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Les groupes politiques du Sénat - déclarations politiques

Déclarations politiques remises à la présidence du Sénat en octobre 2014 en application de l’article 5 du Règlement : 

 

 

Déclarations comme groupe d'opposition ou groupe minoritaire (octobre 2014)

Groupe Union pour un Mouvement Populaire

Nous, Sénateurs soussignés, avons décidé de nous réunir au sein du groupe Union pour un Mouvement Populaire, parce que nous voulons porter une espérance, tracer un autre chemin pour les Français et ouvrir de nouvelles perspectives. Nous croyons en la force de l’engagement politique, notre victoire au Sénat étant le premier pas de ce mouvement de reconquête.

Alors que la gauche au pouvoir conduit la France au déclin et que les extrêmes n’apportent aucune solution crédible, nous avons la conviction qu’une autre politique est non seulement possible mais indispensable.

En défendant les valeurs de responsabilité dans un esprit de service et d’unité, nous faisons le choix d’exercer le mandat qui nous est confié dans le respect de la liberté d’expression et de vote de chacun.

Notre famille, riche de ses différences et fière de ses racines, est tournée vers l’avenir avec le sens de l’union et l’ambition courageuse de construire une société solidaire, une démocratie exigeante et juste, un pays dont les Françaises et les Français soient fiers.

Attachés aux valeurs de notre République et à la défense des libertés de tous, nous mettrons au cœur de notre action législative la volonté d’écouter et de servir nos concitoyens. C’est la seule façon pour nous de restaurer leur confiance dans l’action publique.

Nous souhaitons réaffirmer notre attachement à la décentralisation, à la libre administration des collectivités locales et à leur autonomie financière, à la pérennité du département ainsi qu'à la commune, échelon central et pivot de l'organisation territoriale de notre pays. Dans ce cadre respecté, nous affirmons notre souhait de voir se mettre en place une véritable et ambitieuse politique équilibrée entre tous les territoires de la République.

Attentifs aux inquiétudes et aux espoirs des Français, nous entendons légiférer, contrôler, alerter, anticiper et innover afin de préparer l’avenir. Nous rendrons ainsi au Sénat sa pleine légitimité, afin qu’il retrouve tout son rôle et toute sa place dans nos institutions et dans le cœur de nos concitoyens.

Pour une démocratie juste, responsable et irréprochable

Parce qu’il doit être efficace, moderne et protecteur, dans un contexte international marqué par une crise d’une extrême gravité, l’Etat doit montrer sa capacité à se réformer. Les impératifs d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier, les exigences des Français ont changé. L’Etat ne doit plus empêcher, entraver ou restreindre, il doit permettre, inciter, encourager et soutenir. Il doit mieux écouter les attentes des Français.

Il doit imposer des règles.

Une démocratie responsable est une démocratie soucieuse de ses finances publiques. La maîtrise des comptes de la Nation est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit.

Nous considérons que les dépenses de fonctionnement de l’Etat doivent diminuer pour que la France puisse retrouver des marges de manœuvre pour préparer l’avenir. Nous rejetons l’idée folle que l’augmentation des impôts et en particulier sur les familles soit le seul moyen de revenir à l’équilibre des finances publiques. Nous avons la conviction que l’acharnement fiscal est dangereux et contre-productif. Il faut sortir de cette impasse fiscale dans laquelle la gauche plonge la France en revoyant en profondeur notre modèle fiscal et en baissant le niveau de nos prélèvements obligatoires qui pénalisent le travail, l’investissement et la production. Nous nous engageons, par les moyens de contrôle et législatifs qui nous sont dévolus, à œuvrer en ce sens.

Maîtriser les finances publiques impose également d’approfondir la réforme de l’Etat. Pour être efficace, l’Etat doit recentrer son action sur ses grandes missions. Pour être efficace, les compétences de chacun, Etat et collectivités locales, doivent être claires et lisibles pour tous.

La question de l’avenir de la décentralisation demeure profondément d’actualité. Depuis deux ans, les atteintes aux collectivités locales sont sans précédent : baisse des dotations, rythmes scolaires, redécoupage cantonal, nouvelles régions… La défense de nos territoires est notre devoir et nous nous engageons à faire entendre leur voix au Sénat et à défendre leurs droits et libertés.

