DOSSIER
UN TIBET POUR LE XXIe SIECLE
Bref dossier d'information générale
Qui n'a jamais entendu parler du Dalaï-Lama ? Qui ne s'est jamais laissé allé à imaginer un Tibet mystique, magique, rêvé, sur les traces d'Alexandra David-Néel, ou de Tintin ?
Pays au destin exceptionnel que les Tibétains désignent sous le nom de « Haut pays » ou de « Pays des neiges », le Tibet peut aussi être, aujourd'hui, qualifié de « terre des dieux, malheur des hommes » [1].
Mais mesure-t-on vraiment l'ampleur du drame que vit ce peuple et la complexité d'un conflit où se mêlent religion, histoire, culture et politique ? Et en quoi le sort de ce pays lointain nous concerne-t-il ? En quoi est-t-il si important à l'aube du XXIe siècle ?
I. LE PAYS DES NEIGES : GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE DU TIBET
1.1. Géographie tibétaine
Poétiquement décrit par ses habitants comme « un pays de lait entouré d'une barrière de montagnes enneigées », le Tibet forme le plateau de haute altitude le plus élevé et le plus étendu de la planète.
Puissante forteresse naturelle d'une superficie de 3,5 millions de km2 (sept fois celle de la France), il est ceint de colossales chaînes montagneuses telles le Karakorum au nord-est ou l'arc himalayen, au sud, d'où se hisse le Toit du monde, l'Everest. Véritable château d'eau de l'Asie, il donne vie à sept des plus grands fleuves de ce continent, lesquels vont arroser des civilisations fort différentes : le Gange, l'Indus, le Brahmapoutre, la Sutlej, le Mékong, le Fleuve Jaune et le Yangtsé (Fleuve Bleu).
D'une altitude moyenne comprise entre 4.000 et 5.000 m, le climat y est rude et généralement sec. Le rayonnement solaire, intense, confère au ciel et aux paysages des couleurs presque irréelles.
Parsemé de myriades de lacs aux eaux turquoises ou salées, le Tibet présente une alternance de steppes infinies, de marais, de déserts montagneux et, en des zones plus propices (régions méridionales et ouest), de forêts et de plaines. Sur le haut plateau la culture est difficile (principalement d'orge) tandis que l'élevage du yack constitue la principale ressource traditionnelle, favorisant par là même le recours au nomadisme.
Milieu caractérisé par une étonnante richesse en faune et en flore, le très faible peuplement du Tibet (5 à 6 millions d'habitants) et le respect inné des Tibétains pour cet écosystème fragile ont, jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, permis d'en assurer la pérennité.
Trois grandes régions composent le Tibet géographique et ethnographique : l'Amdo au nord-ouest ; le Kham au sud-ouest et l'Ü-Tsang. Seules quelques grandes villes, au demeurant faiblement peuplées (Lhassa, capitale du Tibet et de l'Ü, Shigatsé, Gyantsé...), de gros bourgs et des cités monastiques brisent l'immense solitude tibétaine.
1.2. HISTOIRE ET CIVILISATION TIBÉTAINES
Sans remonter le temps jusqu'aux légendes primordiales de la civilisation tibétaine, il faut noter que l'unité du peuple tibétain est essentiellement culturelle et linguistique. Tout d'abord Royaume combattant, le Tibet déversa ses hordes qui firent un temps trembler l'Asie, menaçant même jusqu'au trône du Fils du Ciel.
Du règne du puissant Roi Songtsen Gampo, au VIIe siècle, datent l'adoption d'un alphabet inspiré de l'écriture indienne [2], le développement des sciences, de la médecine, d'une organisation politique...
Au VIIIe siècle, le Roi Trisong Detsen invite le Maître indien Padhmasambava à enseigner le bouddhisme en son pays, lequel se substitue peu à peu au Bön, religion magique et chamanique, en amalgamant certains de ses éléments. Cette période constitue la première diffusion du bouddhisme au Tibet.
Mais au IXe siècle, sous le règne du Roi Langdarma, le bouddhisme fut éradiqué de l'intérieur et le Tibet connut une période de grande confusion. Ce n'est qu'au XIe siècle, avec Atîsha, que le bouddhisme allait de nouveau gagner le Haut pays et y demeurer sous une forme renouvelée (boudhisme tantrique), tandis qu'il déclinait en Inde.
Prégnance du spirituel : le bouddhisme tibétain
Il faut s'arrêter ici sur la sensibilité spirituelle très particulière du Peuple tibétain. Peu de peuples connurent un tel degré de ferveur mystique, furent plus religieux (du latin Religare : relier). Jusqu'à un cinquième de la population embrassa une activité religieuse et les plus grands monastères jamais établis au monde le furent au Tibet. D'aucuns soulignent en cela l'influence d'une nature grandiose, de sa puissance minérale, de son rayonnement indicible, de son âpreté sauvage et de ses accès de fureur. C'est pourquoi, sans doute, nombreux sont aussi les lieux -- sources, lacs, montagnes -- considérés comme sacrés, allant même jusqu'à identifier l'axe du monde au Mont Kaïlash.
