude Huriet :

La création du groupe d’information sur le Tibet a été autorisée le 21 mars 2000 par le Bureau du Sénat, à l’unanimité. Les activités que nous avons menées jusqu'à présent au sein de l’association des Amitiés parlementaires pour le Tibet prouvent que, lorsque la volonté politique existe, le cadre juridique importe peu. Nous avons néanmoins estimé utile une reconnaissance officielle de notre action.

Notre première demande de constitution en groupe d’information remonte au 12 octobre 1998. Le Bureau du Sénat avait alors pris une première décision de principe favorable. Mais notre demande entrait à cette époque en collision avec le calendrier de divers déplacements en Chine de délégations de sénateurs. Une relance a donc été nécessaire.

Je vous rappelle que l’association des amitiés parlementaires pour le Tibet, lors de sa dernière réunion, a approuvé sa transformation en groupe d’information. Mais le transfert de la première au second n’est pas automatique car, en application du droit commun à tous les groupes sénatoriaux d’amitié ou d’information, ses membres doivent verser une cotisation. Bien sûr, une autorisation expresse de leur part est préalablement nécessaire au prélèvement des cotisations par la Trésorerie du Sénat.

A ce jour, le nombre des membres cotisants du groupe d’information s’élève à quarante-quatre. Il n’y a donc pas eu de « déperdition » par rapport à l’association, qui comportait trente-neuf membres seulement. Nous ne devons pourtant pas nous satisfaire de ce résultat honorable, mais faire du prosélytisme pour essayer d’atteindre un effectif d’au moins cinquante sénateurs.

En ce qui concerne le Manifeste 2000 des parlementaires français en faveur du Tibet, la dernière relance a permis de gagner 12 sénateurs signataires de plus. Cela porte le nombre des sénateurs signataires à 65, le nombre des députés signataires restant inchangé, à 141. Pour mémoire, notre premier Appel en faveur du Tibet, lancé en 1996, avait recueilli les signatures de 215 députés et de 127 sénateurs.

Je crois indispensable de maintenir une forte mobilisation parmi les parlementaires français, car la situation du Tibet est loin de s’améliorer. Nous espérons susciter une vague d’adhésions nouvelles en développant les activités du groupe d’information, et notamment en accueillant le Dalai-Lama lors de sa prochaine visite en France, au mois de septembre.

 

Point 2 : intitulé du groupe d’information

 

Après s’être interrogés sur l’opportunité de préciser la vocation du groupe d’information par des intitulés plus développés tels que « groupe d’information sur la question du Tibet » ou «groupe d’information sur les problèmes du Tibet », les membres du groupe d’information sur le Tibet ont décidé de s’en tenir à la concision de son intitulé actuel.

 

Point 3 : constitution du Bureau

 

M. Claude Huriet :

J’ai l’honneur de me porter candidat à la présidence du groupe d’information et vous suggère de créer un poste de président-délégué, pour lequel je propose notre collègue Louis de Broissia. Celui-ci, lorsqu’il était à l’Assemblée nationale, a effectué un travail pionnier en faveur de la cause tibétaine. Nous avons toujours travaillé en bonne amitié, et sa motivation pour le Tibet n’a pas faibli depuis son entrée au Sénat.

Compte tenu de l’effectif du groupe d’information, je vous propose de désigner six vice-présidents représentants chacun des groupes, auxquels pourraient s’ajouter éventuellement trois à quatre secrétaires.

M. Louis de Broissia :

            Effectivement, lorsque je m’occupais du Tibet à l’Assemblée nationale, nous avons bien travaillé ensemble avec le Sénat. Je me réjouis tout particulièrement que la transformation de l’association antérieure en groupe d’information officiel ait été approuvée à l’unanimité du Bureau du Sénat. Car je crois essentiel de bien marquer le caractère non partisan de la cause tibétaine. Jean-Michel Belorgey et moi-même avons été cofondateurs du groupe à l’Assemblée nationale, bien que nous ne partageons pas les mêmes opinions politiques.

Les membres présents du groupe d’information ont ensuite procédé à la désignation de son Bureau, qui se trouve composé comme suit :

Président :

M. Claude HURIET (UC - Meurthe-et-Moselle)

Président délégué :

M. Louis de BROISSIA (RPR - Côte-d’Or)

Vice-Présidents :

M. Xavier DARCOS (RPR - Dordogne)
M. Jean-Louis LORRAIN (UC - Haut-Rhin)
M. Jean-François HUMBERT (RI - Doubs)
M. Georges BERCHET (RDSE - Haute-Marne)
M. Pierre-Yvon TREMEL (SOC - Côtes-d’Armor)
M. Hubert DURAND-CHASTEL (NI - Français établis hors de France)

Secrétaires :

M. Philippe NOGRIX (UC - Ille-et-Vilaine)
M. Jean-Pierre PLANCADE (SOC - Haute-Garonne)

 

Point 4 : création d’un site web

 

M. Claude Huriet :

Nous avons manifesté auprès du Président et du Secrétaire général du Sénat le souhait de pouvoir disposer de pages spécifiques sur le site web de la Haute assemblée. L’administration du Sénat réfléchit actuellement aux conditions de mise en œuvre de cette opportunité, qui sera bien sûr offerte à tous les groupes d’amitié et d’information.

