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Les groupes politiques du Sénat - déclarations politiques

DÉCLARATIONS POLITIQUES

 

REMISES A LA PRÉSIDENCE DU SÉNAT EN OCTOBRE 2011 ET JANVIER 2012

 

En application de l’article 5 du Règlement

 

 

 

Déclarations comme groupe d'opposition ou groupe minoritaire (octobre 2013)


Groupe Socialiste et apparentés 

 

Le parti socialiste a pour but l’émancipation de l’homme dans la société en le libérant de toute sorte d’aliénation pouvant l’opprimer et en lui assurant le plein exercice de ses droits et libertés dans le respect de la collectivité. Les sénateurs socialistes sont conscients qu’une telle ambition doit être animée par une forte volonté de justice et d’égalité. Il s’agit de créer un monde meilleur dans lequel l’individu peut exprimer tout son potentiel et dans lequel la collectivité a toute sa place.


L’homme est un être de raison, libre et social ; il s’émancipe dans et par la société. C’est pour cela que la fraternité, si chère aux socialistes, est et doit rester une valeur essentielle de la République.


Le combat pour la liberté et la laïcité doit être un engagement constant et faire l’objet d’une grande vigilance de tous les citoyens.


Plus que des principes, ces conditions essentielles à la démocratie et au bien être de chacun doivent se transcrire en volonté politique. En ce sens, le parti socialiste et ses sénateurs défendent le modèle de l’État social. Celui-ci implique une meilleure justice sociale grâce à la redistribution des richesses, à la solidarité et doit assurer la mise en œuvre de l’égalité des chances.


L’égalité implique aussi le rejet par les socialistes de toute sorte de discriminations, de tout refus de l’autre. La France s’est construite à partir de diverses origines et doit retrouver son modèle républicain d’intégration mis à mal par les gouvernements successifs de droite.


Dans un contexte économique international bouleversé, les socialistes réaffirment le rôle de régulation et de contrôle de l’État sur le marché afin que celui-ci cesse de sacrifier les intérêts humains au profit des intérêts financiers.


Nous pensons que le progrès scientifique et économique est l’instrument nécessaire d’une telle société. La recherche médicale, les avancées technologiques ainsi que la formation et l’éducation sont autant de domaines dans lesquels l’État doit s’investir pour le bien-être de l’homme.


Toutefois, le progrès doit se faire avec la prise en compte impérative de l’écologie, du développement durable qui préserve les générations futures.


Alors que la droite mène une politique conduisant à la désertification des services publics tant par les réductions de crédits que par la privatisation, nous réaffirmons la tradition française du service public. Celui-ci doit permettre d’offrir à tous, partout, le plus justement possible des services publics aussi nécessaires que l’éducation, la santé, la justice, la sécurité ou le transport.


Les sénateurs socialistes se proposent d’être les garants de l’autonomie et de la spécificité des collectivités territoriales, de lutter pour qu’elles aient que les moyens de l’exercer grâce à la péréquation et la solidarité territoriale. Nous sommes pour une démocratie locale innovante, promouvant la diversité et la spécificité de la France.


Alors que la droite fait aujourd’hui la démonstration de l’échec de sa politique libérale, les sénateurs socialistes, nouvelle majorité parlementaire d’opposition républicaine, veilleront à porter une alternative crédible et responsable de progrès durable, porteur d’espoir pour l’avenir.


Groupe Union pour un Mouvement Populaire

Nous, Sénateurs soussignés, avons décidé de nous réunir au sein du groupe Union pour un Mouvement Populaire, afin de soutenir, d’encourager et de participer aux réformes engagées par le Président de la République et par le Gouvernement.

Nous faisons le choix d’exercer le mandat qui nous est confié dans un esprit de responsabilité, de dignité et d’unité, mais aussi dans le respect de la liberté d’expression et de vote de chacun.

Attachés aux valeurs de notre République et à la défense des libertés de tous, nous mettrons au cœur de notre action législative la seule volonté de servir nos concitoyens et de respecter les engagements pris devant eux par la majorité présidentielle, à laquelle nous appartenons

A partir de valeurs partagées, nous entendons légiférer, contrôler, alerter, anticiper et innover afin de construire l’avenir.