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La spiritualité constitue la dominante majeure de la culture tibétaine. Ni l'art, ni les sciences, ni la médecine, ni la société ne peuvent s'interpréter en dehors de ce référent spirituel prégnant. Le spirituel est omniprésent. L'aire tibétaine -- qui dépasse le Tibet ethnographique -- se reconnaît ainsi particulièrement par la présence de ces drapeaux de prières qui flottent au vent afin de répandre dans son sillage souhaits et bénédictions sur les êtres vivants.
Dans l'optique dite du « Grand véhicule », l'objectif de la pratique du Dharma (l'enseignement du Bouddha) est de réaliser l'union de la Sagesse et de la Compassion, qui ne sont rien l'une sans l'autre, et d'atteindre l'Éveil. Au Tibet, toute une symbolique y fait implicitement référence et de nombreux « moyens habiles » sont enseignés pour y parvenir. A cet effet, une multitude de déités peuplent le panthéon tantrique. Par exemple, la déité protectrice du Tibet, Chenrézi (en sanskrit : Avalokiteshvara), manifeste le Bouddha de la Compassion infinie. Son mantra (formule sacrée inlassablement scandée) -- Om mani padmé hum -- déploie ses six syllabes à l'infini : sur les murs, les statues, les autels, les pierres du chemin, dans les moulins à prières ...
Il est vrai qu'une fois établi, le bouddhisme connut au Tibet un développement sans égal, atteignant, d'après ses exégètes, sa forme la plus accomplie. Il s'exprima sous la forme de quatre Écoles d'Enseignement, toujours vivaces, chacune complétant les trois autres en sorte de répondre à l'ensemble des dispositions de la nature humaine : les Nyingmapa (« les Anciens ») ; les Kagyupa (« Ceux de la tradition murmurée ») ; les Sakyapa (« Ceux de la terre grise ») et les Gelugpa (« les Vertueux »). Cette dernière École, la plus récente, est souvent désignée sous le vocable de « Bonnets Jaunes », par opposition aux trois autres dites des « Bonnets Rouges ». Au cours de l'Histoire, elles ont pu à maintes reprises s'affronter en vue de s'assurer le pouvoir.
La figure clé du bouddhisme tibétain c'est le Lama -- le maître spirituel -- qu'il soit ermite, yogi, moine, laïc... Son nom est souvent complété par l'épithète Rimpoché (« Très Précieux »). Il est extrêmement vénéré et respecté par les Tibétains car il représente un être censé avoir réalisé l'Éveil d'un Bouddha. Selon le bouddhisme, la conscience d'un être connaît d'infinies renaissances (Samsâra) jusqu'à l'obtention de l'Éveil complet (Nirvâna). Par sa compassion, un maître spirituel renonce à cet Éveil et continue de s'incarner jusqu'à ce que tous les êtres soient libérés (c'est alors un Bodhisattva). Mais la recherche de l'enfant (Tulku) en qui se réincarne un maître spirituel constitue une spécificité propre au bouddhisme tibétain.
Grand parmi les grands Lamas, le Dalaï-Lama est reconnu depuis le XVIIe siècle comme le chef spirituel et temporel suprême du Tibet. Son nom signifie « Océan de Sagesse ». Issu d'une longue lignée de maîtres, il est considéré comme l'émanation de Chenrézi, le Bouddha de la Compassion infinie. Improprement qualifié en Occident de « dieu-roi », il représente pour les Tibétains, qui lui vouent une adoration profonde, la manifestation même de la déité.
Au XVIe siècle, le premier à avoir reçu ce titre de l'Empereur mongol Altan Khan, son disciple, fut l'Abbé du monastère de Drépung (École des Gelugpa). Reconnu lui même comme la troisième incarnation de sa lignée, à sa mort on partit à la recherche de sa nouvelle incarnation afin de la réinstaller sur le « Trône du lion ». L'institution des Dalaï-Lamas était née. Elle allait se développer de plus en plus, combinant autorité spirituelle et temporelle et ce plus particulièrement sous le règne du Ve Dalaï-Lama (1617-1682). Ce dernier affermit le pouvoir de l'État, organisa le pays et construisit le monumental palais du Potala à Lhassa (aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO), où il établit son siège et celui de son Gouvernement.
Pays éminemment secret et fermé au monde extérieur, le Tibet eut malgré tout des liens spéciaux avec la Chine dont l'Empereur, en retour de la relation de disciple à maître entretenue avec le Dalaï-Lama, lui assurait une large protection. En réalité, le Tibet suscitait la convoitise de l'Empire du Milieu, comme celle de la Russie et de l'Angleterre, alors maîtresse des Indes. Cela valut au Pays des neiges de nombreuses vicissitudes et intrusions aux XVIIIe et XIXe siècles qui renforçèrent sa propension à l'isolement.