M. Louis de Broissia :

Dans cette perspective, il sera important de pouvoir établir tous les liens utiles vers des sites extérieurs.

 

Point 5 : entretien avec l’ambassadeur de Chine

 

M. Louis de Broissia :

A notre demande, nous avons été reçus le 15 mars dernier par l’ambassadeur de Chine en France, pendant plus d’une heure. Nous avons eu un dialogue ferme, diplomatique et courtois. Mais, sur le fond, la position de l’ambassadeur est très raide : il considère que les Chinois ont libéré les Tibétains d’un régime féodal oppresseur. Ce discours m’a rappelé celui du colonialisme français à ses heures les plus triomphantes.

Nous avons aussi insisté sur le coût pour la Chine, en termes d’image à l’extérieur, de son attitude à l’égard du Panchen-Lama, qui fait figure de plus jeune prisonnier politique du monde. Mais l’ambassadeur m’a semblé assez peu  touché par cet argument.

M. Claude Huriet :

Pour ma part, j’ai été frappé par la forte animosité manifestée par notre interlocuteur à l’égard de la personne même du Dalai-Lama. Il est intéressant d’observer la grande constance du point de vue chinois sur la responsabilité du Dalai-Lama en tant que chef spirituel des Tibétains. Les Chinois prétendent être, eux seuls, dans la vérité quant au choix du Panchen-Lama, et considèrent le Dalai-Lama comme un schismatique.

M. Louis de Broissia

Cette maîtrise des règles du bouddhisme tibétain est d’ailleurs assez étonnante, de la part d’un régime qui se dit laïque.

 

Point 6 : China Western Poverty Reduction Project

 

M. Claude Huriet :

Le China Western Poverty Reduction Project est un programme de développement du Gouvernement chinois qui pourrait bénéficier d’un financement de la Banque mondiale. Les associations protibétaines, qui contestent la légitimité même de ce programme, craignent que la Chine puisse se prévaloir de la caution internationale que représenterait l’implication de la Banque mondiale. Leur intervention a contraint celle-ci à suspendre sa décision et à envoyer sur place une mission d’inspection composée de trois spécialistes du développement.

La première demande des associations protibétaines était que le rapport de cette mission d’inspection soit rendu public. Le président de la Banque mondiale était personnellement favorable à cette mesure de transparence, mais une majorité de ses directeurs exécutifs, qui représentent les Etats au conseil d’administration de la banque, s’y est opposée.

Finalement, le rapport a été divulgué par le Financial Times. Ses conclusions sont très critiques à l’égard de ce programme consistant à installer 58.000 colons chinois dans une zone actuellement occupée par des nomades tibétains et mongols, qui se trouveront de ce fait dépossédés des pâturages nécessaires à leurs troupeaux. Au total, sept des dix règles fondamentales d’intervention de la Banque mondiale seraient enfreintes, à commencer par la consultation des populations concernées et le respect des minorités ethniques.

M. Louis de Broissia :

Nous avons déjà alerté par courrier le président de la Banque mondiale, le représentant de la France à son conseil d’administration et le Ministre de l’économie et des finances. Maintenant que nous avons connaissance des conclusions du rapport d’inspection, je crois que notre groupe d’information doit protester officiellement, par un communiqué de presse, contre un projet si contestable.

 

M. Claude Huriet

Ce programme est une confirmation d’une volonté officielle du gouvernement de Pékin de siniser méthodiquement le Tibet, au détriment de sa population actuelle qui se trouve menacée dans son existence même.

 

Point 7 : prochaines activités

 

M. Claude Huriet :

Le Dalai-Lama viendra en France à l’automne prochain. Nous lui avons adressé une invitation officielle, par l’intermédiaire du Bureau du Tibet à Paris. Sa visite au Sénat, si elle est confirmée, aura lieu le mardi 26 septembre après midi.

Le Ministre de l’intérieur du Gouvernement tibétain en exil viendra au Sénat le mardi 14 novembre en fin d’après-midi, pour nous parler de la situation des camps de réfugiés tibétains dans le monde.

Enfin, nous pourrions organiser une projection privée du film Wind Horse. Tourné en partie en caméra cachée à Lhassa, c’est sans doute le plus intéressant des récents films américains sur le Tibet, même s’il n’a pas eu de diffusion commerciale en France.

M. Louis de Broissia

Je vous conseille également la lecture du livre que Jean-Paul Ribes a dernièrement consacré au Karmapa, qui vient de fuir hors du Tibet.