Nous devons porter une ambition nouvelle pour nos territoires et poser la première pierre d’une approche refondée du dialogue entre l’Etat et les collectivités locales. Leurs ressources financières n’ont pas à être la variable d’ajustement du budget de l’Etat. Les collectivités locales peuvent s’associer à l’effort d’économie. Cet effort doit être proportionné et ne pas s’ajouter à des transferts de charges non financés.

Notre conviction est que nos territoires doivent être revitalisés en assurant un nouvel avenir au département, garant de l’équilibre urbain-rural et aux communes, échelon de base de notre démocratie locale et de proximité. Grâce à l'intercommunalité, nos communes conduisent des projets communs répondant au plus près aux besoins des populations. Elles sont donc au cœur de l'architecture institutionnelle de la décentralisation et dans le cœur de tous nos concitoyens.

Nous pensons qu'une véritable politique d'aménagement du territoire est complémentaire de la décentralisation. Dans le respect des libertés locales, elle doit être mise en place par l’Etat pour répondre à l'impératif de solidarité et de développement équilibré des territoires ruraux.

Notre détermination à mener ce combat est totale. Voilà pourquoi nous entendons réaffirmer notre rôle constitutionnel de représentants des collectivités territoriales, qu’elles soient de Métropole ou d’Outre-mer.

Pour des politiques qui encouragent l’initiative et la responsabilité

Le chômage, la précarité et le caractère dévastateur des 35 heures ont contribué à dévaloriser le travail et à faire perdre confiance aux Français. Le travail est pourtant un facteur de liberté, d’intégration et de croissance économique. C’est une des conditions du dépassement de soi, de la réussite de notre société et de la mise en commun des projets et des énergies.

Nous considérons que la France est une nation qui doit avoir l’ambition de donner du travail à chacun de ses enfants. Nous croyons au mérite qui seul légitime les ambitions et au travail sans lequel on ne construit rien. Nous croyons à l’effort qui donne sens à la vie.

Nous voulons que soient récompensés, à tous les niveaux, ceux qui s’impliquent et qui cherchent à innover. Le mérite et l’ascension sociale sont les signes d’une société qui progresse. C’est pourquoi, nous soutenons toutes les mesures qui tendent à réhabiliter et à encourager le travail. Pour nous le chômage n’est pas une fatalité, nous voulons réinventer le modèle économique et social pour remettre au centre la valeur travail.

A côté de la valeur de travail, il faut remettre l’esprit d’entreprendre au cœur du système de valeurs de l’économie. Nous considérons que l’avenir de notre économie, la compétitivité de nos entreprises, c’est l’innovation, l’imagination, l’envie de créer, la volonté d’entreprendre, la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative.

Nous croyons que l’économie de marché, c’est le marché régulé, le marché mis au service du développement et au service de tous.

Pour renouer avec les repères d’autorité et de respect

L’autorité et le respect sont des valeurs fondamentales sans lesquelles il n’y a pas de société possible. Les familles, l’école et la société dans son ensemble doivent devenir à nouveau des lieux de transmission de ces repères.

L’idéal républicain propose une émancipation de l’homme par l’instruction. Cet objectif demeure le nôtre. Aussi, veillerons-nous à ce que l’éducation reste au service de l’égalité des chances et de la cohésion sociale.

Parce que la sécurité est la première des libertés, parce que la violence frappe d’abord les plus fragiles, nous souhaitons que l’Etat, dont c’est l’une des missions fondamentales, réponde à ce besoin d’autorité et de protection exprimé par nos concitoyens. Les Français n’ont pas à choisir entre le laxisme et le populisme. La crise de confiance n’est pas une fatalité.

Garant de l’intégrité du territoire, l’Etat doit assurer la sécurité à l’extérieur de nos frontières et remplir les engagements de la France à l’égard de ses alliés. Attachés à l’indépendance nationale, nous soutiendrons toutes les mesures visant à donner à la France les moyens de son action militaire et diplomatique en Europe et dans le monde.

Pour des politiques solidaires et généreuses

En défendant la solidarité et la générosité, nous voulons construire une société qui fasse à chacun toute sa place. La solidarité doit, en effet, permettre de protéger chacun contre les aléas de la vie : maladie, handicap, dépendance ou chômage ; une société qui garantit la pérennité des mécanismes collectifs de solidarité qui lui sont propres. La solidarité, c’est l’inverse de l’assistance qui maintient l’individu dans un état de dépendance.