Le XIIIe Dalaï-Lama (1876-1933), prédécesseur de l'actuel et homme politique éclairé, conçut de grands projets pour le Tibet -- modernisation, démocratisation, ouverture sur l'extérieur et création de liens diplomatiques -- mais se heurta à l'hostilité des monastères et de l'aristocratie et dut y renoncer. Déclarant l'indépendance (de facto) de son pays en 1911, il ne put néanmoins assurer celle-ci au plan international et « quitta son corps » après avoir laissé un testament spirituel prophétisant l'invasion chinoise et ses terribles conséquences.
II. SILENCE SUR LE TOIT DU MONDE (1949-1999)
Le 7 octobre 1950, un an après la Révolution chinoise, le président Mao Zedong lance l'Armée populaire de libération à l'assaut du Tibet oriental. Comme le proclame le titre de l'hymne national chinois, « l'Orient est rouge ».
2.1. Invasion du Tibet
Ayant vainement tenté de légitimer cette invasion par un soi-disant appel de patriotes tibétains contre l'impérialisme étranger (malheureusement, seuls six Occidentaux en tout et pour tout résidaient au Tibet !), les justifications avancées par la Chine populaire firent état de la mission qui lui incombait de « libérer le Tibet » d'une « tyrannie féodale ».
Les motivations réelles de Mao qui, dès la Révolution, sous la double instance du nationalisme chinois et de l'idéologie communiste n'avait jamais caché son intention de « réunifier » au plus tôt le Tibet à la « Mère-patrie » étaient plus nombreuses que le simple fait impérial : elles étaient aussi de s'assurer les richesses incommensurables du Haut pays [3]; d'établir un glacis protecteur au regard de l'Inde et de l'URSS ; de briser la stratégie d'encerclement de cette dernière ; de disposer du contrôle de l'espace himalayen.
A l'époque, le XIVe et actuel Dalaï-Lama est âgé de 15 ans et poursuit ses études monastiques. Il est précipitamment investi pour tenter de faire pièce à la menace grandissante et à l'impuissance du Régent et reçoit la lourde charge de diriger le pays. L'appel à l'aide qu'il lance aux Nations Unies restera sans réponse.
Abandonnés par le monde, les six millions de Tibétains essaient de se résigner à une présence promise comme bienveillante et temporaire. Mais les armées chinoises atteignent Lhassa en 1951 et la politique d'occupation et de durcissement prend forme peu à peu. En 1954, les cavaliers Khampas de l'ouest du Tibet entrent en résistance armée. La situation est de plus en plus difficile ; la militarisation et la répression s'accentuent.
Le jeune Dalaï-Lama, qui doit continuer de mener de front des études bouddhiques du plus haut niveau, espère toujours pouvoir infléchir, par sa présence, la politique d'occupation.
Mais en 1959, le 10 mars, alors que le peuple de Lhassa croit sa sécurité menacée et se porte en masse pour le protéger, il doit, au bout d'une semaine, dans une atmosphère explosive, se résoudre à quitter en secret la capitale et prendre, de nuit, un chemin qu'il ne sait pas encore être celui de l'exil. Dès les premiers bombardements sur le palais d'Été du Norbulingka où les Chinois le croient toujours, les Tibétains se soulèvent contre l'occupant. En trois jours, près dix mille d'entre eux sont tués et des milliers arrêtés. Au total près de 90.000 Tibétains vont perdre la vie dans l'année qui suivra.Une chape de plomb s'abat sur le Haut pays ; elle ne se lèvera plus.
2.2 L'Exil
Au terme d'un périple vertigineux de trois semaines à travers l'Himalaya, le Dalaï-Lama, malade, épuisé mais sauf, parvient en Inde. Le Pandit Nehru lui accorde l'asile politique et lui attribue des facilités dans un petit village perdu des contreforts himalayens de l'Himachal Pradesh : Dharamsala.
C'est là que le Dalaï-Lama établit un Gouvernement en exil, un Parlement et une Constitution démocratiques. Toutes les fonctions d'une Administration, d'abord provisoire, doivent être recréées pour subvenir aux multiples nécessités de l'exil et faire face à l'afflux considérable de Tibétains qui, s'échappant souvent au péril de leur vie de la « prison tibétaine », veulent rejoindre Kundun (« La Présence »). Villages d'enfants, écoles, hôpitaux, camps... accueillent ainsi tant bien que mal les réfugiés. Un accent particulier est également mis sur la sauvegarde de la culture (Bibliothèque tibétaine, Institut de médecine et de pharmacologie, Institut des arts du théâtre). De même, tous les grands monastères sont reconstitués en exil. Car, en plus des enfants, les moines et les nonnes -- qui font, au Tibet, l'objet d'une répression très ciblée -- constituent une part importante des réfugiés. Aujourd'hui, la diaspora tibétaine est estimée à 130.000 personnes, principalement établies en Inde, au Népal et au Bhoutan.