Pour une démocratie juste, responsable et irréprochable

Parce qu’il doit être efficace, moderne et protecteur, dans un contexte international marqué par une crise d’une extrême gravité, l’État doit montrer sa capacité à se réformer. Les impératifs d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier, les exigences des Français ont changé. L’État ne doit plus empêcher, entraver ou restreindre, il doit permettre, inciter, encourager et soutenir. Il doit mieux écouter les attentes des Français.

Il doit imposer des règles.

Une démocratie responsable est une démocratie soucieuse de ses finances publiques. La maîtrise des comptes de la Nation est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit. Nous considérons que les dépenses de fonctionnement de l’État doivent diminuer pour que la France puisse retrouver des marges de manœuvre pour préparer l’avenir. Nous nous engageons, par les moyens de contrôle et législatifs qui nous sont dévolus, à œuvrer en ce sens. Nous souhaitons donc que la règle d’or soit solennellement inscrite dans notre Constitution.

Maîtriser les finances publiques impose également d’approfondir la réforme de l’État. Pour être efficace, l’État doit recentrer son action sur ses grandes missions. Pour être efficace, les compétences de chacun, État et collectivités locales, doivent être claires et lisibles pour tous.

La question de l’aménagement et de l’équilibre du territoire demeure profondément d’actualité. Elle est une préoccupation des élus et de nos concitoyens que nous avons résolument à prendre en compte.

Nous devons poursuivre la réforme territoriale pour plus d’efficacité au service de nos concitoyens et des collectivités locales, avec un objectif de rationalisation des dépenses.

C’est pourquoi, nous entendons réaffirmer notre rôle constitutionnel de représentants des territoires, qu’ils soient de Métropole ou d’Outre-mer.

Pour des politiques qui encouragent l’initiative et la responsabilité

Le chômage, la précarité et le caractère dévastateur des 35 heures ont contribué à dévaloriser le travail et à faire perdre confiance aux Français. Le travail est pourtant un facteur de liberté, d’intégration et de croissance économique. C’est une des conditions du dépassement de soi, de la réussite de notre société et de la mise en commun des projets et des énergies.

Nous considérons que la France est une nation qui doit avoir l’ambition de donner du travail à chacun de ses enfants. Nous croyons au mérite qui seul légitime les ambitions et au travail sans lequel on ne construit rien. Nous croyons à l’effort qui donne sens à la vie.

Nous voulons que soient récompensés, à tous les niveaux, ceux qui s’impliquent et qui cherchent à innover. Le mérite et l’ascension sociale sont les signes d’une société qui progresse. C’est pourquoi, nous soutenons toutes les mesures qui tendent à réhabiliter et à encourager le travail.

A côté de la valeur de travail, il faut remettre l’esprit d’entreprendre au cœur du système de valeur de l’économie. Nous considérons que l’avenir de notre économie, c’est l’innovation, l’imagination, l’envie de créer, la volonté d’entreprendre, la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative.

Nous croyons que l’économie de marché, c’est le marché régulé, le marché mis au service du développement et au service de tous.


Pour renouer avec les repères d’autorité et de respect

L’autorité et le respect sont des valeurs fondamentales sans lesquelles il n’y a pas de société possible. Les familles, l’école et la société dans son ensemble doivent devenir à nouveau des lieux de transmission de ces repères.

L’idéal républicain propose une émancipation de l’homme par l’instruction. Cet objectif demeure le nôtre. Aussi, veillerons-nous à ce que l’éducation reste au service de l’égalité des chances et de la cohésion sociale.

Parce que la sécurité est la première des libertés, parce que la violence frappe d’abord les plus fragiles, nous poursuivrons avec détermination la politique engagée depuis 2002 pour la tranquillité de tous.

Garant de l’intégrité du territoire, l’État doit assurer la sécurité à l’extérieur de nos frontières et remplir les engagements de la France à l’égard de ses alliés. Attachés à l’indépendance nationale, nous soutiendrons toutes les mesures visant à donner à la France les moyens de son action militaire et diplomatique en Europe et dans le monde.