L’excellence de notre système de santé, l’un des meilleurs au monde, doit être préservée. La santé n’est pas un coût, c’est un investissement, une richesse, des emplois, de la croissance et surtout un bien-être qui n’a aucun prix. Nous appelons, toutefois, à ce que chacun se sente responsable de son financement. Sa pérennité impose de la responsabilité.

Pour une France rayonnante en Europe et dans le monde

Jamais sans doute le monde n’a été si plein d’espoirs mais en même temps de menaces, de chances mais aussi de détresses, de possibilités mais hélas d’injustices. Face à ces tensions, nous devons garder à la France la force de sa voix singulière sur la scène internationale et maintenir notre effort de défense.

Nous attendons de la France qu’elle soit une puissance qui mette sa force au service des plus faibles parce que nous croyons que tous les pays du monde ont le droit d’être libres. Nous attendons de la France qu’elle pèse sur la scène mondiale et assume sa responsabilité dans la gestion des conflits mondiaux. Nous attendons de notre pays qu’il soit un fer de lance dans la lutte contre les terrorismes de toutes sortes.

La voix de la France dans le Monde doit se faire entendre, son action être respectée, même si parfois le coût en est élevé.

Nous considérons que l’Europe est une chance pour la France car elle nous permet, ensemble, de développer des chantiers qui ne sont plus à la portée d’un seul pays.

L’Europe doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers. Nous souhaitons une Europe qui défende les droits de l’Homme, la démocratie, la protection des plus faibles, la solidarité et la protection de l’environnement.

Elle doit relever les défis majeurs du 21ème siècle que sont notamment le développement et l’aménagement durable, la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité. Conscients de ces enjeux, nous nous engageons à placer le développement durable et la transition énergétique au cœur des politiques publiques.

Enfin, nous estimons que l’Europe doit être toute proche de nos concitoyens : les décisions pour lesquelles nous sommes plus forts ensemble doivent être prises au niveau européen, celles qui peuvent être arrêtées au plus près du citoyen doivent rester à des échelons de proximité. Avec ce principe de subsidiarité, l’Europe peut alors se concrétiser dans des projets communs qui améliorent la vie de tous. Ce principe de subsidiarité doit redevenir un principe directeur de l’action européenne. Enfin, nous appelons de nos vœux une politique européenne plus protectrice de l’emploi, du développement industriel.

Tel est le sens que nous souhaitons donner à notre action.

Groupe Socialiste et apparentés 

Le parti socialiste a pour but l’émancipation de l’homme dans la société en le libérant de toute sorte d’aliénation pouvant l’opprimer et en lui assurant le plein exercice de ses droits et libertés dans le respect de la collectivité. Les sénateurs socialistes sont conscients que leur tâche doit être animée par une forte volonté de justice et d’égalité. Il s’agit de créer un monde meilleur dans lequel l’individu peut exprimer tout son potentiel et dans lequel la collectivité a toute sa place.

L’homme est un être de raison, libre et social ; il s’émancipe dans et par la société. C’est pour cela que la fraternité, si chère aux socialistes, est et doit rester une valeur essentielle de la République.

Le combat pour la liberté et la laïcité doit être un engagement constant et faire l’objet d’une grande vigilance de tous les citoyens.

Plus que des principes, ces conditions essentielles à la démocratie et au bien être de chacun doivent se transcrire en volonté politique. En ce sens, le parti socialiste et ses sénateurs défendent le modèle de l’État social. Celui-ci implique une meilleure justice sociale grâce à la redistribution des richesses, à la solidarité et doit assurer la mise en œuvre de l’égalité des chances.

L’égalité implique aussi le rejet par les socialistes de toute sorte de discriminations, de tout refus de l’autre. La France s’est construite à partir de diverses origines et doit s’enorgueillir de son modèle républicain d’intégration qu’il convient de rénover.

Dans un contexte économique international bouleversé, les socialistes réaffirment le rôle de régulation et de contrôle de l’État sur le marché afin que celui-ci cesse de sacrifier les intérêts humains au profit des intérêts financiers.

Nous pensons que le progrès scientifique et économique est l’instrument nécessaire d’une telle société. La recherche médicale, les avancées technologiques ainsi que la formation et l’éducation sont autant de domaines dans lesquels l’État doit s’investir pour le bien-être de l’homme.

