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COMMUNIQUES DE PRESSE

19 janvier 2005 : une délégation du groupe d'information sur le Tibet du Sénat reçue par l'ambassadeur de Chine

Une délégation du groupe d’information sur le Tibet du Sénat a été reçue mercredi 19 janvier 2005, à sa demande, par l’ambassadeur de Chine en France, M. Jinjun ZHAO. Conduite par M. Louis de BROISSIA (UMP – Côte d’Or), cette délégation était composée de représentants de toutes les tendances politiques du Sénat et comportait notamment Mme Michèle André, vice-présidente du Sénat (SOC – Puy-de-Dôme).

Les sénateurs ont rappelé que la situation du Tibet soulève toujours un fort émoi dans l’opinion publique française et est de nature à ternir l’image de la Chine à l’approche des jeux olympiques de 2008. Ils ont plaidé pour une réelle autonomie du Tibet et le respect des droits de l’homme dans cette province chinoise.

Ils se sont proposés pour contribuer, si demande leur en était faite, au dialogue entre le Dalaï Lama et le gouvernement chinois.

M. Jinjun ZHAO a rappelé les droits historiques de la Chine sur le Tibet et fait valoir l’œuvre de développement économique et d’éducation accomplie par les autorités chinoises dans cette province. Il a invité les sénateurs à se rendre au Tibet pour y juger la situation de leurs propres yeux.

 

5 juillet 2006 : publication du rapport sénatorial "Le Tibet en exil : à l'école de la démocratie"

Présentant les conclusions d’une visite de sénateurs à Dharamsala en 2005, le rapport parlementaire vient de paraître.

Une délégation du groupe d’information sur le Tibet du Sénat s’est rendue du 24 avril au 1er mai 2005 à Dharamsala (Inde) auprès du Gouvernement tibétain en exil et des réfugiés installés dans l’Etat indien de l’Himachal Pradesh.

Les sénateurs, emmenés par leur président Louis de Broissia, y ont rencontré des membres du Parlement tibétain en exil ainsi que de nombreuses personnalités représentant diverses institutions tibétaines.

Sa Sainteté le Dalaï-Lama leur a également accordé une longue audience.

Sans nier l'aspect très traditionnel de la société tibétaine d'avant l'invasion chinoise, ce document met en avant la mise en place d'institutions démocratiques au sein de la communauté tibétaine réfugiée depuis 1959 à l'étranger, principalement en Inde, et présente le projet politique du Dalaï-Lama pour un futur Tibet.

Le rapport est disponible sur le site internet du Sénat :

http://www.senat.fr/ga/ga67/ga67.html

 

6 septembre 2006 : retour d'une délégation sénatoriale du Tibet

Pour la première fois, une délégation du groupe d’information sur le Tibet du Sénat s’est rendue du 21 au 31 août à Pékin et au Tibet, à l’invitation des autorités chinoises.

Les sénateurs, conduits par leur président Louis de Broissia (UMP – Côte d’Or), ont rencontré des membres de l’Assemblée populaire nationale et de l’Assemblée populaire de la Région Autonome du Tibet.

Tout en reconnaissant la réalité du développement économique du Tibet depuis sa "libération pacifique" par l'armée chinoise en 1950, les sénateurs pointent la persistance d'un problème tibétain qui préoccupe les opinions publiques en Occident. Lors des entretiens, ils ont évoqué l'existence des 140.000 Tibétains exilés à l'étranger, ainsi que la situation des prisonniers d'opinion tibétains.

Leurs interlocuteurs ont indiqué que le XIème Panchen-Lama, reconnu en 1995 par le Dalaï-Lama et enlevé depuis par les autorités chinoises, serait bientôt autorisé à s'exprimer publiquement.

Les sénateurs forment le vœu que les discussions engagées entre le Dalaï Lama et le gouvernement chinois puissent déboucher sur un accord avant les Jeux Olympiques de Pékin en 2008.

 

17 octobre 2006 : tuerie dans L'Himalaya : des Tibétains candidats à l'exil abattus par l'armée chinoise

Le groupe d’information sur le Tibet du Sénat dénonce l’attitude de la Chine.