Face à la crise de confiance sans précédent qui ébranle actuellement l’économie mondiale, nous attendons de l’État qu’il garantisse la sécurité et la continuité du système financier. Nous soutiendrons toutes les mesures tendant à créer les outils d’une régulation mondiale que la globalisation des échanges rend désormais nécessaire.

Pour des politiques solidaires et généreuses

En défendant la solidarité et la générosité, nous voulons construire une société qui fasse à chacun toute sa place. La solidarité doit, en effet, permettre de protéger chacun contre les aléas de la vie : maladie, handicap, dépendance ou chômage ; une société qui garantit la pérennité des mécanismes collectifs de solidarité qui lui sont propres.

L’excellence de notre système de santé, l’un des meilleurs au monde, doit être préservée. La santé n’est pas un coût, c’est un investissement, une richesse, des emplois, de la croissance et surtout un bien-être qui n’a aucun prix. Nous appelons, toutefois, à ce que chacun se sente responsable de son financement. Sa pérennité impose de la responsabilité.

Pour une France rayonnante en Europe et dans le monde

Jamais sans doute le monde n’a été si plein d’espoirs mais en même temps de menaces, de chances mais aussi de détresses, de possibilités mais hélas d’injustices. Face à ces tensions, nous devons garder à la France la force de sa voix singulière sur la scène internationale et maintenir notre effort de défense.

Nous attendons de la France qu’elle soit une puissance qui mette sa force au service des plus faibles parce que nous croyons que tous les pays du monde ont le droit d’être libres. Nous attendons de la France qu’elle pèse sur la scène mondiale et assume sa responsabilité dans la gestion des conflits mondiaux.

Aussi, nous soutiendrons toutes les initiatives du Président de la République pour faire entendre la voix de la France dans le Monde.

Nous considérons que l’Europe est une chance pour la France car elle nous permet, ensemble, de développer des chantiers qui ne sont plus à la portée d’un seul pays.

L’Europe doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers. Nous souhaitons une Europe qui défende les droits de l’Homme, la démocratie, la protection des plus faibles, la solidarité et la protection de l’environnement.

Le développement et l’aménagement durable, la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité sont les défis majeurs du 21ème. Conscients de ces enjeux, nous nous engageons à placer le développement durable au cœur des politiques publiques.

Enfin, nous estimons que l’Europe doit être toute proche de nos concitoyens: les décisions pour lesquelles nous sommes plus forts ensemble doivent être prises au niveau européen, celles qui peuvent être arrêtées au plus près du citoyen doivent rester à des échelons de proximité. Avec ce principe de subsidiarité, l’Europe peut alors se concrétiser dans des projets communs qui améliorent la vie de tous.

Tel est le sens que nous souhaitons donner à notre action.

 

Groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC

 

Le renouvellement sénatorial du 25 septembre 2011 a marqué une inflexion historique de la Haute assemblée. Ses équilibres politiques en sont profondément modifiés.

L’issue de ce scrutin semble difficilement dissociable du malaise croissant exprimé par les élus locaux, notamment suite aux dernières réformes territoriales et, plus globalement, des inquiétudes de nos concitoyens face à la crise économique et sociale que traverse notre pays. Un malaise et des inquiétudes qui se traduisent par une défiance du politique.

Dans un tel contexte, les valeurs et propositions portées par le groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC semblent plus que jamais devoir être prises en compte, tant sur le plan politique et institutionnel que sur celui des réformes à mettre en œuvre d’urgence.

Sur le plan politique et institutionnel, le groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC affirme avec force la nécessité de garantir l’indépendance et les prérogatives du Sénat.

Nous avons plus que jamais besoin d’une Haute assemblée au service de la France et des Français pour prendre les mesures courageuses qui s’imposent aujourd’hui.

Mais, dans la situation politique actuelle, le Sénat ne pourra continuer de jouer pleinement ce rôle que s’il demeure indépendant de toute logique bipolaire et partisane capable de le conduire droit au blocage.

Afin d’éviter cet écueil, le rassemblement de toutes les forces centristes au sein du groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC participe d’une dynamique vertueuse de recomposition du paysage politique sénatorial.

