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AVIAU DU BOIS DE SANZAY

Charles-Edmond, archevêque de Bordeaux, comte d'Aviau

Pair de France

  • Pairs de France

    Pair de France

Pairies

  • Seconde Restauration - Nommé à la Chambre des pairs par Louis XVIII le 4 août 1821

Tables nominatives

De 1814 à 1823 De 1824 à 1830

Biographie

Pair de France  (Extrait du Dictionnaire des Parlementaires français « Robert et Cougny » (1889-1891))

Pair de France

AVIAU DU BOIS DE SANZAY (CHARLES-FRANÇOIS, COMTE D'), pair de France sous la Restauration, né à Saint-Martin de Sanzay (Deux-Sèvres), le 7 août 1736, mort à Bordeaux, dont il était l'archevêque, le 11 juillet 1826. L'aîné de sa famille, il renonça aux avantages du droit d'aînesse pour se consacrer à l'état ecclésiastique; il se fit recevoir docteur à la, Faculté de théologie d'Angers, fut nommé chanoine a la collégiale de Saint-Hilaire et devint grand vicaire du diocèse. Il fut alors chargé de prononcer l'oraison funèbre de Louis XV. Proposé plus tard au roi, en 1789, par Lefranc de Pompignan, archevêque démissionnaire de Vienne, pour lui succéder cette dignité, il fut mandé à Paris, s'y rendit à pied, dit-on, et n'accepta le siège d'archevêque que sur les ordres formels de Louis XVI. Sous la Révolution, il fut de ceux qui refusèrent d'accepter la constitution civile du clergé; il quitta la France, séjourna quelque temps à Annecy, puis, la Savoie ayant été envahie par les armées de la République française, se rendit à Rome auprès du pape, qui le prit en affection et l'appelait le « saint archevêque. » En 1797, il rentra secrètement en France, et, déguisé en paysan, parcourut les montagnes du Dauphiné, du Vivarais et du Forez, exerçant son ministère malgré les autorités du pays, disant la messe sur le tombeau de Saint-François Régis, et se réfugiant, quand il était poursuivi de trop près, dans le château de Mme de Lestranges, près d'Annonay. Après le Concordat, il fut nommé (9 avril 1802) archevêque de Bordeaux; là, il fonda un grand nombre d'établissements religieux, maison de missionnaires, séminaires, couvents d'ursulines et de trappistes, etc. En 1811, Napoléon ayant convoqué à Paris les évêques de France pour leur faire approuver sa conduite envers le pape, l'archevêque de Bordeaux se prononça contre l'empereur, qui n'exerça d'ailleurs aucunes représailles contre lui. Tout dévoué à l'ancien régime il accueillit avec empressement le retour des bourbons; il reçut en grande pompe le duc d'Angoulême à la porte de la cathédrale de Bordeaux, et lui dit: « Affligés par une suite de calamités, nous avons gémi pendant que nous adressions nos prières au ciel, afin qu'il daignât y mettre un terme; nous ne cessions d'être agités par la crainte et l'espérance. Ces émotions pénibles sont enfin calmées par la présence de Votre Altesse Royale, etc... » Après les Cent Jours, il fut appelé (4 août 1821) à la pairie ; il siégea parmi les défenseurs ardents de la royauté. Le 11 juillet 1826, il succomba aux suites d'un accident : le feu prit aux rideaux de son lit, et malgré des secours rapides, il fut mortellement atteint. Ses obsèques furent célébrées le 18 juillet avec une grande solennité et aux frais de l'Etat. Le comte de Marcellus, son collègue à la Chambre haute, lui consacra, le 23, dans la Quotidienne, organe des « ultra-royalistes », une notice nécrologique : « La vie du saint prélat était un holocauste perpétuel... La France chrétienne se souviendra à jamais de sa noble résistance aux volontés du despote, de sa courageuse obéissance à l'Eglise, de son attachement inviolable au centre de l'unité catholique et au vicaire de Jésus-Christ. C'est un prélat digne des premiers siècles, disait Pie VI. Pie VII l'appelait un prélat saint et savant, uno santo e uno dotto ; et, toujours brebis fidèle du grand troupeau confié à saint Pierre et à ses successeurs, il fixait avec respect ses derniers regards sur les traits de Léon XII, dont le portrait ornait sa chambre modeste, en parallèle avec celui de Charles X. Ces nobles et pieux sentiments lui furent transmis par la respectable famille qui a eu le bonheur de donner un tel prélat à l'Eglise, et dont tous les membres, dignes voisins de l'héroïque et chrétienne Vendée, ont orné le sanctuaire par leurs vertus ou défendu leur roi sous les drapeaux de leurs princes. »

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Etat-civil
Né le 7 août 1736
Décédé le 11 juillet 1826
  • Mis à jour le 15 mai 2020