Parallèlement, le Dalaï-Lama parcourt le monde pour plaider la cause de son pays. Résolument pacifique, il ordonne dans les années 70 aux guerriers Khampas de cesser la résistance armée estimant que, face à la puissance colossale de la Chine, c'est offrir un prétexte à l'anéantissement définitif du peuple tibétain. Au contraire, à l'instar du Mahatma Gandhi il prône la pratique de l'ahîmsa, la non-violence, conforme aux préceptes enseignés par le Bouddha Shakyamuni et seule capable à terme, selon lui, de vaincre la haine et l'oppression.
N'exigeant pas l'indépendance, désormais irréaliste, il réclame seulement une véritable autonomie et a exposé ses propositions à Washington, en 1987, dans un Plan de paix en cinq points. En 1989 (l'année de Tienanmen), il reçoit le Prix Nobel de la paix.
Mais les autorités de Pékin persistent à refuser de vouloir négocier quoi que ce soit, ou sinon une chose impossible : que le leader tibétain reconnaisse préalablement que le Tibet a toujours fait partie de la Chine.
2.3. Bilan de l'occupation du Tibet par la Chine
Au terme de quarante ans de mainmise absolue sur le Tibet, un bilan terrible peut être dressé de l'occupation chinoise, les périodes les plus noires de cette histoire étant la Révolution culturelle (1966-1976) ; l'état de siège et la loi martiale (1989-1990) et la période actuelle en raison de « l'affaire du Panchen-Lama » (cf. encadré).
Dans son Rapport de décembre 1997, la Commission internationale de Juristes (Genève - ONG ayant statut consultatif auprès de l'ONU) note : « Les violations des droits de l'homme et attaques contre la culture tibétaine sont enracinées dans le déni du droit le plus fondamental du peuple tibétain -- le droit à l'autodétermination. C'est dans le but d'asseoir une domination étrangère et impopulaire que la Chine s'est engagée à supprimer la dissidence nationaliste tibétaine et à neutraliser la culture tibétaine. C'est dans le but de coloniser des sujets contre leur volonté que la Chine a encouragé et facilité l'installation de Chinois à l'intérieur du Tibet, où ils ont la haute main sur la politique, la sécurité et l'économie. » [4]
De fait, le constat détaillé suivant peut-être établi :
o Démembrement du Tibet : dans l'optique de diluer la conscience nationale tibétaine, le Tibet historique a été amputé des deux-tiers. Les provinces du Kham et de l'Amdo ont été incorporées aux provinces chinoises adjacentes. Celle de l'Ü-Tsang a seule conservée son appellation sous le statut faussement autonome de « Région autonome du Tibet ».
o Massacres et déni des droits individuels : si l'on doit donner une comptabilité des pertes en vies humaines depuis 1949, on estime à plus de 1,3 million le nombre de Tibétains (un cinquième de la population) morts directement ou indirectement du fait de l'occupation. De nombreux autres ont connu et connaissent les camps (laogaïs). La détention arbitraire est le plus souvent la règle. Certains passent plusieurs dizaines d'années en prison. Le recours à la torture y est généralisé, les mauvais traitements sont communs et les exécutions sommaires fréquentes. Le tiers des prisonniers politique est composé de moines et de nonnes. Les libertés d'expression et de réunion n'existent pas. Manifester pacifiquement pour l'indépendance du Tibet, distribuer des tracts, arborer un drapeau tibétain, un portrait du Panchen-Lama ou du Dalaï-Lama, communiquer avec des étrangers ou avec « la clique du Dalaï » constituent des « atteintes à la sécurité de l'État » et des crimes de séparatisme « tendant à diviser la nation ».
o Transferts de population : le volet le plus directement menaçant pour l'identité tibétaine est le transfert de populations par un déversement massif de colons chinois. On estime leur nombre entre huit et neuf millions, rendant d'ores et déjà les Tibétains minoritaires dans leur propre pays. Cette modification de l'équilibre démographique au profit d'une population ayant d'autres modes de vie n'est au surplus neutre ni pour l'économie, ni pour l'environnement. Le Tibet a connu du fait de cet afflux et d'une réforme agraire irresponsable d'immenses famines (les premières de son histoire) dans les années 60.
o Politique démographique autoritaire : le Chine reconnaît pratiquer au Tibet, en dépit de lois officielles réputées favorables aux « minorités », une politique coercitive de contrôle des naissances. Stérilisation imposée aux Tibétaines, avortements forcés (y compris dans des stades avancés de grossesse), meurtres de nouveau-nés sont avérés.
o Déni des droits sociaux et de la liberté religieuse : dans la pratique, si des droits sociaux sont reconnus aux Tibétains (droit à l'éducation, à la santé, au logement...), le système fait qu'ils sont maintenus dans la quasi impossibilité d'y accéder pleinement. Une discrimination est très ouvertement pratiquée à leur endroit, provoquant leur marginalisation accélérée. Au demeurant, ils font l'objet d'un profond mépris et d'un racisme affiché de la part des Hans (Chinois). Quant à la liberté religieuse, selon les époques elle est, au pire interdite, au mieux une façade.
o Effacement de la culture : des 6 259 monastères, fondements mêmes de l'identité et de la culture tibétaines, seuls treize survécurent à la destruction totale. Les trésors de l'art bouddhique furent pillés ou anéantis, les moines et les nonnes persécutés ou pire, l'architecture traditionnelle rasée, la langue tibétaine entravée, l'Histoire réécrite.