Le groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC affirme aussi la nécessité de défendre l’indépendance du Sénat vis-à-vis de l’exécutif. Il s’engage à faire respecter les prérogatives institutionnelles du Sénat, telles que définies par la loi constitutionnelle issue de la révision du 23 juillet 2008.

Si ces conditions politiques et institutionnelles sont réunies, alors le Sénat pourra prendre les mesures de redressement des finances publiques, de justice sociale et d’équité territoriale dont la France a un besoin urgent.

Sur le plan des réformes à mener, le groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC affirme en effet la nécessité de :

  • Lutter contre les déficits publics. Le niveau de l’endettement et des déficits est devenu intolérable. Il compromet les politiques publiques et pèse sur la croissance française. Un plan de retour à l’équilibre crédible doit de toute urgence être mis en œuvre ;
  • Mettre en place une économie sociale de marché. Libérer les énergies entrepreneuriales et inciter à la reprise d’emploi tout en accompagnant les mutations économiques est une priorité afin d’accroitre la croissance potentielle de notre pays et de gagner en compétitivité pour lutter contre les délocalisations ;
  • Créer les conditions d’une croissance durable. La question environnementale est un enjeu d’avenir. Si de gros investissements publics sont nécessaires pour y faire face, nous devons imaginer les structures susceptibles d’en faire à leur tour des relais de croissance ;
  • Pérenniser et approfondir la décentralisation. Le malaise ressenti par les élus locaux provient tant de la complexité de la décentralisation que du décalage croissant entre leurs missions et les moyens dont ils disposent pour les remplir. Il convient non seulement de rationnaliser la décentralisation mais aussi d’accroitre les prérogatives locales, notamment les champs d’expérimentation, et de garantir aux collectivités les moyens de leurs ambitions ;
  • Approfondir la construction européenne dans une optique fédérale. La construction européenne souffre de son inachèvement. L’euro est une monnaie orpheline d’État. Ce qui menace l’équilibre de tout le système économique de l’Union. De même, la défense européenne peine à se structurer. Il convient maintenant de s’engager dans un approfondissement plus résolument fédéral au moins sur ces deux terrains.

Le groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC s’engage à peser de tout son poids politique pour faire valoir la nécessité et l’urgence d’avancer sur ces cinq axes prioritaires.

 

Groupe communiste, républicain citoyen 

Le 25 septembre 2011, la droite a été battue au Sénat pour la première fois depuis 1958. C’est un événement historique.

Ce fait politique majeur n’est pas le fruit de circonstances, mais le résultat d’une véritable révolte des territoires, de leurs élus, qui ont massivement relayé la colère des populations contre la politique du pouvoir actuel.

Les causes de cette colère sont multiples.

La réforme territoriale voulue et imposée par le Président de la République, qui met directement en cause la démocratie locale en ouvrant la voie à une recomposition autoritaire des collectivités territoriales a suscité la réprobation des élus locaux.

Cette réforme est apparue pour ce qu’elle est : une remise en cause du modèle républicain, de l’unicité des services publics déjà bien mis à mal. Personne ne s’y trompe, c’est l’ensemble de la politique de N. SARKOZY qui est sanctionnée au travers du scrutin sénatorial.

En effet, cette réforme territoriale est imposée dans le cadre de la déstructuration libérale de notre société. L’agression contre les services publics, école, poste, hôpital, gendarmerie, justice, rend la situation aujourd’hui insupportable pour les populations et leurs élus dans les zones urbaines comme les zones rurales. Sur le territoire métropolitain et dans les territoires d’Outre mer spécifiquement touchés par la mondialisation ultralibérale.

C’est donc en toute logique que le nouveau Sénat, sa nouvelle majorité de gauche, devra rapidement proposer l’abrogation de la réforme territoriale de N. SARKOZY, et en lien étroit avec les élus locaux élaborer un projet alternatif de décentralisation démocratique.

Un tel projet devra s’appuyer sur des ressources nouvelles pour les collectivités locales, issues notamment de la taxation des actifs financiers. Dans le même esprit, les transferts de charges et de compétences devront être intégralement compensés par l’État et de manière pérenne.