La mort de plusieurs personnes sur la frontière sino-népalaise il y a quelques jours a provoqué des réactions justement indignées. Un témoin a déclaré voir les gardes frontières chinois tirer volontairement sur les Tibétains qui tentaient de gagner le Népal, une vidéo en fait preuve.

Les autorités chinoises ont démenti absurdement cette version. Le président Louis de Broissia (UMP – Côte d’Or) a demandé à la Présidence de la République que ce sujet soit abordé lors de la visite de M. Chirac en Chine la semaine prochaine.

Louis de Broissia et une délégation de sénateurs étaient, fin août, les invités au Tibet de l’Assemblée nationale populaire de Chine. Le discours qui leur a été tenu affichait une volonté d’apaisement de la situation et une réelle volonté de dialogue avec le Dalaï Lama.

 Cette tuerie est de fait le témoignage éclatant et cruel de la faiblesse de la position chinoise.

Oui, le Tibet est vécu par de nombreux tibétains comme une prison qu’il faut fuir au péril de sa vie, non comme un modèle économique et social enviable.

Il est urgent que la Chine, qui affronte l’opinion mondiale (JO de Pékin en 2008 et Exposition universelle de Shanghai en 2010), dise ce qu’elle veut faire du Tibet : une vitrine ou une prison !

 

27 juin 2007 : Déclaration des parlementaires français sur le dialogue entre le gouvernement chinois et les envoyés du Dalaï-Lama

Le groupe d’information sur le Tibet du Sénat et le groupe d’études sur le problème du Tibet de l’Assemblée nationale ont ouvert à la signature de tous les parlementaires français, au mois de mars dernier, une déclaration sur le Tibet.

Cette déclaration reprend le texte d’une résolution adoptée le 15 février par le Parlement européen et que d’autres parlements de pays démocratiques, membres de l’Union européenne ou non, ont adopté à leur tour.

Elle invite le gouvernement de la République populaire de Chine et les envoyés du Dalaï Lama à poursuivre leur dialogue, « afin de parvenir à des solutions pragmatiques qui respectent l’intégrité territoriale de la Chine et répondent aux aspirations du peuple tibétain ».

Aujourd’hui, cette initiative parlementaire concertée internationalement a été rejointe par 129 sénateurs et 171 députés français, signataires de la déclaration.

MM. Louis de Broissia et Lionnel Luca, respectivement présidents des groupes Tibet du Sénat et de l’Assemblée nationale, ont adressé officiellement cette déclaration au Président de la République, au Premier ministre, au Président de l’Assemblée nationale, au Président du Sénat, au Président de la République populaire de Chine, au Président de l’Assemblée nationale populaire de Chine, à l’Ambassadeur de Chine en France et au Dalaï Lama.

 

31 octobre 2007 : Louis de Broissia présente son rapport intitulé "Quelle solution politique pour le Tibet ?"

M. Louis de Broissia (UMP – Côte-d’Or), président du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, a présenté à la presse son rapport intitulé « Quelle solution politique pour le Tibet ? », qui fait suite à la visite officielle d’une délégation du groupe d’information à Pékin et à Lhassa. Cette visite officielle répondait à une invitation de l’Assemblée nationale populaire de Chine, car les sénateurs membres du groupe d’information sur le Tibet sont partisans d’un dialogue direct avec les autorités chinoises. Les entretiens tenus à cette occasion, dont les comptes-rendus figurent en annexe du rapport, ont été courtois mais francs.

Si la position des autorités chinoises mérite d’être entendue, elle ne peut pas cependant être acceptée sans réserves. La « libération pacifique » du Tibet, en 1950, puis sa « réforme démocratique », à partir de 1959, sont des expressions reçues de la propagande destinées à masquer la réalité d’une annexion par la force suivie de bouleversements violents. De même, il est contraire aux faits d’imputer la rébellion tibétaine à un complot impérialiste occidental, alors qu’elle résultait spontanément d’un sentiment national bafoué.

Le développement matériel du Tibet depuis son annexion a pu être constaté sur place par la délégation du groupe d’information. Toutefois, l’envers du décor laisse apparaître une marginalisation économique et culturelle des Tibétains de souche, caractéristique d’une situation de type colonial.