Toutefois, le progrès doit se faire avec la prise en compte impérative des exigences écologiques et obéir à un modèle de développement durable qui préserve les générations futures.

Nous réaffirmons la tradition française du service public. Celui-ci doit permettre d’offrir à tous, partout, le plus justement possible des services publics aussi nécessaires que l’éducation, le logement, les transports, la santé ainsi que la justice et la sécurité.

Les sénateurs socialistes se proposent d’être les garants de l’autonomie et de la spécificité des collectivités territoriales, de lutter pour qu’elles aient les moyens de l’exercer grâce à la péréquation et la solidarité territoriale. Nous sommes pour une démocratie locale innovante, promouvant la diversité et la spécificité de la France.

Les sénateurs socialistes s’inscrivent dans une dynamique de soutien au Gouvernement de progrès social, par l’opposition constructive à la majorité sénatoriale. Ils veilleront à ce que la France se réforme dans le cadre du débat parlementaire pour préparer l’avenir.

 Groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC

 

A l’issue du renouvellement du 28 septembre 2014, les sénateurs du groupe UDI-UC sont passés de 32 à 43. Ils sont issus de France métropolitaine, d’outre-mer, et des Français de l’étranger. 13 sont des femmes, ce qui en fait l’un des groupes les plus paritaires du Parlement.

Avec cette progression et l’arrivée de 15 nouveaux élus, le groupe UDI-UC apparaît comme un grand contributeur du renouvellement sénatorial. Il ne peut naturellement que s’en réjouir.

Mais il souhaite aussi et surtout en tirer tous les enseignements.

En renouvelant le Sénat, les grands électeurs ont manifesté leur rejet de la politique gouvernementale et, comme les Français l’avaient déjà fait quelques mois plus tôt à l’occasion des élections municipales et européennes, ils ont exprimé leur souhait d’un nouveau cap pour le pays.

Ils ont condamné l’immobilisme de l’actuelle majorité présidentielle teinté d’annonces de réformes alibi ou toujours repoussées. 

Un immobilisme qu’ils ne peuvent plus accepter compte tenu de la gravité de la situation.

La crise qui affecte notre pays n’en finit plus de sévir.

La croissance est atone, certains analystes allant même jusqu’à se demander si elle pourra repartir compte-tenu de l’érosion du potentiel productif français et de l’absence de confiance.

Alors que le Gouvernement avait annoncé l’inversion de la courbe du chômage pour la fin 2013, le nombre de demandeurs d’emploi ne cesse d’augmenter, la barre des 3 millions de chômeurs et 10% de la population active étant aujourd’hui franchie.

Simultanément, la puissance publique semble avoir perdu toute marge de manœuvre. Face au déficit public, le Gouvernement a démissionné. Le déficit de l’Etat est reporté d’un budget à l’autre sans aucun correctif au-delà de la mauvaise technique du rabot. Nos partenaires européens ne nous considèrent plus crédibles.

En plébiscitant massivement de nouvelles majorités pour les communes, puis en faisant basculer le Sénat, c’est leur inquiétude et leur colère que les électeurs ont exprimées.

Mais ils ont aussi manifesté leur conviction qu’une autre politique est possible.

Une politique qui ait le courage de s’attaquer aux réformes structurelles dont notre pays a urgemment besoin.

Autrement dit, une politique qui ait le courage de réformer notre fiscalité pour améliorer les marges de nos entreprises et faire gagner notre économie en compétitivité.

Parce que, ce n’est un secret pour personne, la croissance ne repartira pas sans un allègement substantiel des charges pesant sur la production. Et sans croissance, point d’emploi ni de redistribution.

Mais ce que les Français attendent, c’est aussi une politique qui s’attaque fermement aux déficits et à la dette, politique sans laquelle la confiance ne pourra être restaurée.

Enfin, ils souhaitent des dirigeants capables de prendre leurs responsabilités vis-à-vis d’une administration incapable de réformer ses politiques publiques ; des responsables qui aient le courage de rénover les conditions d’emploi dans les fonctions publiques.

Dans le contexte institutionnel actuel, le Sénat est à même d’exprimer ces idées et de porter un tel projet. Peut-être même est-il le seul.