Le plus jeune prisonnier politique du monde
En 1994, les autorités chinoises ont considéré que la question du « séparatisme » au Tibet était indissociable du bouddhisme tibétain et que, pour l'éradiquer, il fallait d'une part détruire l'autorité spirituelle du Dalaï-Lama et, d'autre part, substituer un clergé et un bouddhisme contrôlés par l'État.
Parmi l'ensemble des mesures prises, le problème de la reconnaissance du successeur du Xe Panchen-Lama (décédé en 1989), second plus haut hiérarque du bouddhisme tibétain, a fourni une occasion privilégiée de toucher le Tibet au cœur.
Aussitôt après que le Dalaï-Lama ait reconnu selon la tradition de son pays, en mai 1995, Gendhun Choekyi Nyima, un jeune garçon de six ans, comme la réincarnation du Panchen-Lama, les Chinois subtilisent cet enfant et sa famille pour le remplacer, au terme de simulacres religieux, par un autre enfant du même âge. Contrôler le Panchen-Lama, c'est d'abord contrôler l'avenir du Tibet et le choix du prochain Dalaï-Lama.
Parallèlement, une vaste campagne de répression (de « rééducation ») s'abat de nouveau sur les monastères. La possession de photos du Dalaï-Lama et du vrai Panchen-Lama constitue un délit grave. C'est le fondement de la culture du Tibet, profondément liée à ses maîtres spirituels, qui est ainsi atteint.
Depuis 1995, nul n'a plus jamais revu ou entendu Gendhun Choekyi Nyima. Pour des raisons politiques -- l'effacement par la Chine de la nation et de la culture tibétaines -- un enfant aujourd'hui âgé de 9 ans qui en symbolisait la pérennité a déjà passé le tiers de sa vie en détention. C'est le plus jeune prisonnier politique du monde.
o Exploitation coloniale et atteintes irréversibles à l'environnement : extrêmement riche en métaux (126 sortes différentes, la moitié des réserves mondiales d'uranium), en ressources hydrauliques, en bois, en faune et flore, le Tibet -- écosystème fragile -- fait l'objet d'une politique d'exploitation coloniale massive et anarchique. Les ressources tirées de cette exploitation sont immédiatement transférées en Chine, ou exportées, et ne profitent ni à l'économie locale, ni aux Tibétains. Le résultat en est aujourd'hui que l'essentiel de la faune sauvage a été détruit et qu'une partie considérable des forêts a irrémédiablement disparu. L'érosion, la désertification et la pollution gagnent le haut plateau. La dégradation des pâturages est telle que la survie de la civilisation nomade est compromise. En outre, la Chine utilise le sous-sol tibétain comme dépôt de déchets toxiques et nucléaires pour elle même voire, contre devises, pour des clients occidentaux.
o Militarisation et paix régionale : l'Armée populaire de libération maintient en permanence au moins 500 000 hommes au Tibet. Elle y dispose de bases de lancement de missiles nucléaires, d'un centre secret de recherche militaire (9e Académie) et procède à des essais sur le site du Lop Nor. La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l'équilibre géopolitique de la région et induit des tensions internationales.
Sinisation forcée, avilissement de la population autochtone, éradication de la culture et de l'âme tibétaines, tels sont les grands traits de la politique chinoise au Tibet dont, malgré les grandes difficultés de collecte d'informations, les ONG et les experts font le triste constat [5].
III. AUJOURD'HUI, DEMAIN, LE TIBET ET NOUS
Dans sa conclusion, la Commission internationale de Juristes rappelle que « les Tibétains sont un peuple sous domination étrangère et, en tant que tel, peuvent se prévaloir du droit à l'autodétermination prévu en droit international pour déterminer librement leur statut politique ». Elle fait ensuite plusieurs recommandations, notamment aux Nations Unies et à la communauté internationale. Il est vrai que depuis 1949, à l'inverse d'une tendance croissante dans l'opinion, cette dernière, comme les « trois petits singes », est sourde, muette et aveugle sur le sort du Toit du monde.
Pourtant, à la veille d'entrer dans le IIIe Millénaire, celui-ci ne nous concerne-t-il pas plus que nous pourrions le croire ?
3.1. Indifférence des nations mais sensibilité accrue de l'opinion
Après qu'un Tibétain se soit immolé par le feu à New Delhi, en avril 1998, pour attirer l'attention sur le sort tragique du Tibet, le Dalaï-Lama déclara que cette situation était comme le symbole « du peuple tibétain et de son héritage culturel qui meurent en face du monde civilisé. »
Dès 1949, résultant à la fois du long isolement (volontaire autant que naturel) du Tibet et d'un certain nombre de considérations géopolitiques, la communauté internationale allait faire preuve de désintérêt à l'égard de la tragédie qui se nouait.