Les sénateurs membres du groupe d’information sont convaincus qu’il est de l’intérêt des autorités chinoises de parvenir rapidement à un accord avec le Dalaï-Lama, dont les positions modérées sont connues. Ce n’est pas un arrangement relatif au statut personnel de celui-ci qui est en jeu, mais bien une vraie solution politique qui permettrait au Tibet de s’épanouir au sein de la grande Chine dans un cadre d’autonomie sincère.

Le rapport, qui est le troisième publié par le groupe d’information, après « Tibet : un peuple en danger » (n°GA 50 – octobre 2003) et « Le Tibet en exil : à l’école de la démocratie » (n° GA 67 – juin 2006), est disponible sur internet : http://www.senat.fr/noticerap/2007/ga77-notice.html

 

14 mars 2008 : Manifestations et violences au Tibet

Les Sénateurs du groupe d’information sur le Tibet et leur président, Louis de Broissia, disent leur extrême préoccupation devant la situation actuelle au Tibet, en particulier, devant l’annonce des troubles sévèrement réprimés à Lhassa par les autorités chinoises.

Amis et amoureux du Tibet (patrimoine exceptionnel de l’humanité, selon les dirigeants chinois eux-mêmes), de sa résistance acharnée et non-violente à l’assimilation chinoise, les Sénateurs ont rencontré à plusieurs reprises Sa Sainteté le Dalaï Lama : la dernière fois, c’était à Dharamsala au cours de l’été 2005.

Nous nous sommes aussi rendus à l’invitation de l’Assemblée Nationale Populaire en Région Autonome du Tibet et à Pékin en septembre 2006.

Nous avons également reçu une délégation de la République Autonome au Sénat, il y a quelques mois, et rencontrons régulièrement le Ministère français des Affaires Etrangères, l’Ambassade de Chine à Paris et les représentants du gouvernement tibétain en exil.

Lors des entretiens officiels que les Sénateurs français avaient eu à Lhassa et à Pékin, Louis de Broissia avait annoncé le risque de troubles sérieux à l’occasion des jeux olympiques si le dialogue avec le Dalaï Lama n’était pas plus constructif. La médiatisation des JO étant une caisse de résonance inespérée pour les militants de la cause tibétaine.

Les évènements actuels prouvent que, malheureusement, ce pronostic est réaliste.

Le groupe d’information sur le Tibet réitère son souhait qu’un dialogue en profondeur et sincère s’instaure entre Pékin et Dharamsala. La République Populaire de Chine seule peut mettre un terme pacifique à ces manifestations en acceptant de reconnaître la sincérité du Dalaï Lama et de la « voie du milieu » qu’il prône.

L’œil du monde sur la Chine, au moment des JO de Pékin, passe par la focale du Tibet : la RPC a un intérêt urgent à rendre cette image plus paisible, plus tolérante, plus libre.

 

 

16 mars 2008 : Soutien au peuple Tibétain. Communiqué du Président du groupe d'information sur le Tibet du Sénat

Au moment où la Chine - à la veille des JO de Pékin – a fait le pari insensé de cacher la réalité du Tibet (une situation de simple colonisation et d’oppression), les chars de la République Populaire de Chine sont déployés, et les militaires et les policiers tirent à balles réelles sur des manifestants et des moines non-violents.

Le Gouvernement français doit exiger la fin immédiate des massacres, la libération des prisonniers sous contrôle international.

Le Parlement français milite énergiquement pour l’instauration d’un dialogue réel sur l’autonomie tibétaine avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama : quelle erreur pour la Chine d’être restée sourde !

En signe d’émotion et de soutien, le drapeau tibétain doit flotter sur les édifices publics français, comme c’est le cas à Dijon, au Conseil Général de la Côte-d’Or.

 

 

26 mars 2008 : Urgence au Tibet : le groupe d'information du Sénat fait ses propositions

A l’invitation de leur président, M. Louis de Broissia (UMP – Côte-d’Or), les sénateurs membres du groupe d’information sur le Tibet se sont réunis en urgence, le mercredi 26 mars à 11H00, en présence de M. Jampal Chosang, Représentant en France du Dalaï-Lama, pour déterminer leur position sur les récents événements au Tibet et dégager des propositions d’actions.