En faisant basculer la majorité sénatoriale, les Français n’ont pas simplement joué la carte de l’alternance. Ils ont fait le choix d’une majorité où les centristes ont un poids et une position incontournables.

Ils ont entériné l’échec du bipartisme que la classe politique dominante tente de leur imposer depuis plus de 10 ans.

Ils en ont appelé à une famille politique qui n’est pas usée par le pouvoir.

Une famille politique porteuse de principes et de valeurs qui s’incarnent dans des idées fortes.

Celle du choc de compétitivité et de simplification bien sûr.

Mais aussi celle de la pérennisation et de l’approfondissement de la décentralisation, alors même que cette dernière est menacée par l’accroissement ininterrompu des contraintes des collectivités, par des charges non compensées dont l’impact est alourdi par la baisse concomitante des dotations.

Les valeurs qui sont les nôtres, ce sont aussi celles de la politique familiale, l’une des rares réussites françaises incontestables, qui ne cesse d’être détricotée par la majorité présidentielle.

Enfin, le groupe UDI-UC croit à la nécessité d’approfondir la construction européenne. Parce que, dans un monde ouvert et reconfiguré autour de grands blocs régionaux, dire que notre pays peut maintenir son rang seul relève du populisme. Aujourd’hui, on ne peut plus faire sans l’Europe. Une Europe qui doit résolument évoluer vers une intégration renforcée dans les domaines où l’union fait la force. Constat qui n’est pas une tristesse mais un appel renforcé à construire la « bonne » Europe.

C’est pour ces valeurs et ces idées que le groupe UDI-UC entend peser de tout son poids dans le Sénat renouvelé.

Groupe communiste, républicain citoyen 

La France traverse une crise économique et sociale d’une rare violence. Elle génère une crise politique profonde, une crise de confiance à l’égard des élus, une crise de valeurs.

Notre peuple subit depuis maintenant plus de 40 ans, crise après crise, une précarisation croissante, une angoisse qui s’amplifie d’année en année face à l’avenir.

Alors que le progrès technologique permet en théorie l’amélioration de la qualité de vie, bien souvent c’est à une dégradation des conditions d’existence que l’on assiste, comme l’atteste la réduction drastique de l’accès aux soins.

Depuis plus de 20 ans les inégalités de richesses sont en progression.

Aujourd’hui, les plus riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres.

Ces promesses non tenues depuis des décennies, les vives déceptions après les grands espoirs de 1981, de 1997 mais aussi après le référendum de 2005, sont de toute évidence à la source de cette grave perte de confiance. Cette dernière ouvre le chemin aux démagogues, à ceux qui pour conquérir le pouvoir, dressent ceux qui souffrent les uns contre les autres, plutôt que les unir face aux puissances financières. Le danger de la montée du Front national puise sa raison d’être dans ce terreau de déception, de colère, d’injustice.

Nos concitoyens n’ont pas supporté la présidence de Nicolas Sarkozy, cet affichage indécent des liens entre l’argent et le pouvoir politique, cette dégradation permanente de l’image de notre pays, de la fonction présidentielle et surtout, ils ont rejeté des options libérales décomplexées, symbolisées par la remise en cause de la retraite à 60 ans.

Notre peuple a dit stop à l’hyperprésidentialisme libéral de Nicolas Sarkozy. La capitulation immédiate de François Hollande quelques semaines après son élection devant les marchés financiers, qu’il dénonçait pourtant dans son fameux discours de campagne au Bourget, et la soumission sans renégociation aux dogmes libéraux du Traité budgétaire européen négocié par Mme Merkel et M. Sarkozy a, dès le départ, suscité la colère de l’électorat du 6 mai 2012.

Le pacte de responsabilité, les cadeaux massifs au patronat, la réduction des dépenses publiques comme seul projet de société, entraînent un rejet massif de la population.

Le choix de l’austérité dictée par la BCE et l’Allemagne est en contradiction totale avec l’espérance des électeurs de 2012.

La politique menée par le gouvernement de M. Valls sous la houlette du Chef de l’Etat, porte atteinte à la République, à ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Elle porte atteinte à des conquêtes sociales remontant à la Libération, en particulier en matière du droit du travail.