Le groupe CRC, deuxième groupe de la majorité, fonde son engagement dans deux directions : l’opposition à la politique de Nicolas SARKOZY et la préparation de propositions alternatives, en rupture avec la politique libérale.

La politique mise en œuvre depuis l’élection en 2007 du Président de la République, Nicolas Sarkozy, a accéléré et aggravé les politiques menées depuis des années. Elle a porté des coups à la grande majorité de notre peuple, a dégradé l’image de notre pays : cadeaux fiscaux aux plus riches, démantèlement du code du travail, agression contre les 35 heures, baisse des salaires et remise en cause du droit à la retraite, création des franchises médicales, recul du droit à l’éducation, suppression massive d’emplois publics, privatisation de la poste, bradage de l’audiovisuel public, atteintes aux libertés, alignement sur la stratégie belliqueuse de l’OTAN et des États-Unis...

C’est la remise en cause des droits fondamentaux : l’éducation, le travail, la santé, le logement. Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain citoyen, solidaires de la population, sont déterminés à exprimer ses difficultés et à relayer ses colères et ses exigences.

La très grave crise financière qui sévit depuis le mois de septembre 2008 a mis en évidence les dangers, pour l’ensemble de la planète, de politiques qui privilégient les intérêts de quelques grandes fortunes au détriment de l’intérêt général. Alors que les responsables sont clairement identifiés, financiers et spéculateurs, ce sont les peuples qui sont placés sous le dur régime de l’austérité.

Les sénateurs du groupe CRC porteront la nécessité d’un retour de la puissance publique pour contrer la dictature des marchés financiers et l’influence néfaste des agences de notations.

Le rôle et la conception actuelle de la Banque centrale européenne doivent être remis en cause. Dans ce cadre, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen agiront pour une refonte de la fiscalité permettant une juste redistribution des richesses.

Conscients des nouveaux enjeux écologiques, éthiques, démocratiques qui pèsent sur le devenir de notre société, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC sont convaincus de la nécessité d’inventer un nouveau mode de développement susceptible de préserver la planète pour notre génération et celles qui viennent et de garantir le droit à l’accès pour tous aux biens communs vitaux (eau, énergie, alimentation…). Dans ce cadre, ils veulent une véritable dynamique de réindustrialisation de notre pays. Ils demandent la tenue d’un grand débat national sur l’énergie. Ils considèrent donc indispensable de promouvoir la recherche scientifique et technique et l’investissement par des politiques publiques audacieuses. Leur ambition, c’est d’agir pour la justice sociale, la défense des libertés et des droits fondamentaux tels que :

  • le droit à la santé, au travail et à la retraite ;
  • le droit à l’éducation dans une école publique et laïque, ouverte au XXIe siècle ;
  • le droit au logement avec des loyers accessibles au plus grand nombre ;
  • l’essor et le développement des services publics, indispensables à la satisfaction des besoins sociaux ;
  • le respect du droit à la sécurité et à la tranquillité publique avec le développement des moyens afférents ;
  • le rétablissement des libertés publiques et des moyens pour la justice ;
  • l’indépendance du parquet ;
  • un développement culturel et artistique puisant dans la diversité et les nouvelles technologies une force nouvelle ;
  • des ressources pérennes pour un audiovisuel de qualité ;
  • le pluralisme et l’indépendance des médias ;
  • une Europe de progrès en rupture avec les dogmes libéraux, une Europe construite par et pour les peuples ;
  • une solidarité internationale, une politique de paix et de développement.
  • le respect des droits et de la dignité des étrangers qui vivent et travaillent sur notre territoire.

Ils veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains.

Ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique. Ils souhaitent agir rapidement et efficacement en faveur de la transparence de la vie politique et veulent mettre un terme aux rapports entre puissance d’argent et femmes et hommes politiques.

Ils se prononcent pour une lutte permanente contre les conflits d’intérêts.

Ils se prononcent pour l’instauration d’une déclaration d’intérêt pour les parlementaires et ministres en particulier, ainsi que le développement des incompatibilités entre fonctions ou professions, et mandats électoraux.