1. Les sénateurs regrettent que la Déclaration des parlementaires français sur le dialogue entre le gouvernement chinois et les envoyés du Dalaï-Lama, qui avait été signée au printemps 2007 par 171 députés et par 129 sénateurs, soit plus du tiers de l’effectif total du Sénat, n’ait pas été entendue en temps utile par les autorités chinoises, car elle aurait certainement permis d’éviter l’effusion de sang de ces derniers jours.

2. Les sénateurs considèrent qu’il ne convient pas, pour l’instant, d’appeler au boycott des Jeux Olympiques de Pékin car, sans rien changer à la situation sur le terrain, un tel boycott accentuerait la fermeture du régime communiste chinois et lui laisserait les mains libres pour s’adonner à la répression. Toutefois, la menace du boycott, et notamment des cérémonies d’ouverture et de clôture, doit être utilisée comme un levier de pression sur les autorités chinoises pour les convaincre de relâcher leur étau sur le Tibet. Les Etats membres de l’Union européenne doivent s’entendre pour parvenir à une attitude commune sur la question du boycott.

3. Symboliquement, les sénateurs appellent tous les élus locaux de France à arborer le drapeau tibétain au fronton des édifices publics, afin de manifester de manière éclatante le soutien du peuple français au peuple tibétain.

4. Déplorant que, selon toute vraisemblance, des actes de violence aient été commis par certains manifestants tibétains à l’encontre des Chinois d’ethnie Han, les sénateurs estiment que ces violences, sans être excusables, sont explicables par l’immense ressentiment accumulé au cours de plusieurs décennies d’occupation. Les sénateurs considèrent que le Tibet se trouve aujourd’hui dans une situation coloniale, où les Tibétains n’en peuvent plus d’être ignorés, méprisés, et minoritaires dans leur propre pays.

5. Les sénateurs affirment que, désormais, l’urgence est de protéger les manifestants tibétains d’une répression manifestement hors de proportion avec les délits qui leur sont imputés. Soutenant l’appel lancé par le Premier Ministre du Gouvernement tibétain en exil, le Professeur Samdhong Rinpoché, ils demandent qu’une délégation pluraliste de la Commission des droits de l’homme des Nations unies soit dépêchée pour enquêter sur les événements récents dans toutes les régions concernées.

6. Les sénateurs rappellent que les trois résolutions condamnant les suites de l’annexion du Tibet par la Chine, qui ont été votées par l’Assemblée générale des Nations unies en 1959, 1960 et 1965, peuvent fournir une base juridique de départ pour que la question tibétaine soit évoquée de nouveau devant les instances de l’ONU.

7. Les sénateurs considèrent que les démocraties doivent user de tous les moyens diplomatiques à leur disposition pour ramener les autorités chinoises à la table de négociation avec les envoyés du Dalaï-Lama, sans exclure la menace d’une reconnaissance du Gouvernement tibétain en exil, au cas où la Chine persisterait à refuser ce dialogue.

8. Forts des contacts qu’ils ont su établir au cours des années passées avec les autorités chinoises, les sénateurs membres du groupe d’information sur le Tibet ont bon espoir que l’ambassadeur de Chine en France accepte de les recevoir, afin qu’ils puissent lui présenter leur position et leurs suggestions. Ils vont lui demander, notamment, qu’une délégation de sénateurs soit invitée à se rendre dans les plus brefs délais à Lhassa et à Pékin.

9. Les sénateurs souhaitent urgemment être reçus par le Président de la République pour lui présenter leurs recommandations. Ils communiqueront par écrit celles-ci au Ministre des Affaires étrangères et à la Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme. Ils vont également s’adresser directement au Secrétaire général des Nations unies, ainsi qu’au Haut Représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.

10. Informés que le Dalaï-Lama sera présent en France au mois d’août 2008, les membres du groupe d’information lui ont adressé une invitation à venir au Sénat. Ils suggèreront au Président de la République de le recevoir officiellement à l’Elysée, considérant que la France ne peut plus rester en retrait par rapport aux autres démocraties occidentales.