En 1959 et 1960, la Commission internationale de Juristes publie deux rapports absolument sans ambiguïté sur le sort et le statut du Tibet. De fait, en 1959, 1961 et 1965, l'Assemblée générale des Nations Unies adopte trois résolutions sur la question tibétaine. Elles ne seront jamais suivies d'effets.
Les Gouvernements ne veulent surtout pas se mêler d'une question complexe, mal cernée, secondaire, où leur intérêt ne paraît pas directement en jeu et pour laquelle, surtout, la Chine affecte de répéter qu'elle relève de sa seule politique intérieure. De surcroît, la guerre froide contre l'URSS vaut à Pékin un préjugé favorable de l'Occident. En 1974, le rapprochement sino-américain et l'arrivée de la République populaire de Chine au Conseil de sécurité de l'ONU, en lieu et place de Taiwan, vient figer un peu plus les possibilités d'action internationale.
Depuis, les pressions de la Chine pour que la question du Tibet ne soit jamais abordée dans quelque instance internationale que ce soit, ont démontré leur efficacité et l'espèce de crainte diffuse que l'Empire chinois inspire toujours.
L'attribution du Prix Nobel de la paix au Dalaï-Lama en 1989 et la réprobation unanime des événements de Tienanmen viennent cependant modifier un peu ce contexte. Lors de ses tournées inlassables, le Dalaï-Lama se voit beaucoup moins opposer de refus (ou, dès lors, il s'agit d'un refus gêné) de la part des chefs d'État et de gouvernement. Ceux-ci le reçoivent dorénavant plus facilement (bien que, le plus souvent encore, officieusement) et l'assurent de leur aide à la recherche d'une solution pacifique.
Mais le souvenir de Tienanmen est vite effacé et le développement économique de la Chine, c'est à dire les perspectives commerciales exponentielles de cet immense marché, quoique contestées par des études fines, viennent obérer la volonté diplomatique présumée des Chancelleries occidentales. D'autant que Pékin obtient très habilement que les droits de l'Homme et les questions commerciales ne fassent pas l'objet d'un quelconque lien. Depuis quelques années, et en dépit de l'opposition du Congrès, les États-Unis renouvellent ainsi à la Chine la clause commerciale de la nation la plus favorisée (MFN) tandis qu'à la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies, les pays occidentaux ont abandonné toute velléité de faire condamner la Chine. Un dialogue bilatéral « critique » est vanté comme plus efficace ; ce qui reste à démontrer.
A l'inverse, il est vrai que la cause tibétaine connaît dans l'opinion une sympathie croissante. Du reste, la question des droits de l'Homme en général, fait l'objet d'une attention redoublée que viennent conforter les aspirations démocratiques croissantes des opinions.
Le charisme personnel du Dalaï-Lama, son combat résolument pacifique, la disparition progressive d'une nation, d'un peuple et d'une culture uniques, la séduction qu'exerce le bouddhisme tibétain dont certains grands Lamas ont pu gagner l'Occident et y enseigner, sans prosélytisme, des valeurs simples d'éthique, de responsabilité et de compassion ont aussi contribué hautement à cette sensibilisation.
La mondialisation et l'accroissement des facilités de communication et d'information, une littérature aujourd'hui proliférante, de même que l'engouement de la Presse pour ce thème sensible, ont également favorisé cette prise de conscience. Signe indubitable s'il en est de cette tendance, l'intérêt porté au Tibet par Hollywood, avec plusieurs grosses productions sur le sujet (Bernardo Bertolucci, Jean-Jacques Annaud, Martin Scorcese) et nombre de « stars » mobilisés pour la défense du Toit du monde (Richard Gere, Harrison Ford, Brad Pitt, Uma Thurman, etc.)
De multiples associations se sont par ailleurs créées ou fédérées autour de la défense de cette cause et les grandes ONG (humanitaires ou de droits de l'Homme) y consacrent une part de leur activité, le plus souvent au bénéfice des réfugiés.
Les Parlements, représentants de l'opinion, sont également de plus en plus soucieux du problème tibétain. Le Congrès américain ou le Parlement européen ont adopté d'importantes résolutions en la matière dont certaines ont réellement fait bouger la diplomatie gouvernementale (ex : nomination d'un Coordinateur spécial pour le Tibet au Département d'État). En France, l'existence d'un Groupe d'Études spécifique à l'Assemblée Nationale et d'une Association parlementaire au Sénat font de ces deux instances le Groupe parlementaire de soutien au Tibet le plus important au monde. Parmi les actions menées, outre l'interpellation continuelle des autorités françaises, européennes et chinoises et le travail de sensibilisation et de vigilance, on peut noter la ratification par 345 députés et sénateurs d'un « Appel des parlementaires français pour le Tibet », en 1996, ou le parrainage par eux du jeune Panchen-Lama détenu.