Il faut mettre un terme au feuilleton des « affaires ».

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République citoyenne et sociale.

Dans ce cadre, ils se prononcent pour une réforme importante d’un Sénat démocratisé et transparent dans son organisation et sa gestion.

Le groupe communiste républicain citoyen s’honore de réaliser la parité hommes-femmes.

Il respecte la diversité, en son sein, chaque sénatrice et sénateur compte pour un et aucune décision, vote ou proposition de loi ne leur est imposé, l’unité d’action étant décidée par le libre débat.

 

Groupe du Rassemblement Démocratique et Social européen

Fondé voici plus de cent dix ans, héritier des grandes traditions républicaines, hostile à tout dogmatisme, notre Groupe a pour règle d'assurer à tous ses membres une totale liberté d'expression, de décision et de vote.

Il entend que l'esprit de tolérance et de compréhension préside à toutes ses délibérations, ce qui n'exclut pas, le cas échéant, des prises de position d'une grande fermeté à titre individuel ou collectif. En particulier son Président doit exprimer, à la Conférence des Présidents, quand une décision politique importante se présente, la sensibilité majoritaire du groupe réuni au préalable.

Pour libres qu'ils soient de leur expression et de leur vote, les membres du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen se retrouvent sur des choix essentiels :

Ils affirment, en accord avec les principes républicains, leur attachement à l'État de droit, aux libertés publiques, aux Droits de l'Homme et du Citoyen et au respect des lois.

Sur le plan des institutions, ils confirment leur volonté d'assurer un respect rigoureux de la Constitution, préservant le rôle, les pouvoirs et les droits du Parlement et notamment du Sénat qui représente, selon notre loi fondamentale, les collectivités locales mais aussi, selon la plus ancienne tradition, le sens de la continuité et du Bien public.

Ils croient à la valeur de la politique qu'ils ne réduisent pas aux seuls impératifs de gestion. La République est une idée toujours neuve, comme l'exprimait jadis Georges Clemenceau. Son exigence est inscrite dans sa devise :


Liberté fondée sur la laïcité, c'est-à-dire le débat public en dehors des dogmes, à la lumière de la raison naturelle, entre citoyens qui détiennent chacun une parcelle de la souveraineté populaire. La laïcité affirme au-dessus de toute autre, la valeur de la liberté de conscience. Former des citoyens libres est depuis toujours la tâche de l'École républicaine. Mais ce doit être aussi aujourd'hui une des missions du service public de l'audiovisuel et une ambition de la politique culturelle.

Égalité des chances, toujours à parfaire pour que soient compensés les handicaps de départ, notamment sociaux, et que chacun puisse aller au bout de ses possibilités, conformément au principe de l'élitisme républicain.

Fraternité qui découle de l'égalité et de la responsabilité des citoyens dans une République humaniste et solidaire où des services publics performants doivent trouver toute leur place.

Cette exigence républicaine, la vocation naturelle de notre groupe est de la faire partager par d'autres. Le renouveau du civisme s'adosse naturellement à un patriotisme républicain ouvert sur l'universel.

Il n'y a aucune contradiction entre cette exigence républicaine et la volonté de construire une République européenne, à l'écoute des peuples qui la composent.

Pas davantage cette exigence républicaine ne s'oppose à la réforme de l'État et à la décentralisation, dès lors qu'elles ne remettent pas en cause la solidarité nationale. Notre groupe entend préserver et favoriser l'autonomie des collectivités locales, creusets de la démocratie.

Il entend également lutter pour réformer notre système d'enseignement et de formation professionnelle afin de valoriser la ressource humaine et la recherche, principaux atouts de la France dans la compétition mondiale et assurer à notre démocratie un avenir conforme aux idéaux qui l'ont fait naître.

Notre groupe entend enfin protéger l'environnement sans remettre en cause l'idéal du progrès économique et social et relever ainsi le défi de ces deux ambitions complémentaires.

Composé d'hommes et de femmes venus d'horizons divers, qui mettent leur engagement personnel et leur sens politique au service d'un renouveau républicain, le Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen entend dépasser les clivages devenus secondaires pour montrer, face aux défis d'une « globalisation » financière en crise, la permanence et l'actualité des grandes valeurs républicaines en France, en Europe et dans le monde.