11. Les sénateurs considèrent que la France, qui va bientôt exercer la présidence de l’Union européenne, a la responsabilité d’entraîner ses partenaires européens pour adopter une politique commune sur la question tibétaine, qui soit à la fois ferme et constructive. Cette politique devrait, notamment, comporter l’instauration d’un médiateur pour le Tibet au sein des institutions européennes.

12. Enfin, les sénateurs proposent qu’une délégation du groupe d’information du Sénat se rende à Dharamsala, en Inde, pour y rencontrer le président de l’Assemblée des députés du peuple tibétain, le Premier ministre du Gouvernement tibétain en exil, ainsi que le Dalaï-Lama. Ils recommandent que l’Assemblée des députés du peuple tibétain soit admise avec un statut d’observateur au sein de l’Union Interparlementaire, organisme international qui regroupe la quasi-totalité des parlements de la planète.

Pour l’instant, la Chine semble avoir perdu la bataille médiatique dans l’opinion mondiale, à l’occasion des Jeux Olympiques. Elle peut encore restaurer son image, en cessant la répression au Tibet et en engageant sans délai un vrai dialogue avec le Dalaï-Lama.

 

13 août 2008 : L'essentiel des propos tenus au Sénat par le Dalaï-Lama

Le Dalaï-Lama a été reçu au Palais du Luxembourg aujourd’hui, mercredi 13 août 2008, par 40 sénateurs et députés membres du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, présidé par M. Louis de Broissia (UMP – Côte d’Or), et du groupe d’études sur le Tibet de l’Assemblée nationale, présidé par M. Lionnel Luca (UMP – Alpes-Maritimes). 

Au cours de cette audition commune, le Dalaï-Lama a rappelé que le but principal de sa visite en France était culturel et spirituel, et pas politique, mais qu’il était heureux de rencontrer à cette occasion des parlementaires français, dont beaucoup sont des amis de longue date. 

Le Dalaï-Lama a confirmé, d’après de nombreux témoignages, la gravité de la situation au Tibet à la suite des événements du mois de mars, les Tibétains étant actuellement victimes d’arrestations arbitraires, d’exécutions sommaires et de tortures à mort. Il a signalé un très fort renforcement de la présence policière et militaire dans toutes les régions du Tibet historique. Il en a conclu que les Tibétains subissent une nouvelle « Révolution culturelle ».

Le Dalaï-Lama a indiqué, citant ses propres sources d’information, que le gouvernement chinois aurait l’intention, après la fin des Jeux Olympiques, de faire venir un million de Chinois supplémentaires dans la région autonome du Tibet.

Le Dalaï-Lama a regretté que le gouvernement de Pékin ait propagé au sein de la population chinoise l’idée que les Tibétains haïssent les Chinois, entraînant en réaction un fort ressentiment et une discrimination à l’encontre de ceux des Tibétains qui vivent dans les grandes villes chinoises.

Le Dalaï-Lama a récusé les accusations des autorités chinoises, selon lesquelles il aurait organisé les émeutes du mois de mars. Il a proposé d’ouvrir toutes les archives du gouvernement tibétain en exil et tous les enregistrements de ses discours, mettant au défi le gouvernement chinois d’apporter la preuve de ses affirmations.

Le Dalaï-Lama a espéré que le gouvernement chinois, se rendant compte que la situation réelle du Tibet n’est pas celle qu’il prétendait, adopterait désormais une position plus réaliste et plus constructive. Dans cette hypothèse, il a estimé que sa propre approche pragmatique de la « voie médiane » serait tout à fait adaptée.

Le Dalaï-Lama, après avoir rappelé que nombre de ceux qui soutiennent la cause tibétaine et des jeune Tibétains eux-mêmes sont devenus critiques de son approche de la « voie médiane » parce qu’elle n’a pas encore donné de résultats, a annoncé que le Parlement tibétain en exil se réunira à Dharamsala au mois de septembre pour discuter de la politique à suivre.

Le Dalaï-Lama a précisé que les députés tibétains allaient actualiser et détailler le plan de paix en cinq points qu’il avait personnellement présenté en 1988 devant le Parlement européen à Strasbourg. Il a considéré que l’histoire donnait une base solide à un statut d’autonomie pour le Tibet, la Chine ayant toujours considéré le Grand Tibet comme une entité spéciale, différente de toute autre province chinoise.