Le poids de l'opinion, pour nécessaire qu'il soit, est-il cependant suffisant ? Que peut l'opinion, en outre, lorsque les événements qu'elle réprouve s'inscrivent dans la durée des décennies et se perdent entre la lassitude et la banalisation ? Certes, l'expérience montre à l'envi que seuls la pression des États, le complexe jeu des influences et des intérêts, la logique binaire des institutions internationales, peuvent infléchir les menées des rares pays que l'opinion laisse insensibles, comme c'est le cas de la Chine. Mais, dans cette perspective même, l'instance des peuples et, au sein d'eux, de chacun, demeure une urgence.
3.2. Responsabilité individuelle, responsabilité universelle
« Nous avons besoin de votre aide -- l'aide internationale -- car préserver une culture ancienne unique, qui fait partie de la culture du monde, est la responsabilité, non seulement du peuple concerné, mais aussi de la communauté mondiale. Je crois que la culture tibétaine, en tant que civilisation, a le potentiel de servir le monde et ses voisins, y compris la Chine. [...] La civilisation tibétaine peut contribuer grandement à développer la communauté humaine dans une bienveillance mutuelle. Dans ce sens, préserver la culture tibétaine est quelque chose qui vaut la peine et est utile pour l'avenir. C'est ma requête. »
Depuis des années, le message du Dalaï-Lama cherche à souligner combien chaque individu est détenteur d'une part de la responsabilité universelle. Ceci est d'autant plus vrai que le monde rétrécit, que chaque phénomène (économique, politique, social, écologique...) induit des répercussions bien au delà de l'aire où il se produit et, finalement, sur tout un chacun. Symétriquement, toute personne se trouve disposer de par sa responsabilité individuelle d'un champ d'action possible universel, à l'image du « désarmement extérieur qui passe, en soi, par le désarmement intérieur ».
On pourrait déjà simplement qualifier cette responsabilité de Conscience. Conscience qu'un pays, un peuple, une culture que l'on soustrait de la richesse de l'Humanité, appauvrit celle-ci d'une part irremplaçable de sa diversité féconde (l'Histoire est, hélas, riche de génocides et d'anéantissements qui devraient servir d'avertissement). Conscience que, où qu'elle se produise, l'atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine nous interroge et constitue virtuellement une atteinte à notre propre liberté, à notre propre dignité. Conscience que notre liberté nous confère des devoirs autant des droits.
Le cas du Tibet permet à cet égard une triple réflexion :
o Il souligne une problématique d'interdépendance, particulièrement notable en matière écologique, qui concerne bien plus que les seuls Tibétains et Chinois : en effet la pollution, dès leur source même, des plus grands fleuves d'Asie menace directement 47% de la population mondiale, établis dans leurs bassins. Suite à la considérable déforestation qui a provoqué l'érosion des bassins versants, l'envasement des fleuves et le ravinement des sols, on constate de plus, en aval, une multiplication drastique des crues meurtrières, comme au Bangladesh, en Inde ou en Chine (1998).
Par ailleurs, l'immense haut plateau tibétain et la barrière himalayenne jouent un rôle essentiel pour l'équilibre des climats de la planète. La modification des températures, des masses d'air et des précipitations consécutive aux atteintes à l'environnement, par son impact sur les jet-streams, en affecte directement le régime.
La disparition d'un certain nombre d'espèces animales protégées de même que de certaines plantes himalayennes rares qui participaient à une pharmacopée très élaborée, représente également une perte qui dépasse de loin le bien des seuls Tibétains.
o Le Tibet offre des « ressources » qui constituent un bien commun de l'Humanité. Comme toute culture, toute civilisation, le Tibet est dépositaire de valeurs qui lui sont propres mais qui appartiennent aussi au Genre humain et dont il pourrait être dispensateur : un certain sourire, un certain rayonnement, une manière d'appréhender l'existence, une approche non-violente de la vie et de ses interactions. Qu'il s'agisse de valeurs éprouvées dans la chair de générations successives, de patrimoine naturel ou d'œuvres d'art ; qu'il s'agisse de traités philosophiques -- avec lesquels, par exemple, la physique quantique trouve matière à échanger --, d'exploration de la psyché fondée sur des siècles d'expérience spirituelle ou, simplement, de pharmacopée, la culture tibétaine, au même titre mais pas moins que d'autres, a beaucoup à donner [6]. Et donc, ceux qui pourraient recevoir, beaucoup à perdre.
Sur un plan stratégique, par sa situation géographique au cœur de l'Asie, le Tibet qui joua longtemps un rôle d'Etat-tampon, pourrait de nouveau, alors que les tensions entre les deux pays les plus peuplés de la planète -- l'Inde et la Chine -- demeurent vives, être utile à la stabilité régionale et à la paix mondiale. C'est le rêve du Dalaï-Lama, exposé dans son plan en cinq points.
o Le Tibet comme paradigme pour le XXIe siècle : malheureusement pour lui, le Tibet concentre une variété immense de problèmes, de défis et de questionnements qui sont aussi ceux que la communauté mondiale aura à régler dans le début du prochain siècle : droits de l'Homme (de la femme, de l'enfant) ; droit des peuples ; eugénisme ; transferts de populations ; catastrophes écologiques ; discrimination socio-économique ; sous-développement ; marginalisation de groupes ethniques ; destruction de l'identité culturelle ; persécutions religieuses, etc.