La réforme territoriale en cours, qui reprend celle enclenchée par Nicolas Sarkozy, pourtant combattue alors par le Parti socialiste, organise la déstructuration de l’architecture républicaine de nos institutions. Couplée avec la réduction drastique des moyens des collectivités territoriales, c’est une menace mortelle pour nos services publics, pour les piliers du modèle social français que sont les collectivités territoriales.

La préservation des départements et des communes est une exigence politique et sociale majeure.

Les sénateurs du groupe CRC estiment indispensable de consulter le peuple sur un projet de cette ampleur.

Les sénateurs du groupe CRC désapprouvent la politique menée par François Hollande. Ils ne sont pas membres de la majorité gouvernementale, ce qui ne les empêche pas d’œuvrer au rassemblement de tous ceux qui souhaitent construire une politique alternative à gauche. Ils considèrent que cette construction est la seule garantie contre la reprise en main de tous les pouvoirs par la droite.

Ils n’approuvent pas non plus une politique internationale qui s’aligne systématiquement sur les choix américains.

La France n’exprime plus une voix différente. Elle s’inscrit pleinement dans les stratégies de l’OTAN, participant à affaiblir l’ONU.

Les sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen s’opposent à la montée du terrorisme. Ils soutiennent les efforts pour le faire reculer mais sans ajouter la guerre à la guerre. Or, chacun sait que ce sont les destructions massives, la politique insensée des Etats-Unis et de ses alliés dans cette région qui ont créé les conditions de la montée de l’islam radical tourné vers le terrorisme. Ils considèrent que cette lutte doit en tout état de cause se faire dans le respect des libertés publiques.

L’heure est donc venue de la construction d’une politique alternative à gauche qui s’inscrive dans le monde d’aujourd’hui.

La très grave crise financière qui sévit depuis le mois de septembre 2008 a mis en évidence les dangers, pour l’ensemble de la planète, de politiques qui privilégient les intérêts de quelques grandes fortunes au détriment de l’intérêt général. Alors que les responsables sont clairement identifiés, financiers et spéculateurs, ce sont les peuples qui sont placés sous le dur régime de l’austérité.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC porteront la nécessité d’un retour de la puissance publique pour contrer la dictature des marchés financiers et l’influence néfaste des agences de notation.

Le rôle et la conception actuelle de la Banque centrale européenne doivent être remis en cause.

En tout état de cause, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC agiront pour une refonte de la fiscalité permettant une juste redistribution des richesses.

Conscients des nouveaux enjeux écologiques, éthiques, démocratiques qui pèsent sur le devenir de notre société, les sénatrices et les sénateurs sont convaincus de la nécessité d’inventer un nouveau mode de développement susceptible de préserver la planète pour notre génération et celles qui viennent et de garantir le droit à l’accès pour tous aux biens communs vitaux (eau, énergie, alimentation…). Dans ce cadre, ils veulent une véritable politique de réindustrialisation de notre pays. Ils s’inscrivent de manière déterminée dans un grand débat national sur l’énergie. Ils considèrent donc indispensable de promouvoir la recherche scientifique et technique et l’investissement par des politiques publiques audacieuses.

Leur ambition, c’est d’agir pour la justice sociale, la défense des libertés et des droits fondamentaux tels que :

- le droit à la santé, au travail et à la retraite

- le droit à l’éducation dans une école publique et laïque, ouverte au XXIème siècle

- le droit au logement avec des loyers accessibles au plus grand nombre

- l’essor et le développement des services publics, indispensables à la satisfaction des besoins sociaux

- le respect du droit à la sécurité et à la tranquillité publique avec le développement des moyens afférents

- le rétablissement des libertés publiques et des moyens pour la justice

- l’indépendance du parquet

- un développement culturel et artistique puisant dans la diversité et les nouvelles technologies une force nouvelle

- des ressources pérennes pour un audiovisuel de qualité

- le pluralisme et l’indépendance des médias

- une Europe de progrès en rupture avec les dogmes libéraux, une Europe construite par et pour les peuples

- l’évolution du statut d’Outre-Mer et une politique de développement permettront leur rayonnement international

- une solidarité internationale, une politique de paix et de développement

- le respect des droits et de la dignité des étrangers qui vivent et travaillent sur notre territoire.

Ils veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable permettant de nouveaux progrès humains.

