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LE MOT DU PRESIDENT 

 

Pourquoi un groupe d'information parlementaire sur le Tibet ?

 

Bienvenue sur les pages internet du groupe d’information sur le Tibet du Sénat,

L’objet de ces pages n’est pas principalement de fournir une information factuelle sur la situation au Tibet et sur la communauté tibétaine en exil, qui peut être trouvée par ailleurs sur les sites internet des nombreuses associations pro-tibétaines, du gouvernement tibétain en exil et de la région autonome du Tibet.

Leur objet essentiel est de rendre compte de l’activité et des prises de positions du groupe d’information. Les analyses contenues dans les rapports publiés par le groupe et les comptes rendus d’auditions s’appuient sur des sources de première main, en raison de la qualité des personnalités entendues au Sénat ou rencontrées lors des missions du groupe d’information à l’étranger.

En effet, oeuvrant dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler la « diplomatie parlementaire », le groupe d’information entretient des contacts réguliers avec le ministère des Affaires étrangères, avec l’ambassade de la République populaire de Chine, ainsi qu’avec le représentant du Dalaï-Lama en France et les autorités du gouvernement tibétain en exil. Il accueille au Sénat, lors de leur passage à Paris, des personnalités de la communauté tibétaine réfugiée à l’étranger, au premier rang desquelles le Dalaï-Lama lui-même, aussi bien que des représentants des Tibétains vivants en Chine. Enfin, des délégations du groupe d’information se sont rendues à Dharamsala, en 2005, puis à Lhassa et Pékin, en 2006.

Le groupe d’information sur le Tibet, dont la création a été autorisée en 2000 par le Bureau du Sénat mais qui existait déjà sous une forme associative depuis 1998, réunit 28 sénateurs particulièrement concernés par cette question. Pour chacun d’entre eux, l’adhésion à la cause tibétaine ne procède pas d’une appartenance politique particulière, mais relève d’une démarche personnelle.

Notre premier motif d’engagement est le refus de la disparition d’un pays, d’un peuple et d’une civilisation, actuellement en cours au Tibet, qui viendrait réduire la richesse et la diversité de l’humanité. Cette disparition programmée est d’autant plus inacceptable que les Tibétains y répondent par la non-violence, et qu’elle se déroule dans l’indifférence des grandes puissances. C’est donc un devoir, pour les parlementaires d’un pays libre, que de briser le silence des nations sur cette tragédie.

La « diplomatie parlementaire », à laquelle le groupe d’information sur le Tibet du Sénat souhaite contribuer dans la mesure de ses moyens, peut aider à cette prise de conscience de la communauté internationale, en faisant entendre un point de vue intermédiaire entre la raison d’Etat et les convictions des citoyens français, qui sont dans leur majorité sensibles à la question tibétaine, sans toujours bien en connaître les tenants.

Les membres du groupe d'information constatent que les tragiques évènements du printemps 2008 ont révélé au monde entier la réalité de la situation du Tibet. Les autorités chinoises ne peuvent plus se contenter de tenir à l'opinion publique internationale un discours glorifiant l'oeuvre civilisatrice de la Chine dans cette province périphérique, qu'elle s'est concrètement annexée en 1949. La frustration et les souffrances de la population tibétaine sont désormais patententes.

Dans ce contexte, le groupe d’information suit avec grande attention les négociations sino-tibétaines, dont les parlementaires de notre pays sont nombreux à espérer l’aboutissement. En commun avec son homologue de l’Assemblée nationale, le groupe a lancé une « Déclaration des parlementaires français sur le dialogue entre le gouvernement chinois et les envoyés du Dalaï-Lama », qui a recueilli les signatures de 171 députés et de 129 sénateurs.

En cette année 2009, qui s'annonce cruciale pour le Tibet et sera l'occasion de commémorer l'invasion chinoise de 1949 et l'insurrection de Lhassa en 1959, le groupe d'information sera plus actif que jamais. Il s'efforcera de prendre des initiatives en commun avec les groupes sur le Tibet de l'Assemblée nationale, du Parlement européen, et d'autres Parlements de pays démocratiques.

La France, en tant que patrie des droits de l'Homme, doit demeurer en pointe sur la question tibétaine. Néanmoins, l'Union européenne est sans doute le niveau pertinent pour évoquer ce sujet sensible avec la Chine. Il est essentiel que les 27 Etats membres parviennent à dégager une position commune, et soutiennent tous ensemble le processus de négociation sino-tibétain.

On imagine l’impact mondial de la conclusion d’un accord durable et mutuellement satisfaisant pour les autorités chinoises et pour les autorités tibétaines en exil, suivie par le retour du Dalaï-Lama au Tibet. Ce serait, de la part du gouvernement chinois, un signe de force et un acte de foi dans la démocratie. C’est, en tout cas, le vœu que forment les membres du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, inspirés par un double sentiment d’amitié pour le peuple tibétain et pour le peuple chinois.

Jean-François Humbert, sénateur du Doubs