De la manière dont la communauté internationale les appréhendera ici, peuvent dépendre sa crédibilité et sa capacité à résoudre les mêmes ailleurs (qui ne manquent pas, du reste). Une expertise, un modèle de résolution globale pourraient certainement être acquis, définis, au prisme de la question tibétaine, puis transposés. La question du Tibet nous offre donc un champ d'action exemplaire à ce qui pourrait être l'expression d'une Éthique et d'une Conscience internationales.
Mais en définitive, la question fondamentale est celle du Politique : c'est à dire de l'objectif que l'on souhaite assigner à cette action, du sens qu'on lui confère, et de la volonté que l'on met pour atteindre le but fixé.
Au final, on en arrive à la question de l'universel. Certains principes, comme le respect des droits de l'Homme et de la dignité de la personne humaine ne sont-ils pas des valeurs universelles de l'Humanité ? Dès lors, n'appartient-il pas à chacun de nous, individuellement ou collectivement, d'en être le garant et de vouloir les élever toujours plus haut ?
Le Plan de paix en cinq points
Dans ce plan exposé devant le Congrès américain en 1987, puis précisé devant le Parlement européen l'année suivante, le Dalaï-Lama, soulignant que cela pourrait constituer la contribution du Tibet au monde, propose :
o La transformation du Tibet (y compris, bien entendu, Amdo et Kham) en zone de paix, de non-violence (Ahîmsa) ;
o L'abandon par la Chine de sa politique de transfert de population ;
o Le respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques du peuple tibétain ;
o La restauration et la protection de l'environnement au Tibet ;
o L'amorce de véritables négociations sur le futur statut du Tibet et sur les relations entre les peuples tibétains et chinois.
« Le Tibet serait un sanctuaire neutre, démilitarisé, où les armes seraient interdites et où les hommes vivraient en harmonie avec la nature. Ceci n'est pas juste un rêve mais précisément la manière dont les Tibétains essayèrent de vivre pendant plus de mille ans avant l'invasion tragique de notre pays. Au Tibet, la vie sauvage était protégée selon les préceptes du bouddhisme. Au XVIIe siècle, nous avons commencé à promulguer des lois pour protéger l'environnement...»
(Discours au Sommet de la Terre - Rio, juin 1992)
EN GUISE DE CONCLUSION :
Défendre la cause tibétaine, ce n'est pas frapper d'anathème le peuple ou la civilisation de la Chine. C'est seulement et avant tout vouloir être informé(e), refuser la disparition d'un peuple et d'une culture en ce qu'ils ont d'uniques, refuser qu'un enfant demeure retenu prisonnier, refuser d'abdiquer des valeurs universelles -- nos valeurs -- de droit, de tolérance et de respect, refuser d'entrer dans le XXIe siècle sans le Tibet et ce qu'il symbolise et ainsi, peut-être, contribuer à sauver ailleurs, d'autres Tibet(s), d'autres enfants-prisonniers, d'autres idées.
Pendant ce temps, pacifiquement, les Tibétains continuent de résister...
Olivier Masseret, le 19 février 1999, Losar de l'An 2126.
[1] Gilles Van GRASDORFF, Terre des dieux, malheur des hommes, entretien avec le Dalaï-Lama. - J.-C. Lattès, 1995 ; Le Livre de poche, 1996.
[2] Gilbert BUÉSO, Parlons tibétain, L'Harmattan, 1998.
[3] En chinois, le Tibet est désigné sous le nom de Xizhang, ce qui signifie « La Maison des trésors de l'Ouest ».
[4] International Commission of Jurists, Tibet : Human Rights and the Rule of Law, Genève, 1997
[5] Amnesty International, Chine : répression au Tibet, 1992 : Human Rights Watch, Cutting off the serpent's head : Tightening Control in Tibet, 1996 ; P.-A. DONNET, Tibet mort ou vif, Folio.
[6] Ouvrages réalisés sous la direction de scientifiques : J. HAYWARD et F. VARELA, Passerelles : entretien avec le Dalaï-Lama sur les sciences de l'esprit, Albin Michel, 1995 ; S. CROSSMAN et J.P. BAROU, Tibet, les formes du vide, Indigène, 1996 ; D. GOLEMAN, Quand l'esprit dialogue avec le corps : entretiens avec le Dalaï-Lama sur la conscience, les émotions et la santé, Trédaniel, 1997 ; T. CLIFFORD, La médecine bouddhique tibétaine et sa psychiatrie, Dervy, 1998 ; F. VARELA, Dormir, rêver, mourir : explorer la conscience avec le Dalai¨-Lama, Nil, 1998.