Ils agissent avec détermination en faveur du droit des femmes tout particulièrement frappées par l’austérité. Ils se prononcent pour une nouvelle étape de la parité dans la vie politique qui doit enfin devenir une réalité.

Ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, les associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique. Ils souhaitent agir rapidement et efficacement en faveur de la transparence de la vie politique et veulent mettre un terme aux rapports entre puissance d’argent et femmes et hommes politiques.

Ils proposent de développer davantage les incompatibilités entre fonctions ou professions et mandats électoraux.

Il faut mettre un terme aux feuilletons des « affaires » et restaurer la morale en politique. La politique n’est pas un métier, une carrière, c’est avant tout un engagement !

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République citoyenne et sociale, pour une VIème République portant la justice sociale et le progrès en son cœur.

Dans ce cadre, ils se prononcent pour une réforme importante d’un Sénat démocratisé, pluraliste, divers et transparent dans son organisation et sa gestion.

Dans cette perspective, le groupe communiste républicain et citoyen s’honore de réaliser la parité femmes-hommes.

Ils respectent la diversité, en son sein, chaque sénatrice et sénateur compte pour un, et aucune décision, aucun vote, ou proposition de loi ne lui est imposé, l’unité d’action étant décidée par le libre débat.

Groupe du Rassemblement Démocratique et Social européen

Héritier des grandes traditions républicaines, hostile à tout dogmatisme, notre Groupe a pour règle d'assurer à tous ses membres une totale liberté d'expression, de décision et de vote.

Il entend que l'esprit de tolérance et de compréhension préside à toutes ses délibérations, ce qui n'exclut pas, le cas échéant, des prises de position d'une grande fermeté à titre individuel ou collectif. En particulier son Président doit exprimer, à la Conférence des Présidents, quand une décision politique importante se présente, la sensibilité majoritaire du groupe réuni au préalable.

Pour libres qu'ils soient de leur expression et de leur vote, les membres du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen se retrouvent sur des choix essentiels :

Ils affirment, en accord avec les principes républicains, leur attachement à l'Etat de droit, aux libertés publiques, aux Droits de l'Homme et du Citoyen, au progrès social et au respect des lois dans une République de droits et de devoirs.

Sur le plan des institutions, ils confirment leur volonté d'assurer un respect rigoureux de la Constitution, préservant le rôle, les pouvoirs et les droits du Parlement et notamment du Sénat qui représente, selon notre loi fondamentale, les collectivités locales mais aussi, selon la plus ancienne tradition, le sens de la continuité et du Bien public.

Ils croient à la valeur de la politique qu'ils ne réduisent pas aux seuls impératifs de gestion. La République est une idée toujours neuve, comme l'exprimait Georges Clemenceau. Son exigence est inscrite dans sa devise :

Liberté fondée sur la laïcité, c'est-à-dire le débat public en dehors des dogmes, entre citoyens qui détiennent chacun une parcelle de la souveraineté populaire. La laïcité affirme au-dessus de toute autre, la valeur de la liberté de conscience. Former des citoyens libres est depuis toujours la tâche de l'Ecole républicaine. Mais ce doit être aussi aujourd'hui une des missions du service public de l'audiovisuel et une ambition de la politique culturelle.

Egalité des chances, toujours à parfaire pour que soient compensés les handicaps de départ, notamment sociaux, et que chacun puisse aller au bout de ses possibilités, conformément au principe de l'élitisme républicain.

Fraternité qui découle de l'égalité et de la responsabilité des citoyens dans une République humaniste et solidaire où des services publics performants doivent trouver toute leur place.

Cette exigence républicaine, la vocation naturelle de notre groupe est de la faire partager par d'autres. Le renouveau du civisme s'adosse naturellement à un patriotisme républicain ouvert sur l'universel.

Il n'y a aucune contradiction entre cette exigence républicaine et la volonté de construire une République européenne, à l'écoute des peuples qui la composent.

Pas davantage cette exigence républicaine ne s'oppose à la réforme de l'Etat et à la décentralisation, dès lors qu'elles ne remettent pas en cause la solidarité nationale. Notre groupe entend préserver et favoriser l'autonomie des collectivités locales, creusets de la démocratie.

Il entend également lutter pour réformer notre système d'enseignement et de formation professionnelle afin de valoriser la ressource humaine et la recherche, principaux atouts de la France dans la compétition mondiale et assurer à notre démocratie un avenir conforme aux idéaux qui l'ont fait naître.