 

 

Groupe Ecologiste


Le renouvellement sénatorial de 2011 a été marqué par un changement de majorité de la Haute Assemblée, désormais à gauche, et par la percée de l'écologie politique.

L'écologie politique se traduit par un projet global de transformation de la société. La conversion écologique de l'économie doit permettre de développer de nouvelles ressources durables, de réinvestir les territoires, de créer des activités non délocalisables et de renforcer les valeurs de solidarité, de justice, de lien social, d'innovation et de créativité. Ce projet d'une autre société s'accompagne d'une nouvelle audace démocratique, fondée sur la revalorisation de la représentation
parlementaire et de la participation citoyenne.

Nous, Sénatrices et Sénateurs écologistes, sommes soucieux d' « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre
aux leurs […] en commençant par les besoins des plus démunis ».

Nous défendrons six grandes orientations :

  •  bâtir un futur soutenable, par la réduction de notre empreinte écologique, la protection de la biodiversité et des biens communs, la lutte contre les dérèglements climatiques, la réponse aux besoins humains fondamentaux, la lutte contre les inégalités sociales, la sortie du nucléaire

 

  • développer une économie écologique au service des populations et des territoires et une agriculture respectueuse des équilibres et à même de nourrir sainement l'ensemble de la population

 

  • agir pour une société au service de tous, en particulier dans les domaines de l'éducation, de la recherche, du savoir, de la santé, des loisirs, de la culture... ; en renforçant la gestion du bien commun dans le sens de l'intérêt général, au travers de services publics rénovés

 

  • oeuvrer en faveur d'une société ouverte, garante de libertés, de droits et d'émancipation (respect de l'égalité entre les genres, de l'orientation sexuelle, pleine citoyenneté pour les personnes en situation de handicap, lutte contre toutes les discriminations, nouvelle politique migratoire et nouvelle politique de la ville)

 

  • investir dans un approfondissement démocratique de nos institutions, au sein d'une Europe fédérale au service des citoyens

 

  • construire un monde plus solidaire, responsable, équitable et pacifié, respectueux des libertés et des droits fondamentaux au sein d'une nouvelle gouvernance mondiale


Notre groupe défend l'égalité femmes-hommes, un moteur essentiel de la transformation de la société. Il fonctionne démocratiquement et accorde toute sa place au débat entre ses membres issus d'horizons variés, dans la recherche de l'intérêt général, de la protection du bien commun, aux antipodes des lobbies et des intérêts particuliers.

Nous plaidons pour que la délibération, la sobriété et l'éthique inspirent notre assemblée. Le rôle du politique est essentiel pour juguler les causes des crises sociale, économique, financière et environnementale qui frappent nos sociétés. C'est pourquoi nous nous engageons à être des parlementaires responsables, assidus au Sénat, actifs sur nos territoires et au sein de la société civile.

Nous voulons renforcer le rôle d'un Sénat rénové et renouvelé à l'intérieur du paysage institutionnel de notre pays. Nous souhaitons que la Haute Assemblée incarne davantage la société française, tant en matière de diversité que de poids des territoires. Lors des futures étapes de décentralisation que nous appelons de nos voeux, nous souhaitons que les régions – métropolitaines et d'outre-mer – prennent toute leur place dans le dialogue avec l'Europe et jouissent d'un renforcement de leurs compétences et de leurs moyens d'action. Le Sénat, que nous projetons de transformer en une chambre des Régions, devra être gardien du principe de subsidiarité dans un État plus décentralisé.


La création du premier groupe parlementaire écologiste en France constitue une opportunité historique pour mettre en œuvre des politiques écologiques et solidaires. Membres de la majorité sénatoriale, nous sommes décidés à relever ce défi, à enrichir et faire vivre la gauche au Sénat dans un souci de cohésion et de cohérence dans la défense de nos valeurs communes dans la société : la liberté, l'égalité et la fraternité, qui se prolongent par l'autonomie, la solidarité et la responsabilité.