Le Dalaï-Lama a souligné que, contrairement au point de vue des autorités chinoises, la question tibétaine ne se réduit pas à son propre statut personnel, mais concerne le sort des six millions de Tibétains qui vivent en Chine et y sont opprimés. Il s’est inquiété du ressentiment accumulé par les Tibétains depuis trois générations à partir de l’invasion chinoise de 1950 qui, si aucune solution n’est apportée, se transmettra encore aux générations futures.

Le Dalaï-Lama a affirmé que le Tibet est une nation ancienne, dotée d’un riche héritage culturel, qui semble avoir reçu une condamnation à mort. Il a rappelé qu’il tendait constamment une main amicale au peuple chinois mais que, personne ne la saisissant pour l’instant, il était bien obligé de tendre l’autre main à ceux qui soutiennent les Tibétains dans leur combat pour la justice.

Le Dalaï-Lama a considéré que, les pressions économiques étant irréalistes, une forme de pression politique était nécessaire sur le gouvernement chinois pour l’amener à faire enfin preuve de bon sens. Il s’est félicité du fort soutien apporté au Tibet par plusieurs pays européens, parmi lesquels la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la République tchèque, ainsi que par l’Union européenne toute entière, par l’intermédiaire du Parlement européen. Il a estimé que, la tendance d’un régime totalitaire comme celui de la Chine étant toujours d’abuser, la communauté internationale n’avait aucune raison d’accepter de se laisser brimer par le régime communiste chinois.

Le Dalaï-Lama a regretté que l’accession de la Chine à un statut de superpuissance, par ailleurs méritée, se fasse sur la base d’une force militaire, pour qui le pouvoir est conçu comme s’obtenant d’abord par les armes. Il a estimé que cette situation n’était pas optimale pour le monde, et surtout pour les voisins immédiats de la Chine que sont l’Inde, le Japon et la Russie. Il a considéré qu’il était de la responsabilité de la communauté internationale d’amener la Chine à embrasser les idéaux de la démocratie, ce qui ne pouvait se faire que par étapes.

9 mars 2009 : Déclaration internationale de parlementaires de pays démocratiques en faveur de la résolution pacifique de la question du Tibet

Le groupe d'information sur le Tibet du Sénat et le groupe d'études sur la question du Tibet de l'Assemblée nationale s'associent à une « Déclaration internationale d'engagement en faveur de la promotion des droits de l'homme pour les Tibétains et de la résolution pacifique de la question du Tibet », rendue publique à l'occasion du 10 mars 2009, date anniversaire du soulèvement tibétain de 1959 et du départ du Dalaï-Lama en exil.

Les deux groupes Tibet du Parlement français sont représentés par leurs présidents respectifs, M. Lionnel Luca, député, et M. Jean-François Humbert, sénateur, aux côtés de leurs homologues de nombreux Parlements d'autres pays démocratiques, tels que l'Allemagne, la Belgique , le Canada, le Danemark, l'Estonie, les Etats-Unis, l'Italie, la Norvège , la Pologne , la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède , et la Suisse.

Le Parlement européen est représenté, notamment, par son vice-président M. Edward McMillan Scott, par la présidente de son sous-comité des droits de l'Homme, Mme Hélène Flautre, et par le président de son intergroupe Tibet, M. Thomas Mann. Des personnalités telles que Mgr Desmond Tutu, M. Vaclav Havel, M. Robert Badinter, et M. Daniel Cohn-Bendit sont également signataires du texte.

Les 37 signataires de la Déclaration du 10 mars 2009, représentant douze Parlements nationaux européens, dont le Conseil national suisse, et le Parlement européen, ainsi que les Parlements américain et canadien, appellent à un dialogue direct entre le Dalaï-Lama et les dirigeants chinois, sur la base du Memorandum pour une véritable autonomie du peuple tibétain rédigé en novembre 2008 à la demande du gouvernement chinois par les négociateurs tibétains. Ils considèrent que la stabilité à long terme au Tibet ne sera atteinte qu'à travers le respect des droits de l'homme, ainsi que de la culture, de la langue et de la religion tibétaines.

Contact au service de la communication du Sénat :

Sophie de Maistre /  01.42.34.36.39 / s.demaistre@senat.fr