Notre groupe entend enfin protéger l'environnement sans remettre en cause l'idéal du progrès économique et social et relever ainsi le défi de ces deux ambitions complémentaires.

Composé d'hommes et de femmes venus d'horizons divers, qui mettent leur engagement personnel et leur sens politique au service d'un renouveau républicain, le Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen entend dépasser les clivages devenus secondaires pour montrer, face aux défis d'une « globalisation » financière en crise, la permanence et l'actualité des grandes valeurs républicaines en France, en Europe et dans le monde.

Groupe Ecologiste

 L’écologie politique se traduit par un projet global de transformation de la société. La conversion écologique de l’économie doit permettre de développer de nouvelles ressources durables, de réinvestir les territoires, de créer des activités non délocalisables et de renforcer les valeurs de solidarité, de justice, de lien social, d’innovation et de créativité. Ce projet d’une autre société s’accompagne d’une nouvelle audace démocratique, fondée sur la revalorisation de la représentation parlementaire et de la participation citoyenne.

Nous, Sénatrices et Sénateurs écologistes, sommes soucieux d’ « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs […] en commençant par les besoins des plus démunis »[1].

Nous défendons six grandes orientations :

• bâtir un futur soutenable, par la réduction de notre empreinte écologique, la protection de la biodiversité et des biens communs, la lutte contre les dérèglements climatiques, la réponse aux besoins humains fondamentaux, la lutte contre les inégalités sociales et la sortie du nucléaire

• développer une économie écologique au service des populations et des territoires – urbains, péri-urbains et ruraux – et une agriculture respectueuse des équilibres et à même de nourrir sainement l’ensemble de la population

• agir pour une société au service de tous, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la recherche, du savoir, de la santé, des loisirs, de la culture… ; en renforçant la gestion du bien commun dans le sens de l’intérêt général, au travers de services publics rénovés

• œuvrer en faveur d’une société ouverte, garante de libertés, de droits, d’émancipation et de dignité à tous les âges de la vie (respect de l’égalité entre les genres, de l’orientation sexuelle, pleine citoyenneté pour les personnes en situation de handicap, lutte contre toutes les discriminations, nouvelle politique migratoire et nouvelle politique de la ville)

• investir dans un approfondissement démocratique de nos institutions, au sein d’une Europe fédérale au service des citoyens

• construire un monde plus solidaire, responsable, équitable et pacifié, respectueux des libertés et des droits fondamentaux au sein d’une nouvelle gouvernance mondiale

Notre groupe défend l’égalité femmes-hommes, un moteur essentiel de la transformation de la société. Il fonctionne démocratiquement et accorde toute sa place au débat entre ses membres issus d’horizons variés, dans la recherche de l’intérêt général, de la protection du bien commun, aux antipodes des lobbies et des intérêts particuliers.

Nous plaidons pour que la délibération, la sobriété et l’éthique inspirent notre assemblée. Le rôle du politique est essentiel pour juguler les causes des crises sociale, économique, financière et environnementale qui frappent nos sociétés. C’est pourquoi nous nous sommes engagés à être des parlementaires responsables, assidus au Sénat, actifs sur nos territoires et au sein de la société civile.

Nous voulons renforcer le rôle d’un Sénat rénové et renouvelé à l’intérieur du paysage institutionnel de notre pays. Nous souhaitons que la Haute Assemblée incarne davantage la société française, tant en matière de diversité que de poids des territoires. Lors des futures étapes de décentralisation que nous appelons de nos vœux, nous souhaitons que les régions – métropolitaines et d’outre-mer – prennent toute leur place dans le dialogue avec l’Europe et jouissent d’un renforcement de leurs compétences et de leurs moyens d’action. Le Sénat, que nous projetons de transformer en une chambre des Régions, devra être gardien du principe de subsidiarité dans un État plus décentralisé.

Nous sommes décidés à relever ce défi, dans un souci de cohésion et de cohérence dans la défense de nos valeurs dans la société : la liberté, l’égalité et la fraternité, qui se prolongent par l’autonomie, la solidarité et la responsabilité.

 


[1]          Gro Brundtland, femme politique norvégienne, qui a présidé à la rédaction du rapport « Notre avenir à tous », dit rapport Brundtland, sous l’égide des Nations unies.